DIS MOI QUE TU M'AIME
img img DIS MOI QUE TU M'AIME img Chapitre 3 Chapitre 3:Les frontières du coeur
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Chapitre 6 Les mensonges révélés img
Chapitre 7 Le retour de Paul img
Chapitre 8 Confrontation img
Chapitre 9 La décision fatale img
Chapitre 10 Dis-moi que tu m'aimes img
Chapitre 11 Entre deux mondes img
Chapitre 12 La brume du doute img
Chapitre 13 Sous le poids du silence img
Chapitre 14 L'appel du vide img
Chapitre 15 Réveils douloureux img
Chapitre 16 Les éclats de vérité img
Chapitre 17 L'étreinte de l'angoisse img
Chapitre 18 Le fil de la trahison img
Chapitre 19 À contre-courant img
Chapitre 20 La promesse brisée img
Chapitre 21 L'écho des regrets img
Chapitre 22 Sur le seuil du pardon img
Chapitre 23 Dernier mensonge img
Chapitre 24 L' Amour en fuite img
Chapitre 25 Une nouvelle lumière img
Chapitre 26 À la croisée des chemins img
Chapitre 27 Le souffle du passé img
Chapitre 28 À travers les flammes img
Chapitre 29 L'heure des vérités img
Chapitre 30 Un nouvel horizon img
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Chapitre 3 Chapitre 3:Les frontières du coeur

Camille observait Paul à travers la vitre du petit café où ils s'étaient donnés rendez-vous. Les gouttes de pluie s'écrasaient doucement contre la fenêtre, créant une atmosphère feutrée et intime. Paul, comme toujours, avait ce sourire indéchiffrable, cette manière de s'installer avec une certaine nonchalance tout en lui jetant des regards complices. C'était la première fois qu'elle acceptait de le revoir après leur conversation à la galerie d'art. Depuis ce jour, quelque chose en elle avait commencé à se détendre, même si elle restait prudente, incapable de baisser totalement la garde.

Leur relation progressait lentement, à pas mesurés, comme un ballet délicat. Paul ne la pressait pas. Il respectait ses silences, ses hésitations, et semblait comprendre sans qu'elle ait besoin de dire quoi que ce soit. Pourtant, malgré cette douceur, Camille sentait toujours une barrière invisible, une frontière qu'elle avait elle-même dressée entre eux. Son cœur battait pour lui, elle ne pouvait le nier, mais cette peur viscérale, cet écho du passé, revenait constamment la hanter.

Elle s'installa face à lui, esquissant un léger sourire avant de prendre une gorgée de son café. Paul l'observait attentivement, ses yeux bruns chaleureux, mais pleins de questions non posées. Ils avaient passé plusieurs semaines à se voir de temps en temps, dans des lieux publics, souvent autour d'un café ou lors d'une promenade en ville. Leurs discussions étaient simples, légères, sans jamais entrer dans les profondeurs de leurs émotions.

« Alors, comment tu te sens ces derniers jours ? » demanda Paul en rompant doucement le silence.

Camille haussa les épaules, prenant une grande respiration. « Ça va... enfin, j'essaie. » Elle déposa sa tasse sur la table, jouant nerveusement avec l'anse. « Ce n'est pas toujours facile, mais je fais de mon mieux. »

Paul hocha la tête en silence, respectant ses mots sans la pousser à en dire plus. C'était quelque chose qu'elle appréciait chez lui. Contrairement à Antoine, il n'essayait pas de la contrôler, de la faire parler ou de forcer une connexion immédiate. Il attendait qu'elle soit prête, et c'était rassurant, même si cela ne suffisait pas à apaiser toutes ses craintes.

« Tu sais, » dit Paul doucement, en souriant, « je suis vraiment content que tu sois là. Je sais que ça te demande beaucoup de courage. »

Camille rougit légèrement. Elle n'était pas habituée à tant de considération, surtout venant d'un homme. Antoine avait toujours minimisé ses efforts, ne voyant que ce qui n'allait pas. Paul, lui, semblait valoriser chaque petit pas qu'elle faisait vers lui.

« Merci, Paul, » murmura-t-elle. « Ça compte beaucoup pour moi. »

Leurs regards se croisèrent, et pendant un court instant, Camille sentit son cœur s'emballer. Il y avait quelque chose chez Paul qui la rassurait profondément, malgré toutes les barrières qu'elle continuait de dresser. Mais juste au moment où elle commençait à se détendre, une pensée sombre surgit. Et si elle se trompait encore ? Et si Paul n'était pas celui qu'il prétendait être ? Après tout, elle avait déjà été bernée par le passé.

Elle détourna les yeux, fixant sa tasse comme pour fuir ces pensées. Paul, perceptif comme toujours, remarqua son malaise.

« Tu sais, je ne te demande rien d'autre que ce que tu es prête à donner, » dit-il doucement. « On avance à ton rythme. »

Camille acquiesça, mais un poids lourd restait sur sa poitrine. Elle voulait croire en lui, elle voulait croire que cette fois-ci, ce serait différent. Mais la peur, sourde et persistante, refusait de s'évanouir complètement.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle rentrait chez elle après une journée de travail, Camille trouva une enveloppe sur le tapis de son entrée. Une simple enveloppe blanche, sans adresse, sans tampon postal. Elle fronça les sourcils en la ramassant, sentant une étrange boule d'angoisse se former dans son estomac.

Elle la tourna dans ses mains, hésitant à l'ouvrir. Ses doigts tremblaient légèrement, comme si elle savait déjà que quelque chose n'allait pas. Prenant une grande inspiration, elle finit par décacheter l'enveloppe et en sortit une feuille de papier pliée en deux.

Le message était court, à peine quelques lignes, mais suffisant pour faire monter la panique en elle :

« Tu penses vraiment pouvoir te cacher de ton passé ? On te surveille. »

Camille sentit son cœur s'arrêter. Ses mains se mirent à trembler violemment. Elle relut le message plusieurs fois, incapable de comprendre d'où cela pouvait venir. Qui lui avait envoyé ça ? Qui savait pour son passé avec Antoine ? Était-ce lui ? Avait-il retrouvé sa trace après tout ce temps ?

Elle s'effondra sur le canapé, la lettre toujours dans la main, le souffle court. C'était comme si toutes ses peurs les plus profondes venaient de ressurgir en un instant. Elle avait tout fait pour se reconstruire, pour oublier, mais maintenant, elle se sentait à nouveau vulnérable, exposée.

Sans réfléchir, elle attrapa son téléphone et composa le numéro de Paul. Ses mains tremblaient encore, et son esprit était trop embrumé pour analyser ce qu'elle faisait. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, et Paul était la seule personne à qui elle pouvait penser à cet instant.

Le téléphone sonna à plusieurs reprises avant que Paul ne décroche.

« Camille ? Ça va ? »

Sa voix calme et douce lui parvint comme un baume, mais elle ne parvenait pas à articuler une réponse immédiate. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.

« Camille ? » répéta Paul, cette fois plus inquiet.

Elle prit une grande inspiration avant de répondre d'une voix cassée. « Je... je viens de recevoir une lettre. Une lettre anonyme. »

« Quoi ? » Paul semblait perplexe. « Qu'est-ce que ça dit ? »

« Quelqu'un me surveille, » murmura-t-elle, la panique montant dans sa voix. « Ils savent pour mon passé, Paul. Ils savent... »

Paul resta silencieux pendant quelques secondes, mais Camille pouvait entendre l'inquiétude dans son souffle. « Je suis en route, d'accord ? Je serai chez toi dans dix minutes. Ne bouge pas, je viens. »

Camille acquiesça, bien qu'il ne puisse la voir. Elle raccrocha, se sentant légèrement soulagée à l'idée que Paul vienne la rejoindre. Mais en même temps, une partie d'elle se demandait si elle ne faisait pas une erreur en le laissant entrer à nouveau dans sa vie à un moment si vulnérable. Si c'était Antoine derrière cette lettre, cela signifiait que son passé la rattrapait, et elle ne savait pas si elle pourrait encore protéger Paul de cette noirceur.

Elle se leva du canapé et commença à faire les cent pas dans le salon, ses pensées tourbillonnantes. Les minutes s'égrenaient lentement, et chaque bruit dehors la faisait sursauter. Et si la personne qui l'avait menacée était juste là, dehors, à l'observer ? Elle frissonna à cette pensée, jetant des regards nerveux vers les fenêtres.

Puis, enfin, elle entendit frapper à la porte. Son cœur s'emballa. C'était Paul, forcément. Mais pendant une fraction de seconde, elle hésita à ouvrir, la paranoïa s'insinuant à nouveau dans son esprit. Et si ce n'était pas lui ? Et si c'était quelqu'un d'autre ?

Elle s'approcha prudemment de la porte, jeta un coup d'œil à travers le judas, et laissa échapper un soupir de soulagement en voyant Paul de l'autre côté.

Elle ouvrit la porte, et Paul entra rapidement, refermant derrière lui. Il posa ses mains sur ses épaules, ses yeux plongés dans les siens avec une intensité qu'elle n'avait encore jamais vue.

« Ça va ? » demanda-t-il doucement, mais avec une pointe de gravité dans la voix.

Camille hocha la tête, même si elle ne se sentait pas vraiment bien. Elle tendit la lettre à Paul sans un mot, et il la prit en la lisant attentivement. Son visage se durcit à mesure qu'il parcourait les mots.

« Qui aurait pu t'envoyer ça ? » demanda-t-il, posant la lettre sur la table avec un geste contrôlé.

Camille haussa les épaules, incapable de répondre. « Je ne sais pas... » murmura-t-elle. « Mais je... j'ai peur que ce soit Antoine. »

Paul fronça les sourcils, réfléchissant intensément. « Antoine, ton ex ? Celui dont tu m'as parlé à la galerie ? »

« Oui, » répondit Camille, la gorge serrée. « Il... il avait des contacts partout. Et je sais qu'il ne m'a jamais vraiment pardonné d'être partie. »

Paul se pinça les lèvres, l'air préoccupé. « Tu crois qu'il te cherche encore ? »

« Je n'en sais rien... » répondit Camille, ses mains tremblantes. « Mais cette lettre... elle me

donne l'impression que je suis toujours prisonnière de lui, même après tout ce temps. »

Paul la prit dans ses bras, la serrant doucement contre lui. « Je suis là, Camille. Je ne vais pas te laisser affronter ça seule. »

Elle se laissa aller contre lui, ressentant un certain réconfort dans cette étreinte. Mais malgré sa présence rassurante, une partie d'elle restait sur ses gardes. Même si elle voulait croire en Paul, elle savait que cette menace, qu'elle soit réelle ou non, allait changer leur dynamique. Parce que désormais, elle ne pouvait plus fuir son passé.

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Les jours qui suivirent furent marqués par une tension constante. Camille ne recevait pas d'autres lettres, mais la peur était toujours là, tapie dans l'ombre. Chaque bruit, chaque regard furtif dans la rue, chaque détail insignifiant semblait prendre une nouvelle signification. Elle devenait paranoïaque, soupçonnant tout et tout le monde.

Paul restait présent, la soutenant autant qu'il le pouvait. Il lui proposa même d'aller voir la police, mais Camille refusa. Elle savait que sans preuve concrète, ils ne pourraient rien faire. Et elle n'était même pas sûre que ce soit Antoine derrière tout ça.

Une nuit, alors qu'elle était allongée dans son lit, incapable de dormir, elle repensa à la lettre. Le message était vague, mais il avait été assez troublant pour réveiller toutes ses peurs. Soudain, une pensée la traversa. Et si ce n'était pas Antoine ? Et si c'était quelqu'un d'autre ? Une personne qui connaissait son histoire, mais qui jouait avec ses nerfs pour une raison quelconque ?

Elle se redressa dans son lit, l'esprit en ébullition. Il fallait qu'elle en parle à Paul, qu'ils trouvent une solution ensemble. Mais alors qu'elle allait attraper son téléphone, une vibration attira son attention. Un nouveau message venait d'arriver.

Elle prit son téléphone, et lorsqu'elle ouvrit le message, son sang se glaça.

On te surveille toujours. Fais attention à qui tu fais confiance.

Paul arriva rapidement après cet énième message anonyme. Camille lui avait tout raconté au téléphone, et ils décidèrent qu'il ne valait plus la peine de rester passive. Il était temps d'agir, de chercher à comprendre qui était derrière tout cela. Ensemble, ils commencèrent à tracer des pistes, cherchant des indices, fouillant le passé de Camille pour savoir qui pouvait bien vouloir la tourmenter ainsi.

Chaque jour, la peur montait, mais dans cette tension naissante, une nouvelle complicité se créait entre eux. Camille, malgré ses angoisses, se rapprochait de Paul. Il devenait son refuge, son allié face à ce mystère qui les entourait. Et tandis qu'ils avançaient ensemble, Camille comprit que malgré ses réticences initiales, elle était prête à ouvrir son cœur, à franchir cette frontière qu'elle avait si longtemps érigée. Mais elle savait aussi que cette fois, elle devait rester vigilante. Parce que si l'amour était une force, elle savait que la méfiance pouvait aussi être une protection essentielle

            
            

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