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Cxngxlese_production🍡
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JAMILAH.
...- vous pouvez entrer madame.
J'acquiesce en entrant dans la salle de visite.
Je m'installe sur la chaise vide, en observant la porte du fond qui venait de s'ouvrir.
Elle était tirée par une femme en tenue, puis elle est venue s'installer en face de moi.
La policière- et tu te tiens tranquille, ex-madame Ben Salah.
Elle lève les yeux au ciel avant de reposer son regard sur moi, les sourcils haussés.
Tayanna- eh bien dis-donc, madame Ben Salah en chaire et en os. Après vingt-trois ans d'enfermement ici, c'est aujourd'hui que tu t'es décidée à venir me rendre visite ?
Elle arque un sourcil.
Tayanna- qu'est-ce qu'il y'a ? Notre mari est décédé ?
Je hoche la tête négativement.
- non, mon mari n'est pas décédé, et il est loin de l'être d'ailleurs.
Tayanna- alors, pourquoi t'es là alors ?
- pour Arisa.
Elle rit nerveusement.
- qu'est-ce que tu lui as fait ?
Tayanna- mdrr, comment ça qu'est-ce que je lui ai fait ? C'est toi qui vit avec elle je te rappelle.
- elle a toujours réagit bizarrement envers moi, et ce depuis qu'elle est bébé.
Elle s'est mise à rire, sans retenu.
Je la regardais avec une expression neutre.
Tayanna- elle ne te considère juste pas, t'es pas sa mère en même temps alors. Je ne vois pas pourquoi elle devrait bien réagir avec toi.
Je fronce les sourcils.
Il faut qu'elle dissipe mes doutes.
Je soupçonne qu'elle ait fait quelque chose à Arisa.
Je ne sais pas si c'est de la sorcellerie ou quoi, mais elle lui a fait quelque chose.
- je répète, qu'est-ce que tu lui as fait ?
Tayanna- rien qui puisse te concerner. Occupes toi de tes enfants.
Je hoche la tête positivement.
- très bien alors.
Je me lève de ma chaise.
- saches juste que, ta fille est en train de devenir une grande femme.
Tayanna- je le sais déjà. Karim m'envoie des photos d'elle pour chacun de ses anniversaires, pour chaque nouvelle année, lorsqu'elle a reçu son diplôme de psychologue. Bref, je suis à la une sur son évolution à travers des photos d'elle.
- pardon ? Karim fait quoi ?
Tayanna- ah, je croyais que tu le savais ça. Vraiment désolée que tu l'ai apprise de ma bouche.
Dit-elle, en me souriant malicieusement.
Tayanna- c'est lui-même qui a eu cette idée, parce qu'il ne voulait pas emmener Arisa dans cet endroit.
- c'est bon, j'en ai assez entendue pour aujourd'hui.
Je tourne les talons pour m'en aller, quand elle me stoppe.
Tayanna- à dans un mois, quand je sortirai enfin d'ici.
Je ne m'attarde pas sur ce qu'elle dit, et je sors immédiatement de cet endroit.
Je marche jusqu'au parking, avant de grimper dans la voiture.
Alors donc comme ça, ça fait vingt-trois ans que Karim envoie des photos de Arisa à sa folle de mère, et je ne suis même pas au courant ?
Mdrr, il va me sentir lui.
J'ai démarrée la voiture puis je me suis mise en route pour chez Layanah.
Pendant le trajet, j'ai essayée d'appeler Elvina, mais elle ne répondait pas.
Trente minutes plus tard, je sonne à sa porte.
C'est Ismael qui est venu m'ouvrir.
On s'est salué et tout.
...- Ismael, c'est qui à la porte ?
Ismael- la mère aux multiples enfants.
Je rigole en allant rejoindre l'autre femme enceinte dans le salon.
Elle était couchée sur le canapé, entrain de visionner.
Layanah- c'était comment ?
Je m'affale sur le canapé en soufflant.
- elle n'a voulu rien me dire.
Layanah- je le savais.
- mais elle m'a fait savoir que Karim lui envoyait des photos d'Arisa chaque année.
Elle relève la tête.
Layanah- depuis quand ?
- depuis tout ce temps, depuis toutes ces dernières années. Et je n'étais même pas au courant.
Layanah- est-ce qu'on fait ça ?
- façon je vais gérer son cas après.
Ismael- Layanah, je sors.
Layanah- d'accord.
La porte s'est refermée aussitôt.
Layanah- sinon, les gosses, ils vont bien ?
- ouais, je dois aller chercher Kamal demain à la base.
Layanah- ahnn il rentre demain ? L'enfant prodige est de retour.
- mdrr.
Je rigole en prenant une tranche de gâteau qui se trouvait sur la table basse.
On est resté discuter un moment, puis je suis parti de chez elle pour rentrer à la maison.
Alors pour faire le tour, j'ai quarante-cinq ans maintenant, bon j'aurai quarante-cinq au mois de Septembre. Et Karim en a quarante-huit.
Il se fait vieux mais il est toujours autant charmant, sauf quand il me cache des choses.
On est toujours ensemble et marié, pour le bonheur de certain.
Bref, après Jahnvy née prématurement, j'ai eu trois autres enfants, King, Jaheemah et Jeevan les jumeaux.
Et je pense que je vais m'arrêter là, sérieusement ils sont trop nombreux.
En tout, huit enfants sortis du milieu de mes cuisses, dont la majorité était des grossesses gémellaires.
Le prénom de King, c'est Karim qui l'a choisi.
Je ne sais pas s'il se croyait dans une série ou quoi, mais je lui ai dit que j'ajouterai Salomon derrière.
Donc c'est King Salomon, mais tout le monde est habitué à l'appeler juste par King.
Je suis la seule qui l'appelle même par Salomon.
Soraya est mariée maintenant, et elle est maman de deux petites filles.
Kamal fait l'armée.
Oui, difficile à croire mais c'est ce qu'il a voulu faire.
C'était surtout difficile pour moi, surtout concernant le dernier évènement tragique de notre vie.
Il a tiré sur quelqu'un, pour la première fois à l'âge de cinq ans, et je pense qu'il a pris goût à ça au fil des années.
Donc, il n'est pas tout le temps à la maison. Il va faire des missions pendant deux, trois ou quatre ans.
Ensuite quand il rentre il fait quelques mois, avant d'y retourner.
Janah, est attachée de presse.
Elle a vraiment choisi un métier qui la convient.
Comme le bavardage c'est son élément là.
Ensuite, Arisa.
La relation entre nous deux a toujours été sans goût, si je peux dire ça comme ça.
On a vraiment aucun lien mère et fille, même si j'avoue ne pas être sa mère biologique.
Il est même arrivé qu'elle crée des problèmes entre Karim et moi, c'était très chaud à cette période.
Mais bon, ça reste encore un enfant.
Jaleel et Khalid ont décidés de travailler avec leur père.
Eux deux, on dirait une version miniature de Kamal et Kenan.
Passons à Jahnvy, la préférée de papa.
Elle, c'est moi en miniature. Enfin une qui me ressemble, physiquement et au niveau du comportement.
Pas les enfants à papa là.
Elle est tout le temps en train de se disputer avec Jaleel, pour x et y raison.
Et à la fin, c'est maman qu'on appelle.
King, c'est celui qui me donne le plus mal à la tête.
Tout le temps convoqué dans son école, toujours exclu de l'école, toujours dans des histoires.
On ne l'a pas attaché combien de fois ?
Y'a tellement beaucoup à dire sur lui, que je préfère passer.
Et enfin, Jaheemah et Jeevan, les deux turbulents et pertubateurs.
Ils sont toujours prêts à faire des bêtises, après ils s'éclipsent.
Bon, je pense avoir fait le tour.
Tout le monde va bien, notre clique aussi.
Chacun gère son mariage et ses enfants.
Mon frère s'est enfin marié.
Ah oui, il a enfin trouvé quelqu'un qui lui correspondait, et qui allait toujours être là pour lui.
...
J'enfile un tee-shirt et je vais me poser sur le lit.
Je prends en main mon ordinateur.
En même temps, Karim sortait du dressing.
Karim- tu ne manges pas ?
Je hoche la tête négativement.
- non non, j'ai déjà mangée moi.
Karim- depuis quand tu manges sans moi ?
Je le regarde.
- je n'allais pas t'attendre et mourir de faim aussi.
Karim- d'accord madame.
Il sort de la chambre.
Je me mets aussitôt à chercher mes lunettes de vue.
C'est pratiquement impossible que je travaille sans.
Je sors également de la chambre.
- quelqu'un a vu mes lunettes ?
Ils ont tous acquiescés négativement.
- Salomon, vas voir dans la salle à manger s'il te plait.
Il y va et revient plus tard avec mes lunettes.
- merci mon chéri.
Je remonte dans la chambre pour me mettre à travailler.
J'y suis restée une bonne trentaine de minutes, voire même une heure.
Puis je suis allée récupérer les jumeaux pour qu'ils aillent au lit.
Si ce n'est pas ça, ils vont rester devant la télé jusqu'à x heures.
Ensuite je retourne dans la chambre, votre pote y était.
Bon, il est temps de s'expliquer.
Conscience- ou plutôt sexe-pliquer.
Ah non, je ne pense même pas à ça.
Karim- c'est demain que tu iras chercher Kamal ?
J'acquiesce positivement.
Karim- ok, j'irai déposer les plus petits à l'école alors.
Je vais enfiler mon pyjama, avant de revenir vers lui.
- tu n'aurais pas par hasard quelque chose à me dire ?
Il me regarde.
Karim- non. Pourquoi ?
Je hausse les sourcils.
- non ? Vraiment ?
Karim- oui, vraiment.
- ok. Et si je te dis, tu envoies des photos de Arisa à Tayanna, chaque année. Tu vois de quoi il s'agit ?
Il soupire.
Karim- y'a quoi de mal là-dedans ?
- le problème est que, tu ne m'as jamais fait part de ça, pendant vingt-trois ans.
Karim- je trouvais que c'était un truc banale, donc ça ne valait pas la peine de te le dire.
- truc banale? Tu connais très bien les antécédents de sorcellerie que Tayanna a.
Karim- tu veux dire par là que sa mère l'ensorcelle ?
- je n'ai pas dit ça, c'est juste que-
Je souffle.
- laisses tomber.
Je sors de la chambre en refermant la porte derrière.
- allez vous coucher.
Leurs portes se sont fermées successivement.
J'émets un bruit de bouche, avant de descendre boire un verre d'eau et remonter me coucher.
...
Comme à chaque fois qu'il est de retour à la maison, j'ai pris le temps de bien nettoyer sa chambre et tout.
J'ai dépoussiérée, essuyée, passée la serpillière, bref du grand nettoyage quoi.
J'en ai également profitée pour m'occuper de la maison, faire à manger et tout.
Maintenant, il ne manque plus que faire les courses.
Elvina entre dans le salon en refermant la porte.
Elvina- c'est calme ici.
- c'est ça même, je t'ai appelée je ne sais combien de fois hier, tu ne répondais pas.
Elvina- orh, j'étais occupée.
- à peine tu rentres de voyage, t'es déjà occupée ?
Elle s'installe sur le canapé et me regarde.
Elvina- tu sais très bien de quelle occupation je parle.
J'arque un sourcil.
- oh, excuse-moi einh.
Elvina- sinon, ça s'est passé comment avec l'autre hier.
En gros, je lui ai racontée ma petite séance avec Tayanna hier.
Ensuite, elle m'a accompagnée faire les courses au supermarchée.
- c'est pas possible que des réserves de jus finissent en moins de deux jours.
Elle rigole.
Elvina- je croyais être la seule à se plaindre sur cette affaire là.
- la prochaine fois, je n'achète même plus.
Elvina- chez moi ça fait trois semaines que je n'achète plus de jus, chacun se gère. Comme ils croyaient que je blaguais.
- Khalyssa et Noah font comment ?
Elvina- leur père achète pour eux. Moi je ne suis plus là-dedans.
Elle jette les bouteilles de jus dans le chariot.
Elvina- au moins comme ça ils vont apprendre à consommer avec modération. Économie domestique.
Je rigole en remuant ma tête de gauche à droite, puis on poursuit les courses.
Une fois terminée au supermarché, je l'ai déposé chez elle avant de continuer chez moi.
J'ai rangée toutes les courses, avant d'aller m'apprêter et me mettre en route.
J'en avais pour au moins pour trois heures de route jusqu'à Anger.
Donc je me suis d'abord arrêtée à une station-service pour faire le plein, puis j'ai continuée ma route.
Arrivée à la base militaire, je suis directement allée dans la salle où se trouvaient les différentes familles de militaires.
Ceux qui sortent de mission avaient déjà commencés à rejoindre leur proche, et moi j'attendais toujours.
À chaque fois que je me retrouve ici, j'ai toujours envie de m'évanouir, tellement je suis stressée, apeurée et anxieuse.
J'ai toujours peur de ne pas le voir passé cette porte.
Mais arrière de moi ces pensées, il ne lui arrivera rien.
Je regardais toujours les militaires rejoindre les leurs.
Y'avait des familles qui étaient autant stressées que moi, d'autres mères lâchaient quelques larmes.
Cet endroit est tel qu'un hôpital.
Et c'est en reposant pour une énième fois mon regard sur cette porte que je l'ai vu.
Il l'avait finalement traversé.
J'ai eu un gros coup de soulagement.
Je me suis levée en lui faisant signe, vu qu'il était en train de me chercher.
Il s'est rapproché de moi en souriant.
Kamal- maman.
- mon bébé.
Je le prends dans mes bras sans dire un mot, juste profiter de cet instant.
Kamal- je vais bien maman.
- je le sais, et je remercie Dieu pour ça.
Je me détache enfin de lui, pour me mettre à l'observer, de chaque recoin.
- t'as fondu.
Kamal- c'est normal maman, je dormais moins et je ne mangeais pas trop. Toi tu crois toujours que je vais en vacances.
J'émets un bruit de bouche en roulant des yeux.
- allez mon chéri, on rentre.
Kamal- t'es venue toute seule ?
- oui, tu les verras tous à la maison.
JAHNVY.