Capítulo 4 Chapitre 3: La Rébellion Moca

Léo cri : Aller, allez plus vite !

Nous sommes poursuivis par des Gélios, Léo ne s'est pas encore fait démasquer, c'est pour cela qu'il est devant, et nous demande d'aller plus vite. Mon état physique était insoutenable, non en fait je parle de la douleur. Celle-ci était comme un éclair qui venait me foudroyer à divers moment: insupportable. Mes plaies saignaient avec une certaine abondance, mon cœur pulsait avec fureur dans ma poitrine. La perte de sang n'aidait pas; au contraire, elle se faisait nettement ressentir. Lénilla est essoufflée tandis que Dean râle encore. Léo court en direction d'une fenêtre qu'il ouvre vite, mes deux amis passent, je m'arrête devant puis regarde timidement Léo, qui me dit :

- Evangéline ! Allez ! il me regarde tendrement. Evangéline, il faut fuir.

Les vibrations dans ma tête reprennent, j'ai l'impression que le bourdonnement retentit comme s'il y avait des milliards d'abeilles. Je détourne alors le regard puis passe la fenêtre, Léo la franchit après moi, puis il la referme derrière lui. Nous nous retrouvons dans un jardin assez spécial, Dean recommence à râler :

- Hé ! Expérience 00.3, toi qui parle apparemment 180 langues, et qui se la raconte auprès des nanas. On est où ?

- Tu me parles autrement, La Chose. Ensuite, je parle 183 langues. Et les « nanas » comme tu le dis, méritent un peu plus de respect pauvre clochard. Nous sommes dans le jardin royal sud, où l'on fait pousser des plantes jamais vu à ton époque, dit-il agacé par ces gamineries.

- Jardin Royale tu dis ? , il pointe du doigt des têtes empaillées.

- Oui, pourquoi ? Aurais-tu peur ? La queue entre les jambes peut-être ?

- T'es vraiment qu'un sale type, rétorque Dean.

- Tu devrais faire gaffe au Lion qui dort pauvre con.

- Vous allez arrêter ?!, leur dis-je.

- Fais attention à tes mots Le prisonnier. Les dévastateurs ont des oreilles, vient de lancer Dean d'une manière étrangement calme.

- Tu vas finir empaillé si tu n'arrêtes pas de mentir à tout va, conclut Léo.

Ah, les hommes... humains ou non, ils sont tous les mêmes. Ils semblent se parler en sous-entendus, peut-être pour éviter que je comprenne... Je trouve Dean plutôt étrange, d'habitude il ignore ce genre de remarques. Décidément, je pensais le connaître mais en réalité j'ai dû l'idéaliser.

Le lieu dans lequel nous nous trouvons est plutôt étrange, il y a une rangée de tête en pot de chaque côté d'une allée en marbre blanc. Ce jardin ressemble à une verrière puisqu'il y a un plafond en verre. Je peux aussi voir plusieurs fontaines à oiseaux par-ci par-là, mais j'admets que mon regard reste choqué sur les pots de tête en fleurs.

Ce jardin est vraiment effrayant, je préfère que l'on se dépêche. Léo nous montre la sortie d'un geste de la main, et dit :

- Quand on va passer la porte, il faudra courir. Le plus droit possible, sans s'arrêter. Contentez vous de foncer. Sauf si l'autre connard veut vraiment se tuer.

Dean demande une explication, Léo l'ignore et se met à courir, nous le suivons. Lorsqu'on sort, une troupe de Gélios à... bah... à chevaux Gélios nous poursuivent. Leur monture est cadavérique, avec des organes qui traînent au sol, et des membres en os. Ils sont juste à 3 mètres de nous, lorsque six Gélios vêtus de blanc sortent de nul part et détruisent les Gélios qui nous poursuivaient. Ils sont sur des centaures, équipés de barde et d'armes. Léo s'écrit :

- Hé beh ! C'était pas trop tôt !

Les Gélios en blanc nous rejoignent alors pour nous prendre avec eux sur le dos de leurs camarades. Le centaure sur lequel je suis avec Léo, se nomme Mirane, sa robe est palomino, et elle est vraiment gentille. Elle m'a félicité pour être encore en vie, elle semble être une bonne personne. Ils courent très très très vite. Nous passons dans la ville en ruine en quelques minutes, puis nous entrons dans un canyon de sable rouge aux éboulis par milliers, pour nous arrêter dans une allée étroite face à une porte sculptée dans la roche. Nos poursuivants ne nous ont pas suivis.

Les Gélios nous posent au sol, ouvrent la porte que nous passons ensuite, Léo prend un ton enjoué :

- Bienvenue dans la base secrète de la rébellion Moca !

Une jeune femme s'approche vers nous, je suis étonnée par ses très longs cheveux blonds détachés, et ses yeux aussi verts que l'intérieur d'un kiwi. Une fois à la hauteur de Léo, elle se met à parler d'un ton sévère, presque insultant:

- A peine arrivé que tu cries déjà ? , elle s'approche de nous.

- Eiram ? Toujours aussi douce.

- Tu nous apportes le repas ? , dit-elle en regardant Dean.

- Non, ce sont des humains, désolé pour toi.

- Des humains ?, se questionne-t-elle en s'approchant de Dean, lui lève la tête et regarde ses yeux.

- Eiram..., Léo baisse la tête.

- Comment ça ?! Bien sûr que Dean est humain !, je lui crie cette phrase sous le nez.

- Humain ? Ma chérie cet homme n'est plus humain depuis longtemps, regarde ses yeux rouges, me dit-elle méchamment.

- Tu aurais pu le dire avec plus de délicatesse, lui chuchote Léo.

Je m'approche de Dean tremblante, je prie pour que ses yeux ne soient pas rouges. J'arrive alors à sa hauteur, oh non... Il a encore grandi, je regarde fixement ses pupilles. Si j'aurais pu, j'aurais donné ma vie pour éviter que cela ne soit réel. Mon ami de toujours, un monstre, comment puis-je le croire ? Comment cela peut-il être vrai ?

- Non... Dean... pas ça... Comment... ?

Ses yeux sont rouges, un rouge profond, il s'énerve, me pousse violemment et me crie dessus :

- Lâche moi, sale femme ! Mes yeux ont toujours était comme ça.

- Hé ! Calme tes envies de tuer, intervient Léo.

- Parle moi autrement.

- Comment peux-tu te permettre de me traiter de soumis, dit calmement Léo. Je te jure que si je n'avais pas ses chaînes je t'aurais dévoré. Mais je peux te montrer un petit aperçu de ce que tu risques si je suis libéré.

Ses yeux deviennent rouges à la place de verts, son dos se courbe, un pelage blanc lui pousse, c'est un loup... un gros loup, un mètre soixante au garrot facilement. Dean reste immobile, Léo grogne, Dean baisse la tête en signe de soumission.

Eiram approche délicatement sa main sur le dos de Léo qui reprend sa forme plus ou moins humaine. Il me prend par la main, et me demande de le suivre. Lénilla prend ses distances avec Dean après cette scène, ils sont conduits dans une salle à manger où ils sont nourris de viande pas vraiment cuite ainsi que de fruits. Léo me conduit jusqu'à une terrasse, au sommet de leur chalet en bois de chêne, il regarde le paysage. Cet homme souffle et commence à me parler :

- J'imagine que tu as peur de moi maintenant, non ?

- Non.

- Tu as sûrement des questions.

- Oui... enfin, je pense.

- Lesquelles ? Je t'écoute, vient-il de proposer d'une voix calme, presque inquiétante.

- Comment tu as fait ? Tu... Tu t'es transformé !, en n'ayant pas su contenir mon sentiment de panique.

- Et bien on va dire que je suis plus puissant, et plus évolué que d'autres de mon espèce.

- Non je ne te demande pas exactement ça... je souhaiterais... apprendre à te connaître.

- Et bien... je suis Léo dans ta langue, mais dans celle des Gélios je me nomme Oél, prince de la Lune. Je suis un Légios. Un Gélios plus puissant, j'ai muté 2 fois, 2 coups d'Extras-Temps surpuissants. Pas comme ces autres.. Gélios, les Perdus. Je vous expliquerai ça plus tard.

- Je vois, et pour Dean ? J'ai l'impression que vous... vous connaissez depuis longtemps.

- Oh lui, il a juste dû subir une expérience avant que tu le libères. Je veux dire... Un coup d'Extra-Temps par-ci par-là. C'est assez fréquent quand leur organisation est en manque d'effectif.

- Je vois... tu n'as pas l'air de vouloir répondre. Mais, tu veux dire qu'ils l'ont transformé en Légios pour agrandir leurs rangs ?

- Oui, ou alors ils ont voulu faire de lui un Perdu pour servir de chien de garde.. Ou il a toujours été comme ça, je sais pas moi, dit-il de façon pressée.

- Comment ça ?

- Un Gélios.

- Impossible, on vient de la même année..

- Si tu le dis, tu as l'air de mieux le connaître que moi on dirait.

Cette dernière phrase résonnait avec une certaine étrangeté. C'était comme parler à une personne qui en savait bien plus qu'elle ne le prétendait. Peut-être est-ce la fatigue... après tout je n'ai pas dormi depuis quelques temps déjà avant l'expédition, et j'ai dernièrement perdu pas mal de sang.

Dean est devenu l'un des leurs par ma faute, j'aurais dû être là ! Et il ne s'entend pas avec Léo puisque c'est son Alpha désormais. C'est comme un chevalier qui ne s'entend pas avec le Roi. Je comprends donc mieux la situation délicate. Il faudrait que je parle à Dean pour le calmer. Mais, une chose m'intrigue vraiment, ils semblent se connaître mais nous ne venons pas du même Temps. C'est étrange, et inquiétant à la fois. J'aurais apprécié qu'il m'en dise plus à ce sujet.

Le regard perdu dans l'horizon, Léo s'approche de moi discrètement, certainement en pensant que je ne le remarquais pas. Il regarde en bas deux jeunes Gélios qui s'entraînent à l'épée. Ce camp a l'air de rassembler tous les Légios de cette époque, je n'ai pas encore vu de Perdus, peut-être qu'ils n'en ont pas comme allié. Ou alors je n'ai pas compris qui est qui...

Soudainement mes yeux me brûlent, et de nouvelles vibrations plus intenses encore surviennent, je gémis de douleur. Je me replis sur moi, posant mes mains sur la balustrade de la terrasse, tombant à genoux sur le sol. Je ne peux m'empêcher de hurler. Ça fait trop mal. Léo vient se mettre dans mon dos, et me prend dans ses bras. Il me demande de le laisser me guider sans m'inquiéter. Il m'emmène dans une salle en dessous des escaliers centraux de la maison. Nous passons un long couloir souterrain avant d'arriver dans une immense infirmerie. Une voix dans ma tête résonne : Evangéline, il faut que tu réagisses ! Il faut vite que tu me retrouves, il faut que tu te rendes compte !

L'homme m'assoit sur un lit, cherche quelque chose qu'il trouve rapidement, puis se met face à moi et me met des petites gouttelettes légèrement violettes dans les yeux. Ces gouttes sont fraîches, la sensation de brûlure se dissipe doucement, et les vibrations se calment. Léo me fixe alors, penchant sa tête en face de la mienne :

- Tu vas mieux ?

- Oui, comment...

- Tu as les yeux bleus, tu es d'accord ?

- Il me semble savoir ça depuis un moment, qu'ils sont bleus.

- Tu fais peut-être partie de cette espèce rare d'anges déchus aux ailes océaniennes.

- Comment ça ? Mais tu es bizarre de me dire ça ! Je suis humaine, rien de plus banal.

- Ici, un humain c'est pas vraiment banal tu sais. Une fois qu'on respire dans cette époque, c'est toute notre vie qui bascule.

- Léo je ne comprends pas de quoi tu parles.

- Et bien peut-être qu'en arrivant ici tu es devenue autre chose.

- Mais arrêtez de dire n'importe quoi !

Une femme aux ailes bleues ? Je ne m'y attendais pas, je ne me connais pas aussi bien que ça. Je suis étrangère à moi-même. Je ne comprends pas tout ce qu'il me dit. Je suis humaine et depuis la naissance ! Tout ceci n'est qu'un rêve, ou alors une drogue qui me fait halluciner. Tout ça c'est impossible ! Je m'appelle Evangéline, je suis fille unique, sans père, ni mère ! D'abord Dean, puis moi, si Lénilla a aussi un problème je sens que je vais péter un câble. C'est n'importe quoi vraiment, qu'est-ce qu'ils savent sur moi ? Je ne viens même pas de cette époque, ils ne peuvent pas savoir des choses aussi personnelles et importantes ! C'est du délire, ils ne sont pas net. Cette mission devient vraiment n'importe quoi ! J'aurais préféré mourir déchiquetée avec ma mère qu'être entraînée pour rien !

Léo me regarde gravement, et me dit: Il faut que je vous parle. A vous tous.

Nous nous retrouvons dans une grande salle, en périphérie de la maison au centre du camp. Elle a de belles sculptures en argent sur les murs légèrement bleus pâle, décorée de quelques statues en or dans les coins, et les angles du plafond. Au centre se trouve une grande table ovale, avec une vingtaine de chaises en bois, où est posé un coussin en fourrure de renard blanc sur chacune d'elles. Léo prend alors place sur une chaise ayant un dossier plus haut, et décoré de roses en or, nous demandant par la suite de nous asseoir à notre tour. Nous nous sommes donc assis en face de lui, le plus à droite étant Lénilla, au centre moi même, et à ma gauche Dean. Personne d'autre n'est entré dans la pièce avec nous, seuls deux gardes surveillent l'entrée à l'extérieur. Le Prince des lieux prend alors la parole:

- Bon, si je vous ai fait venir ici, c'est pour vous expliquer certaines choses nous concernant.

- Chouette, moi qui voulais absolument PAS apprendre à vous connaître, râle Dean.

- Navré, mais tu restes, répond Léo. Il vous faut savoir plus de choses sur NOUS, les Gélios. En effet lorsque vous entendez ce nom vous pensez à des créatures sanguinaires, sauvages... des meurtriers. Hors nous ne sommes PAS TOUS des cas comme ceux-là, dit-il en regardant Dean.

- Des cas ? Tu parles de malades, demande Lénilla un peu inquiète.

- Non, ce que je veux dire c'est qu'il y a deux types de Gélios. Nous, ici à Moca, nous sommes des Gélios de type Légios. C'est-à-dire que nous sommes des Gélios sur-puissants ayant des capacités magiques comme la métamorphose, ou des pouvoirs autres. On a une langue propre à nous, un dérivé de votre langue, mais un peu à l'envers je crois. Les Légios ne sont pas tous mauvais, mais pas pour autant tous fiables. Le petit souci c'est qu'ils réfléchissent avec la totalité de leur cerveau, comme vous en partie.

- Donc ils sont capables de mettre en place, de façon stratégique, des plans d'attaque... Des ennemis redoutables s'ils ne sont pas alliés, fais-je la remarque.

- En effet, reprend Léo. Mais, il y a aussi les Gélios du second type, qui sont appelés les Perdus.

Comment expliquer... ils ont perdu toutes fonctions humaines, leur instinct primaire a pris le dessus. On les reconnaît grâce à leur physique effroyable, leurs os visibles de part et d'autre ou encore des bouts de chair qui pendent. Quelque chose de mi-vivant mi-mort. Bien sûr ils ne discutent pas. Mais ils sont plus ou moins perdus, il y a des chefs et des dominés. On dirait presque une meute.

- Si je comprends bien, résume Lénilla. Vous êtes des Bisounours tout gentils, tout mignons, et eux sont des moches tout pas beaux ?

- Euh... c'est une façon de voir les choses, répond Léo embarrassé par cette réflexion enfantine.

- Pourquoi ne sont-ils pas comme vous les Perdus ?, demandai-je.

- Je ne sais pas vraiment, je pense que cela doit venir de l'intensité de l'extra-temps reçu. Peut-être qu'une trop forte dose nous change en Perdus et une dose raisonnable en Légios. Ou alors c'est peut-être en fonction de notre force de base.

- Donc en fait, vous êtes juste une bande de connards ?, râle encore Dean.

- Le sale manipulateur devrait fermer sa gueule, lui lance Léo.

- Hé ! On se calme s'il vous plaît, leur crie-je.

- Ouais aller défends le, défends ton chien de garde, se moque Dean. On sait très bien que toi, Evangéline, t'es la grande championne qui va sauver le monde. Mais fais gaffe à tes arrières, tu pourrais te prendre un sale couteau dans le dos.

- T'as un problème avec moi Dean ? Ça fait depuis des années qu'on se connaît, et tu me traites comme ça depuis notre arrivée, à croire que je t'ai fait quelque chose, lui dis-je la voix tremblante.

- S'il vous plaît, on se calme, on dit "Bisounours", demande Lénilla.

C'est alors qu'à l'extérieur de la salle, on entend des bruits de pas de course, des cris, des appels à l'aide. Un Légios entre alors en trombe dans la salle où nous sommes, et surpris de voir Léo accompagné, s'arrête brusquement. Ce jeune homme est brun aux yeux marrons, un peu plus petit que Léo, et semble, à son allure, plutôt énergique.

- Léo ! Mon frère !

- Ah.. toi..., lui répond-il.

- Quoi ? Et mon nom alors ? Tu l'as encore oublié ?!

- Tu me saoules avec ton nom de merde !

- Oui je sais, tu t'y feras au langage Gélios un jour. Tu me présentes ces demoiselles ? En Faite non laisse tomber t'es nul pour ça. Bonjour Miss !, dit-il en m'approchant. Je me nomme Nitnelav, je suis enchanté, mais appelle moi Val.

- Bonjour, je suis Evangéline, enchantée de même.

- Salut ! J'suis Lénilla, contente de te rencontrer !

- Tu veux quoi sinon ?, lui demande Léo.

- Et bien... Comment te dire... Eiram elle est...

Léo se lève violemment, renversant sa chaise. Je le suis par réflexe. Derrière nous Dean et Lénilla se font accompagner pour visiter le camp. Nous arrivons à l'infirmerie:

- Qu'a-t-elle ?! demande Léo.

- Un Assar c'était introduit Chef, répond un garde auprès d'elle.

- Comment a-t-il fait ?!

- Nous ne savons pas, nous cherchons encore mais...

- Pas de mais ! Trouvez le !

- Oui chef.

Val part avec 7 hommes, Léo regarde Eiram. Je la regarde aussi, des médecins Légios sont en train de la soigner. Je détaille du regard ses blessures, je vois alors comme un flash blanc. Des murs dorés, un lumière blanche éblouissante, des bruits de cliquetis d'horloge.. puis, sans m'en rendre compte, je dit tout haut :

- Bras gauche touché dans le muscle, abdomen percé, côte... La 2ème fêlée.

- Evangéline ? Qu'est-ce que tu racontes ? me demande Léo d'un air surpris.

- Non, rien.

Je m'approche d'Eiram et dit aux médecins :

- Là son bras est touché, ici au-dessus des intestins, l'estomac est légèrement percé et enfin la seconde côte gauche est fêlée, sans compter que la balle est ici entre le poumon droit et l'estomac.

Je regarde les médecins faire, ils la soignent, et sont surpris car tout correspond à ce que j'ai dit. Ils retirent alors la balle et me remercient pour mon aide. Ils nous demandent de sortir pour la laisser se reposer, Léo est étonné :

- Evi !Tu es trop forte ensuite ! Quand je t'ai dit ce que tu es réellement c'était pas du tout une blague, la preuve. En revanche vas-y doucement car tu utilises ton énergie vitale alors cela serait dommage que tu finisses en carpette raplapla.

- Lâche-moi Léo. Je... je ne comprends pas ce qu'il m'arrive, dis-je en me tenant la tête.

- Ils ont peut-être dû te modifier.. ou alors.. c'est autre chose.»

Je ne suis pas du tout rassurée, qu'ont-ils bien pu me faire lors de ma capture ? Et il m'énerve à dire que j'ai toujours été comme ça ! Je l'aurais su si c'était le cas !

Nous nous rendons dans la salle à manger, Lénilla et Dean dorment au fond de la salle. Léo s'assoit à une table, moi de même, il me sert un peu d'eau dans un verre en cristal. Son attitude me gêne un peu. Une Légios arrive avec de l'agneau et du bœuf sur un plateau :

- Et voilà pour vous !

- Merci Analyn , c'est gentil, dit Léo d'un doux ton.

- Mais de rien, c'est normal après tout vous êtes l'Alpha ! Elle part toute fière de l'avoir servi.

Léo commence à se servir en viande, et me sert aussi. Il me demande ensuite :

- Je te sers un vin, ou un alcool plus fort ?

- Je... euh.. l'eau me suffit Léo, dis-je complètement embarrassée.

- Ne te prive pas, tu es invitée à manger, dit-il en souriant.

C'est alors que Nitnelav arrive :

- Hé !!! Léo ! Clem a dit que Eiram ira mieux d'ici un petit moment !

- Oui, cela ne m'étonne pas. Je peux manger ? demande Léo.

- Oh euh... Oui..

- Ou préfères-tu que je te dévore ?

- Oh non non ! Pas la peine ! J'y vais ! il part en courant par peur de s'en prendre une.»

C'est génial que Eiram va s'en sortir ! Une question me trotte alors dans la tête me rappelant mes doutes :

- Dit, Léo ? Lénilla... c'est bien une humaine ?

- Je crois, me répond-t-il la bouche pleine.

- Non mais vraiment...

- Bah oui, je suppose, je crois, douteux il préfère ne rien affirmer.

Super, la réponse du siècle. Il ne m'aide vraiment pas à me détendre. Si Lénilla est devenue une Légios... Comment devrais-je réagir moi ? On se connaît depuis si longtemps...

Dean se réveille, il se lève et passe près de moi, c'est alors que Léo grogne :

- T'as quoi ? Un problème ?

- Ouais c'est toi mon problème, mon vieux. Dit Dean d'un ton assez sec.

- Vraiment ? Moi ? Léo se lève, et avance face à Dean.

- Ouais toi, et ta face de caniche.

- Fais gaffe à toi.

- Ch'ui pas ton chien tu vois, dit-il en poussant l'Alpha en arrière. T'es peut-être un louloup mais je suis pas ton soumis.

- Ah oui ? Louloup ?, les yeux de Léo virent-ils alors au rouge.

Je me lève et intervient :

- Et si on allait chacun de son côté ? Histoire de se détendre, l'un sans l'autre ?

- Non. Toi tu viens avec moi, me dit Dean sèchement.

- Tu m'énerves ! Laisses-la !, l'Alpha me défend, mais Dean me prend par le bras et me sert fort.

- Arrête ! Tu fais mal ! Dean !!!, j'ai beau crier rien ne l'arrête.

- LÂCHES LA !, Léo se transforme en loup, toujours aussi beau avec son pelage blanc.

- Alors là ! Tu peux rêver ! Dean se rapproche de moi, mettant son torse contre ma poitrine.

- Tu l'auras cherché !!!, l'Alpha grogne.

Léo me pousse avec sa tête, de loup de plus d'un mètre cinquante de haut. Il attrape Dean qui instinctivement se dégage. Ses yeux deviennent d'un rouge pétant, son dos se courbe, se mettant à quatre pattes. Il prend la forme d'un Puma, un très gros Puma, au pelage doré.

Celui-ci, qui pour se rattraper des menaces, mord l'Alpha qui fît un bond en arrière. Ce dernier reprend sa forme Légios et s'accroupit au sol, main sur la morsure abdominale, et dit :

- Non mais tu es malade ?! Tu veux encore ma mort en plus !

- Tu devrais faire attention, Dean reprend sa forme normale.

- Tu es un Légios de type Venin ! Tu sais que tes blessures sont mortelles !, panique Léo en pâlissant sur le moment.

- Et alors ?, lui répond Dean en ricanant.

- Je... très bien.

Aux cris de Léo, des Légios viennent alors à son secours, et le mènent à l'infirmerie pour le soigner d'urgence. Ce dernier passait nettement d'une couleur normale à un blanc presque livide, comme maladif à un point mortel. C'était un instant où je me voyais être totalement dépourvu de toutes actions. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas ce qu'il se passait... non en fait, je ne sais toujours pas ce qu'il se passe ! Bordel !!

Je regarde Dean, il tremble, il a peur pour sa victime je suppose. J'ai entendu autour de moi que le venin est mortel entre Gélios de type différent, bien sûr, mais aussi pour les humains et autres ! Pourtant des rumeurs racontent qu'il n'y a qu'un seul Légios capable de générer ce venin... Un certain... Che...Cherri... Je ne sais plus trop.

C'est alors que la voix d'Eiram me sortit de mes pensées :

- Evi !!! Viens !!!, elle crie de joie et non de peur .

Elle me prend par le bras délicatement, et me demande de la suivre, ainsi nous partons ensemble jusqu'à une salle semblable à une chambre avec 2 lits. Joyeuse elle me dit :

- Alors voilà, il y a 2 lits, je dors sur celui près de la porte et toi au fond, ça ira ?

- Oui merci. Tu es la sœur de Léo ?, n'ai-je pas pus m'empêcher de poser la question.

- Non largement pas ! Heureusement d'ailleurs. Dit moi Evi, t'as pas peur des Gélios ?

- Pourquoi en avoir peur ? Ils étaient humains avant, non ?

-Ou.. Oui, dit-elle avec une pointe d'hésitation en baissant alors le regard, puis la tête, suivi du corps.

Elle ne me répond plus, se tourne, et se contente de juste me dire « bonne nuit ». Etrangement j'ai l'impression que tous ici cachent des choses, parfois plus importantes que d'autres. Ce qui fait que je commence à ressentir un réel mal-être en m'immisçant dans leur quotidien de la sorte, comme si je n'étais qu'une grippe passagère. Je m'assois sur le lit qu'elle m'a soigneusement préparé, puis je sors, de ma poche, la carte d'identité de Kalista Eden que j'avais trouvé sur le corps d'un Gélios. Ma mère était seule pour m'élever quand j'étais encore enfant. Je n'ai jamais eu d'informations sur mon père, je me souviens seulement que ma mère me racontait souvent une histoire quand je lui demandais de me dire comment était papa.

Elle disait :

Il fut une époque où les Dragons peuplaient les mondes. Il vivait un Roi Dragon dans chacun des mondes créés par l'Univers. Alors que la paix régnait depuis des siècles, une espèce naquit dans les ombres de ces majestueuses créatures. Un Roi Dragon aux ailes de glaces, avait pris conscience de ce danger, des siècles avant les autres. Toutefois, il n'était pas cru, et pas plus aimé par ses congénères. Il possédait tout, un royaume, un peuple à protéger, une vie paisible aussi. Mais il lui manquait une Dragonne. Pour lui c'était vraiment difficile de se dire « Aller, une femme Dragon c'est naturel, dans l'autre des choses. Bien que sachant que je devrais lui laisser la parole. ». Il avait sa propre vision des choses, il savait comment gérer un peuple dans l'exactitude la plus précise possible. Il ne pouvait pas se voir soumis à un débat avec sa tendre bien-aimée.

Et un beau jour, il se fit foudroyé par l'amour. Elle était ravissante, ses cheveux châtains semblaient voler au vent, ses yeux verts brillaient comme une pierre d'émeraude. Comme sa vie ne fut que bonheur, il put la prendre pour épouse, belle humaine qu'elle était. Mais le Mal fit son apparition. Un nouveau roi est sorti de la pénombre : le Roi de la Dévastation. Un Lion, incapable de sentiments, avait détruit beaucoup de mondes. On racontait qu'il était aussi imposant qu'une montagne vieille de cent mille ans. Pris de peur pour son enfant qui venait à naître, il rassembla ses forces pour ouvrir une brèche entre son monde, et un monde du futur. Il y fit passer sa femme, et alors qu'une explosion détruisit le monde, il fut lui aussi projeté dans cette brèche. Mais sa femme, n'a jamais pu le retrouver.

Je regarde les autres cartes : Jack Neton 46 ans, Sparcki Dena 24 ans, Newton Delasil 30 ans, Sophiana Labelfoursh 36 ans... Il y en a tellement, et pourtant je n'en connais aucun... Ils étaient tous humains, et sont maintenant sûrement déjà tous morts. Qui a eu cette idée de créer les Extras-Temps ? Sans eux rien de tout cela ne serait arrivé. Certes nos technologies n'auraient pas évolué de la même façon, mais nous ne serions pas là aujourd'hui à survivre à tous ces malheurs ! Entre 2016 et 3751, le monde a trop changé. En 3751 : la belle époque, verdure, villes et un petit millier d'habitants, mais maintenant... murs de béton argentiques pour éviter d'avoir des Gélios... Perdus, dans les villes. Le nombre de mutations augmente, et nous sommes impuissants face à cela. On ne sait pas comment, mais des Gélios font souvent apparition dans la ville, enfin... on ne le sait pas car les politiciens ne disent rien. C'est donc par « peur » que les fédéraux nous tuent au premier signe de mutation. Alors qu'en 2016 : villes désertes, pas une personne humaine à l'horizon, sans compter les squelettes à perte de vue. Quelle terrible époque cette année de violence.

Je me souviens, après la mort de ma mère, les années qui suivirent cette tragédie furent des plus difficiles. Chaque jour, je devais me rendre dans la caserne pour y être entraînée, par des combattants connaissant tout un art de combat différent. C'était compliqué au début de tout retenir, ainsi que de ne pas les mélanger. Mais le temps a fait ses preuves. Aujourd'hui, je sais me battre. Comme quoi, la violence, la difficulté, la torture... Tout ça finit un jour par cesser. Et les nuages qui cachaient le soleil, se dissipent enfin.

Je regarde ma montre, le clignotant est rouge, nous avons dépassé les 5 jours d'expéditions. Pourtant j'ai l'impression que nous sommes ici seulement depuis 2 heures. Il n'y a aucun portail en 2016, notre époque ne nous attendra donc pas. Notre présent est parti sans nous, nous avons donc échoués. Comment va-t-on faire pour rentrer ? Le dernier monde ne sera jamais retrouvé par notre incompétence ! Il va falloir survivre, et atteindre un message de notre base... je ne sais comment. Je suis perdue, vraiment paumée. Nous allons devoir nous faire une place dans cette époque, ou bien trouver un autre moyen d'en sortir. Je réalise maintenant que ma maison dans le présent me manque terriblement. Je veux rentrer chez moi. Maman, aide-moi...

Je range tout, me couche et m'endors, bercée par le bruit du vent qui souffle contre la fenêtre.

- Evangéline ? Evi ?! Debout !

J'ouvre les yeux, secouée dans tous les sens. C'est Eiram.

- Aller marmotte ! On a besoin de ton aide Miss !

Je me lève, elle me passe des vêtements propres. Ces vêtements celtiques me plaisent beaucoup, une petite tunique avec sa ceinture en cuir. Ils ont l'air vieux, mais en vrai ils sont neufs.

Je suis Eiram, nous entrons dans une salle inquiétante aux murs gris, et au sol parsemé de taches de sang. On s'arrête. Attaché sur une table, Léo, transformé en loup comme hier face à Dean. Il se débat violemment, les médecins le regardent sans rien faire.

- Evangéline, dit Eiram en me regardant d'un air triste. Oél n'a jamais bien réagi au venin, il lui faut toujours 1 ou 2 mois pour guérir après ce genre de blessures. S'il te plaît utilise tes pouvoirs pour le soigner, je t'en prie !

- Mais... mais qu'est-ce que tu racontes ? Je ne suis pas capable de survivre toute seule, alors comment le soigner ?

- Et bien, soigne- le en utilisant tes pouvoirs ! Ce n'est pas compliqué.

Un homme avec une grande cape entre dans la salle, passant derrière moi. Son regard brun se pose délicatement sur moi. Ses longs cheveux blancs suivent cette allure douce et droite, qui attise ma curiosité. Il est extraordinaire. Il semble avoir à peu près mon âge, il est beau, grand, certainement musclé. Qui est-ce ? Quel est cet homme que personne ne m'a présenté ?

Je détourne le regard vers Eiram, et lui répond en butant sur mes mots :

- Je n'ai pas..., en regardant cet inconnu je sens quelque chose me traverser le dos.

- Evangéline ? Les Azurs-Wings peuvent soigner, et faire pleins d'autres choses, de ce que disent les légendes.

- Comment... tu le sais ?

- Je suis un Nuage je sais beaucoup de choses rien qu'en regardant les personnes qui m'entourent. Je suis capable de me transformer en Créature de la perception. Un mélange d'animaux avec un corps de chat, des ailes d'oiseau sans oublier les oreilles de lapin aussi.

- Un Nuage ? Des oreilles de lapin ? C'est quoi... ce... délire ?!

- Je ne suis pas très puissante, mais je sais tout sur tout alors transforme-toi et soigne-le !

L'inconnu de plus tôt s'arrête dans sa marche, puis se tourne vers nous. Ce dernier, vêtu de sa grande et longue cape sombre, d'un noir profond, n'a rien de spécial d'autre sur lui. Si ce n'était cet étrange tic-tac presque inaudible qui sortait comme de son cœur. D'un ton aussi doux que de la laine d'angora :

- Tu devrais l'écouter. Je crois en toi, je suis sûr que tu peux le faire Evangéline.

- Comment... savez vous mon nom ? Nous ne nous connaissons pas.

- Et bien... pas exactement, je suis... hum...

Une grande partie de la Rébellion Moca entre soudainement dans la salle, ils me regardent d'un air noir assez décourageant. Je ne sais pas qui est cet étranger, je ne connais pas son nom, je ne l'ai jamais vu, mais lui... lui semble en savoir un rayon sur moi, ma vie. Et peut-être même mes parents ! Je sais que je peux le faire, sauver à mon tour Léo, mais quelque chose me tracasse, en suis-je vraiment capable ? Léo, tu es quelqu'un de bien, tu ne dois pas mourir. Je tiens tant à lui. Si seulement on savait tout depuis le début. Lénilla, dis moi que tu es humaine... Eiram, Val, Clem, tout le monde, dites moi que tout peux changer, dites moi que ma vie peut en sauver des millions. Dites moi que tout va s'arranger.

            
            

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