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Capítulo 6 Chapitre 5: Otages et enquête

Capítulo 7 Chapitre 6: Révélation


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Je commence à vraiment m'inquiéter pour Dean. Cela fait un moment qu'il est seul avec eux. J'ai peur qu'il soit déjà mort, ou qu'ils soient en train de le torturer. Alors que nous passons la porte, lui est peut-être entrain de se faire retirer les boyaux, ou pire encore ! J'ai vraiment peur pour mon ami. Je ne comprends pas pourquoi ils ne nous ont pas tué, ou mangé.. j'en sais rien. Pourquoi nous avoir gardé en vie si c'est pour que la fuite soit aussi facile ?
En face de nous, sur une chaise semblable aux chaises à électrocutions mortelles de notre époque de 3751. Nous sommes rentrées dans une salle que l'ont croyait vide Lénilla et moi, mais par chance notre camarade est enfermé ici. Dean semble inanimé, il est attaché, tellement serré que l'on voit son sang couler en quantité terrifiante. Je crie à ma coéquipière:
- Lénilla, viens m'aider à détacher Dean !
- Oui Evi, j'arrive !
Elle vient m'aider à le délivrer des chaînes qui le maintiennent avec une hâte immense, celui-ci me regarde et dit :
- Evangéline, fuis...
- Je refuse, j'ai des ordres à suivre soldat ! Reprend-toi !
Les ordres du mystérieux Gélios... je ne comprends pas pourquoi il m'aide. Je ne sais pas non plus pourquoi je suis ici, et pourquoi les Gélios nous ont pris en otages. Lénilla et moi soutenons Dean pour l'aider à marcher malgré mon handicap. Nous l'asseyons sur une caisse, pendant que je vais fouiller la pièce, et qu'elle reste auprès de lui. Je trouve des documents en langues inconnues sur un bureau d'angle, ainsi que des photos de personnes plus ou moins humaines, et plus ou moins vivantes aussi. Un dossier soigneusement rangé dans un des tiroirs m'interpelle, je lis : Evangéline Cooper, Femme de 21 ans, dossier privé. Pourquoi un dossier à mon nom est ici ? Je ne suis jamais venu en 2016 par le passé, que je sache. Une porte claque à ma gauche, un Gélios nous regarde. Il semble ne pas comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons ici. Je le regarde me détaillé de haut en bas. Il semble vraiment pas comprendre, il fait alors un pas en avant. Par réflexe je recule, attrape mon arme et le pointe avec, il avance lentement vers moi. Lénilla et Dean se lèvent commençant à se diriger vers la porte du fond. Le Gélios s'élance sur moi et me plaque au sol. Je crois qu'il a compris que nous ne sommes pas trop copains. Dean réagit en prenant une agrafeuse sur la table à côté d'eux pour le blesser, mais n'intervient pas parce que je lui cris de partir. Le Gélios me mord dans le bras droit, je retiens un gémissement de douleur. Tout en retenant un bruit de douleur, je le pousse et lui tire une balle à onde de choc en pleine tête. Elle lui explose le crâne sur le sommet, laissant apparaître son cerveau putréfié. Il fait un bond en arrière et prend la fuite, je me lève puis rejoins mon équipe. C'est alors qu'une alarme retenti :
- Fallait si attendre avec tes compétences, s'exclame Dean face à moi.
- Tu avais qu'à lui courir après, répond Lénilla.
Nous nous pressons de partir, oubliant le dossier à mon nom, qui était important pour moi. Nous longeons un long couloir sombre tâché de sang, que je trouve plutôt frais. Peut-être qu'une sortie est à son bout. Ou alors je me fais encore de faux espoirs et c'est juste une fenêtre ouverte, ou encore un Gélios qui a ouvert un frigo. Quelque chose nous tire de côté, dans un couloir étroit. Je regarde qui est cette personne, c'est le Gélios qui nous aide. Dean s'arrête brusquement devant lui et dit:
- Toi ?!
- Evangéline ! Je t'avais dit de ne pas te battre !, me crie le Gélios en coupant Dean.
- Je n'avais pas le choix, lâche-moi !
Il s'approche plus près de moi, mon cœur s'emballe, il me prend dans ses bras. Son odeur remplit mon nez, elle comble ce vide que je ressentais. Elle est rassurante mais... il reste un monstre parmi les montres. Je fais un geste de recule, et me cogne contre un mur du couloir, retombant doucement sur mes fesses en suivant l'axe du mur, il s'exclame :
- Evangéline !
- C'est bon ça va. Laisse-moi tranquille... la bête..
- Evangéline, tu dois rester calme tu n'es pas encore totalement rétablie. Et je...
- Et tu quoi, hein ?! J'ai quoi ? La tête qui tourne et quelques côtes fêlées, c'est rien ! Merde à la fin !
Dean et Lénilla ne comprennent rien, je me lève doucement, et leur explique que le Gélios nous aide à nous échapper de cet endroit putride. Ce dernier prend alors la parole :
- Je me nomme, Expérience 00.3, ou du moins Léo. Heureux de vous aider. J'espère ne pas trop vous avoir fait peur sachant que vous ne ve... vous ne devez pas venir de cette époque.
- Mais comment il s.., ai-je commencé à dire en fronçant les sourcils, juste avant de penser à une chose.
Oh non ! J'ai oublié le dossier à mon nom ! Je dois aller le chercher, je dois savoir ! Il le faut ! Peut-être ont-ils des informations sur mes parents biologiques. J'allais y aller de tout mon élan, quand Léo passe alors son bras autour de ma taille pour me retenir, et me regarde droit dans les yeux tout en me serrant. Je le repousse :
- Pour la 2ème fois, lâche moi, bouge tes sales pattes ! Je dois aller chercher quelque chose !
- Non, tu dois t'enfuir tout de suite !
Dean me prend la main, il me dit qu'il est temps de partir, je regarde une dernière fois ce Léo, et pars avec mes compagnons. Celui-ci lance un : Bonne chance. Et part aussitôt de son côté. Lénilla court derrière Dean et moi, l'alarme sonne toujours, et une armée de Gélios court dans les couloirs à notre recherche. Dans un embranchement un Gélios nous rentre dedans, nous tombons. Le Gélios se relève tout en me prenant par le cou, en m'étranglant de toutes ses forces. Dean se lève et le prend par la tête, il la lui arrache sauvagement. Je me relève, du sang de Gélios coule au sol devant moi. Lénilla se redresse aussitôt. La scène n'a pas durée plus d'une minute, je n'ai rien suivi, je n'ai rien vu autour de nous que ce rouge explosé sur toute la surface du couloir.
Nous repartons à la recherche de la sortie, laissant le corps décapité au milieu du passage. Je viens de remarquer que Dean a quelque peu changé, je le trouve plus fort, et plus grand aussi. Je sais que grandir en l'espace de quelques temps peut paraître bizarre, mais bon c'est étrange. Surtout qu'il semble avoir perdu sa joie, ou sa douceur. Est-ce à cause des expériences qu'il a dû subir ou est-ce ma faute ? Nous traversons un hall assez petit, il y a des débris métalliques, et des murs en miettes. Lénilla nous cri de regarder au plafond, faisant au moins une dizaine de mètres de haut. Dean et moi levons la tête, des corps sont suspendus, pas que deux ou trois corps, il y en a au moins des centaines voir des milliers ! Dean nous prend par le bras, et nous caches derrière un meuble en bois reversé sur le bas côté, il dit :
- Chuuut, regardez là-bas.
Lénilla et moi échangeons un regard inquiet, puis nous regardons dans la direction indiquée. Il y a deux Gélios qui ramènent quatre corps avec des cordes, j'imagine que c'est pour les attacher au plafond eux aussi. Les corps qu'ils ramènent sont à moitié en os mais les vêtements sur eux sont les uniformes d'agents comme nous. Nous les entendons vaguement parler entre eux. Il me semble avoir entendu et traduit : « C'est de lui que tu devrais avoir peur, avec son corps semblable à une carcasse mécanique, et ses lumières bleues hyper flippantes. » Je ne sais pas de quoi ils parlent, et si c'est une bonne traduction, mais ils ont l'air inquiets.
Dean me regarde et me demande de sortir une arme, ainsi nous pourrons détruire ces Gélios.
Il passe en premier, tire sur celui de droite, tandis que moi, je me lève, abat celui du fond. Lénilla se lève une fois le combat fini, je fouille le Gélios que j'ai tué, et trouve des clefs ainsi que des cartes d'identités à empreintes digitales entourées d'une plume bleue. J'en lis une : Kalista Eden, femme de 34 ans, au service de Temporia.
Elle faisait partie de la brigade d'exploration des tunnels des Passés. Je crois que j'ai lu une note dans les archives sur cette personne mais... ça remonte à longtemps. Je remarque qu'il y a du sang sur les autres cartes, les cartes des membres qui nous accompagnaient pour cette expédition, j'imagine qu'ils sont morts maintenant. Peut-être que si je n'avais pas obéis au chef lorsque nous nous sommes mis à l'abri... ils seraient tous encore en vie... Je suis une ratée confirmée.
Dean fouille aussi de son côté, soudain une nouvelle alarme se fait entendre, je me retourne et vois Lénilla essayer de détacher un des corps suspendus, elle me regarde alors d'un air étrangement innocent :
- J'aurais peut-être pas dû... je crois.
Des Gélios arrivent, nous sommes encerclés. Un d'entre eux s'avance et parle :
- Ico pikenzète mé nio ?!
- Tu nous la refait en Français ?, lui lance Dean.
- Mé julkarzète lüe xervos ?!, le Gélios s'énerve.
- Je crois qu'il veut nous frapper ! crie Lénilla, le Gélios s'approche d'elle, soudain une voix familière se fait entendre.
- Ééviriezonne nëe myo !
Les Gélios s'écartent, Léo est là, vêtu d'une longue blouse blanche. Je suis soulagée, j'ai cru que nous allions devoir nous battre à trois contre seize. Nous ne comprenons rien à ce qu'il se passait sous nos yeux. Quel était ce langage ? Nous n'en comprenons pas le sens, mais avec tous ces cris cela ne pouvaient être uniquement des paroles de menace. Et malheureusement nous n'avons pas encore fabriqués de traducteur pour parler avec ce type de Gélios. Habituellement ils ne parlent pas, ils se contentent de grogner ou de faire parler les muscles. Mais là... nous venons de faire une découverte incroyable !
Léo passe devant les autres Gélios et se met devant nous, puis lance :
- Gwa viriefeuz mé darden ?
- Euh... , nous ne comprenons pas ce qu'il nous dit, visible par le regard que nous nous sommes tous les trois échangés à ce moment-là.
-Gwa viriefeuz mé darden ?!, il essaie de nous faire comprendre en changeant l'intonation.
- Ah euh... On cherchait les toilettes ! s'exclame Lénilla essayant de nous innocenter.
- Mais quelle imbécile... , dit-je déprimée.
Léo nous fait discrètement un clin d'œil, les Gélios nous regardent; leur chef de troupe se montre puis dit à Léo :
- Hays 00.3, té moprinés piken derkar.
La troupe s'en va, Léo souffle et me regarde droit dans les yeux. Je lui demande qui il est, il tourne la tête, puis sourit. Dean et Lénilla se regardent, Dean rajuste sa ceinture et demande d'une manière étrangement familière :
- Hé toi ! Le Gélios, tu nous expliques un peu ?
- Vous expliquer quoi ?, Léo a l'air énervé.
- Expliquer quoi ?, demande Dean agacé. Tu vas nous faire dém... tu vas nous enfoncer dans ce merdier !
Léo le coupe et lui crie:
- Si tu voulais crever t'aurais dû le faire avant ! Je suis là pour vous aider à survivre ! Je parle naturellement 183langues, dont le Ska ! Vous êtes dans le bâtiment principale du repère des Perdus, vous êtes des intrus, des prisonniers qui s'évadent ! Tu veux quoi comme explications encore pauvre crétin ?!
Dean allait sortir son arme, je l'arrête et le foudroie d'un regard noir. Il souffle puis recule. Léo, surpris par mon geste, recule aussi, il a l'air plus calme alors je le questionne :
- Léo, dit moi. Où sommes-nous ?
- Juste parce que c'est toi je veux bien répondre, nous sommes dans la base Ynoradeï.
- Pourquoi sommes-nous ici ?
- Pour des expériences...
- Qui es-tu ? , ma gorge se serre.
- Je suis Expérience 00.3, Léo. Garde scientifique de dissection. Je suis aussi le Bourreau 199.
- Ne me dit pas que...
- Si, je suis en charge de votre mort. C'est le principe d'un bourreau ici. Enfin, je pense que tous les bourreaux ont le même travail à l'origine.
- Et... ?
- Et je suis aussi un membre de la rébellion : Moca. Je suis ici en tant que double agent pour vous faire sortir de là, nous vous avions vu arriver dans cette époque par un portail temporel. Et j'admets que... c'était plutôt facile de deviner que vous finiriez par tomber ici.
Je suis rassurée ! Nous pouvons compter sur Léo pour sortir d'ici. Dean me regarde encore en colère, tandis que Lénilla me fait un grand sourire tout en se recoiffant.
-Nous devons sortir, la troupe de surveillance a un GROS doute sur moi, depuis que j'en ai frappé un... lança Léo sereinement.
Nous nous mettons en route en le suivant, lorsque nous croisons des gardes Léo sort une arme tout en nous pointant comme si nous étions de véritables prisonniers. Je repense à ce qu'a dit Léo tout à l'heure, quand il a dit "Bourreau" j'ai vraiment cru qu'il était un ennemi, non pas un allié. Je le trouve spécial, 183 langues ? Chez les humains c'est déjà difficile d'en apprendre 3 alors 183... C'est hallucinant ! Et aussi qu'il m'énerve ce Dean, toujours à faire le mâle dominant... il a bien changé en si peu de temps.