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Capítulo 6 Chapitre 5: Otages et enquête

Capítulo 7 Chapitre 6: Révélation


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Octobre 3 750
Une société montée il y a un peu moins de 40 ans, avait pour mission de voyager de temps en temps à la recherche du dernier monde introuvable. La seule piste est :
Passé, présent, futur se confondent. La vie, la mort, l'avenir tous ensemble.
Piste.. non, c'est une phrase retrouvée sur un bout de papier, qu'un scientifique de Temps nous a envoyé. Un inconnu anonyme qui plus est, c'est un sacré souci. D'autant plus que la société qui avait été montée, était la toute première de son temps. Assez redondant de ne parler que du "temps" à longueur de phrase, je dois l'avouer. Dans les manuels scolaires, il est dit qu'elle a rencontré un problème de taille, soi-disant que « des choses » ont passées leur portail. Je n'y crois pas trop, des rumeurs disent que ces choses se trouvaient dans l'enceinte de la société avant cet incident. Je dois me tromper, mais rares sont les fois où j'ai tords. Maintenant qu'elle n'est plus, nous seuls pouvons sauver ce qu'il reste du monde dans lequel nous vivons, comme dans les 98 autres. Plus personne ne peut nous barrer la route, hormis ces choses. J'ai peur, très peur. Je vous parle en "choses" et "trucs" pour le moment, mais vous comprendrez au fil de mon histoire de quoi il en retourne en réalité.
Janvier 3 751
Mon nom ? Evangéline Cooper. Je suis agent X de notre société : Temporia. Pour faire court, j'ai les cheveux mi-longs, rouges de nature, les yeux d'un bleu océan très rare, et une taille d'environs 1.70m. En tant qu'agent X, je suis chargée de voyager à travers le temps, à la recherche d'indices sur le monde soi-disant introuvable. Notre société est assez spéciale je dois l'admettre, mais en vérité elle ne comporte que très peu de personnel, afin d'éviter que le peuple, qui n'est pas au courant de certaines choses, se mette à paniquer. Nous avons une tenue obligatoire, les agents comme nous doivent porter une tenue complètement noire, il paraîtrait que cela sert de camouflage, j'en doute personnellement. Pour ma part, je porte un long manteau noir, un haut simple et blanc, ainsi qu'un pantalon gris et des docks noires le recouvrant à mi mollet. Cela fait plusieurs années que je travaille ici et je n'ai jamais eu un seul jour de repos, puisque le temps ne s'arrête pas, les agents ne s'arrêtent pas non plus. Temporia a pour particularité de m'avoir dans leur rang, et je ne cache pas être la meilleure de ma promotion ! Enfin bref, avant Temporia, il y avait l'entreprise Erocorp, qui par malchance, a fini par exploser. Les moteurs à capacité temporelle ont prit feu lors d'une sortie dans le passé, malheureusement les agents ne sont jamais revenus. Dieu sait ce qui leur est arrivé. Même si j'ai déjà ma petite idée sur la question. Vous comprendrez peut-être au fil de l'histoire. Après, quand je dis qu'ils ne sont jamais revenus, c'est partiellement faux en fait. Je me souviens de l'actualité que j'avais pu lire là-dessus:
Des agents ont été envoyés en l'an 2 120 afin de trouver si de nouvelles sources de minerais ont vu le jour depuis la grande catastrophe. Néanmoins, alors qu'ils allaient rentrer à la maison, les moteurs du portail ont explosés et seulement quelques morceaux de ces agents sont passés à travers ce dernier durant leur voyage.
Je dois l'avouer, je suis bien contente de ne pas avoir été de la conciergerie à cette époque. Je n'étais pas encore prête à ce style de situations, et je doute pouvoir l'être un jour. Brrr... quelle horreur.
Une chose à savoir, notre passé n'est pas quelque chose de très intéressant à savoir. Très peu d'êtres humains sont restés en vie et honnêtement, ceux qui ne sont pas là aujourd'hui sont piégés dans le passé, peut-être sous cette autre forme. Les défunts du passé ont, à mes yeux, plus de chance que les survivants. Nous sommes contraints d'obéir à ce Esteban, qui est mon tuteur légal, dirigeant de Temporia, et franchement, ce n'est pas un cadeau. Si vous ne lui obéissez pas, il vous fait mettre au fer, ou encore s'approprie vos biens, brisant les objets fragiles qui vous tiennent à cœur. Il nous est impossible de nous rebeller, ni contester, il est prêt à nous tuer pour que l'on se soumette. Mais mort, à quoi pouvons nous servir ?
Je vis dans une petite maison dans un quartier non loin de la société, pourquoi ? Parce que je n'ai pas le choix ! Le patron est un homme particulièrement hautain, il serait prêt à sacrifier des êtres humains pour sauver sa tronche de crétin, ce gros con qui ne pense qu'à son gros cul égoïste ! Donc les gens qui sont ici seulement dans l'utilité de protéger la ville, sont mis proche de la bâtisse pour intervenir le plus rapidement possible, quitte à devoir supporter les passages des camions de la catégorie militaire toute la journée. Ça me rappelle.. ce fameux jour où elle m'a quitté enfant.. Qu'importe, c'est du passé, non ? Cette histoire me fatigue d'avance, qu'une histoire de temps, il faut vite y faire le lien sinon nous y perdons le fil aussitôt. Notre 3 751, est ce que les personnes de l'époque nommaient "futuriste". Quelque chose d'incompréhensible et de trop moderne pour eux à vrai dire ! Cela devait être amusant pour eux de détruire la végétation, pour la remplacer par des immeubles grisâtres ! Nous c'est très végétatif, du moins dans l'enceinte de la ville... nous y avons tout rénové: parcs, petit bois, fontaines, boisés.. Mais en dehors des murs...les traces du passé sont des plus visibles... Heureusement que nous ne pouvons plus sortir, en un sens...
Oh mais j'y pense, vous ne connaissez pas mon histoire avant ce que je vous raconte ! Mince... je n'ai plus le temps. Aujourd'hui est un jour spécial, puisque c'est mon vingtième départ pour le Passé. En temps normal, nous avons sept jours pour récolter un maximum d'indices, hélas nous n'avons que cinq jours, car une panne temporelle nous oblige à rentrer plus tôt. Une panne causée par un technicien, qui aurait renversé sa tasse de café dans les conduits électriques du moteur temporel. C'est épuisant... Je ne sais même pas comment ça peut être possible ! On ne dort pas dans un conduit électrique ! Je peux comprendre qu'il est dur de rester éveillé plusieurs heures la nuit, mais quand même, je ne peux comprendre comment cela est arrivé; d'autant plus quand on a conscience que l'on travaille pour l'avenir de l'humanité entière !
Ah ! Et je voyage avec une équipe de 8 personnes, toutes aussi différentes les unes que les autres dont : Lénilla, une fille étrange d'environs ma taille, au regard émeraude, et aux cheveux noirs noués en queue de cheval, qui ne me lâche jamais depuis nos premières études ensemble :
- Hé ! Evi !
- Quoi encore ? Mon nom c'est Evangéline, arrête de m'appeler comme ça.
- Oui ! Bah, hein ! Okay ? Je voulais savoir, je prends bleu avec un canard ou rouge simple ?
- De quoi tu me parles ?
- Bah c'est évident ! De chaussettes !
- Une évidence ? Tu te moques de moi là ?! Débrouille toi, le chef nous attend, j'ai pas de temps à perdre avec tes gamineries.
Par pitié, pouvez-vous garder Lénilla ? Avec une laisse, des chaînes, ou enfermez-la dans un placard ! On doit trouver ce monde introuvable, sinon nous n'allons pas pouvoir survivre à un nouvel Extra-Temps. Nous devons faire partir le reste de la population dans ce monde, selon une rumeur très connue on pourrait y être protégé car le temps n'aurait aucun impact sur lui.
Autant pour les Alphas, nous les agents de Temporia par exemple, que pour les civils, un Extra-Temps reste un puissant pouvoir capable de tout inverser dans le Temps. Ces changements peuvent être physiques comme chimiques, de la plus petite créature à la plus petite molécule.
Comme les Gélios, ils sont une espèce humanoïde mutante qui se nourrit majoritairement de femmes et d'enfants. Elle est caractérisée par une taille imposante ainsi qu'une force inimaginable, certains d'entre eux peuvent même avoir une évolution de puissance, pouvoirs, et dons..
Ca me rappelle encore.. quand j'avais à peine 5 ans, Kalista, ma mère... je ne préfère pas trop en parler, mais pour vous... je vais faire un effort.
C'est un d'entre eux qui l'a dévorée sous mes yeux, déchirant la tête du corps, arrachant les bras du torse. Ce jour-là, c'était cet homme, le patron de Temporia... il était venu à la maison pour prendre le diner avec nous, il charmait ma maman. Ils avaient passé un contrat pour que, quand je serais un peu plus âgée, à mes 6 ans, je partirais un entrainement de guerrier à Temporia. Ma maman avait accepté, car elle savait qu'un jour où l'autre elle ne serait plus là, et qu'il fallait quelqu'un pour me protéger, protéger la pauvre enfant que je suis. Elle m'a donc offerte au méchant loup. C'était une scène abominable, car c'était lui, nous étions à la maison, elle était là, cette créature de 3 mètres de haut, le corps gris, des rayures rouges le décoraient comme un Tigre, ses pupilles étaient orangées, et sa bouche couronnée de crocs. Le patron avait alors pris ma mère, il me semblait, en tant que bouclier, me faisant reculer contre un coin de la salle à manger. La créature s'est approchée et.. a dévoré ma maman... Il a pris délicatement sa tête entre ses imposantes mains, serrant tout doucement le crâne, le lui brisant. Par la suite, il lui prit ses bras pour les jeter sur la table, lentement il arrache le torse du reste du corps. Je regardais la scène de mes yeux innocents, regardant le collier que papa lui avait offert avant ma naissance, tomber au sol, se brisant de peu.
L'homme hautain m'a prise par la main, et nous sommes rentrés tous les trois dans les quartiers de la société. Je ne me rappelle pas d'autre chose mais, je crois que la créature avait une conscience, elle était aux ordres du patron, c'est obligé.. non ?
C'est le départ pour le passé, mon équipe et moi passons le portail fait à partir du pouvoir des derniers Extra Temps captés par nos ondes spatiales de la base appelée Secteur 27. Ne me demandez pas d'où sort ce nom, mais rassurez-vous il ne vient pas de moi. Le portail fait la moitié de la hauteur de la salle d'embarquement au centre du bâtiment de Temporia. La forme d'un demi-cercle serti de joyaux départ et d'autres. Avant d'oublier, la société est construite en trois bâtiments: le premier est en forme de U, la partie basse est un grand hall et c'est la seule entrée que les habitants connaissent, le second est un U à l'envers venant compléter le premier, nous pouvons dire que cela forme un rectangle mais les deux côtés sont espacés de quelques mètres; le dernier bâtiment est au centre de ce rectangle, il n'est qu'un carré parfait, et c'est ici la salle d'embarquement, connectée par deux couloirs de chaque côté, en longueur du rectangle. Bon, j'espère qu'il ne vous faut pas un dessin, je dois y aller ! Je me tiens alors devant cette masse métallique qui me rappelle ma taille en ce monde. J'ai la crainte au cou... enfin je ne suis pas même sûre que ce soit de la crainte. Au contraire, je pense que je ressens une immense paix, un calme total. J'ai le sentiment d'être presque rassurée et réconfortée devant le portail. C'est une étrange sensation. Je suis heureuse et à la fois plus que confiante; c'est comme si mon corps était contrôlé par une force supérieure. Quelque chose qui me fait obligatoirement sentir bien alors que mes compagnons à mes côtés tremblent légèrement, plus pour certains.
Une fois arrivés dans le passé de notre monde, nous nous regroupons. L'un de mes camarades a eût le mal de mer en passant le portail et s'est donc rapproché d'un tas d'ordure pour y laisser le contenu de son estomac. Pour ma part, je ressens comme une vibration dans ma tête, tout tourne autour de moi. Je me sens faible, si mal. Un coéquipier arrive derrière moi et me bouscule en passant. J'ai cru manquer d'équilibre au début avant de me retrouver à genoux au sol. Au même moment des ricanements se firent entendre dans mon dos: Lénilla se moque de ma chute je l'entends bien. Cependant à la place de me laisser dans mon mal être profond, bien plus qu'elle ne pouvait le voir, celle-ci m'offrit sa main pour m'aider à me relever, chose que je fis sans attendre plus longtemps. En face de nous le chef de l'équipe, un homme fort bien puissant; jolie barbe grisâtre, des yeux d'un noisette foncé, ainsi qu'un crâne brillant et sans cheveux; prend la parole:
- Nous voilà en l'an 2016, bienvenue. Francis si tu veux bien arrêter de manger des sardines.
- Mais Monsieur j'ai faim, rétorque-t-il au jeune roux.
- Il fallait y penser avant jeune homme. Evangéline ! Je veux que tu ailles en reconnaissance des lieux avec Lénilla et Dean dans le bâtiment en face.
- Nous y allons de ce pas Monsieur, lui dis-je en inclinant la tête en avant.
- Vous avez 72 heures pour trouver des indices dans ce secteur. Si vous n'en trouvez pas vous resterez bloqués ici, ce qui serait fort dommage je pense !
Dean est un homme mystérieux, de quelques dizaines de centimètres de plus que moi, ses cheveux sont un mélange de blond et de châtain, ses yeux, eux, brillent d'un éclat ambre. Je ne pourrais jamais oublier ce regard qu'il a en m'observant, il a l'air obnubilé par mes yeux, ou ma tronche je ne sais pas. Nous voilà en route, pour que vous voyez la situation, les bâtiments sont en ruines, la nature verte n'est plus que morte et sèche à perte de vue. Les rues sont désertes et il n'y a pas de bruits. Il y a ce béton grisâtre comme route, parsemé de trous béants, ouvrant jusqu'aux égouts. Je m'avance lentement, et en toute discrétion. Nous nous approchons de l'entrée d'un vieux bâtiment au toit déchiqueté, aux murs brisés et aux fenêtres explosées. La porte grince horriblement, le sol couine sous nos légers pas lents. Lénilla se colle à moi, Dean reste en arrière. Une sensation forte désagréable me traverse le dos. Un souffle rauque, et lent se fait entendre. Nous nous arrêtons paralysés de peur. On se retourne. Rien. Alors on se remit en marche. Lénilla crie, je m'arrête, me retourne, ni Dean ni moi ne la voyons. Je chuchote, espérant qu'elle réponde :
- Lénilla ? Lénilla, répond !
- Evangéline ?, me dit Dean. Lénilla n'est pas là.
- Comment est-ce...
Je regarde au sol, des traces de sang, ainsi que de griffes sont visibles. Je suis sûre qu'il y en a ici... J'entends un cri ! Je cours à travers les longs couloirs, plus j'avance, plus je vois des choses affreuses que je ne préfère pas citer. Je dois la retrouver! Hors de question de perdre quelqu'un aujourd'hui, ni demain et jamais ! Les couloirs se ressemblent, les murs sont blancs comme le sol et le plafond, ils sont vieux et fissurés, de part en part tâché de liquides en tout genre. Je sens une horrible odeur de quelque chose de mort... du moins je préfère le croire, que tomber face à une de ces choses cadavériques.
Quelque chose tombe sur le côté, je m'arrête, sursautant, ne comprenant pas d'où ça sort :
- Oh mon dieu !
Un corps sans vie est là, étalé au sol, j'en tremble, Dean m'interpelle :
- Evangéline ! Ne perdons pas de temps !
C'était la première fois. La première fois que je voyais une telle chose devant mes yeux. Habituellement nous ne trouvons que des squelettes ou des morceaux d'os, rien de plus. Mais là, là c'était comme voir l'un des nôtres, quelqu'un de fraîchement décédé sous mes yeux. Il y aurait-il de la vie autre que monstrueuse en cette époque ? Cette époque où tout a commencé sera-t-elle la clé de toutes les énigmes ? J'ai peur. Je sens mon cœur dans ma poitrine se resserrer. C'était comme être parallèle au temps, comme si l'instant venait de ralentir et que mon cerveau était en pleine réflexion à une vitesse improbable. Je me sens bouleversée de milliers d'émotions. Tout me semble à la fois inconnu et totalement familier. J'ai déjà vu ça... j'ai vu ça mais... mais..... où ?
Je ne peux plus bouger, paralysée par la peur. Soudainement, ces vibrations dans ma tête reprennent, je manque de tomber en arrière, mais Dean me tire vers lui tout en me serrant la main. Les vibrations semblent se calmer, cela fait une sensation très étrange et indescriptible. Nous traversons une allée sombre et étroite en courant. Nous tentons de fouiller chaque pièce, mais les portes sont verrouillées pour la plupart, si nous ne tombons pas sur un placard. Un cri se fait une nouvelle fois entendre, on s'arrête devant la dernière porte ouvrable. Dean l'encastre, je le suis. Soudain il s'arrête, et face à lui, un homme vêtu de noir fait quelques pas vers nous, mais non je me trompe ! C'est un Gélios ! Un Gélios à la peau noire sur les os, 2 mètres 40 facilement, la tête ne restant que le crâne et de la peau au niveau des yeux et de la bouche, un bras entièrement osseux laissant pendre quelques morceaux de chair. Le reste du corps n'est que squelette et des os cassés à certains endroits.
Il fonce droit sur nous, Dean saute de côté, l'esquivant. J'étais derrière lui, incapable de bouger. Le Gélios me rentre dedans, me fêlant une ou deux côtes de sa force redoutable. Lors de ma chute ma tête cogne un rebord de verre tellement fort que le crâne se fragiliserait presque, Dean s'écrit :
- Evangéline !!!
Je ne peux lui répondre. Je me sens sonnée, je vois trouble, les sons sont terriblement sourds. Dean sort son fusil à balles électriques, il se met à tirer sur le Gélios qui émit un hurlement horriblement strident. Cette créature s'élance sur Dean qui recule en maintenant les tirs. Une odeur de brûlé commence à se faire sentir, c'est son arme qui surchauffe. Les fusils à balles électriques n'ont pas de chargeur, ils possèdent un mini moteur qui envoie des flux d'énergies sur les cibles. Je reste incapable de me lever, gardant une main sur ma blessure abdominale. Dean balance son arme au sol, presque sur moi, et fonce droit sur notre agresseur avec une dague en acier. Le Gélios se prend la dague dans le ventre mais ne réagit pas à la douleur, pour répliquer il se contente de prendre mon coéquipier par les cheveux et le jeter plus loin. Le cadavre vivant nous regarde, et se met à rire, reculant dans la pénombre tout doucement. Dean le regarde partir, le fixant du regard dans le cas d'une attaque surprise.
Derrière nous, une voix familière hurle:
- Hey ! Chui là !
Dean se retourne, Lénilla est là:
- Bon sang Lénilla ! Tu m'as fait peur espèce de noisette creuse! Aide-moi, il faut faire sortir Evangéline !
Les deux m'aident à me relever, je passe mon bras droit autour de Lénilla qui me soutient le plus possible. Dean passe devant. Je sens que mon corps devient lourd et difficile à porter pour elle. Un hurlement de Gélios nous fait faire halte.
Dean reprend la course et nous fait un passage à travers les décombres. Je souffre, la tête qui tourne, je me force à courir pour sauver leur vie en ne leur faisant pas perdre trop de temps pour fuir. Mais ma blessure abdominale est ouverte, et le choc sur la tête m'affaiblit. Je vous avoue, j'ai peur, ma vision se trouble; je bute sur une chaise renversée et tombe.
- Evi !!!, s'écria Lénilla. Dean s'arrête au cri de celle-ci et accourt vers nous.
- Evangéline !
Au sol à plat ventre, les vibrations dans ma tête reprennent plus fortement qu'avant, Dean essaie de me parler:
- Elle s'est pris un trop gros coup sur la tête, bon je vais la porter, Lénilla tu nous couvres !
Elle fait "oui" de la tête, ma vision s'assombrit, je ferme alors les yeux.
Je sens comme une odeur de grillé, j'ouvre difficilement les yeux. Je regarde autour de moi, je suis sur un brancard, sous une tente certainement posée pour moi. Dean est en train de parler. J'essaie de me lever pour au final m'assoir. Nous sommes dans un bâtiment avec l'équipe complète, je dirais un grand hall de gare. Dean parle avec le chef qui me regarde :
- Evangéline ! Ça va ?, me lança-t-il
- Euh... oui je crois, je me lève et m'approche d'eux.
- Bonjour, vous avez tardé Miss.
- Désolé, nous nous sommes... il me coupe sèchement.
- Oui je sais, et d'ailleurs restez calme et au repos, vous risquerez d'ouvrir de nouveau votre blessure. D'autant plus que j'ai pu utiliser mes talents de fine couturière !
- D'accord.. Humm... couturière.. ?
Je m'écarte, m'éloigne, retourne m'assoir, et écris dans mon journal décrivant tout ce que je fais. Cela fut perturbant d'entendre le chef me parler de ses soi-disant talents de "couturière". Surtout lorsque je me penche dans mes souvenirs et que je revois Steve avec des câbles électriques en guise de points de suture... non non non ! Je ne dois pas y penser ni m'inquiéter. Ca va aller. J'espère.. Je lève la tête vers le ciel, regardant les nuages noirs passer à travers le toit vitré. Un bruit de bombe nous surprend, on se lève et regarde autour de nous, le chef s'écrit :
- On bouge ! Dean, Lénilla ! Avec Evangéline ! Vous retournez dans le bâtiment sans vous retourner !
- Oui chef !, répond Dean avec assurance et sans peur.
Nous nous mettons en route, dans la minute qui suit nous arrivons dans le bâtiment. Nous entrons et fermons la porte rouillée derrière nous. Ce silence me donne des frissons dans le dos. Lénilla refuse de passer en première, et Dean ne préfère pas que ce soit moi, sous prétexte que, "être blessé soit grave". Il part en tête, nous le suivons.
- J'espère ne pas retomber sur le monstre, fait Lénilla.
- Alors presse le pas, et avance plus vite en silence, lui répond Dean sévèrement.
- Nous devons trouver un lieu sûr, leur dis-je pour calmer la tension.
Dean casse un meuble en passant, du liquide en coule, celui-ci est visqueux et verdâtre. Il coule en direction d'une porte, Lénilla ouvre celle-ci, surprise, elle recule.
C'est un laboratoire de test sur les humains femmes. J'entre lentement, choquée, et même horrifiée. Il y a des genres de tubes en verre contenants des corps de femmes sous toutes les formes: Embryons, Fœtus, Enfants, Adolescents et autres. Tous rangés par formes, et en lignes.
Sur une paillasse, je trouve des dossiers médicaux illégaux, j'ouvre et lis :
- Michael Frays, homme de 348 ans de type AB, brun aux yeux bleus notés "rares".
Je ne comprends pas tout mais je pense que quelque chose s'est passé ici. Je regarde, et fouille la pièce, je trouve des dossiers privés sur les corps dans les tubes.
Quelque chose me surprend, un corps d'enfant, pas n'importe quoi, un corps d'enfant Gélios, je n'avais jamais vu ça avant ! Il a une tête plutôt petite avec une joue sans peau, au niveau des côtes aussi ainsi que sur les jambes. Il a l'air grand pour un enfant de 4 ans, environ 1 mètre 50. Comment est-ce possible ?Quelqu'un aurait fait une expérience avec une femme et un Gélios...ou serait-ce le fruit du hasard ? Un enfant Gélios, c'est impossible ! Ils perdent tout sens humain et deviennent sauvages, ils ne peuvent se reproduire.
Sauf si... je ne connais pas l'existence d'un autre type de Gélios.
Dean me fait sursauter, je recule, et fait tomber un tube à essai qui se brise sur le sol. Une alarme retentit et les issues se ferment, nous nous regardons tous les trois pas du tout rassurés. Un gaz se diffuse dans la salle. Je vois flou, Lénilla est déjà tombée, Dean tombe de même, mes yeux bleus me brûlent, je m'assoie. Je regarde autour de moi, ne voyant que des formes s'approchant à travers mes cheveux rouges; des yeux sanglants me fixent. Les formes me frappent, je m'écroule. Dans la souffrance de nouvelles vibrations dans ma tête font leur apparition, alors je perds connaissance dans cet élan sombre de pensée vide de sens.
Une voix résonne dans ma tête, elle est grave et rassurante à la fois. J'ai l'impression de la connaître, l'avoir déjà entendu il y a très longtemps : Evangéline, réveille toi. Il faut que tu te lèves, suis le cours de ton histoire. Ne te fies pas à eux, ils ont l'air gentils. Mais la vérité est toujours la chose la plus mortelle. Pitié Evangéline, ne fait pas cette erreur. J'ai besoin de toi, tu dois te réveiller. Ils te veulent, ne lâche rien, suis mon aura qui t'intrigue.
J'ouvre les yeux, le choc a dû être violant, ma tête est si lourde. J'essaie de m'avancer, mes mains sont attachées, je suis contre un mur enchaînée. Je n'ai plus ma veste sur moi, ni mon haut, c'est à peine s'il me reste un tissu.
Un homme ouvre la porte en face de moi, je crois. Il semble avoir les cheveux bruns, ainsi qu'un regard couleur prehnite, mais il est très grand, je dirais presque 2 mètres. Je ne vois pas très bien, il tient une couverture je crois, il s'approche de moi. Il défait mes liens et m'habille avec un grand manteau brun. Il se met à ma hauteur, ce ne peut être qu'un Gélios:
- Il faut que tu viennes avec moi.
- Qui êtes vous.. ?
-Ne parles pas trop fort s'il te plaît, ils vont t'entendre, chuchote-t-il.
- Qui ça "ils" ?
- S'il te plaît, viens.
- Je.. te suis, répondais-je dubitativement.
Il me prend par la main, passe sa tête furtivement par la porte, et m'emmène avec lui le long des couloirs fêlés. Je reconnais, c'est le sous-sol du bâtiment. Mais où sont les autres ?! J'espère qu'ils n'ont rien... Le Gélios est grand, je dirais...environ 2m de haut, il a la peau très pâle, et pour la première fois que je vois ça, il a les cheveux châtains, ainsi que les yeux verts. En temps « normal », les Gélios n'ont pas de poils, ou très peu. Ils sont plutôt décharnés et sauvages. Pourtant cela ne semble pas être le cas de cet être. Il est capable de parler, d'avoir des émotions aussi, puisqu'il m'a sourit en me détachant. Je ne comprends pas, je ne connais pas ce genre de Gélios. Je l'ai lu pendant ma formation, ils ne sont que des sauvages cannibales, semblables à des cadavres vivants.
Il s'arrête à côté d'une allée étroite, et il me tire vers celle-ci :
- Écoute moi bien Evangéline, dit-il sur un ton sérieux.
- D'où connaissez-vous mon nom ?
- Laisse-moi parler s'il te plaît. Écoute moi, tes compagnons vont être disséqués, alors tu dois les faire sortir d'ici, sauf si tu veux mourir.
Il me laisse sans voix, il me tient la main, et me dirige vers une serre souterraine.
- Il faut se dépêcher, sinon tu ne sortiras pas d'ici vivante !
- Comment ça ?
- Je vais devoir retourner au travail, et tu ne peux pas sortir seule vivante dans ton état.
- Quel travail ?
- Je suis leur bourreau, par pitié t'as pas fini avec tes questions ?
- Comment ça bourreau ?! Vous tuez souvent ici, ou quoi ?
- Evangéline !
- Pardon...
- Viens, passons par ici.
Je le suis en silence et calmement. Je tremble, il m'inquiète ce Gélios. Il s'arrête devant une grille d'aération et me dit :
- Evangéline tu dois sortir tes amis d'ici, pour cela tu dois déverrouiller la porte de la salle T, tu ne pourras pas la rater je t'assure. Je m'occupe d'ouvrir les portes à verrous électriques, ensuite tu iras dans un couloir pour me rejoindre.
- D'accord. Ok, je vais chercher tout ça... Quelle salle T ?
- Surtout ne te bats pas, et ne te prends pas de coups, sinon je m'occuperai de ton cas.
Il ouvre la porte du grillage, m'y pousse, il l'a referme ensuite. Je fais oui de la tête, et entame le trajet à quatre pattes. Je dois vous avouer que je ne comprends pas pourquoi il m'aide. Je viens d'un autre temps, il l'a sans doute remarqué. Puis, nous ne sommes plus de la même espèce, lui c'est un Gélios, moi une humaine. Ce n'est pas possible de se côtoyer, surtout s'il peut me manger. Ou pire encore, si c'est en réalité un piège. Veut-il me faire cuire ? Ou peut-être qu'il me test... Je saurais si je peux lui faire confiance quand j'aurais retrouvé mes camarades !
Après quelques mètres, je m'arrête et m'assoie. Les vibrations dans ma tête se sont beaucoup apaisées, mais je les ressens encore un peu. Je suis essoufflée, je sors mon pistolet à ultras ondes, et le recharge. Quand je regarde mon arme, j'ai l'impression de devoir tuer pour vivre. Cela n'est pas trop une impression, mais... La vie est comme le jour et la nuit, sauf qu'ici le jour passe beaucoup plus vite, ou alors je suis restée inconsciente trop longtemps. Je reprends la route à travers le conduit, c'est long et épuisant à la fois.
Quelques minutes plus tard, après un croisement de conduits, je fais un pas et tombe. Une fois au sol, les vibrations dans ma tête reprennent plus fort encore, pour retenir mes gémissements je mets mes mains devant ma bouche. Je me retrouve au milieu d'un lumineux couloir face à une immense porte en argent massif. Je me lève, mais quelqu'un arrive derrière moi, mon instinct survient. C'est un Gélios, je lui saute à la gorge, l'embarquant avec mes jambes en avant, et le fait chuter lourdement au sol. Doucement, j'entre mon couteau dans une ouverture crânienne permettant de le tuer, puis je le fouille. Oh tiens ! Un badge ! Plus facile que de trouver un Gélios dans un chat ! Bien que... je me demande pourquoi un Gélios serait dans un chat... ou un chat dans un Gélios serait bien plus probable.
J'ouvre la porte en argent en passant le badge, sur un réceptacle en bronze se trouvant à droite d'elle. Je la passe, et la referme, le plus silencieusement possible, je me tourne face à la pièce. J'avance, j'observe. Sur ma gauche il y a des piliers avec des fils électriques, et à ma droite des tables tâchées de liquide rouge, ou blanc, ou encore vert. Je chuchote, espérant trouver mes camarades:
- Dean ? Lénilla ?
Je les cherche, à droite, je vois Lénilla sur une des tables, attachée. J'accours vers elle pour la libère de ses liens:
- Lénilla ! Réveille-toi !, m'exclamais-je en lui donnant de petites claques sur la joue.
- Mmh... Evi ?, elle ouvre les yeux et me regarde, légèrement sonnée.
- Oui c'est moi, aller viens !
Elle se lève, on fouille la pièce. Il y a des corps, des photos, des dossiers, et même des têtes humaines empaillées. On s'arrête devant une tête qui nous est familière, Lénilla prend la parole :
- Oh la vache t'as vue ça ?! On dirait trop la tête du cap'tain !
- Où ça ?, lui demandais-je en m'approchant.
- Là regarde !, elle pointe du doigt.
Je regarde la tête, tout d'abord rapidement, par peur d'y voir une erreur, puis quand je remarque qu'elle m'est familière je la détaille du regard. C'est en effet la tête de notre Chef d'escouade.
Elle recule et recouvre son visage avec ses mains, que je prends pour la tirer plus loin. Je viens de remarquer que ces dernières sont légèrement blessées. Je verrais pour la soigner en lieu sûr, et si nous retrouvons nos affaires.
Nous devons avoir trouvé Dean en moins d'une heure, sinon le Gélios bizarre va nous laisser pour morts. Je regarde ma camarade timidement, la voyant en pleure:
- Viens Lénilla, nous devons partir.
Je la prend par le bras, nous sortons de la salle par un couloir à l'opposé de la porte d'entrée. Nous marchons côte à côte; j'ai du mal à croire que notre chef soit mort. Je ne sais pas comment nous allons rentrer avant le temps imparti sans lui.. Devant nous, au fond du passage, se trouve une porte blindée. Nous arrivons face à elle, je ne trouve ni réceptacle, ni serrure et encore moins de poignets. Je sors mon badge... ah mais attendez, j'ai dit ne pas voir de réceptacle alors il ne sert à rien. Qu'est-ce que je peux être stupide ! Soudain, la porte s'ouvre avec une voix grésillante disant de passer.
Merci Gélios ! Mais.. je.. je remercie un monstre mangeur d'humain là...