Carole : ne dit-on pas que quand il y a de la vie il y a de l'espoir ?
Moi : c'est vrai peut-etre mais pour les autres j'ai tellement espéré avoir une petite sœur mais me voici toujours seule et pour tout couronner j'ai perdu mes parents que puis- je encore espérer.
Carole : retournes à l'école et comme tu aimes bien les études séculaires ça pourrait t'aider.
Quand elle fait mention de l'école ça me réchauffe le cœur et me rappelle que je dois mettre la pression sur le pasteur pour qu'il me laisse partir à Douala.
Moi : tu veux que je te dise quelque chose ?
Carole : je suis toute ouïe
Moi : je veux aller à Douala me battre pour me faire un peu d'argent et ensuite je ppourras aller à l'école.
Carole : si c'est l'école je crois que l'église pourrait au moins financer tes études.
Moi : malheureusement ce n'est pas le cas et je ne veux pas me contenter de rester chez le Pasteur, manger et grossir.
Elle me regarde et sourit.
Carole : tu as voulu dire maigrir ou grossir?
Moi : grossir !
Carole : eh bien ! Détrompe toi, tu as beaucoup perdu du poids comme si tu ne manges jamais.
Moi : pourtant je mange suffisamment.
Carole : hum ! dis moi alors ce que tu pars faire pour gagner ton pain ?
Après une profonde respiration j'envoie mon sac à main vers le dos et lui dis :
Moi : je ferai tout ce que je trouverai pour gagner un peu d'argent.
Carole : quand tu dis tout j'ai peur. Ne me dis pas que tu seras prête à te prostituer pour de l'argent.
Je n'ai pas eu le temps de répondre à sa dernière préoccupation quand le pasteur est venu stopper notre conversation. Nous sommes rentrés directement à la maison. Il est célibataire mais de temps à autres les jeunes frères de l'église viennent lui rendre service, les mamans d'âge mûr lui font aussi souvent des repas à manger. Cependant, depuis mon arrivée c'est moi qui cuisine . Il y a une autre jeune fille qui vit avec nous et fait aussi chambre à part.
Lorsque nous arrivons à la maison puisqu'on y va a pieds, je décide d'aborder le sujet de Douala, il faut dire que mon cœur n'est plus au village mais à Douala et franchement que le pasteur le veuille ou pas, je vais quitter des que l'opportunité se présentera. Les histoires de Patie-LHP
Moi : pasto je sais que tu vas me trouver impatiente mais je crois qu'il est temps que je quitte ce village.
Surpris il a haussé directement le ton.
Pasteur : qui a fixé ce temps ? Tu ne peux pas attendre que l'on trouve un travail. Pour le moment il n'y a rien.
Je suis ébahie par sa déclaration. Compte t-il vraiment refuser la proposition de l'ancienne d'église ?
Prise de peur je décide de ne plus parler d'ailleurs, je ne suis pas en position d',exiger quoi que ce soit.
Moi : j'ai compris pasto, je vais attendre.
Pasteur : je ne veux plus t'entendre parler de Douala. Ce qu'on fait pour toi ici n'est pas négligeable et en plus qui te dit que ce n'est que par l'école que tu peux réussir.
Je ne dis plus rien et me dirige vers ma chambre. Je sens que mon futur sera très compliqué si même le pasteur ne peut pas me soutenir dans ma vision.
Je me couche et pleure une fois de plus le départ de mes parents. Je devais devrais être en seconde comme mes amis mais me voici cloîtrée chez le Pasteur. Finalement le sommeil m'a emporté et c'est vers 18 heures que je me réveille en sursaut. Mon ventre chante famine. Il faut que je mange.
Je vais à la cuisine me servir à manger et par la suite, je retourne dans la chambre. Je regarde une l'album de famille ou je regarde constamment les photos pour essayer de sentir la présence de mes parents.
Ma mère et mon père me manquent énormément.
Le temps passe mais ma situation reste intacte ça fait déjà un an que papa et maman sont morts et je viens de fêter mes 17 ans. Carole est venue me voir et m'a demandé d'aller faire un tour au congrès du village. Je m'habille avec une robe noire près du corps et une ballerine grise.
Carole : je peux te poser une session ?
Moi : bien sûre
Carole : tu ne veux pas avoir de petit ami pour te consoler ?
Moi : d'où sors tu avec des idées tordues ? Le petit ami va venir remplacer mes parents ?
Carole : humm tu ne sais pas ce que tu perds. Pourtant tu as les formes que les hommes recherchent ici dehors.
Moi : si tu veux continuer à marcher avec moi, ne me parle plus de ce sujet car c'est le cadet de mes soucis.
Carole : ok princesse bouche cousue.
Moi : c'est pour ça que je t'aime.
Le congrès est général et il ya un monde fou. La circulation est bien dense ce qui est souvent rare au village.
Je marche en esquivant la boue car, il a sauvagement plu . Les voitures circulent et à un moment avant de réaliser une voiture de grande coupe, couleur rouge dont je ne maîtrise pas la marque vient de m'éclabousser.
Toute ma robe est couverte de boue. Je ne sais vraiment pas comment m'y prendre. La colère ne va rien changer. Le jeune qui est du côté passager baisse la vitre pour s'excuse. Sans même le regarder, je lui dis tout simplement que c'est pas grave.
Carole s'adressant aux deux vous pensez que nous devons vous laisser la route parce que nous sommes deadressannes? Tsuips
Moi : S'il te plaît laisse tomber ça peut arriver
Carole n'est pas du même avis que moi a voir la tête qu'elle fait mais, n'a pas d'autres choix que de me suivre après tout c'est moi la victime.
Moi : eh bien ma part de congrès finit ici. Je rentre à la maison
Pendant que je discute avec Carole la voiture démarre et part
Carole : quels insolents ! Ils auraient pu au moins nous emmener pour se racheter.
Moi : c'est pas grave.
Un mois plus tard !
Carole : je viens de trouver un truc pour toi
Moi : jure
Carole : euille ! Un chrétien ne jure pas.
Moi : d'accord dis moi alors.
Elle me fixe profondément. J'espère que tu auras assez de courage pour oser.
Moi : dis moi vite didonc
Carole : j'ai eu un congossa sur le pasteur.
Moi : quoi donc ?
Carole : il ya une opportunité pour être ménagère chez une dame qui a un enfant de 18 ans mais il refuse de t'envoyer là-bas.
Moi jouant à l'ignorante puisque je connais déjà le dossier : et pourquoi refuse-t-il ?
Carole : les mauvaises langues disent qu'il veut faire de toi sa femme.
Moi : back to the sender (retour à l'expéditeur). Il est comme un père pour moi.
Carole : mais je ne crois pas à ça il veut juste que tu restes là a t'occuper de lui. Les êtres humains sont très égoïstes. Poliandine Tchinda
Moi : humm tu crois, que je peux faire comment pour contacter cette dame ?
Caroje : j'ai tout planifier ma fille, tu penses que je suis née de la dernière pluie ? Voici son contact.
Moi : merci allons au call box j'ai hâte de partir
Deux semaines plus tard !
J'ai appelé la domicile où je dois travailler comme ménagère a Douala et on a envoyé une personne me chercher. Il est 7 heures du matin et je suis a l'école Public de Didier en partance pour Koto bloc.
C'est hier que je suis arrivée et dois aller commencer le travail ce matin. Je ne maîtrise rien de la ville voilà pourquoi je prends la peine d'expliquer tout au taximan.
Il nous conduit mais les bouchons nous bloquent. On dirait que tous les taxis du monde se retrouvent sur cette route. On a fait une heure avant d'arriver heureusement je n'ai pas souffert pour me retrouver. La personne qui est venue me chercher ressemble à gardien.
Moi : bonjour monsieur et merci d'être venu me chercher.
Gardien : bienvenue à toi. Allons la patronne est au salon
Lorsque je suis conduite au salon. J'ai la surprise du siècle. La famille est réunie autour du petit déjeuner. La maman de la maison me regarde très profondément comme si elle me reconnaissait.
De mon côté je l'ai déjà reconnue. Enfin je me retrouve chez une personne qui va me comprendre. Je commence à jubiler intérieurement.
La dame demande qu'on me conduise dans la chambre des employés ce que le gardien fait sans perdre du temps. Comment décrire cette maison ? Elle est tout simplement magnifique avec une décoration de ouf, les canapés en cuire et un jardin très bien entretenu.
Le gardien : installe toi là, quand la patronne va faire signe je vais venir te chercher, sois surtout sage.
Je ne comprends pas bien la fin de sa phrase. Il pense que j'ai l'intention de voler ou quoi. La où j'ai déposer ma pair de fesses, je resterai jusqu'à ce qu'il vienne comme il a si bien recommandé.