Chapitre 2 Chapitre 2

Chap.2 : J'en ai marre!

**Deux ans plus tôt**

Mois de Février

Carmen...

Il est vingt et une heures quand il engage son Audi S5 dans la rue principale du quartier. Depuis qu'il a pris le volant, j'ai la mine attachée et regarde devant moi. Il n'arrête pas de couler des regards anxieux vers moi sans parler. Je le sais assez intelligent pour ne pas oser ouvrir sa bouche en ce moment sinon toutes les injures que j'ai au travers de la gorge c'est lui qui les recevra. Il gare devant la maison et je descends sans un regard pour lui. Je rentre dans la maison. Il me suit de près. Madame Monier se retourne vers nous en souriant

Mme Monier (regardant sa montre) : Je ne vous attendais pas d'aussitôt

Je réponds à son sourire en déposant mon sac sur la commode de l'entrée

Moi : Un imprévu a écourté la soirée !

Mme Monier ( le regard inquiet) : Rien de grave j'espère ?

Moi sourire rassurant : Ne vous inquiétez pas c'est juste un incident mineur.

Mme Monier : J'ai eu du mal à faire dormir la petite. Elle a été un tout petit peu grincheuse par contre, il faudra le surveiller de près cette nuit.

Je la remercie et on se sourit avant qu'elle ne prenne ses affaires et va s'entretenir avec l'autre là. Moi je rentre dans la cuisine et me sert un verre d'eau fraiche que je bois doucement. Il faut que je me calme ou bien (Rire). Quand je me reviens, il n'est plus dans la pièce. Bah tant mieux !

Nous revenons d'un diner chez ses parents et comme d'habitude la soirée à virer au drame à cause de sa mère. Elle a encore fait des remarques désobligeantes sur les africaines à laquelle j'ai bien évidement répondu pour éclaircir ses idées fausses (soupir) Ce qu'elle a dit n'est pas tout à fait faux hein mais ne s'applique pas à tout le monde. Mais ça ma belle maman refuse de le voir ou de le comprendre. J'ai arrêté de répondre à ses piques désobligeantes mais ce soir je n'ai pas pu m'en empêcher en plus elle a insisté.

Belle maman et moi ça n'a jamais été le grand amour, avec le temps nous avons appris à nous tenir à distance l'une de l'autre. Chacune n'empiétant pas sur le territoire de l'autre enfin surtout moi. Qu'elle doute de mes sentiments pour son fils, je peux l'accepter, qu'elle me traite d'arriviste, je peux encore laisser passer. Qu'elle clame haut et fort que je ne suis pas assez bien pour son fils je m'en contre fiche. Mais qu'elle mette en doute sa paternité, là je dis non mais. Oh mais ça va pas non ? On ne touche pas à mes enfants hein ! Tchrrrrr !

Son animosité envers moi ne vient même pas du fait que je sois africaine ou noire loin de là ! Cela vient du fait qu'en entrant dans la vie de son fils, j'ai contrecarré ses plans de faire un beau mariage à ce dernier avec une fille de bonne famille « bretonne » (Rire)

Avant de me rendre dans notre chambre à coucher, j'éteins toutes les lumières et fais un tour dans les chambres des enfants. Quand j'arrive dans notre chambre, Je m'assis sur le lit et entreprend d'ôter mes chaussures. Je me déshabille et reste en sous-vêtements. Julien est sous la douche, quand il sort, il beugue sur moi un moment (Rire) puis va dans le dressing.

Je le remplace ainsi dans la salle de bains. J'ai besoin une bonne douche chaude pour faire baisser ma tension.

Je me présente d'abord avant d'aller régler son compte à l'autre là. Carmen Edou épouse Leroux Oui oooh ! Après sa mère va dire que je veux voler leur nom de famille. Mon père est encore vivant. (Rire) J'ai 33 ans et vis avec mon époux Julien Leroux 40 ans et nos trois enfants !

Julien et moi nous nous sommes rencontrés il y'a 13 ans à une foire. J'y suis allé pour me trouver un stage de fin de cycle pour ma deuxième année de master. C'est lui qui m'a reçu au stand de son entreprise. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais toujours est-il qu'après les questions usuelles liées à l'exposition, nous avons longtemps parlé des thèmes que je voulais aborder dans mon mémoire . A la fin, il m'a dit que la société m'enverra un mail pour donner suite. Quelques jours plus tard, j'ai effectivement reçu un e-mail qui m'informait qu'il n'avait pas de poste correspondant à ma requête pour le moment. Quelques semaines après, nous nous sommes rencontrés par hasard dans les rue de Rennes. Il m'a proposé de prendre un café avec lui chose que j'ai accepté. Nous avons passé un agréable après-midi à discuter. Julien est de compagnie charmant. C'est le genre de personne qui sait mettre les autres à l'aise. Il a proposé de me raccompagner et j'ai accepté.

Un jour il m'a appelé alors que je ne lui avais jamais donné mon numéro pour me demander si on pouvait être amis ! Je n'ai pas vu d'inconvénients à cela, j'ai tout simplement accepté.

On a commencé à s'envoyer des messages. Il prenait de mes nouvelles de temps en temps. Il m'est devenu sympathique et on a fait quelques sorties en toute amitié bien sûr. Lorsque, je suis partie à Paris pour mon stage en cabinet une année plus tard, il venait me rendre visite ou profitait de me voir lorsqu'il venait travailler sur Paris. Lorsqu'il a voulu que nous soyons plus que des amies, j'ai beaucoup hésité hein ! Nous connaissons tous ce qui se dit sur les africaines qui sortent avec les blancs ici-là. Même si les gens ne connaissent pas ta vie, tu es vite stéréotypé. Enfin bref!

Au début, j'ai été gêné par les regards des autres et j'ai eu peur des préjugées du coup j'avais du mal à me promener côte à côte avec lui ou qu'il m'attrape la main dans la rue. J'ai pris l'habitude de marcher soit devant ou derrière lui. Ça beaucoup évolué avec le temps ! Tout ça est loin derrière nous.

J'ai rencontré sa mère après quelques mois de relation et je dois vous dire que la première rencontre a été explosive. Comme je me suis retrouvé enceinte après Neuf mois de relation L'échange a était tendu. Elle a lancé les hostilités en disant avec mépris que c'est bien connu que les africaines se mettent avec des Français et leur font des enfants pour avoir les papiers et se faire la malle ! J'ai dû lui répondre, tout aussi froidement, que c'était tout à fait possible pour mon cas et que ça serait encore plus facile de me faire la malle puisque je suis tombé sur un gosse de riche. (Rire) Je dois dire que ma réplique la fait sortir de ses gongs. Elle m'a dit qu'elle allait s'occuper de mon cas et qu'elle allait me faire dégager comme toutes les autres. (Rire) Mais 12 ans plus tard, je suis toujours là avec trois gosses et son nom de famille sur mes pièces d'identité. (Rire) Ça n'a pas toujours était facile; Il y'a des jours où j'ai été a une mèche d'abandonner. Je me souviens qu'avant d'être marié nous avons rompu au moins 5 fois. (Rire)

A chacune de nos rencontres ma belle mère me lance des piques sur les africains en France et tout. Elle est tout le temps derrière mon dos à me critiquer ou à me juger. Il y'a pas longtemps on s'est pris la tête sur l'éducation des enfants, elle n'a pas accepté le choix que j'ai fait pour l'école mes enfants. Elle a voulu choisir une école catholique près de chez elle alors que c'est à l'autre bout de la ville. Celle que j'ai choisi est juste à 10 minutes de mon bureau. Quand elle vient chez nous c'est pour tout surveiller. Il y'a des fois où j'ai juste envie de lui arracher les yeux. Je ne sais même plus si j'ai du respect pour elle. Je la tolère juste à cause de Julien et surtout parce que c'est la grand-mère de mes enfants. Il faut le dire la mère Leroux me fait chier et ce depuis que je connais son fils. Pourtant son mari lui, c'est tout le contraire de sa femme. C'est un homme calme qui m'apprécie beaucoup et surtout depuis que je lui ai donné des petites enfants. (Rire) Le frère et la sœur de Julien sont également des personnes bien avec qui je m'entends très bien.

Je finis de prendre ma douche et attache une serviette autour de ma poitrine. Je prends la direction du dressing sans calculer Julien. Je mets un boxer et un de ses T-shirts qui m'arrive à mi-cuisse pour dormir. Je regagne la chambre et je me permets de couler un regarde vers lui. Rhooooo, quand il me regarde avec cette tête d'affligés là, je ne peux pas faire la nerveuse (Rire). Là, je suis obligé de faire ça en douceur alors que je voulais péter un vrai câble (Rire) Je dois déjà vous avertir que moi j'aime les problèmes oh ! Et quand belle maman me met en rogne comme ce soir, et bien c'est sur son fils que les pots cassés retombent et il le sait très bien ! C'est la raison pour laquelle, il fait sa tête de chien abattu en ce moment. Tchiiiiiiip !!!! Il m'a même coupé dans mon élan

Je le rejoins sur le lit et m'adosse au à la tête de lit les bras croisés sans rien dire. J'attends qu'il parle. Je ne suis même plus bien en colère Tchiiiiiiup (Rire)

Julien : Princesse je suis vraiment désolé pour ce soir. Elle n'aura pas du te parler comment ça !

La bouille amarrée, j'ai déjà allongé ma bouche devant . Dans tout ça la voix de la go est posée (Rire)

Moi : Julien avec ta mère quand il s'agit de moi ça finit toujours comme ça ! Si j'accepte ses injures et tout sans rien dire, ça ne veut pas dire que j'ai peur d'elle hein. Je le fais parce que c'est mon ainé et par respect pour toi ! Ta mère s'est toujours comportée avec moi comme si j'étais sa rivale. Tu sais que ce qui me retient de lui en coller une, ( il me regarde choqué, oui papa j'en rêve) c'est le respect que j'ai pour ton père et tes frères mais surtout le fait qu'elle soit la grand-mère de mes enfants. Mais ta mère abuse. Qu'elle mette en doute ta paternité là je ne suis pas d'accord. Quand elle dit qu'il faut que tu vérifies si tes enfants sont bien les tiens qu'est-ce qu'elle sous-entend par-là ? Que je me fais b**** part quelqu'un d'autre ? C'est ça ?

En temps normal je n'utilise pas ce genre de langage avec lui mais comme je suis vénère et que j'ai raison, bah je profite pour me lâcher

Il se passe une main sur le visage

Julien ( soupir lasse): Bébé s'il te plait ne parle pas comme ça !

Moi ( faisant de grands gestes avec mes mains) : Tu veux que je dise quoi ! J'en ai vraiment ras le cul des histoires de ta mère ! Venir insinuer que les enfants ne sont pas les tiens comme c'est elle qui me monte dessus tchrrrrrrrrr !!!!

Julien doucement : Tu sais que je ne peux en aucun cas douter de toi. S'il te plait arrête de te prendre la tête avec les bêtises de maman.

Moi agacée : Pfff ça m'énerve ! Treize ans que je supporte ça !

Il se rapproche et me prend dans ses bras

Julien : Je n'aime pas lorsque tu te fâches pour des conneries !

Moi (la mine boudeuse) : Pfff

Il me soulève le menton d'une main me regarde intensément dans les yeux. (J'ai oublié de préciser qu'il a les yeux bleus transparents et que quand il me regarde comme ça j'ai juste l'impression de plonger dans un océan) krkrkrkrkr

Julien : Moi, j'ai confiance en toi et c'est le plus important. Quelques soit ce qui se passe n'oublie jamais que je t'aime et que j'ai une confiance aveugle en toi. Compris (oui de la tête) Je t'ai dit que tu étais belle ce soir? (Non de la tête). Désolé ma princesse ! Tu étais sublime dans ta robe.

Là je dois vous dire que la tension a chuté de plusieurs volts hein ! (Rire). Il se rapproche de moi et m'enlace

Julien (m'embrassant dans le cou) : arrête de faire cette tête et occupe-toi de ton vieux mari !

Et là il m'embrasse franchement. Eeeeh, le gars à l'art de me bercer ! Mais aujourd'hui ça ne passe pas

Moi le repoussant doucement : Julien je suis trop énervée je n'ai pas la tête à ça !

Je me couche en lui faisant dos et j'arrête le lampe de chevet de mon côté. Je l'entends qui soupire avant de se coucher à sa place. Papa tu n'as pas encore fini de soupirer !!! (Rire)

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