Chapitre 7 Arc Introduction : Eve Vandergrift

Tandis qu'Emric est partie pour les laisser faire connaissance, Eve fait visiter à Lana la rue Edenwood, là où sont réunis la majeure partie des dortoirs.

Chacun des bâtiments est bien plus grand que la taille d'une maison, il y a au moins une dizaine de chambres dans un dortoir. À l'égal de la majorité de l'Institut des Prodiges, les dortoirs sont faits en brique dans un style noble traditionnel. Ils sont symétriques et construits côte à côte avec un jardin personnel devant et derrière les chambres.

-Alors comme ça tu es amnésique. s'intéresse Eve, alors qu'elles marchent en direction du dortoir de Lana.

-Oui. répond simplement la jeune fille sous l'éclat de rire de sa voisine.

-Tu pourrais au moins t'intéresser à moi !

-Je devrais ? Shit... Et toi tu es amnésique ?

-C'est pas ça que je te demandais. contredit Eve, la mine sombre. Il faut revoir tes interactions sociales...

Lana l'ignore complètement. Une fois arrivée devant le cours, elle reprend la parole

-On va être ensemble en cours ?

-Oui, ils mettent les forts ensemble, on est généralement plus compatibles. Et si on veut travailler en équipe avant d'entrer dans le CCI, c'est mieux d'être dans la même classe.

-Je vois. C'est cool, je t'aime bien.

-Ah bon ? Pourquoi ? s'étonne Eve, curieuse.

-T'as pas le même regard que les autres. répond Lana, d'un ton joyeux.

-Comment ça ?

-T'as pas d'idées derrière la tête.

-Parce que je suis trop...

-Stupide.

-Hein ?

-Quoi ?

Les deux se fixent du regard, l'une d'un air malicieux, l'autre avec une aura meurtrière et les yeux luisant.

-Je rigole. s'esclaffe Lana, la main devant sa bouche pour cacher son rire tandis qu'elle regarde Eve d'un œil malicieux.

-Tu... Tu es vraiment perfide... déclare sa voisine, d'un air choqué.

Les filles rentrent dans le dortoir, un tapis ancien orne le sol, les escaliers en bois d'Ébène rentrent dans le champ de vision de Lana. Eve lui montre le tableau qui présente les règles des lieux. À côté des escaliers, deux couloirs mènent à la salle à manger collective ou à une salle de sport.

Dans la rue d'Edenwood, il n'y a que des filles, les garçons sont à l'opposé.

Eve et Lana montent jusqu'au dernier étage où de magnifiques lustres ont été soigneusement posés. Les murs sont tapissés d'ornements baroque et le sol est fait du même bois que les escaliers, de même pour les portes de chambres.

Eve ouvre la chambre de Lana avant de lui donner sa clé. L'endroit est très simple malgré un lit paraissant très confortable, ce qui change de l'endroit où elle s'est réveillée auparavant. Elle a aussi accès à une petite bibliothèque et à une salle de bain.

La décoration de la chambre est semblable à celle des couloirs et Lana dispose même d'un balcon.

-C'est trop joli ! s'extasie Lana en sautant sur son lit. J'ai tout ça pour moi ?!

-Oui, répond Eve, ne pouvant s'empêcher de sourire.

-Shit ! C'est trop cool !

-Il faut vraiment que tu arrêtes avec cette expression ! soupire sa voisine, en tapant la tête de Lana avec la partie dure de sa main.

-Aie !! se plaint la jeune fille en caressant sa bosse.

Les deux jeunes filles rigolent tandis que Lana regarde toutes les affaires qu'elle a.

-C'est exactement ce que j'aime ! Comment ils ont su ? s'étonne-t-elle, en fixant les habits ayant un style très "street wear". Oh une casquette !

Elle l'a met, ce qui plaît énormément à Eve.

-Tu es magnifique !

Après quelques instants, elles s'assoient.

-Tu es puissante à ce qui paraît Eve, c'est vrai ?

Le regard de Lana est inondé de désir de combat.

-Oui, si on devait se battre, il y aurait énormément de sang. dit-elle d'une voix froide.

Elles se fixent, les deux saisons se font faces dans une opposition parfaite. Les yeux de Lana sont traversés d'une lueur électrique. Eve prend sa main, la tension se relâche.

-Oh désolée Eve...

-T'en fais pas. Je voulais pas être si froide, c'est juste qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui m'aiment vraiment ici.

-Pourquoi ? s'étonne Lana, le ton plus fort qu'elle ne l'aurait cru.

-Car ils désirent profiter de moi, de mon nom, de mon pouvoir. Alors ils m'approchent par intérêt, je ne me laisse pas faire, j'écrase leurs désirs, leurs fiertés, leurs attentes. L'admiration se transforme alors en haine, la frustration qu'ils ressentent envers eux se tourne en complexe d'infériorité, ils vont alors me diaboliser pour se rassurer.

-On devrait tous les étriper ces gros connards. répond Lana, les yeux déterminés.

-Ce serait bien d'éviter. Je suis habituée de toute manière.

Eve se lève, ouvre la porte de la chambre de la jeune fille, avant de partir, elle dit une dernière chose.

-Merci Lana pour ce bon moment, dès que tu as fini avec la directrice on se voit !

-Oh shit ! Je dois aller voir la directrice c'est vrai.

Lana sort rapidement de sa chambre, elle croise d'autres jeunes filles en train de discuter et manque de peu de les bousculer. Elle jette un coup d'œil dans leur direction, elles paraissaient contrariées, tout ceci lui passe au-dessus, la directrice est plus importante que des inconnues.

Pendant la route, elle est encore prise par des maux de têtes, la voix se manifeste une nouvelle fois. Pourtant, elle sent qu'elle s'en détache petit à petit. Elle comprend alors Emric, si elle n'y pense pas, si elle se concentre sur autre chose, elle peut l'ignorer.

-Dire qu'il y a des gens qui succombent à ça... Qu'ils sont idiots... Shit, il faut que je me dépêche !

Lana revient à la cour où sont entreposées les statues dorées, au lieu d'aller en direction de la salle de combat, elle se rend dans un grand bâtiment dont la matière est la même que le dortoir. Cependant, il est bien plus majestueux, l'édifice transparaît clairement de la même façon qu'un hôtel de ville par sa prestance.

Un panneau indique qu'il s'agit de la zone administrative du campus, elle n'est pas perdue.

En rentrant dans le bâtiment, elle croise Dean qui sort sans doute du bureau de la directrice, il la regarde d'un œil noir. La porte d'entrée s'ouvre, la bouche de Lana aussi.

-Tu vas juste partir en me fixant de ton regard de perdant ? se moque Lana, le ton condescendant. Shit, j'ai vraiment envie de t'électrocuter maintenant...

Le regard rempli de défi, Lana sourit à son adversaire, désormais retourné, les deux se font de nouveaux face.

-C'est pas parce que tu as gagné que tu peux faire la fière. Je connaissais pas ton pouvoir, tu ne m'auras plus.

Lana pouffe de rire.

-C'est la même chose pour moi espèce de débile. D'ailleurs t'avais pas dit un truc ?

-Quoi ? répond violemment Dean, impatient.

-La force est synonyme de prestige, je t'ai battu, je suis fière. Tu es faible, tu devrais me lécher les bottes, non ?

Elle génère de l'électricité de ses doigts avant de tirer en direction de Dean.

-Pan !

Avant qu'il ne réagisse, elle annule son attaque et s'en va en lui faisant un doigt d'honneur.

-You are a loser ! dit-elle en tirant la langue.

Dean ravale sa haine et ne riposte pas, au fond elle a raison. Ses mots se sont retournés contre lui, qui a eu l'arrogance de parler trop vite.

Elle rentre dans le bureau de la directrice, une table ronde entourée de canapés, un bureau, des dossiers, une étagère. Rien de spectaculaire, juste un lieu de travail tout ce qu'il y a de plus normal.

-Oh Lana, comment vas-tu depuis tout à l'heure ? interroge la vieille dame d'une voix calme.

-Très bien, je crois que l'endroit me plaît. répond Lana, plus détendue.

-Je t'en prie, prends place sur le canapé.

Elles s'assoient toutes les deux sur le sofa, de sorte à être dans une ambiance plus informelle.

-Je vais donc t'énumérer certaines activités que tu peux faire dans l'institut. Je peux avoir toute ton attention ?

-Oui. Je vous écoute.

-Très bien, tout d'abord, l'institut des prodiges proposent des cours de culture, d'expression orale, il y a aussi de nombreux cours de sports, des cours de musique, de politique, de géopolitiques, il y a aussi de l'économie, du droit, du commerce, du management. En plus de ça, l'académie propose de diverses activités extra-scolaires, il y a du théâtre, du cinéma, encore une fois du sport et de la musique. Il y a des choses qui te font envie ?

-Je sais pas trop, rien ne me parle.

La directrice pouffe de rire et lui donne un dossier.

-Au moins c'est honnête, je te donne ce document, il résume à peu près tout ce qu'offre l'Institut des Prodiges, si tu n'as pas envie tu n'es pas obligée de participer à tout ça. Mais il y a quelque chose que j'aimerais que tu essayes.

-Il y a deux choses que les puissants élèves peuvent faire, le niveau est très haut dans notre académie, les élèves sont donc fiers et parfois arrogant, comme tu as pu le voir avec Dean. Les tensions montent assez facilement, c'est pour ça qu'un comité de discipline a été créé, voudrais-tu le rejoindre ?

-Ça a l'air chiant ! Non merci.

-Et pour ce qui est de la branche étudiante du CCI ? Tu pourrais aider des innocents et arrêter de mauvaises personnes, tu mettrais ton pouvoir à contribution.

-Désolé, je veux pas paraître irrespectueuse, mais sauver les gens, faire attention aux autres... Ça m'énerve ! Pourquoi je devrais me rabaisser aux niveaux des autres, pourquoi les protéger ? Pourquoi ne pas utiliser mon pouvoir pour moi ? J'ai pas envie de sauver des personnes que je connais pas. Mon seul objectif c'est de retrouver mes souvenirs.

-Je ne voulais pas te brusquer Lana, c'est vrai que tu as beaucoup à faire avec tes souvenirs. Mais n'oublies pas que les autres font partie de ta vie. Les inconnus deviennent des amis, ceux-ci sont là dans les moments difficiles. Les forts protègent les faibles car ils le peuvent.

Lana toise la directrice d'un regard étonné. Elle ne comprend visiblement pas qu'on puisse mettre de l'énergie pour s'occuper des autres.

-Pourquoi il y a autant de règles... On peut pas se servir quand il y a de l'argent, on peut pas frapper des gens qui nous énervent, on peut pas faire ci, ni faire ça...

-C'est la vie en société Lana. répond Mme White, souriante.

-Et bah c'est chiant ! s'énerve la jeune fille.

Elles échanges encore quelques futilités avant que Lana ne quitte son bureau, puis le batiment. Une fois arrivé à la cour des statues, la jeune fille ressent quelque chose. Elle s'approche de la représentation de la directice, elle y voit un reflet étrange.

Le paysage change alors d'aspect. Le jour se transforme en une nuit écarlate, éclairée par une Lune de sang. Lana reconnaît l'Institut, elle est dans le même endroit, or les lieux sont en proie à la décadence.

Elle est ailleurs. Dans un monde hostile.

            
            

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