Point de vue d'Elena Papadopoulos
Debout dans le grand salon, je regardais mon fils avec attention, le regard fixé sur lui alors qu'il discutait avec cette Aline. Cette profiteuse. Certes, elle était belle, et fille d'un duc, mais sa beauté ne faisait pas tout. Non, ce qui la définissait vraiment, c'était sa sournoiserie, sa façon de manipuler et de sourire avec des intentions cachées, comme son père et sa mère avant elle.
Elle avait grandit avec mon fils mais je ne l'ai jamais considérer comme mon propre enfant. Trop noire à mon goût, je ne l'aimait pas vraiment, et je sais qu'elle faisait tout pour s'approprier le cœur de mon fils , heureusement que ce dernier était déjà fiancé et même si ce n'était pas le cas elle n'aura jamais mon fils,si elle le pensait , elle se trompait lourdement. Elle ne serait jamais la femme de mon fils. Jamais.
Je soupirai en voyant enfin la voiture de cette peste quitter le palais. Enfin seule, je rejoignis le canapé. Le silence retomba dans le vaste hall, et la grandeur du palais me fit ressentir à nouveau ma solitude. Malgré mes 55 ans, je me sentais encore belle, élégante et digne. Depuis la mort du défunt duc Nikos Kosta, je n'avais jamais envisagé de me remarier, et je savais que c'était mieux ainsi. Mon cœur appartenait à mon mari disparu, et aucun autre homme ne pourrait le combler.
De nature calme, j'avais un fort caractère. Je ne me laissais jamais marcher sur les pieds, et depuis la mort de Nikos, plusieurs ducs avaient tenté de m'attirer dans leur filet, espérant profiter de ma position et de ma solitude. Mais aucun n'avait réussi. J'étais plus intelligente qu'eux, plus stratégique, et je savais protéger mon fils et mon héritage.
Alors que mes pensées vagabondaient, mon fils s'approcha de moi. Il posa un baiser léger sur ma joue et s'installa devant moi. Je le regardai avec une fierté immense. Il était froid et intransigeant parfois, mais c'était un homme bon, loyal, courageux et déterminé. Je savais qu'un jour, la femme qui entrerait dans sa vie saurait le rendre heureux et l'aimer comme il le méritait.
Je ne pus m'empêcher de lui demander, avec une pointe d'exaspération mais aussi d'inquiétude :
- *Quand comptes-tu enfin te débarrasser d'Aline ? Je ne la supporte pas...*
Un rictus léger se dessina sur ses lèvres, et il répondit calmement :
- *Maman, calme-toi... si tu t'inquiètes que je tombe dans ses filets, ne t'inquiète pas. Cela n'arrivera jamais.*
Je soupirai, satisfaite de sa réponse. Un soupir qui exprimait à la fois la tranquillité et la fierté. Mon fils n'était pas dupe, et je savais qu'il savait gérer cette situation à sa manière.
Puis, il me regarda droit dans les yeux, sérieux et déterminé :
- *Maman... le moment est venu pour moi de prendre la place de mon père. J'ai hâte.*
Mon cœur se gonfla de joie. Savoir qu'il aimait autant diriger, qu'il se préoccupait de son peuple et de l'avenir du duché, me rassurait. Tout comme son père autrefois, il était prêt à aimer, protéger et gouverner avec intelligence et loyauté.
Je lui souris, essayant de rester ferme mais douce :
- *Il n'y a aucun problème... mais avant de prendre le pouvoir... tu dois honorer le choix de ton père.*
Il me regarda avec un léger froncement de sourcils, et je vis l'incompréhension traverser ses yeux. Le poids des responsabilités et des secrets familiaux allait bientôt se révéler. Je savais que ce que j'allais lui dire changerait tout, mais il fallait qu'il comprenne. Il devait savoir qu'avant de gouverner pleinement, il y avait une promesse à respecter, une décision prise avant sa naissance.
Point de vue de Zeus
Je regardais ma mère avec attention, tentant de comprendre le sens de ses paroles. Comme toujours, elle avait ce don mystérieux de parler en énigmes, de glisser des vérités à demi cachées, laissant mon esprit tourner en rond.
- *Maman... qu'est-ce que tu veux dire exactement ?* demandai-je, légèrement frustré.
Elle me fixa droit dans les yeux, avec ce calme et cette autorité qui me forçaient à l'écouter.
- *Avant d'accéder au pouvoir... tu devras épouser la femme que ton père a choisie pour toi depuis l'enfance.*
Je sentis un rire froid monter dans ma gorge. Sérieusement ? Ma mère était drôle. Moi, me marier... et en plus avec une femme que je ne connaissais même pas encore ? Waouh.
- *C'est impossible... je choisirai moi-même ma femme, pas quelqu'un d'autre...* répondis-je, les mâchoires serrées, la colère montant doucement.
Elle me regardait, impassible, sans une once de sentiment, avec une autorité que je ne pouvais ignorer.
- *Tu n'as pas le choix... tu es fiancé depuis l'enfance. Ta femme t'attend en Espagne.*
Elle ajouta calmement, avec une froideur qui me glaça :
- *Tu l'adoreras... et sans honorer cette dernière volonté de ton père, tu ne pourras jamais gouverner ton peuple.*
Je me levai brusquement, sentant mon sang bouillir. Mes oreilles bourdonnaient, ma respiration s'accélérait. Non... ce n'était pas possible. Mon père ne pouvait pas me faire cela. C'était inconcevable.
- *Je ne te crois pas... je refuse !* criai-je, incapable de contenir ma colère.
Elle sourit légèrement, un sourire qui mélangeait patience et certitude, puis se leva pour aller chercher un document. Elle revint quelques instants plus tard et me le tendit.
- *Vérifie par toi-même...* dit-elle calmement. *Mais souviens-toi, tu ne dois pas nous en vouloir. Nous avions fait ce choix pour ton bien. Bientôt, tu comprendras et tu nous remercieras.*
Je pris le document avec des mains tremblantes, tandis qu'elle s'éloignait. Mon cœur battait à tout rompre. Une fois seul, j'ouvris le document, le déroulant avec précaution. Mes yeux se fixèrent sur les clauses minutieusement rédigées par mon père : comment je devrais prendre les décisions, mes devoirs, les responsabilités à assumer avant de gouverner. Chaque mot résonnait avec une précision absolue.
Puis, je tombai sur une clause qui fit battre mon cœur encore plus fort. Une clause incontestable et immuable : **si je n'épousais pas la femme que mon père avait choisie pour moi, je ne pourrais jamais prendre la succession.** Tout était écrit noir sur blanc. Le choix de mon père était définitif.
Je me laissai tomber sur le canapé, le souffle court, le cœur lourd. Mon rêve de diriger, de protéger mon peuple, de marcher sur les traces de mon père... tout était lié à un mariage que je n'avais jamais choisi. Et pourtant, je savais que je n'avais pas le droit d'ignorer ce serment. Le document ne laissait aucune alternative.
Je fermai les yeux, essayant de réfléchir. C'était soit remplir mon devoir, honorer la promesse de mon père et accepter cette femme inconnue, soit renoncer à mon rêve, à ma place, à tout ce que je voulais pour mon peuple. Une pression énorme, écrasante, pesait sur mes épaules.
Je pris une profonde inspiration, tentant de calmer mes pensées qui tourbillonnaient. Je devais agir avec intelligence, comme mon père me l'avait appris, mais mon cœur se rebellait contre cette contrainte. La femme qu'il avait choisie... elle m'attendait en Espagne. Était-ce la fille qui allait changer ma vie, celle qui allait me guider et partager mes responsabilités ? Une partie de moi voulait la rejeter d'emblée, mais une autre... une partie de moi savait qu'il y avait peut-être un sens dans ce choix.
Je me relevai lentement, le document toujours en main. Mon regard se perdit vers la fenêtre, contemplant le ciel qui commençait à s'assombrir. La responsabilité et le devoir étaient plus lourds que tout ce que j'avais connu. Mais je devais faire un choix : suivre mon cœur ou suivre la dernière volonté de mon père.
Je sentis une détermination naître en moi. Si cette femme était celle que mon père avait choisie, alors peut-être que notre rencontre n'était pas un hasard. Peut-être que mon destin m'attendait en Espagne, dans une ville que je n'avais jamais imaginée, aux côtés de celle que je devais épouser. Mais avant, je devais comprendre, rencontrer, découvrir... et peut-être apprendre à aimer.
Je savais une chose : ce mariage ne serait pas un obstacle. Il serait le début d'un chemin que je devais parcourir pour accomplir mon devoir et réaliser mon rêve. Le royaume, mon peuple, mes responsabilités... tout était lié à ce choix, et je devais l'accepter, même si mon cœur était réticent.