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Trop tard, Monsieur Johnston: elle est partie
img img Trop tard, Monsieur Johnston: elle est partie img Chapitre 4 4
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Chapitre 4 4

Soline était prisonnière dans l'aile des invités. Bastien avait confisqué ses clés de voiture et donné l'ordre à la sécurité de ne pas la laisser quitter la propriété.

Elle était assise près de la fenêtre, regardant la pluie fouetter la vitre. Le ciel gris reflétait son paysage intérieur.

Son esprit dériva dix ans en arrière. À la nuit où sa vie s'était terminée et où ce purgatoire avait commencé.

Le gala de charité. La pluie tombait exactement comme ça. Sa mère, Clémence, était au volant. Soline était sur la banquette arrière. La voiture avait fait de l'aquaplaning. Ou c'est ce que disait le rapport de police. Soline se souvenait des freins hurlants, de la sensation d'apesanteur.

Puis l'impact.

Elle se souvenait avoir rampé hors de la carcasse, voyant la voiture de Bérénice Dumont écrasée contre la barrière. Elle se souvenait d'un Bastien adolescent debout sous la pluie, son smoking trempé, fixant le corps sans vie de sa mère.

Il avait levé les yeux et croisé le regard de Soline. La haine dans son regard l'avait brûlée alors, et elle la brûlait encore aujourd'hui.

On frappa à la porte, la ramenant au présent.

Une femme de chambre entra, portant un plateau avec un sandwich froid. Elle le posa sur le sol sans un mot et partit, verrouillant la porte de l'extérieur.

Soline fixa la nourriture. Elle n'avait pas faim, mais la nausée de la chimiothérapie montait. Elle se força à manger une bouchée du pain sec.

Des rires montèrent de l'étage inférieur. Le rire d'une femme. Haut, tintinnabulant, faux.

Alix.

Soline rampa jusqu'à la porte et pressa son oreille contre le bois.

- Oh, Bastien, ce tableau est parfait ici, disait Alix. Bérénice l'aurait adoré. Tu as un tel coup d'œil.

- Elle connaît ses goûts, répondit Bastien. Sa voix était douce. Un ton qu'il n'utilisait jamais avec Soline.

La main de Soline se crispa sur la poignée jusqu'à ce que ses jointures craquent. Alix portait un masque, jouant le rôle de la parfaite mondaine, tandis que Soline était enfermée comme un sale secret.

- Elle est toujours là-haut ? demanda Alix. Sa voix tomba dans un murmure conspirateur.

- Oui, dit Bastien.

- Ne sois pas trop dur avec elle, Bastien. Tu connais Clémence... peut-être que la folie est héréditaire.

Le silence qui suivit fut lourd.

- Elle a intérêt à prier pour que Constantin reste en vie, dit froidement Bastien. C'est la seule raison pour laquelle elle respire encore dans ma maison.

Soline glissa le long de la porte jusqu'au sol. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine.

Son téléphone vibra dans sa poche. C'était un texto d'Adrien.

Constantin est stable mais ils ont coupé les médocs. J'ai payé trois jours de ma poche. Je ne peux pas faire plus. Tu dois régler ça.

Soline fixa l'écran. Trois jours.

Elle se leva. Elle alla vers son placard et en sortit une valise cachée. À l'intérieur de la doublure, elle trouva une petite clé USB. Elle contenait les patrons numériques de la collection nuptiale de S. Lévêque. Son identité secrète. Son art. Et, plus important encore, son fonds d'urgence non déclaré, une entreprise complètement isolée de ses activités en tant que « Le Fantôme ».

Si elle ne pouvait pas pirater l'argent, elle vendrait les designs.

Elle ouvrit son ordinateur portable. Pas de signal.

Elle vérifia les paramètres Wi-Fi. Bloqué. L'équipe informatique de Bastien avait mis son adresse MAC sur liste noire.

Elle devait sortir. Physiquement.

Soline enfila un legging noir et un sweat à capuche. Elle attendit que la maison soit calme. Elle ouvrit la fenêtre. C'était une chute de deux étages, mais il y avait un treillis couvert de lierre.

Elle grimpa. La pluie la trempa instantanément, la glaçant jusqu'aux os. Ses muscles affaiblis tremblaient alors qu'elle descendait. Une douleur aiguë, déchirante, traversait son abdomen à chaque mouvement, et elle se mordit la lèvre pour ne pas crier. L'adrénaline et le désespoir étaient les seules choses qui l'empêchaient de s'effondrer.

Elle toucha l'herbe et courut vers le portail arrière.

Des sirènes retentirent. Des projecteurs s'allumèrent, l'aveuglant.

Soline se figea.

Bastien sortit sur le patio arrière. Il tenait un verre de vin rouge. Il ressemblait à un roi surveillant un paysan.

- Tu vas quelque part ? lança-t-il. Ou tu vas juste retrouver ton amant ?

Soline protégea ses yeux de la lumière.

- Je dois voir mon grand-père.

Bastien descendit les marches en pierre. Il s'approcha d'elle lentement. La pluie collait ses cheveux sur son front, lui donnant un air sauvage.

- Tu ne quittes pas cette maison sans ma permission.

Il tendit la main et attrapa la chaîne en argent autour de son cou. C'était le médaillon de sa mère. La seule chose qui lui restait de Clémence.

- L'or d'une meurtrière, cracha Bastien. Ça n'a pas sa place ici.

Il tira. La chaîne cassa.

Le médaillon vola de sa main, un éclat d'argent dans les projecteurs crus, et disparut dans les arbustes sombres et taillés près du garage.

Soline hurla. Elle se fichait de sa dignité. Elle trébucha vers les buissons, tombant à genoux et creusant à travers les feuilles mouillées et les branches.

Bastien la regarda, son expression illisible.

- Pathétique, marmonna-t-il, et il retourna vers la maison.

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