Il aimait ainsi se défouler sur les autres, avoir le pouvoir de vie et de mort sur les autres, les voir souffrir, le supplier de les épargner, les entendre gémir de souffrance, de douleur et surtout sentir la vie quitter leurs corps et leurs sangs couler sur lui.
Monstre, psychopathe, abomination, démon, en voilà quelques uns des appellations qui pourraient lui être donnés au vu de la courte description faite de son sombre côté et lui étaient même déjà donnés. Pourtant, il se voyait comme un homme parmi les milliards qui vivaient sur la Terre, un homme à qui on avait pas donné ni la chance ni le droit de choisir ce qu'il voulait être, un homme pour qui personne n'a eu de considération, un homme qui a été amputé du droit d'avoir une enfance comme ses semblables, d'être un enfant, un homme qui a du très tôt grandir, sautant la case adolescence pour devenir très tôt adulte, pour pouvoir protège sa seule famille, un homme qui n'a eu d'autre choix que de réprimer toute lumière en lui pour se laisser envahir par la noirceur du sombre monde de la mafia, un homme à qui on a fait croire à une possible rédemption pour le laisser tomber et s'enfoncer encore plus dans les ténèbres, un homme qui n'a jamais eu le loisir de connaitre ce que c'est que d'être aimé et surtout un homme dénué de sentiments.
Il se dirigea donc vers une deuxième salle où dès qu'il entra, ses hommes présents eurent un léger mouvement de sursaut, son bras-droit y compris, bien que ce ne soit pas la première fois qu'ils le voyaient dans un tel état. Ils n'arrivaient juste pas à s'habituer à une telle vue de lui, chose dont il se foutait royalement. Craignant que son désir de meurtre soit encore présent et ne l'empêche de convenablement raisonner, son bras-droit, Mouhamed Moustapha Cissé, s'avança vers lui pour le stopper.
_ Ibrahima, laisse-moi m'occuper de lui. Tu n'es, j'en ai bien peur, pas en mesure de le faire, dit-il.
_ Ne t'inquiète pas. J'ai parfaitement le contrôle sur mes faits et gestes, répliqua Ibrahima.
_ Par contre, j'aurai besoin si possible d'un mouchoir pour nettoyer le sang présent sur mon visage et mes mains afin de pouvoir convenablement m'occuper de notre cher voleur, rajouta-t-il.
Dans la minute, il reçut l'objet demandé avant que tous ses hommes présents ne quittent la salle pour l'y laisser seul avec le fameux voleur.
_ Alors, monsieur Saliou Niang, il est apparemment temps que nous ayons une petite discussion sur ma marchandise que vous avez vendu sans m'en rapporter l'argent, dit-il.
_ Je l'ai déjà dit à vos hommes. On m'a volé l'argent de la vente, répliqua celui-ci, la peur dans la voix.
_ Volé ? Voyez-vous, j'ai beau être plus jeune que vous, je ne suis pas pour autant dupe. Je vais donc vous poser la question : où est mon fric ?
_ Je... Je vo... vous l'ai déjà dit. J'ai été volé.
_ Mauvaise réponse (Et il lui enfonça un poignard qu'il ne l'avait vu prendre dans la main).
_ Aaaaaaaïe. Mais vous êtes taré ?
_ Loin de là. Je suis juste un homme qui veut récupérer ce qui lui appartient. Vous savez, votre entêtement à vouloir me mentir me désole beaucoup car j'ai beau avoir cessé de croire en Dieu depuis longtemps mais je sais que le mensonge est un pêché dans votre religion. Ayez donc la bonté de répondre à ma putain de question : où est mon fric ?
_ Je vous le répète. Je ne sais pas.
_ Puisque vous ne respectez visiblement pas votre religion, permettez-moi de vous rappeler un dicton que j'aime beaucoup et qui dit qu'un serpent peut vous mordre une fois, deux fois si vous le supportez mais jamais trois fois. Et je ne compte pas vous laisser une troisième fois me mentir.
_ Mouhamed, fais entrer madame.
_ Madame ? Vous voulez dire ma femme ?
_ De qui d'autre pourrait-il s'agir ? Votre maîtresse, peut-être ? Non, votre femme de ménage ?
_ Que... Que fait-elle ici ?
_ Ce n'est pas évident ? Je veux juste m'assurer que vous ne me mentez pas une troisième fois, votre femme et votre enfant à naître en face de vous. Si vous persistez, il faudra leur dire adieu.
_ Je.... Je vous jure. Je n'ai pas votre argent.
_ Voyez-vous, je n'ai jamais vraiment affectionné m'en prendre aux femmes et bébés mais lorsque je me retrouve acculé, je le fais sans hésiter. Voici donc ce qui va se passer si vous ne me dites pas de suite ce que je veux savoir. Je vais moi-même, à l'aide de ce couteau que vous voyez ouvrir le ventre à votre très charmante épouse et lui enlever votre bébé du ventre avant de lui enlever son utérus. Ensuite, quand après avoir été recousue, elle se sera bien reposé, je laisserai mes hommes s'amuser avec elle à tour de rôle et ce, devant vous jusqu'à ce qu'elle ne sente plus son corps avant de venir m'occuper de vous faire cracher le morceau sur mon fric. Seulement après, je vous tuerai sous ses yeux avant de la laisser partir en loque vivante.
_ Non. Ce scénario ne me plaît pas assez. J'ai une meilleure idée. Que dirais-tu de plutôt laisser mes hommes débarrasser madame du fœtus naturellement ? Bien sûr, cela inclurait une petite orgie de rien du tout et sous tes yeux et..
Ne pouvant pas en écouter plus que cela, Ndeye, la femme de Saliou, présente alors dans la salle, ne pût s'empêcher de rendre le contenu de son ventre sous le regard indifférent d'Ibra.
_ Dites donc ma chère, si vous réagissez ainsi alors que je ne suis qu'en train de vous faire part de la multitude de possibilités qui existe, qu'en serait-il de quand je mettrai l'une d'entre elles en œuvre ? Demanda-t-il.
_ Je... Je vous dirai où se trouve votre argent mais s'il vous plaît, ne leur faites pas de mal, intervint Saliou.
_ Enfin ! C'était pas très tôt ! Je t'écoute.
_ Il... Il est dans le sous-sol de notre maison, celle qui se trouve aux Almadies.
_ Tu vois. C'était pas si difficile !
Ibra se leva sans plus pour se diriger vers la porte qu'il entreprit d'ouvrir avant de s'arrêter et se retourner, tout sourire.
_ Maintenant que j'y pense, vous n'étiez pas là au début de ma discussion avec votre époux et avez raté une information que, j'en suis sûr, vous trouverez intéressante. Voulez-vous la connaître ? Demanda-t-il à Ndeye.
Saliou sut aussitôt de quoi il voulait parler et se précipita pour répondre à la place de celle-ci avec fermeté.
_ Non !
_ Si. Je veux la connaître.
_ Bonne décision ! Alors, la chose est simple. Votre cher mari que voici vous trompe, non pas avec une, mais deux femmes. L'une est sa maîtresse attitrée alias son véritable amour et est avec lui depuis combien d'années encore ? Trois... deux.. Cinq. Oui, cinq ans, soit bien avant votre mariage. L'autre est votre femme de ménage, la belle et douce Zeyna. Et sur ce coup, disons que ce n'est pas juste elle mais toute femme occupant cette poste qui est naturellement appelée à être sa maîtresse. Mais bon, une amante sous le même toit que l'épouse est risqué d'où le fait qu'il s'assure que vous en changiez tous les six mois. Les risques de se faire prendre sont moins élevés et le choix diversifié. Un coup de génie !
_ Il... Il ment... Il dit cela pour nous diviser maintenant qu'il a son argent juste pour se venger... Tu sais bien que je n'oserai pas te tromper. Tu as bien trop fait pour moi pour que je fasse cela..
Ndeye ne l'écoutait malheureusement pas alors. Elle était occupée à faire des calculs.
_ Mais... Zeyna a duré plus de six mois avec nous..., conclut-elle à voix basse.
_ Ça, c'est vrai mais bon, je vous ai déjà dit ce que j'ai à dire. Pour ce qui est du reste, voyez entre vous, dit Ibra avant d'ouvrir la porte
_ Attendez ! Je... Je veux savoir !
_ Ndeye ! Ne l'écoute pas ! Ne le laisse pas tr bourrer la tête de mensonges !
_ Je veux tout savoir.
_ Non ! Ne dis rien ! Elle n'a pas besoin de quoi que ce soit entendre de toi !
_ Madame Niang... ?
_ Je veux savoir !
_ Ndeye, tu...
_ La ferme ! Je... Je veux savoir !
_ Vous êtes sûre ? Votre état...
_ Dites-moi juste tout !
_ Ok ! Ok ! Je rends les armes ! (Les mains en évidence)
_ Alors, que voulez vous exactement savoir ?
_ L'essentiel.
_ Alors, pour la faire simple, tout ce qui vous est arrivé à vous et votre famille depuis votre mariage est de sa faute. Le cambriolage, c'était lui. La perte des marchandises, revendus au marché noir, c'était lui. La faillite de l'entreprise de votre père, c'était lui. Le vol de certaines des voitures de collection de votre père, c'était lui. Le détournement des fonds de l'entreprise de votre frère, c'était lui. Le gros trou dans votre compte bancaire dont tu n'es pas encore au courant, c'était lui. Le business qui n'a pas marché, c'était un leurre. Vos bijoux qui disparaissent, c'est lui. Et bien d'autres. Vous savez pourquoi ? Principalement pour soigner sa chérie qui est "faussement" atteinte, malheureusement pour lui, d'une kyste ovarite. Le reste pour ses déboires.
_ Ce qu'il vient de dire... Est-ce vrai ?
_ Ndeye ! Tu sais...
_ Est-ce vrai ?!
_... (Il baissa juste la tête)
_ Salop ! (En se dirigeant vers lui)
_ Hey ! Du calme ! Ce n'est pas encore le moment de lui foncer dessus ! (En la retenant)
_ Que reste-t-il encore ?
_ L'information la plus cruciale, le pourquoi Zeyna a duré plus longtemps que toutes les précédentes.
_ Tais-toi ! Tais-toi !
_ Elle est séropositive et a transmis la maladie à Saliou qui te l'a transmis. Il ne peut donc pas la chasser car elle le fait chanter avec ce détail.
_ Se... Séro... Séropositive... ? Non ! Je ne peux pas l'être... Je ne peux pas l'être ! Je ne peux ! Je ne peux pas ..
_ Vous l'êtes pourtant. Votre dernier bilan de santé le montrait mais Saliou l'a fait falsifier. Pas vrai ? (À l'endroit du concerné)
_ ...
_ Tu... Tu es un monstre ! Un monstre de la pire espèce.
_ Bref ! Ce qui doit être dit l'a été. Le choix de quoi faire vous revient à présent, madame Niang. Moi, je me retire dans mon bureau.
Ibra déposa alors l'arme à feu qu'il avait sur lui sur la table avant de se tourner et quitter la pièce. Une fois dehors, il tomba sur Mouhamed qui était debout, dos contre le mur.
_ Tu crois vraiment qu'elle prendra la décision que tu attends d'elle ? Lui demanda celui-ci.
_ Elle l'a déjà prise, répondit Ibra.
Un cri strident résonna aussitôt en provenance de la salle, arrachant un sourire à Ibra qui s'en alla.