À part les mecs, les filles aussi ont essayé de me mettre dans leurs poches en m'invitant à déjeuner ou au shopping mais je les ai toutes rembarré, gentiment bien sûr. Sauf qu'il restait une qui ne lâchait pas l'affaire, c'est Shirley. Au début je pensais que c'était pour être en bon terme avec moi puisqu'elle a une tête de "favorite du prof", mais très vite je me suis rendu compte qu'elle craquait pour moi, littéralement. Franchement, dire que ça ne m'a rien fait de l'apprendre serait vous mentir. Elle est quand même très jolie Shirley ; elle a des magnifiques cheveux bruns, une bouche pulpeuse, bref c'est un missile la meuf.
Je ne sais pas si c'est le cas de tout le monde mais moi ça me fait toujours plus plaisir lorsqu'une fille craque sur moi plutôt qu'un garçon. Les garçons, ils trouvent tout ce qui est ba*sable attirant alors que les filles c'est pas pareil. Détrompez vous, je suis pas lesbienne ; je le sais parceque j'ai déjà essayé.
Outre cela, la grande nouvelle c'est que Jay avait cessé de traîner dans mes pattes. Il a dû se lasser en constatant que je ne céderai ; pour ma part, je crois que ce n'était peut-être qu'un défi débile que lui a lancé un de ses potes : choper la nouvelle prof canon . Je sais ce que vous vous dîtes, oui je suis au courant que je ne suis pas moche; à un moment donné il faut arrêter de faire l'hypocrite. Du moment que t'as deux trois personnes qui te bavent dessus, tu ne peux plus nier ton sex-appeal.
Je vivais ma petite vie pénard entre la maison le lycée et les sorties entre potes ; jusqu'au jour où une seule petite erreur avait complètement bouleversé mon quotidien au lycée.
C'était une matinée comme une autre ; je me lève fais ma toilette et me prépare. Je décide de ne pas me lisser les cheveux aujourd'hui et attrape ma touffe dans un bun.
Je n'avais pas trop la tête à m'habiller alors j'enfile un pantalon de jogging et un t-shirt blanc. Je mets mes Vans blanches et en route.
Je prends mon bus comme d'habitude et arrive une demi-heure avant le début des cours. Je me dirige alors vers la salle des profs comme je le fais toujours mais sans grande joie bien évidemment.
Je toque et ne prends pas la peine d'attendre une réponse avant d'ouvrir la porte. Tout de suite rentrée, je sens une drôle d'atmosphère générale, la plupart des professeurs présents n'arrêtaient pas de me dévisager et comme je suis quelqu'un de franc de nature, je ne pu m'empêcher de lancer :
- d'abord bonjour, euh y'a t-il un problème ? Dis-je en les regardant un par un
Certains me regardaient avec mépris et d'autres avec pitié ? Je ne saurais dire.
Je souffle et entreprend de partir vers mon casier, sauf que Mlle Berthe m'interpelle au même moment
- Mlle Cassandra, un élève a apporté ça pour vous. Vous l'auriez oublié hier , dit-elle en me tendant ma....
Pièce d'identité, oui ma pièce d'identité
- ah merci, je n'avais pas remarqué. Lui réponds-je en la prenant
Je pensais que c'était tout mais elle reste planter là à me regarder comme si je lui devais de l'argent. Cousine calme ta race wesh!
- il y'a autre chose ? Lui demandais-je perplexe
- je vais peut-être sembler dure mais Mlle, il y'a des milliers d'emplois qui pourraient vous accueillir alors pourquoi avoir choisi celui-ci et gâcher la chance de certains ?
Elle est sérieuse votre copine ? Elle me raconte quoi elle ?
-attendez une minute, je ne suis pas sûre de comprendre là ! De quoi me parlez vous en faites ?
- pas la peine de le nier, on le sait tous, vous avez vingt ans ! S'exclame-t-elle comme si elle avait lâché la bombe du siècle
- oui et? Je ne l'ai jamais caché pourtant, dis-je soulé par la situation
- Mlle, chaque année il y'a une concurrence rude pour ne serais-ce qu'être jardinier dans cet établissement, et vous, sortie à peine du lycée, devenez prof du jour au lendemain !? Et par quelle méthodes en plus !! Oh mon Dieu, Je n'oserais imaginer, s'indigne-t-elle.
Genre c'est pour ça ils sont tous là à me regarder comme si je sortais d'un caniveau ? Moi qui croyais qu'ils avaient découverts que j'étais une tueuse en série, c'est vraiment débile. Pour information, je ne suis pas une tueuse en série einh ! N'allez pas m'inventer une vie.
- vous allez continuez à raconter vos âneries et vous faire des films ou vous voulez une explication !? Dis-je blasée.
Mlle Berthe était outrée par le fait que je l'avais "insulté", elle voulait parler mais fut couper par Mr Taylor
- allons tout le monde, on a pas à nous mêler des affaires d'autrui mais puisqu'on est déjà au courant et pour ne pas avoir des malentendus, je propose qu'on écoute ses explications, dit-il en regardant tous les autres.
- bien, nous vous écoutons
- à croire que je suis à une conférence de presse, bref, il n'y a rien de ouf ; j'ai juste eu mon bac à seize ans et pour couronner le tout, je viens d'un pays francophone alors comparé à tous ces profs qui ont étudié le français pendant trois quatre ans, le proviseur a dû juger que j'avais plus de capacité. Voilà
- ah, je comprends mieux. Donc si je comprends bien, vous êtes allé à l'université ?
- oui, j'ai une licence professionnelle en anglais.
Ils ont commencé par se sentir bêtes du coup.
Ils se sont excusés et blablabla ; ils m'ont ensuite prévenu qu'une rumeur s'était répandu dans l'enceinte à cause de mon âge. Ouep, il paraît que je suis la maîtresse ou encore mieux, l'enfant bâtard du proviseur, raison pour laquelle un bébé comme moi est devenu prof dans un lycée comme celui-ci.
Je commence aussi à me poser des questions à ce stade ; comment Madi a fait pour que ma candidature soit acceptée ? J'étais sûre de moi quand je parlais dans la salle des profs mais là... bref, de toutes façons je ne suis là que pour quelques mois.
L'heure des cours était arrivée et j'appréhendais le regard de mes élèves. Je suis de nature sereine mais ça c'est juste à l'extérieur, rien qu'une façade.
Je sors de la salle et me dirige vers mon premier cours ; une chance pour moi que le couloir était vide. Je m'avançais mais je me sens d'un coup tirer derrière les casiers
- t'es malade ? T'as fumé du gazon ou quoi !? Lui criais-je dessus
- calme toi wesh, gazon elle a dit, rigole-t-il
- tu me veux quoi Jay ? J'ai cours là
-oui mais j'avais envie de te voir moi, réponds-il avec une moue faussement triste. Il est trop fort à ce jeu, je commence même à le trouver mignon.
- tu sais que je suis pas ta pote mais ta prof? L'interrogeais-je en roulant des yeux
- ouais, une prof sexy qui n'a que vingt ans, sursure-t-il en rapprochant son visage dangereusement du mien
- Quoi qu'il en soit, j'ai quand même deux ans de plus que toi, dis-je en essayant de me retirer de son emprise. Il m'avait carrément emprisonné entre ses deux bras, et de sa jambe droite, il bloquait la seule issue puisque de l'autre côté se trouve un casier.
- pas deux, un. Je refais mon année
- ah bo......
Je n'avais pas encore terminé ma phrase lorsque cet idiot m'attrape la mâchoire pour me donner un baiser. Ce n'était pas doux non, c'était violent et sauvage. J'essayais de le repousser au début mais j'ai juste laissé tombé et me suis laissée aller.
Les filles, i'm a bad teacher, le pire c'est que je n'ai pas détesté.
Mon Dieu, faîtes juste que personne ne nous ait vu.