La chute a été rapide, méthodique.
Julien avait volé nos secrets de vinification, les carnets que mes ancêtres avaient remplis de leur savoir. Il a lancé un vin médiocre, produit en masse, sous une marque qui ressemblait à la nôtre, semant la confusion et détruisant notre qualité.
Puis, la campagne de diffamation a commencé. Des articles payés dans la presse à scandale. Des rumeurs sur des pesticides interdits, des conditions de travail inhumaines. La réputation du Château Dubois, bâtie sur des générations de travail acharné, a été détruite en quelques semaines.
Mes parents étaient dévastés. Mon père, un homme fier et droit, ne sortait plus. Ma mère passait ses journées à pleurer. Ils voyaient leur héritage, l'œuvre de leur vie, se transformer en poussière.
Un soir, j'ai reçu un appel de la gendarmerie.
« Un accident de voiture sur une route de campagne. Nous sommes désolés, Madame Fournier. Il n'y a aucun survivant. »
Le monde s'est effondré sous mes pieds. Mystérieux accident. Je savais que ce n'était pas un accident. Julien était derrière ça.
Pendant ce temps, ma sœur Chloé, une artiste brillante à Paris, a été anéantie. Une vidéo "deepfake" d'elle, dans une situation compromettante, est devenue virale. Sa carrière, ses amitiés, tout a été brisé. Elle s'est enfermée, refusant de voir qui que ce soit.
J'ai confronté Julien dans notre chambre.
« Tu les as tués. »
Il a ajusté ses boutons de manchette, me regardant dans le miroir.
« Prouve-le. »
Sa voix était calme, glaciale. Il s'est retourné vers moi.
« Tu sais pourquoi j'ai fait ça, Amélie ? Parce que ton nom, ton château, ton "héritage"... tout ça me rappelait chaque jour que je n'étais rien. Le petit "nouveau riche" qui a eu la chance d'épouser la princesse. Je devais être le seul maître. Pour ça, il fallait que tout ce qui portait le nom de Dubois disparaisse. Y compris ta famille. »
Il a souri, un sourire sans joie.
« Maintenant, il ne reste plus que toi. Et tu es à moi. »