Arrivés au cœur de la ville, ils s'arrêtèrent devant le vieux café, son enseigne vacillante dans la brise. Un lieu devenu trop familier au fil des années, mais aujourd'hui, tout semblait différent. Les fenêtres, habituellement accueillantes, étaient désormais obscurcies, et une atmosphère étouffante imprégnait le lieu. Aucun bruit. Juste un silence lourd.
"Il y a quelque chose d'étrange ici", murmura Delia, ses yeux scrutant l'obscurité derrière la vitre. "Ce n'est pas normal."
"Non, ce n'est pas normal", acquiesça Alexandre, ses sens en alerte. Il s'avança d'un pas, ses yeux cherchant des indices, une piste. "Rien ici ne l'est."
Ils entrèrent dans le café, l'odeur du vieux bois et de la poussière les enveloppant. Aucun client, aucune serveuse. Seulement une étagère de livres poussiéreux et des tables abandonnées. Mais tout dans la pièce semblait... attendait quelque chose. Quelque chose de plus grand, de plus lourd.
La porte derrière le comptoir, souvent condamnée, était ouverte. Une porte qui menait au sous-sol. Alexandre sentit son cœur accélérer. Il s'approcha, hésitant un instant avant de poser sa main sur la poignée. Delia et William se tenaient derrière lui, aussi silencieux que lui.
Lorsqu'il descendit les premières marches, une vague de froid se fit sentir, comme si la température avait chuté brutalement. À chaque marche, un écho sourd résonnait dans les profondeurs du bâtiment, un écho comme un murmure à peine perceptible. Et alors qu'il atteignait le bas de l'escalier, une lueur vacillante éclaira la pièce.
Le sous-sol était presque vide, si ce n'était une grande table en bois et une bibliothèque en fond. Une lumière tamisée émanait d'une lampe, et sur la table, un objet étrange. Un livre. Recouvert d'un tissu noir, il semblait attendre, comme si tout était en place pour leur arrivée.
"Je ne veux pas toucher à ça", dit William, la voix tendue. "Ça me donne la chair de poule."
"Nous n'avons pas vraiment le choix, William", répondit Alexandre. Il s'avança, écartant le tissu avec précaution. Sous ses doigts, le cuir du livre semblait brûlant, comme s'il était imprégné d'une énergie sombre.
Il l'ouvrit lentement. Les pages étaient remplies de symboles anciens, d'écritures qu'il ne pouvait pas déchiffrer. Mais une chose était claire : le livre n'était pas un simple artefact. Il dégageait une présence, une force qu'il n'avait jamais ressentie auparavant. Et la page qu'il avait ouverte était marquée d'un symbole. Un symbole qu'il reconnaissait. Le même que celui sur la médaille qu'il avait retrouvée dans la forêt, la nuit où tout avait commencé.
Un bruit sourd fit sursauter le groupe. Un claquement derrière eux. La porte du sous-sol se referma brutalement.
"Quelqu'un nous a suivis", souffla Delia, ses yeux écarquillés. "Il est trop tard."
Sans crier gare, une silhouette émergea de l'ombre, sa présence imposante. Un homme, grand, vêtu de noir. Ses yeux brillaient d'une lueur rouge, et une aura menaçante l'entourait.
"Vous ne devriez pas être ici", dit-il d'une voix basse et grondante.
Alexandre se redressa, tenant le livre contre sa poitrine. "Qui êtes-vous ?" demanda-t-il, la voix ferme malgré la peur qui commençait à naître en lui.
L'homme fit un pas en avant, et la lumière de la lampe vacilla. "Je suis celui qui veille sur ce secret. Le livre que vous tenez contient plus que vous ne pouvez imaginer. Il est la clé, mais il doit rester caché."
Delia s'avança alors, ses yeux pleins de défi. "Quel secret ? De quel pouvoir parlez-vous ?"
L'homme la fixa, un sourire en coin. "Le même pouvoir que vous avez éveillé, en ouvrant ce livre. Vous avez réveillé des forces qui ne devraient jamais sortir de l'ombre."
Il tendit la main, et soudain, une force invisible les frappa, les envoyant tous trois en arrière. Alexandre se retrouva au sol, le livre toujours dans les mains, mais son esprit en pleine confusion. Que venait-il de se passer ? Qui était cet homme, et pourquoi son pouvoir semblait-il si... surnaturel ?
"Ce n'est pas encore trop tard", murmura l'homme, s'approchant d'eux. "Mais vous devez choisir. Vous devez choisir maintenant : aller plus loin, ou fuir avant qu'il ne soit trop tard."
Mais la vérité était que, quel que soit leur choix, il n'y avait plus de retour en arrière. La ville de Waverly, le livre, et la mystérieuse force qui les guidait, les avaient désormais liés à un destin qu'ils ne comprenaient pas entièrement, mais qu'ils ne pouvaient pas fuir.
"Le jeu commence", dit l'homme avec un rictus, avant de disparaître aussi soudainement qu'il était apparu.
La lumière de la lampe vacilla, plongeant la pièce dans l'obscurité, et le silence retomba lourdement sur eux.
"Que faisons-nous maintenant ?" demanda William, sa voix tremblante.
"Nous allons devoir comprendre ce qui se passe ici", répondit Alexandre, les yeux fixés sur le livre. "Et nous n'avons plus le choix."