L'île du destin
img img L'île du destin img Chapitre 4 Retour des démons
4
Chapitre 6 Trop tard ... img
Chapitre 7 Le calme avant la tempête img
Chapitre 8 Mensonge de trop img
Chapitre 9 Bon anniversaire img
Chapitre 10 Soirée show img
Chapitre 11 Trop d'alcool img
Chapitre 12 Karaoke img
Chapitre 13 Je ne suis pas seule img
Chapitre 14 Mon propre piège.. img
Chapitre 15 Plus le controle img
Chapitre 16 Mauvais mélange img
Chapitre 17 A cœur ouvert img
Chapitre 18 Entre nous img
Chapitre 19 Gênant img
img
  /  1
img

Chapitre 4 Retour des démons

La soirée se déroule à merveille, nous avons fini dans un bar qui est le QG de l'équipe, été comme hiver.

Tiago avait raison, je les adore, ils sont tous fous, drôles mais simples. J'aime ces personnes qui vivent leur vie à fond sans se prendre la tête. J'ai passé ma fin de soirée à danser avec les filles, nous sortons fumer et prendre l'air assez régulièrement.

Devant le bar se trouvent des barrières qui interdisent l'accès aux voitures sur quelques rues piétonnes en contrebas.

Quand soudain, cette putain de douleur au thorax me prend. L'air me manque, je regarde autour de moi et j'essaie de contrôler ce qui va suivre.

« Emma, ça va ? Tu es pâle, tes mains tremblent ? » me questionne Anna, la plus belle nana de l'équipe.

« Oui, ne t'inquiète pas, ça doit être la fatigue », lui dis-je avec mon plus grand sourire forcé. Elle hoche la tête et retourne à l'intérieur du pub.

Je ne vais pas pouvoir retenir cette crise plus longtemps..

J'essaie de trouver un échappatoire, je regarde autour de moi, Tiago et Loucas sont assis sur la barrière un peu plus haut sur ma droite. Je fais signe à Tiago, lui faisant croire que je dois prendre un appel et m'éloigne un peu.

Quand Loucas tourne la tête vers moi, je sens son regard qui est persistant et inquiet. Je leur souris avec un signe de la main.

"Je reviens les gars, je dois répondre à ma meilleure amie, elle me harcèle depuis tout à l'heure" je finis par dire complètement essoufflée. Désolée Emy, je n'ai pas le choix ce coup là.

Je pars rapidement sur ma gauche, sachant pertinemment que cette satanée crise ne peut plus être contenue. Je m'enfonce dans les ruelles, qui me sont complètement inconnues, dans l'espoir de trouver un endroit où personne ne me verra.

Ma respiration devient sifflante, la douleur me paralyse et je m'écroule à l'abri des regards derrière des conteneurs.

J'attrape mes genoux et essaye de me concentrer sur ma respiration. Un, deux, trois... c'est peine perdue.

Je sais, comme toutes les fois où elles se manifestent, que ça ne suffira pas.

Je n'ai plus le choix.

Il faut que ça s'arrête.

Je me relève avec le peu d'énergie qu'il me reste et me mets à frapper de toutes mes forces sur le mur de pierre où j'étais adossée quelques secondes plus tôt.

Je sens enfin la douleur de mes mains, j'ai les points en sang, je reprends le contrôle, mon rythme cardiaque ralentit. De nouveau assise sur le sol, je laisse mes larmes couler.

Les images défilent. Mes mains tremblent. Il y a eu beaucoup trop de mouvements dans ma vie ces derniers temps

Après avoir pris la décision de quitter John il y a quelques mois, ce dernier a très mal réagi. Après plusieurs menaces de mort, nous sommes passés au tribunal, puis j'ai reçu un soir ce fameux SMS d'adieu. Ce n'était pas le premier, mais celui-ci je l'ai cru. Après avoir avalé des cachets pour le cœur de son beau-père et une bouteille de whisky, il était inerte dans sa baignoire

A deux minutes près, les pompiers m'ont dit qu'ils n'auraient rien pu faire pour lui.

Je ne l'ai pas revu depuis cette nuit-là. Je le détestais. Je suis quelqu'un de très compréhensif. Je me mets souvent à la place des autres pour les comprendre et les aider, mais le suicide, je n'y arrive pas...

J'entends le fait qu'on puisse arriver à cette seule solution, mais merde, c'est lâche et égoïste. A quel moment tu penses aux gens qui restent ?

J'ai eu besoin d'oublier après cette période, alors je me suis mise au sport, à courir des dizaines de kilomètres par jour, je mangeais très peu, puis j'ai eu ce qu'on appelle une relation tampon, j'ai rencontré un pote à ma meilleure amie, il était plus vieux que moi, de 10 ans, il m'a fait ressentir ce que je n'avais jamais ressenti auparavant, connaissez-vous ce jeux de séduction ? A ses yeux, j'étais différente, il me faisait me sentir belle, il me désirait, je n'ai pas connu toutes ces choses là avant, alors j'ai cédé à la tentation, j'étais attachée à lui, je ne peux pas le cacher, où a ce que je ressentais ? Je n'en sais rien..

Puis il a merdé, enfin non, il a été égal à ce qu'il était, j'étais naïve et je n'ai pas vu ce coureur de jupons arriver, il jouait sur plusieurs tableaux.

Il y a aussi eu la perte des gars dans un accident de la route, un frontal, le conducteur a survécu miraculeusement après plusieurs semaines de coma, mais pas les deux autres, à bord, ni même la femme en face.

Toutes ces émotions, elles ne sont pas sorties, j'ai refusé de craquer.

Pour John, je ne voulais pas inquiéter ma famille, alors j'ai gardé la tête haute tout le long.

Pour Adrien et sa manipulation, mon égo et ma confiance en moi ont pris un coup, mais je voulais pas non plus me rabaisser à son niveau.

Quand les garçons ont eu leur accident, j'ai soutenu tous les membres de notre groupe, de 20 potes. J'ai été forte pour eux, il fallait que quelqu'un le soit.

Mais voilà, mon corps n'encaisse plus, il extériorise avec ses fameuses crises d'angoisses qui débarquent n'importe quand.

Elles vont jusqu'à faire remonter les traumatismes de mon enfance, parce qu'on a tous des démons du passé que l'on enfouit au plus profond de nous-mêmes et qu'on espère oublier.

La seule façon que j'ai trouvée pour arrêter cet enfer , c'est de reprendre le contrôle.

C'est stupide, je vous l'accorde, mais je n'ai rien trouvé de mieux. Je ne supporte pas mon état lorsqu'il se manifeste, je n'ai plus aucun contrôle de moi, alors je me fais du mal en frappant sur des murs et généralement, quand la douleur physique arrive, ma crise s'en va.

Un peu le même principe que la médecine chinoise, quand vous avez mal quelque part, on vous fait mal autre part, et de la sorte, vous ne sentez plus la première douleur.

            
            

COPYRIGHT(©) 2022