Nous sommes au corps de garde, j'ai les pommes moites par le stress. Depuis ce que je peux qualifier d'une éternité Véronique est enfermée avec les femmes car elle est en travail. Je trouve que tout ce temps ne présage rien de bon, pourquoi je l'entendre crié mais aucune femme ne sort de cette satané maison, je suis avec les autres hommes et certains anciens qui ont apporté du vin et des arachides ils disent que dans ce cas c'est comme ça que l'on procède, au fur et à mesure que le temps passe les hommes arrivent. Il est vrai que des qu'une femme du village se prépare à donner naissance tous les hommes se retrouvent et attendent la venue de ce nouvel habitant. Je ne ris a aucune plaisanterie mes pensées sont avec Véronique souffre-t-elle? L'enfant est-il vivant? Comment je vais le prendre dans mes bras? Et si Véronique avait un problème? Je suis interrompu dans mes pensées par les voix des femmes qui poussent des cris de joies.
Les femmes: mololouanioooooooo a yi dibagal (victoire ooooh c'est un garçon)
Elles s'approchent en chantant en groupe vers le corps de garde avec dans les bras de ma grand-mère un bout de pagne que je distingue mal, elles s'arrêtent devant l'entrée et ma grand-mère rentre et présente l'enfant aux anciens et au chef. Les anciens regardent l'enfant, le bénisse et me le tendent, j'hésite et le prend dans mes bras. Je sens les larmes montée en moi mais je serre mes yeux pour qu'elles retournent. Il est si petit avec ses yeux fermes il dort paisiblement, les poings fermés, il à la tête recouverte de beaucoup de cheveux noirs, mon fils est là.
Le chef: nous attendons le nom
Moi: do rou mou rombe Niangou (la journée)
Les cris des femmes accompagne ma phrase elles se retirent ensemble comme elles sont venues en chantant des louanges pour mon fils. Peu de temps après les plats arrivent et nous nous mangeons dans un brouhaha joyeux, mon sourire ne quitte plus mon visage. Les hommes et les anciens me félicitent, sans oublier mon beau père qui est fier d'avoir eu un petit fils, les conseils fusent de partout. Maintenant j'aimerai féliciter celle sans qui tout cela n'aurait pas été possible. Je me retire et vais a la maison que je trouve calme je rentre et ne trouve pas Véronique.
Moi: mémé Véronique est où?
Mé: elle est dans ma chambre elle restera avec moi jusqu'à ce que l'enfant est 3 mois, tu peux aller la voir.
Je file dans la chambre de ma grand-mère ou je trouve Véronique sur le lit avec Niangou qui dort près d'elle, elle a le visage fatiguée.
Moi: ma Rambo ça va?
Ver d'une voix fatiguée: ça va, je suis fatiguée
Moi: repose-toi
Ver: tu es content ?
Moi: fier est le bon mot, dis-je en lui posant un baiser sur son front, repose toi.
******** 9 mois plus tard
Véronique a passé 5 mois avec ma grand-mère, elles ont pris soin d'elle avec la méthode traditionnelle, entre les bouillons de feuilles chaudes à avaler à longueur de journée, le rituel du bain très tôt le matin et en fin d'après-midi, je n'aimais pas être à la maison à ce moment j'entendais Véronique hurlé surement après un passage d'eau chaude, mémé ne tarissais pas de remèdes c'est à croire qu'elle en créait chaque jour. Cela semble fatiguant mais les femmes témoignent des vertus de ses méthodes qui de prime abord semblent coriaces. Elle a rejoint la chambre conjugale laissant Niangou avec son arrière-grand-mère qui ne voulait pas que Véronique le ramène. Ce qui fut pour mon plaisir car deux jours après son retour j'ai vite fais de la faire mienne et j'ai senti que tout cela m'avais manqué. J'ai obtenu le seul diplôme que j'ai un permis de conduire et maintenant Traoré me laisse faire des trajets au volant. Mouketou qui a suivi les traces, est en train de faire établir le sien il attend de le récupérer son permis définitif. J'ai un peu plus de possibilité qu'avant comme des fois je fais des trajets seul Traoré me donne un peu plus que ce qu'il m'octroyait en tant que boy chauffeur. On a pu acheter un portable pour Véronique et moi que je charge lorsque je vais en ville, elle crâne devant ses copines à la rivière. Niangou se porte comme un charme, il faut dire que les bons soins de maman et même qui ne le lâchent jamais, cet enfant n'est presque jamais avec sa mère. Il a agrandi et commence a tenir sur ses jambes mais il reste statique la peur je suppose. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ver: Mouketou te cherches il me parlait d'un boulot.
Moi: ah Mouketou. Bon je vais faire un tour chez lui.
Je vais chez Mouketou et le trouve en train de nettoyer du poisson frais.
Moi: Véronique m'as dit que tu m'as cherché?
Mou: oui assied toi c'est très sérieux, pardon amène le vin que j'ai caché sous le tonneau là
Je prends le vin deux gobelets en plastique et je m'assois près de lui.
Moi: vas-y accouches.
Mou: et Dieu a entendu nos prières! Mon oncle qui travaille à la préfecture m'a dit ce matin que le nouveau gouverneur vient d'occuper sa maison et cherche des employés permanents.
Moi: permanents c'est à dire?
Mou: mais qui vivent chez lui car il n'aime pas les retards.
Moi: mais il cherche d'abord quoi?
Mou: deux chauffeurs, un personnel pour la province et les voyages dans le pays et un pour conduire un de ses bus qui fais la route vers Libreville. Une gouvernante et une dame de ménage qui cuisine. J'ai donné mon permis bleu pour Libreville mais comme j'ai pensé à toi j'ai dit à mon oncle que je connaissais un autre chauffeur.
Moi: hum c'est une bonne proposition mais c'est combien le salaire d'abord?
Mou: moi 500.000f et toi 400.000f, la gouvernante 300.000 F et la ménagère cuisinière: 275.000,
Mou: hum
Mou: je jure le gars est riche comme un libanais!
Moi: bon on fait comment?
Mou: demain très tôt il faut qu'on soit a Mouila pour rencontrer le type la! Tu amènes ton permis et ton acte de naissance, mon oncle nous amène chez lui le matin.
Moi: toi tu dis le matin, on va d'abord trouver la voiture ou pour nous amener a Mouila très tôt tu sais que les premières voitures passent vers 8 h.
Mou: j'ai déjà réfléchi on va se lever à 4 h on marche jusqu'à Mouabi (site de forestiers) et comme leurs voitures partent déposes les gens a Mouila à 5 h on profitera.
Moi: Huuuummm qui? La nuit comme ça? Maintenant si on voit un feu follet?
Mou: donc tu as même peur de ça? Toi qui fais toujours comme si tu n'y crois pas. Écoute on a besoin de se travail, imagine sine peux être pris comme chauffeur et toi aussi, si Véronique est même ménagère tu as vu que c'est quelque chose déjà et en plus on sera a Mouila tâte le courant on aura, nourris et logé, on peut bien construire même un tôle en haut tôle en bas réfléchis bien tu sais que nous la division nous a appris a mieux nous diviser de l'école donc c'est une opportunité pertinente.
Moi: toi avec ton français pardon
Mou: je lisais beaucoup faut pas suivre parce que on fais les boys chauffeurs moi je suis un gars de la non-violence, j'ai des rêves tâte va dormir demain 4 h je viens te chercher on va se lever tôt pour attraper le bonheur!
Je rentre pensif, je trouve Véronique en train de nettoyer les lampes pour les allumer
Vè: tu as vu Mouketou ?
Moi: oui et il m'a parlé d'une histoire compliquée
Vè: quoi donc?
Je lui explique tout dans les moindres détails et c'est avec une voix douce mais une petite ride crainte dans le regard qu'elle me dit
Vè: ça semble bien mais hum en ville la bas la vie n'est pas comme ici et il faut d'abord allez le voir et on verra comme t les choses vont se passer. Vous êtes que 3 dans le ventre de ta mère et tu es le seul homme, il faut penser à construire maintenant, tes sœurs se trouveront surement des époux mais il faut penser à ta mère et Niangou. On ne refuse pas l'appel mais la proposition. Va voir et on verra la suite!
Je m'endors apaisé et j'ai l'impression d'avoir à peine fermé les yeux quand la voix de Mouketou se fit entendre à 4 h. Je partis avec lui dans le noir nous avions une petite torche et nous devions traverser près d'un kilomètre d'une route complètement obscure envelopper par une forêt dense j'avais peur mais ne voulait pas le montrer à Mouketou, nous marchons en silence éclairé par le faible faisceau lumineux qui ne nous sert à rien sinon à voir un point dans ce noir total. On entendit un éternuement, aussi vrai que cela puisse le paraitre nos deux oreilles l'avaient entendu, on c'est juste regardés et d'un accord muet avons pris nos jambes à nos cous, on ne s'est arrêté que lorsque l'on apercevait les lumières du site et on à éclater de rire tellement c'était flippant mais hilarant!
Nous sommes à Mouila depuis 1h de temps, l'oncle de Mouketou nous attendait et nous a conduits au domicile du gouverneur. Son domicile est éloigné de la ville, quasiment à 30 kilomètres de la ville, une immense barrière qui entoure quasiment 1 hectare de terrain, lorsque nous franchissons l'immense portail on se rend compte que l'on est dans un autre monde au portail il y'a une maison occupé par des vigiles sur une allée goudronnée on roule en voit un magnifique étang encerclé d'un peu de foret ça crée une atmosphère sauvage, il y'a une maison un peu plus loin entouré d'une barrière et avec des barbelés donc on aperçoit clairement le jardin, et plus on avançaient plus je me rendais compte que ce genre de maison en fait c'est toute les mêmes avec différentes couleurs et entre elles il y'a toujours un espace verts, c'est très beau et ça m'étonne car je n'aurais jamais imaginé qu'il avait de tel domaine ici. Nous garons devant une imposante maison avec étage, j'aperçois un garage mais je ne distingue pas bien les véhicules de l'endroit où je suis. Nous descendons et croisons un jeune garçon d'à peu près 13 ans qui nous salue poliment et nous introduit dans le salon. Cette maison est l'appel même au cambriolage, son luxe isolent frôle le paradis je ne sais pas pour Mouketou mais moi je n'ai vu cela que dans les rares films que j'ai regardé, nous prenons place après que le jeune garçon nous ai invité à le faire. Il nous apporte un plateau avec de l'eau minérale, des jus, des bières et du whisky, je suis vraiment surpris par toute ses choses en excès je n'avais pas grandi entouré de jus donc essayez de le comprendre. Nous attendons pendant près de 30 minutes lorsque l'on vit un monsieur court, noir avec un ventre rebondi sur sa ceinture, il avait deux grosses chaines en or autour de son cou, une avait un médaillon en forme de triangle et l'autre n'en a pas. Sur ses doigts courts il portait des chevalières en or, et sur le bout de ceux-ci se trouvait un cigare (quelle idée de fumer à cette heure-ci), il sentait un parfum fort mais qui sentait très bon.
Lui: bonjour Ludovic (oncle de Mouketou)
Lu: bonjour monsieur le gouverneur......
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