Chapitre 5 Partie 05

Matteo ressentit soudainement de la colère et du désespoir. Pourquoi Raphaël ne croyait-il pas en l'amour qu'il éprouvait pour Andrea ? Pourquoi le rejetait-il ? Il se leva lentement, rassemblant ses pensées, submergé par une vague d'émotions et de questions sans réponse. La plus naturelle pour lui était pourquoi Andrea ne lui avait pas parlé de ce mariage.

Le bruit et l'agitation le firent frissonner. Matteo fixa son regard sur l'ambulance, cette machine à volume. Il regarda autour de lui avant de s'éloigner progressivement de la scène, avec seulement l'image d'Andrea portée par les secouristes dans son esprit. Il était dégoûté par cette situation.

Raphaël, Mélanie et Oscar montèrent avec elle, tandis que Dylan montait dans son véhicule. Certains des invités alertés les suivirent. Dylan ne comprenait pas pourquoi on faisait tout un drame pour cette fille... Le pire pour lui était de devoir jouer le mari parfait devant tous ces visages, toutes ces personnes qui n'entendaient pas les cris de son cœur.

-- Docteur, comment va ma fille ? demanda Raphaël alors que le médecin sortait de la salle où Andrea avait été emmenée.

Dylan releva la tête en même temps que Raphaël, prêt à écouter. Mais il fut frappé par la couleur bleu-blanc des environs qu'il n'avait pas remarquée auparavant. Dylan observa également que tous les fauteuils d'attente étaient d'un noir profond qui correspondait parfaitement aux murs blanc cassé.

-- Vous n'avez plus à vous inquiéter, messieurs. La patiente s'est bien rétablie et va bientôt se réveiller, informa le médecin.

Puis il s'approcha de Dylan, qui semblait abattu.

-- Je suis vraiment désolé pour vous, ce n'est pas facile de voir la femme que l'on aime dans un tel état.

-- Merci, docteur, euh... puis-je lui parler ? demanda Dylan avec hésitation.

-- Oui, vous pouvez, mais ne prenez pas trop de temps. Elle a vraiment besoin de repos.

Dylan jeta un coup d'œil à son beau-père inquiet et entra dans la chambre. Son père était parti plus tôt en raison d'une urgence majeure dans leur entreprise. Il ne savait pas quoi penser de cette situation. Qu'est-ce qui serait le plus avantageux pour lui ? Qu'Andrea passe plus ou moins de temps à l'hôpital ? Il ne savait pas pourquoi, mais le sentiment que cette femme ne lui apporterait que du malheur ne cessait de le hanter.

-- Matteo, chuchota Andrea en ouvrant à peine les yeux.

Elle avait l'impression qu'il était toujours à ses côtés.

-- Tu t'es enfin réveillée, ce n'est pas trop tôt ! lança Dylan en regardant sa montre. Il est 22h10 et je suis coincé dans un hôpital à attendre que ma chère épouse se réveille. Quel bel emploi du temps, tu ne trouves pas ?"

-- Mais...

-- Non, tais-toi ! Tu n'avais qu'à jouer la mariée heureuse et finir ce mariage, et maintenant tu fais tout un spectacle ! Tu devrais être contente d'avoir déshonoré le nom de ma famille avec ta maladresse éternelle.

Andrea se redressa, choquée.

-- Mais je te rappelle que je vais mal à cause de toi, et tout ce à quoi tu penses c'est à l'honneur de ta famille ?

-- À quoi d'autre devrais-je penser ? Ce n'est pas moi qui t'ai demandé de te mettre entre nous. Alors tais-toi et assume tes responsabilités. Si tu avais été plus intelligente, nous n'en serions pas là. Je ne me plierai pas à tes exigences.

-- Mes exigences tu dis ? questionna Andrea. Tu crois que ce sont des exigences...

Elle fut interrompue par une crise de toux.

Dylan se précipita immédiatement vers le tonneau d'eau situé à trois centimètres de lui. Le même tonneau qu'il avait remarqué en entrant. En prenant une petite portion dans un verre, il le porta à sa femme.

-- Merci, balbutia Andrea après l'avoir bu.

-- Je m'en passerais bien ! Écoute, tu...

-- Désolé de vous interrompre, vociféra le docteur en entrant à moitié, laissant ainsi au personnel qui le suivait un libre accès. Nous devons lui administrer une dernière injection.

Andrea semblait troublée à l'idée d'une nouvelle injection, tandis que Dylan fixa longuement ce docteur qui avait mis aussi brutalement fin à leur échange.

-- Ok, excusez-moi !

Dylan sortit de la salle et se dirigea rapidement dans le couloir, où il ne vit personne car tous étaient déjà partis. Une fois au parking, il s'approcha de sa voiture, enfonça la clé et ouvrit la portière côté conducteur. Il rentra sans tarder chez lui où il se changea, enleva sa bague et se rendit chez Rachel dans le but d'y passer la nuit. Cette dernière l'attendait déjà avec une belle surprise. Elle avait pris soin de lui concocter une délicieuse soupe à l'italienne.

Une fois devant la magnifique villa qu'il avait achetée un an plus tôt pour sa dulcinée, Dylan sonna à plusieurs reprises. C'est une Rachel toute souriante qui vint lui ouvrir.

-- Salut toi ! Dit-elle. Alors, comment s'est passé ton mariage entre guillemets ?

-- Tu comptes me laisser entrer ?

-- Bien sûr, oh quelle idiote je suis !

Elle s'empressa de lui ouvrir la porte.

-- Désolée !

-- Non, c'est plutôt moi qui suis désolé, je n'aurais pas dû te parler ainsi. Et n'oublie jamais que tu es l'idiote dont je suis fou amoureux.

-- Quel flatteur !

Sans avoir à lui répondre, Dylan entra et s'installa immédiatement sur l'un des canapés du salon, les pieds posés sur la table basse en face. Rachel ne tarda pas à prendre place auprès de lui. L'homme prit la télécommande et alluma l'écran géant.

-- Le mariage a été très nul, avoua t-il.

-- Je m'en doutais bien. Renchérit la brune.

Elle n'était pas jalouse et ne semblait pas aussi mal qu'elle aurait dû l'être.

-- Pourquoi cette réflexion ? Je veux dire, pourquoi dis-tu une telle chose ?lui demanda Dylan soudainement curieux.

-- On sait tous les deux que c'était un mariage raté d'avance !

-- Ouais, reprit Dylan. En effet !

Il éteignit la télévision, se rapprocha d'elle et voulut l'embrasser, mais elle le repoussa.

-- Qu'est-ce que t'as ? Tu m'en veux ? Tu sais que jamais je ne t'abandonnerais. Bientôt, quand je serai à la tête de l'entreprise familiale, je divorcerai pour toi.

-- Je sais tout cela, mais ce n'est pas le plus urgent, car...

Elle se gratta la tête à la recherche des mots.

-- Parce que ? demanda-t-il !

-- Écoute, c'est un peu difficile à expliquer, je ne sais pas comment te le dire.

-- Dis simplement les choses telles qu'elles sont, la rassura-t-il.

Rachel ravala sa salive et lui tourna le dos pour cacher son stress, mais cela ne dura pas longtemps car Dylan l'enlaça avant qu'elle ne s'en rende compte.

-- Arrête !

-- Qu'est-ce qui t'arrive ?

-- Dylan, il se peut que je sois enceinte !

-- Vraiment ? Répondit-il, surpris.

-- Tu vois maintenant pourquoi je n'arrivais pas à t'en parler ? déclara Rachel, le visage fendant en larmes. Je savais que tu ne réagirais pas, je savais que tu serais perdu, je savais que...

-- Chuutt !

-- Tu veux me quitter ? C'est ça ? Vas-y, réponds !

Dylan passa une main dans ses cheveux tout en laissant son regard vagabonder. Il n'avait rien dit depuis.

Sa petite amie crut comprendre les mots que cette réaction traduisait. Elle se mit à crier avec dédain.

-- Tu sais quoi ? Sors de chez moi et n'y reviens plus jamais. Je suis capable de prendre soin de cet enfant toute seule.

-- Je t'aime et je savais pour la grossesse, j'attendais juste que tu me l'annonces.

-- Sérieusement ?

-- Oui oui, en tant qu'homme comblé, j'ai souvent des idées géniales. Et je pense que ce serait judicieux que tu viennes vivre avec moi ! Réfléchis-y !

                         

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