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Sorcière

Sorcière

Auteur:: Sarah Cvl
Genre: Jeunesse
Une jeune fille banale. Un changement de vie. Des rencontres et la découverte de soi...

Chapitre 1 Prologue

Depuis que le monde est monde, il est régit par les puissants dieux. Au commencement existait l'unique, Sige grand-mère de toute chose, créatrice de toute chose, par le biais de ses pensées longtemps retenu dans l'obscurité et le néant. A la fin de sa création, elle dona naissance à sa fille, déesse triple, elle était à la fois jeune fille, mère et vieille femme. Vénus, Gaïa et Hécate, présentent en toutes choses. Puis naquit Actéon, dieu du soleil. Ensemble, ils firent tourner le monde au cycle terrestre. Ainsi naquirent les saisons et créa la nature. Extrait du livre de la vie.

Grimoire de la famille Emmerson. Actéon se partagea en deux émanations, le roi chêne fils de la déesse triple et le roi houx époux de cette dernière. A chaque solstice le combat fait rage entre ses deux divinités. Au solstice d'été le roi Houx s'éveil et le roi Chêne est tué. Lorsque le solstice d'hiver revint, le roi chêne revenu d'entre les morts réclama sa couronne et fit tuer le roi houx. Ainsi tourne la roue du temps immuable dans la tempête. Extrait du livre de la vie.

.....Grimoire de la famille Emmerson

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A chaque génération nous verrons naître les puissants, par deux ils seront liés et leur pouvoir ainsi décuplé : - Une femme verseau née en janvier et un homme capricorne né en décembre. - Une femme poisson née en février et un homme sagittaire né en novembre. - Une femme bélier née en mars et un homme scorpions né en octobre. - Une femme taureau née en avril et un homme balance née en septembre. - Une femme gémeaux née en mai et un homme vierge né en août. - Une femme cancer née en juin et un homme lion né en juillet. Chaque couple ainsi désigné perpétuera la dualité de notre monde le yin et le yang le masculin et le féminin.

Extrait du livre de la vie....

Prophétie et signe.

....Grimoire de a famille Emmerson.

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L'an de grâce 1437, Aujourd'hui, nous avons vu notre fille changer. Que Dieu nous vienne en aide. Nous avons prévenu l'évêché afin qu'il aide notre pauvre enfant à ce libéré du démon qui a pris corps en elle. Bien que je pense qu'il ne nous ait pas cru, il a promis de passer voir par lui-même ce qu'il en retournait. Nous prions le Seigneur autant que faire se peut pour retrouver notre cher enfant qui aujourd'hui veut partir à la recherche de son alter-égo nous dit-elle. Jamais de ma vie je n'avais vu quelque chose comme cela, et j'espère ne plus jamais le revoir. Elle possède des capacités étranges. Lorsqu'elle entre dans une pièce, tous les objets qui s'y trouve ce mettent à trembler et je l'ai vu attraper un verre en vol. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un rêve et je suis même aller faire demander le médecin. Ma femme est moi sommes complétement perdu et craignons pour nos vies si rien est fait.

....Extrait du journal de la famille Emmerson. Ecrit de lord Patrick Emmerson du 15 février 1437.

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Londres 1998

- je ne vous laisserai pas contrôler ma vie plus longtemps ! Je pars et vous n'y pouvez rien!

- Reviens immédiatement Salomé tu ne comprends donc pas tout ce que nous faisons ? Tu dois rester, tu n'as pas le choix. S'énerva sa mère.

- Pas le choix ! raya-t-elle. Mais le choix je le prends vous êtes plus fous les uns que les autres je ne resterai pas une minute de plus ici à écouter toutes ces foutaises. Hank et moi quittons la ville !

-Tu ne vas tous de même pas tout ficher par terre pour une amourette avec ce garçon, il y en a plein d'autre. Nous ne t'avons pas élevé ainsi. Tu me déçois jeune fille.

- Je n'ai toujours fais que ça de toute façon n'est-ce pas ? rien de ce que vous direz ne changera ma décision.

Salomé pleurait à présent, elle prit son sac et sortie de la maison avant que sa mère et pu ajouter quelque chose. Elle savait très bien que plus elle resterait plus ce serait dur mais sa décision était prise, il fallait qu'elle s'éloigne de cette maison de fou qui la maintenait prisonnière depuis l'enfance par leur croyance. Sous la pluie diluvienne de Londres elle arpentait les rues, le chemin qui la mené vers la liberté elle le connaissait par cœur. Elle connaissait chaque rue, chaque arrêt de bus. C'est ici qu'elle avait grandi dans ce quartier riche de Londres, derrière ses grandes portes de la maison de sa famille. Elle avait fait toute sa scolarité ici, depuis toujours on ne cessait de lui répéter qu'elle n'était rien d'autre qu'un maillon de la chaîne. Ses sœurs s'était accommodées de cette vie et avaient épousé des hommes de bonne famille mais elle ne pouvait pas se résigner à ça. Elle voulait découvrir le monde et la vie et si pour ça elle devait tourner le dos à tout ce qui avait été sa vie jusqu'ici alors soit. Au bout d'une bonne demi-heure de marche elle arriva enfin devant l'immeuble de son compagnon. Ses membres tremblaient de froid mais elle savait que c'était le bon choix. Elle ne pouvait plus faire marche arrière. Elle sonna à l'interphone. Un homme à la voix douce lui répondit presque immédiatement.

- Oui ? dit-il

- C'est moi Salomé ouvres-moi s'il te plait, je suis partie de la maison. Répondit-elle.

- Tu as fait quoi ? attends j'ouvre.

La porte s'ouvrit, elle monta les marches en titubant sous le poids de son sac. Arrivé devant la porte de l'appartement 34 au 3ème étage un homme l'attendait. Il était grand et beau. Les épaules larges et de beaux cheveux châtains coupé court. Ses yeux marrons glacé la transpercé d'un regard interrogateur.

- Que s'est-il passé ? pourquoi as-tu une valise ? lui demanda-t-il.

- Je suis partie. La dispute de trop avec ma mère... Tu sais comment elle est, elle ne supporte pas qu'on fasse pas comme elle le souhaite. Je n'en pouvais plus d'obéir sans poser de question. Hank, partons loin d'ici s'il te plait. Faisons notre vie comme nous le souhaitons et non comme ma famille le veut. Le supplia-t-elle.

- Mais enfin, on ne peut pas partir comme ça ! tu le sais bien pourtant. Nos études, notre vie elle est ici !

- Mais si nous restons ici, nous n'aurons jamais de vie. Ma famille fera tous pour nous séparer ! Je ne peux pas l'accepter. La seule solution que nous ayons pour rester ensemble c'est de nous enfuir.

- Rentre à l'intérieur. Tu vas pouvoir te sécher et nous allons voir ce que nous pouvons faire. Elle rentra à l'intérieur, Hank vivait dans un petit studio dans la city. A l'intérieur il n'y avait qu'un canapé-lit et une table basse ainsi qu'une kitchenette aussi petite qu'un timbre-poste. Il était originaire de Carlisle dans le nord du pays et était venu s'installer à Londres pour poursuivre ses études il y avait de cela deux ans. C'est à Oxford qu'il fit la rencontre de Salomé, dès le premier regard ils avaient su l'un et l'autre que leur vie serait à jamais ensemble. Mais la famille de Salomé avait tout fait jusqu'à présent pour les séparer.

- Nous pourrions peut-être partir chez toi dans le nord du pays et nous marier là-bas ? proposa-t-elle.

- Oui nous pourrions l'envisager... Mais et nos études qu'est-ce qu'on en fait ?.... Il réfléchissait... il me reste encore deux ans à faire tu le sais bien !! je ne veux pas tout arrêter comme ça et puis on fera quoi là-bas sans diplôme? sans rien...finit-il par dire en baissant les épaules.

- Je ne sais pas mais se sera toujours mieux que de rester ici. Tu ne connais pas ma famille, ils peuvent être dangereux. Nous ne pouvons pas rester ici très longtemps. Nous devons prendre une décision tout de suite, nous n'avons pas le choix. S'ils apprennent que je suis enceinte, nous sommes perdus.

- Je sais, je sais c'est seulement que je pensais qu'on aurait plus de temps ou que tes parents finirait par être raisonnable. Ecoutes, je vais appeler mon père et je vais lui demander de nous accueillir quelques jours. De là nous pourrons nous organiser. Il est à Blackpool en ce moment, nous y serons à l'abri. Proposa-t-il. - D'accord faisons ça ! Je t'aime Hank ! lui dit-elle.

- Je t'aime aussi mon amour... Pour la vie... Dit-il en retour.

Il l'embrassa tendrement et la serra fort dans ses bras comme si la vie en dépendait....

Chapitre 2 1 la vérité

Il faut bien avouer que je ne m'attendais pas un jour à avoir quelque chose à dire qui nécessite de les poser sur du papier. On croit toujours que rien de particulier ne va nous arriver. Rien ou en tout cas rien d'exceptionnel. Et pourtant voilà. ​

Je me souviens comme-ci s'était hier de ce jour, rien ne présagé que ce jeudi serait différent des autres, rien ne m'aurait préparé à tous ce que j'allais vivre par la suite.

Rien sauf peut-être la vérité.

Si et je dis bien si pour une fois ma mère avait été honnête avec moi alors oui peut-être que je ne me sentirais pas aujourd'hui aussi perdu. Comment aurais-je pu deviner que ce jeudi-là ma vie allait prendre un tournant décisif. Mais avant tout laissez-moi vous racontez du début toute cette histoire....

C'était donc un jour comme les autres, je m'étais levée de bonne humeur et avais préparé mes affaires pour partir à l'école comme chaque matin. Ma mère m'avait préparé mon petit déjeuné et m'attendais dans la cuisine pour me souhaitait une bonne journée avant de partir elle-même travailler, c'était notre petit rituel depuis que mon père était décédé 5 ans plus tôt d'un cancer fulgurant.

Je vivais alors seule avec ma mère, nous nous en sortions pas trop mal même-si je voyais bien qu'elle n'était pas heureuse depuis que mon père n'était plus là. Je n'osais pas aborder le sujet avec elle, je me disais toujours que le jour où elle se sentirait prête elle m'en parlerait. Je venais tous juste de fêter mes 16 ans et comme toutes les filles de mon âge je ne m'intéressais pas à grand-chose en dehors des garçons et des films que ma meilleure amie et moi adorions regarder pendant des heures. Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement sociable mais au lycée j'avais depuis longtemps une bande d'amies, nous étions toutes les quatre les inséparable du bahut mais Mary était la seule et l'unique avec qui je pouvais passer des nuit entière au téléphone ou bien à pleurer devant le dernier film romantique à la mode.

Nous vivions dans le nord de l'Angleterre depuis ma naissance, mon père était employé par la ville de Carlisle, nous y avions une petite maison. Ma mère quant à elle, venait de Londres et toute sa famille y vivait encore. Depuis ma naissance nous avions dû y aller que deux ou trois fois, il faut dire que sa famille n'était pas vraiment des plus cool. En effet, ma mère faisait partie d'une famille aristocrate anglaise et le mariage de ma mère n'avait pas été très bien vu.

Quelle idée d'épouser un simple roturier, un employé de la ville par-dessus le marché !

Je crois que c'est une des raisons de ce manque de visite familiale.

- Comment vas-tu ma chérie ? Me demanda-t-elle. Tu as bien dormi ?

- Très bien et toi ?

- Ça va, ça va... ma chérie il faut qu'on parle ce soir, il y a des choses qui vont changer prochainement et j'aimerai t'expliquer pourquoi. Commença-t-elle avec une voix un peu plus aigu que d'habitude.

- Ah... Je levais un sourcil interrogateur. Qu'est-ce qui se passe maman tu n'as pas l'air bien ?

- Si si ça va ne t'inquiètes pas... ce n'est rien de grave c'est juste important que nous en discutions toute les deux mais ne te mets pas la rate au court bouillon d'accord.

Ma mère me faisait rire avec ses expressions de vieux mais je n'osais jamais lui dire.

- Comme tu veux...

- Je te laisse maintenant je dois aller au travail... à ce soir ma chérie fais bien attention à toi.

Elle m'embrassa sur le front et partie.

Je finis de prendre mon petit déjeuné en réfléchissant à ce que ma mère venait de me dire, ce n'était vraiment pas dans son habitude d'agir comme ça, je me demandais bien ce qu'elle avait à m'annoncer. Une fois mon petit déj' avalé je pris mon sac et quittais la maison en direction de l'arrêt de bus pour prendre le bus direction le lycée. Après 15mn de route j'arrivais comme tous les matins devant le lycée ou m'attendais Mary, elle semblait toute excité. C'était une belle jeune fille rousse avec des taches de rousseur sur les joues et le nez, et des yeux vert intense. Elle était grande et mince, je dois avouer que plus d'une fois j'avais éprouvé de la jalousie.

Elle me sauta au cou.

- Tu devineras jamais ! dégaina-t-elle. Il m'a appelé tu le crois ça ??

- T'es sérieuse, il a enfin pris son courage à deux mains. Lui répondis-je avec un grand sourire.

Elle voulait bien sur parler de Jake, le beau gosse du lycée celui que toute les filles s'arrachées en dehors du prof de sport, mais ça c'est une autre histoire. Cela faisait plusieurs semaines qu'ils se tournaient autour mais que rien ne se faisait, elle attendait qu'il fasse le premier pas et je ne sais pas pourquoi mais je crois que lui aussi.... tellement l'habitude que les filles se jettent sur lui...

- C'est cool non ?! Hier soir il s'est enfin décidé, c'est pour ça que je ne t'ai pas appelé. On a passé la plus grande partie de la soirée à discuter au téléphone!!! C'était trop bien...Il veut qu'on aille au ciné ce week-end!! J'ai décidé de le faire un peu languir, depuis le temps que j'attendais ça il peut bien attendre une journée pour avoir ma réponse non??? ou tu crois que je devrais lui dire oui tout de suite ??? tu penses que j'ai tord pas vrai???

Elle ne me laissait pas en placé une du coup je la laissais finir son monologue....

Avec elle j'avais pris l'habitude.

- Enfin avoues quand même qu'il a fait durer le plaisirs !!! du coup moi aussi je peux jouer à ce petit jeu un peu, non??? Et puis j'ai jusqu'à samedi pour y réfléchir après tout !!!... Pourquoi tu me regarde comme ça ??? tu penses que je suis folle c'est ça vas-y avoues???

- Mais non pas du tout. Essayais-je de lui dire entre deux fous rires. Tu me fais rire c'est tous tu es trop forte à chaque fois que tu es excitée par quelque chose tu ne t'arrêtes plus de parler...

- N'importe quoi...

- ... bien sûr que si et tu le sais très bien... Maintenant je suis super contente pour toi qu'il se soit enfin décidé mais ne t'emballe pas non plus tu sais très bien comment sont ces mecs...là toujours à virevoltaient d'une fleur à l'autre....

- ...De quoi tu parles, me dit-elle surprise. -

- Arrêtes tu sais très bien de quoi je parle!!! Tu veux me faire croire que tu n'as pas remarqué que le capitaine de l'équipe de hockey sur gazon de l'école plait à toute les nunuche, fausse blonde et autre pouf de l'école. Elles sont toujours là à zyeuter son arrivée, à se remettre du gloss par moment j'ai même l'impression qu'elles vont s'évanouir.... Ce que soit dit en passant je trouve vraiment ridicule, c'est un mec après tous pas la 9ème merveille du monde.

- D'accord il est mignon et les filles sont complétement folle en le voyant mais je ne vois pas pourquoi il craquerait maintenant alors qu'il ne l'a pas fait avant??? T'es pas cool comme copine. Comment te blaser en 30s !! bougonna-t-elle.

- OK, c'est vrai je suis désolée.... Ce n'est pas cool de ma part c'est que je suis pas dans mon assiette du coup c'est toi qui prends.

- Bah, qu'est-ce qui se passe??? me demanda-t-elle compatissante.

C'est sure comparé à moi c'est vraiment une bonne copine, elle au moins elle se préoccupe de moi et zappe tout le reste dès qu'on lui dit un truc. Je suis vraiment trop nulle.

- Bah... J'en sais rien en faites...

- Comment ça tu n'en sais rien si ça ne va pas tu dois bien savoir pourquoi???

- C'est juste une drôle d'impression. Commençais-je. Ma mère m'a dit tout à l'heure qu'elle voulait me parler sans me dire de quoi et du coup ça me trotte dans la tête... Si ça se trouve je me fais des films et elle va juste vouloir parler garçon avec moi tu vois une de ces discussion mère-fille que l'on ne veut jamais avoir !!

Mary me regardait avec un de ces regards à la Sherlock Holmes. J'aurai mieux fait de me taire. - Tu le crois vraiment ? voulu-t-elle savoir. Je ne sais pas je me dis qu'en général tes impression sont souvent bonnes. C'est d'ailleurs pour ça que je te demande tout le temps ton point de vue!! Me dit-elle inquiète.

- Ah bon ?! demandais-je perplexe. Moi qui pensais que tu voulais juste penser à haute voix dans ces cas-là !!

- Arrêtes de te moquer de moi tu veux !! me dit-elle vexée. Ecoutes, moi je crois que le mieux c'est de pas trop y penser pour l'instant tu verras bien ce soir après tout ! mais tu as intérêt à me raconter toute l'histoire quand vous aurez eu cette discussion sinon je te maudirai à jamais.

C'était une de ces grande phrase « je te maudirai à jamais » j'ai bien dû l'entendre une centaine de fois depuis que je la connais. Mais je ne pouvais jamais lui résister très longtemps et là c'était un de ces moments où de toute façon je savais que je finirai par lui raconter.

- On fait comme ça !! lui promis-je donc.

- Y'a intérêt ma vieille !! allais viens c'est l'heure on va encore se faire refuser de cours si on arrive en retard.

- T'as raison allons-y !!

Nous nous dirigeâmes donc vers les salles de cours. La journée se passa bien. J'eue juste l'impression à plusieurs reprise que le temps avait décidé d'aller plus vite que d'habitude comme-ci tout devait m'amener à ce moment précis, le moment fatidique de la conversation avec ma mère. Lorsqu'enfin la fin des cours arriva Mary voulu m'accompagner jusqu'à chez moi, nous nous dîmes donc au revoir devant ma porte (heureusement, elle n'habitait pas très loin !! sa mère m'aurais tué si jamais il lui était arrivé quelque chose. Même si je me suis toujours demandé ce qui pourrait bien lui arriver !!).

Contrairement à d'habitude ma mère était déjà là, en principe elle finissait toujours le travail vers 18h.

- Ah tu es enfin là !! me dit-elle. Viens t'asseoir à côté de moi. Elle tapotait le coussin à côté d'elle nerveusement.

Elle était assise sur notre canapé vert dans le salon. Du thé et des gâteaux étaient sur la table et je remarquais qu'elle en avait prévu pour nous deux. Que ce passait-il enfin ?

- Comment ça se fait que tu sois déjà rentrée maman ? tu es malade ?

- Mais non ! Mais non, ne t'inquiètes pas pour moi j'ai pris mon après-midi c'est tout !

Je voyais bien qu'elle n'était pas comme d'habitude.

- Ma chérie, il y a deux trois choses dont nous devons parler... Je ne sais pas trop par où commencer... Bredouilla-t-elle. Voilà, comme tu le sais déjà, je suis issue d'une famille importante.

J'acquiesçais de la tête.

- Mais tu ne sais pas tout ! Je suis partie quand j'avais 20 ans pour échapper à tout ça et voilà que je me retrouve obliger de te mêler à cette histoire !!

Je voyais ses trait ce tirer au fur et à mesure qu'elle parlait mais je ne comprenais rien de ce qu'elle racontait.

- Maman de quoi tu parles qu'est-ce qu'il y a ? - Laisses-moi parler jusqu'au bout s'il te plait, tu pourras poser toutes les questions que tu veux ensuite mais pour réussir à tout te dire il faut que tu me laisses parler... me dit-elle.

Puis après en long silence elle reprit d'une voix tendu et aigu que je ne lui connaissais pas :

- ma famille... Depuis plusieurs générations maintenant... oh là là !! Que c'est dur !! Ma chérie nous sommes des sorcières...

Un silence a suivi cette phrase ma mère me regardait du coin de l'œil attendant une réaction de ma part. Elle finit par ajouter:

-.... Oui je sais tu dois me prendre pour une folle. Me dit-elle en réponse à mon sourcil interrogateur que je n'avais pas réussi à retenir. Je suis désolée de te l'annoncer comme ça. J'aurais dû te préparer à tout ça mais je n'en ai pas eu la force je pensais qu'en partant loin de Londres et en épousant ton père tout serait normal du moins aussi normal que possible. J'ai été tellement stupide... j'aurai dû savoir que ça ne se passerai pas comme je le souhaitais... - ....Mais c'est impossible... la magie ça n'existe pas voyons !! La coupais-je.

- Malheureusement si !! Ajouta-t-elle. Bien sûr certaines filles de notre famille dont moi n'avons presque aucun pouvoir mais d'autre par contre sont très puissantes et il semblerait que toi, tu fasses partie de l'une d'entre elles.

- Mais enfin maman je n'ai aucun pouvoir tu dois bien le savoir !! C'est n'importe quoi là tu te paies ma tête c'est ça ??

- Non, je suis très sérieuse. Me dit-elle énervé. Et bien que tu ne t'en rendes pas compte je peux t'assurer que tes pouvoir sont bien là... seulement comme tu n'as pas été préparé ils sont comme endormis... Depuis que ton père est mort ma famille n'arrête pas de ma harceler pour te faire venir à Londres afin que tu étudies la magie et jusqu'à présent j'ai toujours rejeté en bloque toute leur demande, seulement voilà... on va bientôt se retrouvé sans maison et ...

-... Quoi ? La coupai-je.

Là c'est trop pour moi ma mère est devenue folle ou quoi ? Tous ce qu'elle me raconte est complétement fou.

- Oh oui je sais, j'aurai du tout te dire il y a plusieurs mois déjà mais j'espérais que tout s'arrangerai... Et puis par moment je me demande si ma famille ne serait pas derrière tout ça... ils en seraient bien capable... Enfin bref ce que je veux dire c'est que nous allons devoir déménager et le seul endroit où nous pouvons aller c'est chez ma famille, mes parents vont nous accueillir dans leur demeure... Là-bas tu recevras l'éducation que j'ai toujours refusée pour toi ! Si tu savais comme je regrette toute cette histoire !!

C'est derniers mots furent dis dans un sanglot. Je n'avais encore jamais vu ma mère dans un tel état à part le jour où mon père était mort. Je ne savais pas comment le consoler, je restais donc là assise sur le canapé sans âge et attendis qu'elle se soit calmée pour lui poser toutes les questions qui me submergeaient. Nous parlâmes ainsi toute une partie de l'après-midi et je suppose, une bonne partie de la soirée, nous n'avons même pas pris le temps de dîner (heureusement que les petits gâteaux étaient là !).

Quand je décidais enfin d'aller au lit épuisée par autant d'annonce plus folle les unes que les autres. Je jetais un coup d'œil à mon téléphone, Mary avait essayé de me joindre 10 fois au moins, elle devait penser que je l'avais oublié.

Oh mon dieu qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire, jamais de la vie elle ne comprendra tout ça, je ne le comprends déjà pas moi-même!!

Tout est surréaliste, je viens d'atterrir dans la 3ème dimension ou ma mère a été transformé en robot maléfique et tente de me convaincre que je suis folle. Oui ce doit être ça il n'y a aucune autre explication logique à toute cette histoire. Tout en montant les marches qui me séparé de ma chambre, je pensais à ce que j'allais raconter à Mary, c'était la première fois depuis que je la connaissais, c'est-à-dire toute ma vie, que je ne me sentais pas le courage de lui avouer toute la vérité. J'avais l'impression étrange que mes escalier ne finissais pas ou peut-être est-ce moi qui ne désirais pas qu'elles se terminent ? Pourtant je savais très bien qu'à un moment ou à un autre il faudrait mettre des mots sur ce qu'il venait de ce passer et Mary était la seule qui serait capable de m'aider à comprendre l'imbroglio dans lequel je venais d'être transportée.

J'arrivais enfin dans ma chambre, elle me parut familière et rassurante. Je m'effondrais sur mon lit et après une grande inspiration je composai enfin le numéro de téléphone.

Après deux sonneries Mary décrocha.

- Allo ! Juliet ?! Alors ? J'ai essayé de t'appeler au moins dix fois!! pourquoi tu n'as pas décroché ?? Qu'est-ce que ta mère voulait te dire ?? Allo ?? Allo ??...

- ...Oui, je suis là... commençais-je prise de nausée, ça aller être vraiment difficile. Bah elle voulait me parler de ma famille tu sais celle qui vit à Londres ?!

- Ah bah ça va ! Elle voulait te dire quoi sur elle, tu sais enfin pourquoi tu ne les vois jamais ?

- Ouaison peut dire ça comme ça... enfin je veux dire... ça va bientôt changer...

-...Pourquoi ça ? Ils viennent vous voir ?

- Non pas vraiment non ! Ecoutes... Voilà... je... Je sentais les larmes que j'avais retenues depuis des heures poindre au coin de mes yeux mais il fallait que j'arrive à tout raconter sinon je n'arriverai jamais à le faire....Je pars vivre là-bas ! lâchais-je.

- Quoi ?! C'est une blague c'est ça ? Tu te paies ma tête parce que tu veux pas me dire de quoi vous avez parlé !

- Je préférerai je t'assure mais non. Dis-je d'une petite voix, je sentais qu'elle allait bientôt complétement disparaître. Il semble que nous allons perdre la maison et du coup nous allons aller vivre chez mes grands-parents à Londres!

Ça y est, je ne pouvais plus arrêter les larmes. Je les sentais chaudes et abondantes sur mes joues, bientôt j'en étais sûre je ne pourrais plus dire un mot.

- Je veux pas y aller... Arrivais-je encore à dire dans un reniflement spectaculaire. Ma vie elle est ici !

- Je te comprends ! me dit-elle compatissante. J'entendais dans sa voix qu'elle aussi n'allait pas tarder à fondre en larmes. On serait bien tiens deux pleurnicheuse incapable d'aligner deux mots le téléphone à l'oreille.

Elle prit une grande respiration comme pour ce donner une contenance et poursuivi :

- Ecoutes ça ne devrait pas être si terrible... tu vas aller vivre à Londres!! LA ville du shopping et des théâtres. Fini le mall minuscule ou on ne trouve jamais rien !! c'est une nouvelle aventure...

- Oui mais, mes amies sont ici et franchement il n'y a rien de cool à faire les magasins toute seule !!

- Arrêtes je te connais tu vas te faire des amies là-bas aussi même si pour le moment tu ne le penses pas. Tu es une fille super tout le monde voudra faire ta connaissance, j'en suis persuadée.

- Arff ! une pauv'fille de la campagne voilà ce qu'ils verront en moi et qui vit avec sa mère chez ses grands-parents, une looser quoi !?

- Bah je n'y crois pas une seconde... Tu m'as bien dit que ta famille était riche non ? des aristocrates je crois ! Donc je ne vois pas pourquoi ils te verraient comme une perdante. Tu vas tous les éblouir avec ton charisme et ta perspicacité.

Si seulement elle savait à quel point ma perspicacité m'avait fait défaut, elle ne serait pas aussi catégorique.

- Vous partez quand ? Me demanda-t-elle.

- Dans deux semaines !! hurlais-je. Mes nerfs me lâchaient.

- Quoi ? Deux semaines mais c'est pas possible aussi vite ! me répondit-elle désespéré.

- Tu comprends pourquoi je suis énervée et dépitée ! lâchais-je enfin.

Nous continuâmes ainsi à déblatérer pendant une bonne partie de la nuit. On raccrocha aux alentours de 2h du matin, le réveil allait faire mal.

Au matin, j'entendis doucement frapper à ma porte.

- Juliet ? il faut que tu te lèves, tu vas être en retard ma chérie !

Ma mère bien sûr, en regardant mon réveil je m'aperçus qu'il était déjà 7h45 mais bizarrement je ne voulais pas quitter mon lit. Cette espace m'était personnel, rassurant ici j'étais toujours la même cette jeune fille normale avec une famille normale et une vie normale. Me lever signifiait, accepter la réalité, reconnaître que la discussion que j'avais eu la veille avec ma mère n'était pas un rêve et que bientôt je devrais dire en revoir à tout ce qui avait fait ma vie jusqu'à présent. Non je m'y refusais. Tout cela ne pouvait être vrai, ne devait pas être vrai. J'avais dû faire un cauchemar et ma mère me réveillait ce matin du jeudi, j'allais retrouver Mary et les autres au lycée et une journée parfaitement ordinaire allait arrivée.

- Aller ma chérie, on est vendredi aujourd'hui demain tu pourras dormir autant que tu le souhaites mais aujourd'hui tu as école !!

Fût la réponse de ma mère, le dernier espoir s'éteignait avec cette phrase.

Pourquoi ? Pourquoi tout cela m'arrivait à moi.

- C'est bon... bougonnais-je dans mon oreiller. Je me lève, laisse-moi maintenant !

Je filais donc directement sous ma douche sans croisée ma mère (dieu merci !). J'y restais plus que d'accoutumé. La chaleur de l'eau me permit de reprendre contenance afin de pouvoir aller au lycée comme-ci de rien était. Je ne passais même pas par la cuisine et fis un bref au revoir à ma mère de la porte d'entrée.

- A ce soir ma ché... Entendais-je en retour mais je ne la laissais pas terminer sa phrase que j'avais déjà refermé la porte derrière moi.

Je lui en voulais de m'avoir menti, de ne pas m'avoir avoué plus tôt ses intention et qui nous étions vraiment. Si seulement j'avais su ! Si seulement j'avais eu plus de temps pour me faire à l'idée ou bien je ne sais pas moi si on était parti bien avant à Londres, je n'aurais pas eu autant de mal à dire au revoir à tout ce qui faisait ma vie depuis 16 ans....

Chapitre 3 2 Londres

On arriva le samedi à Londres.

La pluie du nord nous avait quitté depuis quelques heures et le soleil faisait quelques apparitions timides à travers l'épais brouillard londonien.

Un chauffeur nous attendait à l'aéroport London Heathrow ; lors de mes recherches sur internet j'avais vu qu'il restait un peu plus d'une heure en voiture pour arriver chez mes grands-parents dans le quartier de Covent-Garden. Ils habitaient, pas loin du Royal Opera House, sur Russel street. Quelques rues plus loin nous pouvions trouver le Buckingham Palace, ma mère m'avait raconté un jour qu'ils étaient proches de la famille royale mais je doutais fort de les rencontrer un jour.

Depuis deux jours, je savais qu'ils m'avaient déjà inscrite dans une de ces nombreuses écoles privées hors de prix qui porte le nom d'un saint, mais je ne saurais pas vous dire le nom. J'étais juste sûre d'une chose, que j'allais porter un horrible uniforme et j'aurai le droit à ses cours de religion ce qui soit dit en passant ne me branché vraiment pas.

Depuis que ma mère m'avait annoncé la nouvelle, nous nous étions disputées des dizaines de fois. Je lui en voulais beaucoup de m'avoir caché la vérité et de ne pas m'avoir annoncé plus tôt sa décision de déménager à l'autre bout du pays.

Le chauffeur se présenta à moi, il s'appelait Mr Anderson et travaillait pour notre famille depuis bientôt 40 ans. Ma mère devait donc le connaitre depuis l'enfance mais ne parut pas très enjouée en le voyant.

- Mrs Phillips !! Quelle plaisir de vous revoir depuis le temps que vous n'êtes pas venu ! lui dit-il.

- Merci Mr Anderson, ça fait plaisir également même si les circonstances ne sont pas très plaisantes ! répondit-elle.

- C'est un mal pour un bien. Mrs votre mère est ravie que vous acceptiez enfin de venir vivre ici depuis le temps qu'elle vous en faisait la demande. Ajouta-t-il.

- Et moi la dedans j'ai le droit d'être déçu de tout quitter ! Et encore déçu est un euphémisme ! je suis dingue d'être ici !! je voulais rester à Carlisle. J'étais bien là-bas ! m'emportais-je contre ma mère. Mais bien sûr tu t'en fou n'est-ce pas ?

- Arrêtes tout de suite Juliet, tu ne vas pas remettre ça ! Encore moins devant Mr Anderson. Vraiment je suis navré que vous assistiez à ça... les joies de l'adolescence !

Ma mère avait ainsi clos à nouveau le débat. Je n'arriverai jamais à dire tous ce que je pense et je sentais bien ma rancœur s'accumuler.

- Il n'y a pas de mal Mrs ! Miss, laissez-moi prendre vos affaires. Elles doivent être lourdes. La voiture est juste là ! Ne tardons pas, je me suis garé au dépose minute.

J'acceptai son offre et lui tendis mes affaires. Nous prîmes ensuite la direction de la sortie. En regardant vers ma mère du coin de l'œil je vis qu'elle aussi était énervée par notre dispute avorté. Deux grosses tâches rouges étaient apparues sur son visage, je sentais bien que dès que nous serions seules j'aurai le droit au sermon du siècle.

Après avoir mis toutes les affaires dans le coffre (je cherche encore à comprendre comment tout est rentré !), nous nous installâmes ma mère et moi à l'arrière tandis que Mr Anderson prenait place côté conducteur. La voiture était immense et une vitre séparé le conducteur des passager, jamais encore je n'avais mis un pied dans une telle voiture et je fus tellement impressionné que j'en oubliais presque mon énervement. J'ai bien dis presque puisque ma mère eu tôt fait de me le rappeler immédiatement.

- Il faut qu'on aborde deux ou trois points avant d'arrivées chez mes parents, jeune fille. Commença-t-elle. Il y a des règles bien spécifique en présence de mes parents que tu vas devoir apprendre à respecter.

- Tiens quoi d'autre maintenant tu sais tu devrais tout balancer d'un coup ça nous économiserait quelque cri tu ne crois pas ? Ironisais-je sur la défensive.

- Tiens ça par exemple, cette manière de me parler tu oublis suis-je claire ? N'oublies surtout pas que nous sommes dans une famille très riche et très ancienne ou le respect et très important et je ne voudrais pas que tu te fasses avoir, mes parents peuvent s'avérer très sévère sur ce point. De plus au sujet de Mr Anderson il est le majordome de la famille, il n'a pas à assister au esclandre qui peuvent avoir lieu entre membre de notre famille. Il va falloir apprendre à te contrôler et à garder tes sentiments pour toi! même si je sais d'avance que ma très chère mère saura tout de suite que quelque chose ne va pas. Il faut que tu apprennes à faire semblant. C'est un des trait de la famille tu devrais y arriver facilement...

Je sentais au fur et à mesure de ces paroles la rancœur que ma mère éprouvait pour sa famille. Je ne comprenais cependant pas pourquoi. Nous passâmes le reste de la route, l'une à côté de l'autre sans nous regarder. Je sentais bien que comme moi, ma mère avait encore beaucoup à dire mais elle les garda pour elle.

Depuis deux semaines maintenant c'était comme ça. Elle commençait une discussion, pour m'expliquer des choses sur notre famille mais n'arrivait jamais à finir. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi mais j'ai eu la sensation à plusieurs reprise que ma mère avait peur ! Mais peur de quoi je l'ignorais. Je n'aimais pas voir ma mère comme ça et bien que je lui en veuille énormément, elle me faisait de la peine. Grâce à toutes nos conversations, j'avais fini par comprendre que toutes les filles de notre famille et certains hommes mais de façon si minime que s'en était ridicule, selon elle, était de la lignée des sorcières, certaines (comme moi apparemment !) posséderaient des pouvoirs magiques puissants d'autre par contre (comme ma mère !) ne feraient que transmettre de génération en génération les pouvoirs qui coulent dans leurs veines.

Je mettais alors demandé comment on pouvait déterminer une puissante, d'une mère porteuse (faut être honnête elles ne servent qu'à ça si j'ai bien tous compris, non ?) ? Elle m'avait alors parlé des signes astrologiques qui détermineraient notre place dans la lignée pour ensuite changer de sujet en me disant que ma grand-mère m'expliquerait beaucoup mieux qu'elle toute cette histoire d'héritage....

Nous arrivâmes enfin devant la demeure de mes grands-parents, il s'agissait d'une immense maison de maitre qui devait dater du XIXème siècle au bas mot.

J'y étais déjà venu mais comme à chaque fois, je me sentais vraiment ridicule à côté.

On aurait pu mettre deux ou trois fois la maison que nous possédions à Carlisle et je me demandais toujours comment mes grands-parents faisaient pour ne pas se perdre.

La porte d'entrée était gigantesque à double battant, en bois brut ciselé. Une arche en pierre l'entouré avec deux magnifiques colonnes de chaque côté. Pour rentrer il fallait grimper deux trois marche.

Mr Anderson nous précéda dans l'entrée.

Nous arrivâmes dans l'entrée carrelé de large carreau de marbre blanc, en les voyant je me demandais toujours comment était fait le ménage ici. L'espace était circulaire avec quatre porte en face de nous, je savais que l'une d'entre elle menait au petit salon, qui a lui seul faisait déjà tout le rez de chaussé chez nous.

Lorsque j'étais venu plus jeune j'y avais passé une grande partie de mes vacances à écouter les histoires que me racontait grand-mère.

Une autre porte menait au cabinet privé de mon grand-père mais j'avais toujours eu interdiction d'y mettre les pieds.

La troisième donnait sur la salle de réception, c'était une immense salle à manger avec une table en bois sculptée, et des lustres en cristal magnifique, pouvant accueillir au moins 20 convives mais jusqu'à présent je n'y avais jamais vu personne.

La quatrième porte était généralement fermée à clé. Il s'agissait de la bibliothèque privée de la famille et j'avais toujours imaginé une pièce de 8m de haut avec des livres partout d'une valeur inestimable. Peut-être qu'enfin j'aurai le droit d'y jeter un coup d'œil.

- votre mère vous attend dans la salle de musique à l'étage Mrs. Je vais amener vos bagages dans vos chambres. Nous annonça Mr Anderson.

- Très bien merci. Nous y allons tout de suite. Lui répondis ma mère. Tu viens Juliet je pense que ma mère t'attend avec impatience.

Nous montâmes donc au premier étage et je suivis ma mère jusqu'à une pièce ou je n'étais jamais rentrée.

Quand j'étais venu la dernière fois je devais avoir 6ans tout au plus et cette grande maison me faisait très peur je n'avais donc jamais osé visiter seule toutes ces pièces. Mais maintenant je savais que je pourrais le faire tout à loisir. La pièce dans laquelle nous entrâmes était spacieuse et très claire grâce au Bay Windows qui s'étalé le long du mur donnant sur la rue. Un magnifique piano était ouvert juste à côté des fenêtres et je me demandais qui savait jouer dans la famille?

A côté du piano on pouvait également voir un pupitre sur lequel était posée une partition. Ma grand-mère était installée sur un canapé style victorien rouge et or.

A notre entrée, elle se leva. Elle se tenait droite comme un I et je remarquais alors ses magnifique cheveux gris épais attaché en tresse compliqué dans dos qui lui descendais jusque dans le bas des reins.

Ses yeux avait quelque chose de particulier, se fut au bout de quelque seconde que je compris pourquoi, ils étaient violet, un beau violet lilas. Quand son regard se posa sur moi j'eus la sensation d'être passé au rayon X. Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle nous invita à nous asseoir avec elle.

- Bonjour mère. Commença ma mère. Comment vas-tu ?

- Très bien ma chère Salomé surtout depuis que vous êtes là.

Elle se tourna vers moi et poursuivi :

- Ma chère enfant si tu savais depuis combien de temps nous essayons de convaincre ta mère de venir vivre ici. Elle n'a pas été facile à convaincre, aller savoir pourquoi. Mais enfin vous êtes là ! tu dois avoir beaucoup de questions et je pense avoir les réponses mais il faut bien que tu comprennes que je ne pourrais pas tout te dire tout de suite....Mon dieu quel retard son ton apprentissage nous avons !

J'étais vraiment très mal à l'aise. Son ton bien que compatissant avais quelque chose de sévère et je me doutais qu'elle n'était pas prête à entendre quelque contradictions que ce soit. Je restais donc là à l'observer sans piper mot.

- Eh bien tu n'es pas très bavarde. Tu n'as rien à dire même pas un petit bonjour ce qui soit dit en passant serait la moindre des politesses. Me reprocha-t-elle.

- Euh pardon... Oui... bonjour... c'est juste que je ne comprends toujours pas pourquoi je suis obligé de venir vivre ici ! bégayais-je tendu.

- Ta mère t'as bien expliqué n'est-ce pas ? Salomé tu lui as dit j'imagine pourquoi vous deviez revenir auprès de nous ?

- Oui mère... Mais c'est une jeune fille et pour elle c'est beaucoup d'information d'un coup. Je pense que je ne m'y suis pas prise de la bonne manière. Répondis ma mère.

- Ça ma chère c'est évident. S'énerva ma grand-mère. Juliet tu as bien du comprendre que nous ne sommes pas tout à fait comme la plupart des familles et de ce fait nous essayons au maximum de rester proche les uns des autres ce que ta mère a essayé de faire en partant à l'autre bout du pays c'est justement l'inverse mais il se trouve qu'elle a échoué en te mettant au monde....

- ....Que voulez-vous dire. La coupais-je.

- Et bien tu es l'une des plus puissantes sorcières de la famille et ça je suis sûre que ta mère ne l'avait pas prévu en épousant ce roturier de basse ligné.

- Je ne vous permets pas de parler de mon père comme ça. M'énervais-je. Mon père était un homme bien et gentil jamais il ne se serait permit de parler de vous de la sorte je ne vois pas pourquoi vous vous permettez de le faire.

- Il va falloir établir quelque règles dès à présent jeune fille... plus jamais tu te permets de me répondre de la sorte... Ton père pouvait être aussi gentil et bon que tu le veux il n'empêche qu'il n'aurait jamais dû appartenir à notre famille. S'emporta-t-elle. Salomé je suis vraiment déçu qu'as-tu appris à cette jeune fille pour qu'elle se permette de me répondre ainsi !

- Mère voyons ! Tu parles de son père il faut bien s'attendre à ce que sa réaction soit forte. Quoi que tu penses de Hank il a aimé et élevé sa fille pendant les 11 premières années de sa vie et je te demanderai s'il te plait de ne plus parler de lui comme ça devant elle.

- Fort bien, fort bien ! comme il vous plaira à toute les deux mais je refuse catégoriquement qu'on me manque de respect dans ma maison suis-je assez clair ?

- Oui grand-mère... La moutarde me montait au nez c'est elle qui insulte mon père et c'est moi qui lui manque de respect et elle le respect pour mon père c'est trop demandait....

- Ton père est parti tôt ce matin pour organiser les derniers préparatifs. Je vais vous laisser vous installer dans vos appartements. Ce soir nous mangerons tous ensemble à 7h tapante je n'accepterai aucun retard c'est bien compris ? - Oui mère, nous serons là à l'heure comme toujours. Nous serons que tous les quatre ?

- Bien sûr que non ! tes sœurs seront là aussi, elles meurent d'envie de voir ta fille ce qui se comprend.

- Oh vraiment ?! Selena et Sabira seront là quelle joie de les revoir !

Je sentais au son de sa voix, que ma mère ne pensait pas un traitre mot de ce qu'elle venait de dire.

Je n'avais encore jamais rencontré mes tantes et ma mère ne m'en avait quasiment jamais parlé mais le peu de fois où elle l'avait fait, elle n'avait pas été très tendre.

Je me demandais bien ce que ce dîner aller donner.

Nos appartements comme l'avait si bien dit ma grand-mère ce situé au deuxième étage de la maison. Nous disposions semble-t-il de tous l'étage. Il était constitué de quatre chambres ,toutes plus grandes les unes que les autres, et de deux salles de bain. Il y avait également au milieu un espace très cosy ou ma mère et moi pouvions nous installer devant une petite télé ou bien lire tranquillement dans un canapé qui semblait fort confortable.

- Tout cet espace est pour nous ? demandais-je impressionnée.

- Et oui mes parents ne font pas les choses à moitié comme tu peux le constater. Nous sommes les seules avec eux et le majordome à vivre ici du coup nous disposons tous plus ou moins d'un étage.

- Mais c'est de la folie ! pourquoi restent-ils dans une maison aussi grande alors qu'ils ne sont plus que deux ? je veux dire... ils ne seraient pas mieux dans un petite appartement en centre-ville surtout vu leur âge avec toutes ces marches ils doivent se fatiguer ?

- Ah si seulement !! me répondit-elle. Cette demeure appartient à notre famille depuis des siècles maintenant et nous ne pouvons la vendre sous aucun prétexte. Elle passe de génération en génération. En principe cette maison te reviendra à la mort de mes parents ma chérie.

- A moi ? Mais pourquoi ? Enfin je veux dire qu'il y a toi et tes sœurs avant, non ? demandais-je surprise.

- Normalement oui c'est comme ça que ça marche mais dans la famille la maison revient à la plus puissante d'entre nous et aujourd'hui c'est toi ! me dit-elle.

Je sentais alors le poids du monde sur mes épaules et je vis dans le regard de ma mère toute la tristesse qu'elle éprouvait. La colère de ces dernières semaines ne m'avait pas permis de le voir jusqu'à maintenant.

- Maman je suis désolée ! lançais-je.

- Désolée mais pourquoi ma chérie, tout est de ma faute... commença-t-elle.

- Non, depuis que tu m'as dit que nous venions ici j'ai été exécrable et j'en suis désolée, j'aurai dû voir que pour toi aussi c'était dur !

Des larmes c'était mises à couler sur mes joues sans que je ne m'en aperçoive.

- Oh ! Ma chérie ne pleure pas. Me dit ma mère en me serrant dans ses bras. Tu n'y es pour rien. J'ai toujours retardé le moment où il faudrait qu'on ait une conversation sur ma famille ! Ton père le savait, il n'a pas arrêté de me répéter que je devrais te le dire le plus tôt possible et je n'ai pas voulu l'écouter. Maintenant qu'il n'est plus là, il doit m'en vouloir de ne pas l'avoir fait.

- Papa savait ? demandais-je entre deux sanglots.

- Bien sûr ! nous nous sommes rencontré ici à Londres à l'époque nous étions tous deux étudiants. Quand j'ai su que j'étais enceinte nous nous sommes enfuis le plus loin possible de ma famille mais il a toujours voulu que je garde un contact, il disait que ce n'était pas bien de vouloir les éviter et que cela leur donnerait encore plus de pouvoir sur nous ! Il avait raison évidemment mais je ne voulais pas l'accepter. Il y a tellement de choses que je devrais te dire mais j'ai beau y réfléchir depuis des mois je ne sais toujours pas par où commencer. Du coup nous voici ici ! complétement démunis.

Elle fit une pause et alla s'installer sur le canapé du salon. Son regard se posa ensuite sur moi je vis alors pour la première fois un sourire se former au coin de ses lèvres.

- Tu sais ma chérie, pour ton père et moi, tu as toujours été notre plus belle réussite. Lorsque tu es venue au monde, nous venions tout juste d'emménager à Carlisle. Nous étions d'abord passés chez ton grand-père pendant quelques mois mais plus la grossesse avançait plus nous savions qu'il faudrait trouver un endroit sûre pour t'élever le plus normalement possible. ton grand-père a alors proposait à ton père du boulot à Carlisle et bien que ce ne soit pas son rêve il accepta de travailler pour la ville afin de subvenir au besoin de la famille. Tu sais ton père a toujours rêvé d'enseigner et si nous n'avions pas dû partir aussi précipitamment de Londres, il aurait fait un excellent professeur de droit.

- Du droit ?! Vraiment, pourquoi ne me l'a-t-il jamais dit ?

- Il pensait que je devrais d'abord t'expliquer pourquoi nous avions dû fuir. Me répondit-elle. - Ah ! Et pourquoi aviez-vous dû fuir alors ? demandais-je.

- Comme tu le sais maintenant, nous sommes des sorcières. Ma mère est l'une des plus puissantes de la confrérie mais nous ses filles ne sommes qu'un maillon de la chaîne comme elle aime à nous le dire depuis que nous sommes enfants mes sœurs et moi. Nous avons tout de même été élevées dans les croyances et les pratiques de mes parents. Mais contrairement à ma mère ou à toi bientôt, nous ne sommes pas adeptes !

Quoi ? Adepte, c'était nouveau ça encore !

- Nous ne pratiquons pas la magie. Et n'assistions jamais au grand sabbat ! nous avions juste appris l'histoire de notre famille et l'importance de perpétuer la tradition ancestrale. Mes sœurs, ont toujours compris bien mieux que moi toutes ces histoires. Moi, je n'ai jamais voulu accepter tout ça. J'ai longtemps pensé que ma mère ce servait de des croyances familiale pour asseoir son autorité sur nous et choisir à notre place la vie que nous devions mener.

- J'aurai cru la même chose, après tout c'est quand même fou cette histoire ! Je n'arrive toujours à y croire et je crois bien que je ne le croirais que quand je le verrais tu vois ? Lui dis-je compréhensive.

- Alors que mes sœurs étaient déjà mariées. Moi je poursuivais mes études j'avais alors 20ans et je rêvais de découvrir le monde. Voyager, rencontrer des nouvelles personnes, des personnes étrangères à toute cette histoire. C'est là que j'ai rencontré ton père. Mon dieu qu'il était beau ! dit-elle en rougissant. Au premier regard nous nous sommes plu je crois. Seulement pour ma famille il était hors de question que je m'entiche d'un étudiant sans le sou comme lui. Ils ont alors tout fait pour que je le quitte et au bout de deux ans, je me suis aperçue que j'étais enceinte. Il y a eu une grosse dispute avec ma mère et je me suis enfuie de la maison pour ne jamais revenir jusqu'à maintenant.

- Tu veux dire que tu es partie à cause de moi ? - Je dirais plutôt grâce à toi ma chérie, quand j'ai su que j'étais enceinte je n'ai pas voulu qu'ils le sachent, ils ne l'auraient jamais accepté. Et je ne voulais pas qu'on te fasse de mal alors je suis partie avec ton père.

- Mais je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui ils font des pieds et des mains pour que nous revenions ici ?

- A cause d'une prophétie. J'ai essayé de leur caché ta vrai date de naissance mais ils ont appris il y a quelques années la vérité et à la mort de ton père ils ont tout fait pour que nous venions ici.

Une prophétie tout devenais de plus en plus bizarre. Des milliers de questions me venaient en tête mais je ne savais pas par où commencer. Et pourquoi ma date de naissance était-elle aussi importante. Pour une fois que ma mère était décidé à répondre à mes questions je ne savais pas laquelle poser.

- Maman quelle prophétie ? osais-je enfin demander.

- Ah lala !! je ne suis vraiment pas la plus aux clairs pour répondre à cette question. Je n'ai jamais réussi à retenir toutes ces histoires. Si ma mémoire est bonne il existe des prophéties en rapport avec le signe astrologique de chaque sorcière et sorcier. A chaque génération ou presque nait un enfant, dans notre famille il s'agit d'une fille mais chez les McDermott il s'agit d'un garçon, leurs signes astrologiques vont ensemble et ainsi ils sont encore plus forts.

Plus ma mère m'expliquait et moins je comprenais. Je devais vraiment avoir un problème ! et puis qui était cette famille McDermott, elle ne m'en avait encore jamais parlé. Je sentais mon cerveau sur le point d'exploser. Il fallait que je réfléchisse à tout ça.

- Excuse-moi maman mais je vais aller dans ma chambre maintenant. J'ai besoin de me reposer trop d'émotion pour ma petite tête aujourd'hui. Si je veux être à l'heure au dîner il vaut mieux qu'on en reste là pour l'instant. Lançais-je.

- Bien sûr je te comprends ça fait un peu trop d'information et de changement pour toi je suis encore une fois vraiment désolée que tu es à subir tout ça ! me répondit-elle d'une petite voix.

- Ne t'inquiètes pas maman je vais bien OK ? c'est juste qu'avec le voyage et tout j'ai vraiment besoin de me poser un peu. Et je vais en profiter pour ranger mes affaires d'accord ? dis-je d'une voix rassurante.

- D'accord tu as raison à tout à l'heure ma chérie repose-toi bien. Je viendrai te chercher quand il sera l'heure.

Je pris donc le chemin de ce qui serait dorénavant ma chambre. En entrant je remarquais un uniforme posé sur mon lit. Il était composé de quatre pièces, une chemise blanche simple, une cravate à motif écossais bleu foncée avec des traits vert et rouge, une veste bleu foncée également avec le macaron du lycée dessus je pu alors lire St Ann college. Et pour finir une jupe du même motif que ma cravate, elle m'arrivait à hauteur de genoux. Intérieurement je me disais qu'il y avait pire comme uniforme...

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