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Red temptation

Red temptation

Auteur:: LENEY
Genre: Jeunesse
Il était l'amour 💕 de ma vie. On s'était promis bonheur et malheur. Il était tout pour moi. Red temptation

Chapitre 1 01

Red Temptation

Chapitre 1 : L'élément perturbateur

*Nicanor *

« Mesdames, Messieurs, en vue de notre proche atterrissage nous vous invitons à regagner vos sièges et à attacher votre ceinture. Assurer vous que vos bagages à mains sont situés sous le siège devant vous ou dans les coffres à bagages.... »

Annonçait l'hôtesse.

Et merdeeee, j'étais tellement occupée à dormir que j'ai complètement oublié que je me trouvais dans un putain d'avion direction Cotonou.

Peut-être que le confort de la première classe y est pour quelque chose ? Pensai-je en me servant une nouvelle coupe de champagne sous le regard interrogateur de l'homme assis à quelques mètres de moi.

Bah quoi ? Je bosse comme une dingue et je n'ai pas le droit de profiter de mon fric ? Pensai-je en le toisant

J'ai envie de lui dire haut et fort ce que je pense mais j'ai plus important à penser comme ma probable rencontre avec sa majesté mon père et mes chères sœurs.

Je ferme les yeux, soupire bruyamment puis inonde mon esprit d'images plus intéressantes comme les soirées de folies que j'organiserai.

Je repense à ma dernière soirée dans ce bled, il y a deux ans

Perles, champagnes hors de prix et toute la jetset ouest-africaine juste pour MA soirée...

Ouais, je suis une putain de bonne organisatrice de soirée. Non, mieux, JE suis la meilleure.

Quand je me décide enfin à ouvrir les yeux, c'est pour constater qu'on est déjà à Cadjèhoun ce qui signifie atterrissage imminent.

Pendant que l'avion amorce sa descente, une idée de folie germe dans mon esprit : organiser une soirée de dingue ce soir.

C'est décidé, je le ferai.

***

-Ouloulouuu la plus belle femme du Bénin est de retour. Entendis-je une fois dans la cour de l'aéroport international Cardinal Bernardin Gantin.

Je souris avant de me déhancher à la façon d'une reine de beauté en disant :

-Et comment !

-Le teint qui tue. Dit-elle en me détaillant de la tête au pied

Je tourne sur moi-mĂŞme Ă  cette affirmation :

-Yeaah.

-Les boobinous qui les rendent fous. Ajouta-t-elle en touchant sa poitrine

Je l'imite tandis qu'elle se donne une petite tape sur les fesses en disant :

-La boule qui fait rĂŞver.

-Yeaaah.

-Et la classe qu'il faut : Nicanor Adjibi ! Conclut-elle

-Elle-même. Dis-je en relevant fièrement la tête

Nous rions ensemble avant de nous étreindre nous foutant royalement des regards autour de nous.

-S'il y a bien une chose qui m'a manqué dans cette ville, c'est toi ma belle. Comment va ma Mélissa ?

-Pas aussi bien que toi !

Je fronce les sourcils et elle se dépêche de préciser :

-Je vais bien ma belle. Ne t'inquiète pas.

-Le mari ? Le travail ? Les mômes ? Demandai-je en masquant tout signe de dégoût

Elle soupire avant de répondre en haussant les épaules :

-Comme d'hab'.

Ah, c'est si triste tout ça. Heureusement, que je suis libre comme l'air et que ma vie se résume à voyager, m'amuser, faire la fête et profiter de l'argent que je me fais en organisant des soirées et en vendant mes services dans les boîtes de nuit et l'évènementiel.

-Je sais ce qui va te sortir de ta putain de routine. Dis-je, un sourire malicieux sur les lèvres

-Nicanor, ne me dis pas que tu planifies encore de m'entrainer sur un routeur jusqu'à Lomé ! Ou de m'inviter à une séance de boxe ! Dit-elle en reculant de trois pas et en écarquillant les yeux, la respiration hachée

Oui, je suis le genre de connasse qui aime vivre Ă  cent Ă  l'heure et qui ADORE les sensations fortes et tout ce qui n'entre pas dans le moule social.

Je fixe longuement la petite femme claire, mince, sagement enveloppé d'un tailleur strict qui s'accorde avec ses petits talons noirs, sa perruque nattée et ses grandes lunettes qui se tient en face de moi avant de mentalement me mirer : noire, des putains de grosses cuisses bien dévoilées dans ma tenue ultra courte qui met également en valeur les autres parties XXL de mon corps à savoir mes fesses et mes seins, des talons haut, vraiment hauts et mon inséparable coupe courte. A nous voir, on dirait vraiment deux mondes à part...

-Nica ? Nicanor tu es là ? Dit Mélissa

-Oh oui. Que disais-je déjà ? Demandai-je en coupant court à mes pensées

-Ta nouvelle idée de malade. Dit-elle, limite effrayée

-Ah oui ! Figure-toi que pendant que l'avion atterrissait, j'ai eu l'idée d'organiser une soirée pour aujourd'hui et tu vas m'aider. Tu es d'ailleurs la première invitée.

-Nicanor, ça va ? Dit-elle en prenant l'unique valise que j'avais ramené de Cape Town.

En marchant, je réponds :

-Oui, pourquoi ?

-Primo, pour rappel, je suis mariée et j'ai deux enfants. Je doute fort que Xavier Ouorou me laisse aller à une soirée avec plein, plein, plein d'alcool et de personnes à peine vêtues quand nos enfants ont école demain et que je dois « remplir » mon devoir conjugal. Deusio, Mlle après un tel voyage, vous devriez penser à vous reposer, à vous détendre plutôt qu'à faire la fête. Tercio et le plus important, je crois que tu dois voir ton père ainsi que Sandra, Valentina et Nolwenn, tes beaux-frères et ta demi-douzaine de neveux.

Je soupire avant de dire :

-Ouuuuuuuu j'appelle un ami, je réserve une suite et toi, tu m'aides à préparer ma soirée. Tu n'es pas obligée d'y assister Mel. Ouais, on va faire ça.

-Mais Nicanor...

-Allez, bouge tes fesses ma petite. Ce sera fun en plus Dis-je en sortant mon portable et en cherchant le numéro du directeur adjoint d'Azalai Hôtel

Elle protestait encore mais je l'entrainai Ă  ma suite l'obligeant Ă  me devancer pour me conduire Ă  sa voiture.

Règle n°2 : Le Non n'existe pas dans mon dictionnaire. J'obtiens toujours ce que je veux.

***

*16h plus tard, Route d'Erevan*

-Mlle Adjibi, les invités commencent par arriver. Me dit l'une des hôtesses engagées spécialement pour cette soirée

-Vous pouvez commencer Ă  distribuer les paquets cadeaux. Les bloggeuses et web-magasines sont-ils lĂ  ? Mes escortes sont prĂŞtes ?

-Oui Mlle. Répondit-elle avant de s'éclipser

J'inspire un bon coup avant de me diriger vers la vaste salle de bains de la chambre dans laquelle je me trouve.

Je retire rapidement mon peignoir et m'installe dans le bain spécialement concocté pour moi.

Les masseuses commencent par me masser la tête déliant progressivement tous les nœuds qui me donnaient la migraine ces derniers jours. Je me vois déjà à Bali quand l'une des filles qui me massent les pieds me ramène ici, dans cette villa cotonoise :

-Mlle, vous avez un appel. Dit-elle comme si elle avait trouvé le moyen d'aller sur la lune sans fusée

-Et ? Dis-je ennuyée

-ça m'a l'air d'être important. C'est le troisième. Insista-t-elle

-Et ? JE suis la seule à définir ce qui est important cocotte.

-C'est marqué : « Sa Majesté Papa »

Dès qu'elle sort ces mots, je me redresse

, prise de panique avant de me rallonger : Non, ce n'est rien. Comme toujours.

***

Il est 3 heures du matin : l'heure de mettre du piment dans la sauce. Je rajoute une couche de rouge sur mes lèvres et c'est parti.

Les hommes engagés pour l'occasion, vêtus de draps et le visage à moitié couvert de masques argentés se disposent en deux rangées. Ils sont 6 au total. Six hommes forts et virils.

-Allons-y messieurs. Ordonnai-je

Ils me portent à la façon d'une reine jusqu'à la piscine où la fête bat son plein : C'est comme je l'ai planifié.

Pas une seconde de loupée : juste au moment où le DJ dit « Nicanor Adjibi », je défile devant ce beau monde dans ma petite robe blanche aux côtés de deux de mes escortes. Le premier chanteur de la soirée entame une chanson dédiée aux belles femmes africaines puis vient prendre ma main pour quelques pas de danses sous les cris du public.

La chanson achevée, je lance officiellement la cérémonie en allant saluer les invités.

Tout est parfait : le jacuzzi de champagne, les plumes blanches, les invités minutieusement choisis, les chanteurs, les danseuses, la barre de lap dance, la musique, les mets concoctés par les meilleurs chefs de la ville...

-Nicanor !

Je fais volte-face pour tomber sur un homme clair, élancé, musclé à souhait, tatoué et qui me sourit de toutes ses dents sous les regards envieux des femmes célibataires et en couple :

-Mario. Répondis-je platement en relevant bien la tête

-Tu te bonifie au fil du temps. Dit-il en me lançant un regard aguicheur

De la même façon mais sur un ton suffisant, je réplique :

-Comme le bon vin. Je suis un excellent vin. Le meilleur en fait.

-Bien sûr. Le genre de vin que seul un expert peut déguster. Dit-il en me reluquant

-Tout Ă  fait.

-On danse ? Dit-il en me proposant sa main

Je fixe sa main pendant cinq bonnes minutes, consciente des regards avant de répondre :

-Non.

Il se rapproche de moi et me susurre Ă  l'oreille en entourant ma taille de ses longs bras :

-Je ne mords pas Nicanor. Danse avec moi.

Retirant délicatement ses mains, je me rapproche de ses lèvres et réitère mon « Non ».

-Danse avec moi Nicanor. Je t'ai vu danser avec moins de tissu que la maintenant et dans des positions tout sauf innocentes ma belle. De quoi as-tu peur ?

-De rien. Je n'ai jamais eu peur de rien et tu le sais Mario. Mais ma réponse est et reste non : Je ne fais plus dans les petites bi*** qui se baladent partout ne respectant guère leurs petites copines. Lâchai-je avant de le regretter

-Espèce de sal***. Dit-il en exerçant une forte pression sur mon poignet

Un homme sortit de nulle part, vint se mettre entre nous et appuya :

-Hey, toi ça suffit. Tu n'as pas entendu la demoiselle ? Elle ne fait plus dans les tailles XXS.

-Ouloulouuu. Mario, tu fais une taille XXS toi ? Dit quelqu'un dans le groupe qui s'était formé autour de nous

-Heureusement que je me suis désistée à temps. Dit une autre fille en se touchant les cheveux

-T'imagine comment ça doit chatouiller. Dit sa voisine

Les rires et les railleries allaient de partout tandis que les veines de Mario se dessinaient de plus en plus sur son visage.

Et merdeeee. Cet imbécile va gâcher ma soirée et me faire perdre par la même occasion un hypothétique demi-million.

Je me dépêche d'appeler la sécurité du regard.

1, 2,3. Trop tard : il vient de frapper l'autre type.

Ce dernier s'essuie d'un revers de la main la lèvre avant de répliquer.

Si Mario, avait réussi à lui arracher quelques gouttes de sang de la lèvre inférieure, lui en revanche, deux fois plus musclé et fort que Mario, a réussi à le faire tomber par terre, le nez sans doute dans un coma profond.

Je fixe un long moment, le corps de boxeur devant moi avant de chercher à nouveau la sécurité qui vient de se pointer :

-Messieurs, veuillez, vous en allez d'ici sans faire d'histoires. Dit l'agent sur un ton menaçant

Se relevant avec difficulté, le nez en main, Mario me toisa avec haine avant de disparaître rapidement.

L'autre, lui, comme si c'était la chose la plus normale, répondit aux deux hommes venus mettre fin à cette pagaille :

-Parce que vous me faîtes peur tous les deux ? Un petit conseil : allez-vous servir des coupes de champagne ou prendre des sucettes glacées. Il vaudrait mieux pour vous que vous ne m'embêtiez pas.

-A ce que je vois, il y a du progrès Nicanor. Tu invites des hommes des cavernes maintenant ? Lâche Andréa, une ex-camarade du collège et petite capricieuse gâtée et envieuse.

Je veux intervenir lorsque mon téléphone sonne : Mélissa.

Moi : Mel ? Ton petit mari t'a donné la permission de venir ?

Mel (chuchotant) : Mais non, ne soit pas bête. Il vient de s'endormir après avoir eu sa dose. Je suis à la cuisine. Je voulais voir comment ça se passe.

Moi (jetant un regard au trouble-fĂŞte) : Je suis sur le point de faire un AVC lĂ .

Mel : Il y a eu quoi ? Ton père ?

Moi : Pff. Bien pire. J'ai eu droit à une scène de Mario Da Cruz suivi d'une bagarre avec un inconnu qui se trouve être un homme de néanderthale en jean Polo.

Mel : Oulala ma pauvre chérie. Que fais-tu maintenant ? Tu vois ? J'avais raison, c'était une mauvaise idée Nicanor. Tu aurais dû prendre cette journée pour voir ton père et tes sœurs.

Moi : Mélissa, ne me fait pas péter un câble là. J'en peux déjà plus. En plus, c'est bien plus qu'une fête, ça fait partir de mon job.

Mel: Ok, ok. Mes exc...

Moi : Non, t'es la meilleure. Donne-moi une minute.

Mel : Mais enfin Nicanor, qu'est-ce qui se passe dans ta tĂŞte cette fois ?

La colère s'amplifiant en moi, je marche aussi vite que me permettent mes talons jusqu'à l'inconnu qui est discrètement installé près du bar, avalant une coupe de champagne, me fixant en ignorant les avances des filles à ses côtés qui faisaient tout pour attirer son attention.

-Bon, mesdemoiselles, allez nager dans la piscine. J'aimerais avoir de l'intimité pour... Discuter avec mon petit ami, si ça ne vous gêne pas. Dis-je en leur offrant mon sourire le plus faux

Elles s'éloignent, le rouge aux joues mais je n'en ait cure.

-Petit-ami ? Ah bon ? Dit l'homme, en me fixant avec un sourire au coin des lèvres

-A moins que vous préfériez les termes comme espion, infiltré, tricheur, fauteur de trouble ou connard.

-Je préfère petit-ami en effet.

-Bien sûr Tarzan. Vous savez quoi ? Une fois dehors, n'oubliez pas de dire à mon paternel de trouver mieux qu'un gros tas de muscles sur pattes. Dis-je en croisant les bras sous ma poitrine

-Je ne comprends pas.

Je me rapproche de lui, de sorte Ă  me coller Ă  lui.

J'écoute sa respiration qui s'accélère rapidement pendant une minute interminable avant de lâcher :

-Garde du corps. Vous êtes le garde du corps engagé par mon père il y a probablement une heure pour me surveiller. Allez, envoyez lui plein de bisous de ma part...nounou.

Il soude son regard au mien et nous nous défions silencieusement du regard pendant un temps interminable.

Un satané garde du corps.

Chapitre 2 02

#RedTemptation

Chapitre 2 : Du jazz pour un mois et demi...

*Nicanor*

-Dégagez d'ici tout de suite sinon... Dis-je en pointant mon index dans sa direction comme s'il s'agissait d'un couteau

Dans son regard et dans son attitude, il n'y a aucun signe de peur ou même peut-être de colère. Il y a juste cet homme grand comme un basketteur, musclé comme un bodybuilder me fixant avec amusement :

-Sinon quoi Princesse Rebelle ? Tu vas me poignarder ?

-Peut-être bien. Dis-je avec sérieux

-Ou simplement me cribler de balles ?

-Cela semble meilleur...Plus sérieusement Tarzan, foutez-moi la paix. Nous sommes dans un Etat de droit et je suis loin d'être mineur. C'est mon droit le plus légitime de vivre ma vie comme je l'entends et sans avoir un putain de garde du corps dans mes pattes. Dis-je vraiment agacée

-Ce n'est pas toi ma patronne beauté. Dit-il en passant sa langue sur ses lèvres

-Justement, ce deal ne peut pas marcher. Sa majesté mon père, ne peut pas sortir de nulle part, s'acheter les services de quelqu'un qui a raté l'armée pour venir me baby-sitter MOI Nicanor. Au cas où vous ne le sauriez pas Tarzan, c'est MON argent, pas un penny de l'argent de mon père, c'est MON business...bref c'est MA vie. Je ne fais rien d'illégal. Crachai-je épuisée

-Encore une fois ce n'est pas toi ma patronne.

-Mais putain de merde, vous trouvez ça normal de simplement envahir mon territoire sous prétexte que vous bossez pour mon père ? Ici, c'est mon monde, c'est ma vie, c'est mon espace, c'est mon air...bref, vous devez partir. Explosai-je

-Désolé Miss Nic.An'.Or

Je reste un moment subjugué par la façon dont il a prononcé mon prénom quand Super Nicky me souffle « Nicanor, tu es la plus forte. Ne l'oublie pas ».

-Bien très bien. En fait, vous avez raison. Je devrais vous inviter. Vous avez l'air d'un vieux grincheux qui passe sa vie à ne pas s'amuser quand la vie est trop courte.

-Je...

-Ne me remerciez pas. Je comprends que passer de la forêt à la civilisation peut quelque peu être...perturbant. Détendez-vous Tarzan. Découvrez les joies de la vie sans soucis. Il y a plein de belles meufs ici. Allez ciao Tarzan.

Je souris en voyant sa mâchoire se serrer et m'éloigne informant ma pote à l'autre bout du fil de la dernière trouvaille de mon père.

Décidée à profiter de ma soirée, je vais me changer, troquant ma robe pour un maillot de bain super hot et doux à la fois d'un blanc immaculé avec une petite chaine de pied doré, un foulard transparent autour de la taille et mon inséparable coupe de champagne.

A mon arrivée dans la cour, comme toujours il y avait deux catégories de regard :

les hommes qui n'avaient qu'une envie : me déshabiller, là tout de suite

les femmes qui me lançaient des regards mi- envieux, mi- jaloux

Mais comme toujours, j'étais juste moi : Nicanor, la fille qui se fiche de tout.

Curieusement, je cherchai du regard le garde du corps.

Il n'avait pas bougé d'un pouce.

Il était...là.

Debout, buvant son champagne, avec un regard non pas amusé mais sombre...sombre de...désir ? De désir pour moi ?

La provocatrice en moi faisant surface, je posai mon verre sur un plateau, défit mon foulard et entrai dans la piscine de champagne.

A l'instant mĂŞme, la voix de Rihanna dominait les lieux :

"Work, work, work,work,work,work

He said me haffi,

Work, work, work,work,work,work

He see me do mi,

Dirt, dirt, dirt, dirt..."

Et lĂ , je me courbai et me mis Ă  bouger, Ă  vraiment bouger, Ă  bouger mes grosses fesses dans le liquide.

Il y avait des « huh », des applaudissements mais tout ce que j'avais en tête, c'était son regard sur moi...non sur mes grosses fesses dans le champagne.

***

*Jazz*

Merde.

Qu'est-ce qui m'a pris d'accepter ce travail ?

J'aurais dû simplement dire « Cher monsieur le Ministre, je vous remercie pour votre offre d'emploi mais je ne peux accepter. »

Maintenant, je suis debout à 4 heures du matin, à une putain de soirée avec des gosses de riches, des chanteurs, des fêtards (es) et une femme, non, une petite capricieuse de 25 ans en train de remuer son foutu cul bien modelé dans une piscine de champagne.

Et merde...Tout ce temps sans sexe...

Jazz Jr faisait des siennes dans mon pantalon pendant que moi je fixais cette fille avec des envies tout sauf catholiques.

Respire. Respire Jazz. Respire mon grand.

Tu dois rester professionnel. Et puis...tu ne peux même pas y penser. Tu ne peux pas. Me répétai-je mentalement

-Hey les gars, et si on lançait un jeu ? Qui peut bai*** Nicanor dans cette piscine ! Annonça un type, visiblement bourré

Mais la fille gâtée ne bougea pas d'un poil. Elle continuait à faire ce qu'elle faisait : Twerker comme si sa vie en dépendait.

LĂ , un type lui toucha les fesses.

Elle retira la main du gars mais il récidiva :

-Bah quoi Nicanor, tu ne vas pas twerker seule. C'est plus fun avec un mâle derrière toi.

Elle se retourna brièvement et jeta un regard bien noir au connard mais loin de se décourager, cela semblait le motiver davantage.

Il posa ses mains sur les hanches parfaitement bien dessinées de cette fille et se colla à elle.

La colère monta automatiquement en moi.

Là, en deux temps trois mouvements, je me retrouvai près de la piscine et sans grand effort retirai les mains de ce type et lui flanquai une baffe qui le fit trébucher dans le liquide.

Quand il se releva, je le saisis par les mains en disant :

-Le non d'une dame se respecte.

Je tendis ma main à Mlle la capricieuse qui la saisit sans hésitation. Là, je serai bien fort sa main et l'entraînai à l'intérieur.

J'optai pour une chambre à l'étage et lui tendit une serviette :

-A présent, dehors. Dit-elle non hurla-t-elle

-Quoi ? Ça ne va pas chez toi ? Je viens d'empêcher un type complètement bourré de te faire du mal et tout ce que tu trouves à me dire c'est dehors ? Dis-je, choqué

-Oui, va-t'en. Je n'ai pas besoin de quelqu'un pour me faire respecter.

-Bien sûr, parce qu'en te déhanchant à moitié nue dans un liquide qui appelle au sexe devant une vingtaine de types bourrés désireux de te posséder, c'est te faire respecter ?

-Je ne te permets pas de me juger. Tu ne me connais pas. Et oui, je sais me respecter Pasteur Tarzan.

-Tu le faisais très bien tout à l'heure n'est-ce pas ? Quand quelqu'un nous sauve d'une situation qu'on n'arrive pas à gérer, on lui dit merci. C'est ce que les personnes correctes font.

Oh merde.

Je n'aurais pas dû lui dire ça.

Elle se tut pendant cinq bonnes minutes pendant lesquelles les fameux mots d'excuses ne franchirent guère mes lèvres puis rit. Un rit fort et transparent avec un regard lumineux à travers lequel une sorte d'obscurité se cachait.

Oh Seigneur.

-Bonne nuit Tarzan.

Et là, elle s'allongea sur le lit et ferma les yeux sans même se soucier de dormir dans un maillot de bain complètement trempé de champagne.

Très vite, je vis sa poitrine se soulever et s'abaisser signe qu'elle dormait.

Je soupirai et mis la couverture sur elle, et m'assit à quelques mètres d'elle la regardant dormir.

Comme un de ses gars stupides, je sortis ma tablette et tapai Nicanor Adjibi.

La petite dernière.

Bien sûr ! Encore une de ses benjamines capricieuses qui aime mettre tout plein de piment dans la sauce. Puis je continuai ma lecture et découvrit un personnage étrange...

Reposant ma tablette, je me levai et fit le tour de l'immense chambre.

En revenant vers ma chaise, je tombai sur un petit quelque chose qui attira mon attention :

des perles, des perles d'un brillant aussi fort que la peau noire de cette fille. Un string en perles avec une espèce de soutien ultrafin dont la seule partie épaisse est une petite fleur en perles qui visiblement servait à couvrir le bout des tétons.

Incapable de résister à la tentation, je pris délicatement l'ensemble et fermant les yeux, caressai les fleurs comme si je pouvais sentir le bout de ses seins sous mes doigts puis, fit courir mes doigts sur le triangle de perles.

Je pressai les perles comme si par ce seul geste, je pouvais les presser contre son clit*** humide jusqu'à lui arracher un cri de douleur que je me dépêcherais de transformer en cri d'excitation par ma langue.

Non...Non...Non Jazz

Je soupirai et au moment où je reposai le « vêtement », je l'entendis gémir dans mon dos :

« Oui, c'est ça. Prends-moi. Prends-moi comme ça. Oh oui ! Oui ! Ouiii ».

Je fis volte-face et tombai sur une femme aux courbes affolantes, se tordant de plaisir dans son sommeil et putain par tous les saints, je me sentis tout étroit dans mon pantalon.

Comme si j'avais perdu ma foutue raison, je marchai comme un être hypnotisé jusqu'au lit avant de me reprendre au contact du bois : Attend Jazz, tu ne vas pas abuser d'une femme, non de la fille de ton...''patron'' pendant son sommeil vieux ?

-Putain de gosse de riche ! Lançai-je en m'affalant dans le fauteuil

***

*Le jour levé*

*Nicanor*

Ah fichus maux de tête. J'ai à peine bu que je me sens fatiguée.

Je déteste le dire mais Mélissa avait raison. Hier, c'était la merde.

J'espère seulement qu'il n'y a pas trop de dommages et que j'aurai mes sous.

Me levant difficilement du lit, j'aperçu une silhouette masculine à côté du lit.

Dieu m'a-t-il envoyé un ange sexy pour me tenir compagnie ? Pensai-je en souriant comme une idiote devant les grandes mains de l'homme

Ce n'est qu'en sentant l'humidité du matelas sur mes genoux que mes idées se restructurèrent dans ma tête.

Même pas capable de rester éveillé qu'il prétend être un garde du corps.

Je soupirai et me dirigeai vers la douche : je fis un brin de toilette et me saisit du seau d'eau.

Sourire carnassier aux lèvres, j'avançai doucement jusqu'à lui et lui balançai le liquide froid en pleine gueule.

-La conna...

Il se leva d'un bond et marcha tel un fou furieux jusqu'Ă  moi :

-Le seau d'eau c'était nécessaire ?

-Quand je me réveille et que je vois un homme que je n'ai pas invité à ma soirée, dormant à quelques mètres de moi, violant mon intimité, OUI, c'est nécessaire. Répondis-je honnêtement

-Je ne fais que mon travail Mlle. Dit-il pour la millième fois

-Je vous ai dit que je m'en battais les couilles.

-Les ovaires. Vous n'avez pas de couilles.

-Ah oui ? Vous pensez ?...Peu importe. Partez maintenant. Dis-je en respirant nerveusement

-Non.

-D'accord. J'accepte, je suis une petite fille rebelle, capricieuse, gâtée, frivole. Touuut ce que l'univers ou vous pensez. D'accord je ne suis pas une bonne fille. Mais sérieusement, mettez-vous une seconde à ma place : Vous bossez comme une dingue, vous épargnez, vous trouvez une façon originale et honnête de vous faire de l'argent. Et maintenant, parce que votre paternel l'a décidé vous devez vous tapez un Tarzan en jean tout le temps ? Je me réveille et je tombe sur vous. Mais sérieusement, on est où là ? Crachai-je

-OK. Un, c'est Jazz pas Tarzan.

-Parce qu'en plus il s'appelle Jazz. Non mais qui s'appelle Jazz sur cette planète ? Dis-je partagée entre l'envie de rire et de crier

-Parce qu'une fille qui s'appelle Nicanor on entend ça tous les jours ? Rétorqua-t-il

Touché...Merde.

-Va-t'en. Dis-je doucement comme à chaque fois que quelqu'un faisait une remarque sur mon prénom

Il me regarda droit dans les yeux pendant plusieurs minutes puis dit :

-Bon. Je l'admets. Tu as raison. Je ne voudrais pas que quelqu'un vienne de nulle part et empiète sur mon territoire. Je me sentirais comme un lion en cage. Je suis désolé pour ça. Et ce que je vais vous dire ne changera sans doute rien pour toi : Mais j'ai VRAIMENT besoin de ce job Nicanor.

-Tu veux me faire croire qu'avec ce corps et la force que j'ai vu tout à l'heure, tu ne peux pas trouver mieux que lèche-cul de la fille rebelle d'un ministre ?

Ce serait comment s'il te léchait le cul ? Pas mal inh. Me souffla Super Nicky

Je frissonnai puis me repris quand il dit :

-Non. Je ne peux pas trouver mieux.

-Pourquoi ? Demandai-je en lisant de la sincérité dans son regard

-Je ne peux pas vous dire pourquoi mais vous êtes ma seule option Nicanor. Dit-il en me fixant le regard mêlé d'une sorte de mélancolie et de rage.

Un frisson parcoure mon corps mais je me dépêche de le réprimer :

-Et si je te donnais 1 million de francs lĂ  tout de suite, tu partiras ?

-Non, je ne partirai pas. Dit-il avec une assurance déroutante en me couvant de ce regard ténébreux que je n'avais jamais vu avant

Je fais un point rapide dans ma tĂŞte.

Je suis au Bénin pour 4 à 6 semaines. S'il est mon garde du corps alors il est à mon service ? Puis, ça me fera une belle vue pendant mon séjour. Alright !

Un sourire coquin aux lèvres, je réponds :

-Alors comme ça vous voulez être mon garde du corps ? Me suivre parrrtout et tout le temps ? Me regarder faire la fête comme une folle tous les soirs ? D'accord. Ça marche. Ce n'est pas tous les jours qu'on a du « Jazz » dans la caisse.

Il secoue la tête, un sourire discret mais vraiment discret au coin des lèvres et répond :

-Je survivrai.

-Alors pour l'heure Mr Jazz, j'ai besoin que tu me protèges pendant que je prends mon bain. Dis-je en me mordant la lèvre et en lorgnant son corps avec appétit

Il fronce les sourcils et me fixe avec tout plein d'émotions du désir, à la colère en passant par l'envie de rire puis capitule :

-Très bien Mlle Nicanor.

Chapitre 3 03

#RedTemptation

Chapitre 3 : Café, menthe, cacao...

*Nicanor*

Ça fait si longtemps que j'ai eu un contact sexuel, si longtemps que j'ai joué, que je me suis amusée à provoquer...

Inspirant, je sors mon ordinateur portable de ma valise, met la musique avec un volume suffisamment fort pour pouvoir dominer la pièce et me dirige lentement vers la salle de bains.

Juste à l'entrée de la douche, je retire à une lenteur calculée mon maillot de bain. Furtivement, je lui lance des clins d'œil.

Contente de l'effet, je m'arrête juste en dessous de mes gros seins et me dirige vers l'armoire en faisant exprès de passer devant lui.

Je cherche de suite ma boite à plaisir et en ressort deux pinces et mon vibromasseur. Je retire le reste du maillot et me plante juste devant lui : Il a les poings serrés, la respiration accélérée et la bouche grande ouverte.

Je l'entends murmurer quelque chose comme Fucking Witch (putain de sorcière) ce qui a le don de me faire sourire. Me raclant la gorge, je demande :

-Garde du corps, tu pourrais m'amener une bouteille de champagne ? Normalement, il doit en rester une ou deux dans le frigo.

-Du champagne ! Pour prendre ta douche, tu as besoin d'un vibromasseur, de pinces et maintenant d'une bouteille de champagne. Et ben ! Dit-il en secouant la tĂŞte

-Ce dont j'ai besoin, c'est MON problème Mr Jazz. Tu ne paies pas mes factures donc pas de commentaire. Répliquai-je les yeux pleins d'éclairs

-OK, OK, c'est compris chère Mlle Nicanor. A vos ordres. Dit-il en faisant la révérence tout en veillant soigneusement à ne pas lorgner ma cha***

Je soupire Ă  nouveau quand il sort de la chambre et fait couler mon bain.

J'entre dans la baignoire et place les pinces sur mes tétons : ah la douleur.

Je ferme les yeux et j'imagine ses longs doigts pincer mes tétons. Je frissonne à cette pensée. Sans perdre de temps, il fait courir ses doigts sur mon ventre, jouant avec mon nombril. Je gémis, et me penche en avant pour accentuer la douleur dans mes seins. D'un doigt, je me caresse le bouton de plaisir. J'appuie encore et encore comme si je pressais les touches du piano que je jouais quand j'avais 9 ans avant d'insérer un doigt, puis deux dans ma cave :

-Oh oui ! Oui ! Ouiiii.

Je fais des vas et viens interminables avec mes doigts avant de m'arrêter en lâchant un râle de plaisir.

Fiévreuse, je me saisis de mon vibromasseur waterproof et le met en marche :

-Oh putain ! Putain ! C'est tellement bon ! Oh God ! Oui, tue-moi !

A l'instant même, j'entends un toussotement. J'ouvre les yeux et il est à côté de la baignoire tenant fermement la bouteille de champagne.

-Le champagne de Mlle.

-Merci Jazz. Dis-je, soudainement gênée

-Sur ce, je vous souhaite une douche rafraichissante. Je vais faire un tour rapide du propriétaire et je reviens m'assurer que vous êtes...en sécurité Mlle.

Il se dirige ensuite vers la porte avant de s'arrĂŞter au pas de celle-ci :

-Une dernière chose : votre mort m'embêterait un peu Mlle Nicanor. Evitez de mourir...en de telles circonstances

Je sers de plus en plus fort le vibromasseur, prête à répliquer mais il est déjà parti quand les mots franchissent enfin mes lèvres : Espèce de connard.

***

*Jazz*

Retournant dans la cuisine moderne, je me donne volontairement une gifle et m'asperge le visage d'un litre d'eau froide.

Putain de fĂŞtarde.

En 31 ans d'existence, je n'ai jamais vu une fille aussi imbue d'elle-même et provocatrice. C'était le casting d'un film porno ou quoi ?

Tu te déshabilles, fais tout un show juste devant moi comme si j'étais un putain d'eunuque !

Et ces gémissements, ces pinces sur ces tétons, son corps tout tremblant.

Si Jean de Dieu Adjibi, cherchais une façon de me torturer et ben il a réussi !

Jean de Dieu Adjibi...

Mieux, je retrouve mes esprits, que de tomber dans ces filets.

-Jazz ? Jazz ? Jaaaazz ?

Chassant les souvenirs qui me torturaient l'esprit, je répondis à la petite princesse :

-Oui Mlle Nicanor.

-Ah, te voilà ! Je commençais à croire que tu avais abdiqué. Dit-elle, un sourire en coin

-Non...moi, je n'abandonne jamais fleur sauvage. Dis-je en croisant les bras

-Fleur sauvage ? Intéressant...Bon, je sors. Si tu ne veux pas puer le champagne et la sueur en plein Cotonou, tu as cinq minutes pour être prêt. Passé ce délai : départ.

Je fixe la femme devant moi, la bouche grande ouverte comme un idiot jusqu'Ă  l'entendre dire :

-Il est 9h05. Il te reste trois minutes Jazzie. Tic-tac.

Je lui lance un regard noir avant d'entrer dans une des chambres de la villa, heureusement bien équipée et de prendre une douche express, non une toilette.

Et maintenant, que suis-je sensé porter ? Me demandai-je avant qu'une idée ne s'infiltre dans ma tête.

Jouons donc ! Je suis tout aussi fou.

Enfilant mon boxer de la veille (bon, ce n'est pas comme si j'avais une autre option), je pars la rejoindre en tenant mon jean en mains :

-Tu n'es pas encore prêt ? Sais-tu ce que je déteste par-dessus tout dans ce monde ? Les hommes en retard.

-Ben, je suis prĂŞt Mlle Nicanor. Nous pouvons y aller. Dis-je, avec un sourire joueur

-Euh Tarzan, sais-tu que nous sommes en pleine civilisation ici et mieux en Afrique ? Il y a des règles ici. Dit-elle en lorgnant Jazz Junior

-Mais je sais Mlle. Répondis-je avec amusement

-En plus, au cas où tu ne l'aurais pas constaté, je suis Nicanor Adjibi.

-Je sais tout ça ma chère. Et je vous dis que je suis prêt. A moins que vous préfériez que je me parfume un peu pour être encore plus à votre hauteur princesse.

-Je ne vais certainement pas me balader avec un homme en boxer. Dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine

-Je croyais que vous étiez une femme unique, qui se fichait royalement des règles sociales et vivait selon ses propres principes ?

Elle ne réagit pas pendant cinq bonnes minutes avant de répondre :

-En fait, tu as raison. Suis-moi, j'ai mĂŞme envie d'ajouter ma petite touche personnelle Jazz.

Touche personnelle ?!

Une pointe d'inquiétude bien dissimulée derrière mon sourire apparent, je la suivis dans « sa » chambre.

Elle se dirigea vers sa valise et en ressorti un tube de rouge à lèvres. Toute souriante, elle marcha jusqu'à moi et se planta devant moi, une lueur étrange dans le regard. Libérant le rouleau rouge, elle me fit un clin d'œil et posa délicatement sa main gauche sur mon torse nu. La bouche en cul de poule, les yeux soudainement innocents, elle promenait ses doigts sur ma poitrine et fixait mes lèvres avec envie...

-Nicanor...murmurai-je en l'étudiant

LĂ , je sentis quelque chose contre ma poitrine :

-Mais qu'est-ce que tu fabriques sur mon torse ????

-De l'art : j'améliore ton œuvre. Dit-elle avec un sourire de diablesse

-Non mais, tu vas m'arrêter ça tout de suite espèce de folle ?

-Oulala, on évite les gros mots envers sa patronne. Arrête de bouger, mon œuvre sera ruinée ! Dit-elle en continuant à appliquer du rouge sur ma poitrine avec une telle concentration qu'on croirait qu'il s'agissait d'une artiste en plein exercice.

Cette proximité...

Ce n'est qu'aujourd'hui que je comprends le vieil Adam. Comment ne pas être tenté quand la tentation personnifiée est en face de soi. Je ferme les yeux, laissant mon odorat se délecter des essences exquises qui émanaient d'elles : du café, de la menthe et du cacao.

-Délicieuse. Dis-je à voix haute

-Jazz ? Jazz ? Regarde, comme tu es beau. Murmura-t-elle d'une voix mielleuse

Envouté, j'ouvris les yeux et déplaçai mon regard jusqu'au miroir :

-Nooon ! You blague ! Je ne vais nulle part avec ça sur le torse.

-Je t'attends dehors et ce n'est pas à négocier. Dit-elle en m'offrant déjà une vue démentielle sur ses fesses rebondies

Franchement, s'il y a bien une chose pour laquelle elle est nulle cette fille, c'est le dessin. Même un enfant d'un an fait mieux que ça : un homme à la tête déformée ou peut-être un extraterrestre (mais pas moi) avec une bulle de discussion marquée sexy bodyguard.

Je ne sors pas avec ça moi. Ma virilité !

-Jazz, dépêche-toi.

-Je ne sors pas ainsi. Dis-je en la rejoignant dans le séjour

-Pour rappel, c'est moi la boss.

Elle me plante Ă  nouveau lĂ , comme un pauvre con.

Je pose mes fesses sur le sofa, croisant bien mes jambes.

Genre ?

Je vais sortir d'ici en boxer avec ce dessin ridicule sur la poitrine.

Tout d'un coup, comme un violent électrochoc, ces mots me reviennent en tête :

« Tu n'as pas le choix Janek. Nicanor est ta seule option. »

Refoulant ces souvenirs, je pris sur moi et la rejoins au portail :

-Santa Maria ! Bah quoi ? Tu n'as jamais vu une belle paire de fesses ma petite ? Dis-je à l'intention d'une fille d'environ 20 ans qui avait déjà dégainée son portable

Et il fallait que la ruelle soit bondée pour que ça m'arrive.

Je lance un regard noir Ă  Nicanor qui se tordait de rire au volant de la voiture.

Un jour, je n'aurai plus Ă  te supporter. Pensai-je en la toisant

***

*Nicanor*

Je l'invite Ă  entrer dans la voiture et lui tend un jean et un polo :

-Allez tiens.

-Est-ce que c'est même à ma taille ? Il n'y a pas de piège ?

-Je te fais peur Jazz ? Soufflai-je contre son oreille

-Personne ne me fait peur. Personne Nicanor. Dit-il sur un ton si froid que je frissonnai

Il s'habille en silence, gardant toujours cette expression froide et dure :

-Tu démarres ou pour ça aussi, il y a tout un script ?

-Je démarre et met la musique histoire de détendre un peu l'atmosphère.

Le voyant s'essuyer le torse avec un mouchoir, je tente autrement de ramener l'ambiance fun :

-Je t'aurais bien aidé à essuyer tout ça mais je ne suis pas certaine que tu apprécies ma méthode.

-Et quelle est ta méthode Nicanor ? Dit-il, curieux

- Ma langue...elle fait des merveilles.

-Tu es vraiment terrible comme fille. Dit-il en riant

-Tu trouves ? Dis-je en cherchant son regard avec timidité

-Attention, concentre-toi sur la route. Dit-il en tournant le volant à temps pour m'éviter de renverser un motocycliste

Je me concentre sur la route ignorant le motocycliste qui me lançait déjà une pluie d'injures.

*15 minutes plus tard*

-Si ce n'est pas trop demandé, on fait quoi dans un hôtel à Ganhi ? S'enquit-il une fois à l'intérieur de l'hôtel

-Je travaille ici. Répondis-je, vaguement

-Tu quoi ? Dit-il, choqué

-Bah quand je suis Ă  Cotonou, je joue les escort-girls pour des clients high class. On se fait une fortune ici !

-...

-Reprends tes esprits, idiot. Comme j'aime la discrétion, au dernier étage de l'immeuble, il y a mes bureaux. Puis, je suis copropriétaire du spa. Voilà.

-Tes bureaux ? Tu étais sérieuse en plus.

Je suis sur le point de lui donner une réponse sanglante quand mon amour apparaît :

-.Le teint qui tue (etc)

-Bonjour ma belle. Comment vas-tu ? Dis-je une fois qu'elle a fini

-Bien. Juste un peu fatiguée. Dit-elle en baissant ses lunettes de soleil

-Un autre gosse en route Mélissa ? Demandai-je

-Oh toi aussi Nicanor. Loin de moi les histoires. Ce serait plutĂ´t Ă  toi de songer Ă  avoir un enfant.

-Non merci. Trop de responsabilités...Bon, vu que tu as refusé de venir à la fête hier, j'ai eu une idée géniale que tu ne pourras pas me refuser Mélissa : en plus, ça t'aidera.

-Je t'écoute. Dit-elle sur ses gardes

-Bon, j'ai une envie de poulet. Commençai-je

-Alléluia. Tu deviens normale Nicanor. Il y a longtemps qu'on a cuisiné ensemble. Allons-y.

-Je ne parlais pas de cuisine chérie. Je parlais de mode. L'idée est d'aller au marché Saint-Michel, d'acheter 5 poules et de les relooker. On pourrait acheter des pagnes, du verni, leur coudre de petites chaussures...Bref, essayer différents styles et les prendre en photo.

Tout d'un coup, j'entends ce rire fort et attrayant derrière moi. Je ne suis pas la seule à être conquise puisque Mélissa me demande :

-C'est qui ce type ?

-Mélissa, voici Jazz : mon garde du corps. Répondis-je à voix haute en me retournant

-Eh ben ! Je suis Mélissa Ouorou, la meilleure amie de Nicanor. Mais tu peux m'appeler Mel. Enchantée Jazz. Dit Mélissa en tendant sa main à Mr muscles

Il fixe la main tendue de Mélissa et détaille le petit bout de femme devant lui avant de serrer sa main en disant :

-Enchantée. Ce sera Mélissa pour moi.

Contente qu'il ait rembarré Mélissa, je souris discrètement avant de sauver la pauvre Mélissa :

-Allons au bureau. On ira faire les courses pour nos poulets stylés tout à l'heure.

-Pas de poulet Nicanor. N'est-ce pas Jazz ? Dit-elle en lui offrant un sourire de séductrice

Tu es mariée. Mariée Mélissa. Ais-je, envie de crier en la voyant jouer avec ses cheveux et bomber le torse.

-Si Mlle Nicanor veut des poulets, c'est son choix. Qui suis-je pour aller contre l'éveil de la mode ?

Je lui rends son sourire et me dirige vers l'ascenseur.

Dès qu'on arrive en haut, six paires d'yeux se braquent sur nous. Les filles commencent par glousser tandis que les deux hommes restants jaugent Jazz du regard.

Je racle ma gorge pour signifier que la récréation est terminée :

-Fanny ? A part glousser comme une adolescente en chaleur, tu n'as rien Ă  m'offrir ce matin ?

Je vois mon assistante baisser les yeux tandis que les autres pouffent de rire :

-Bien sûr Mlle Nicanor. Il y a un groupe de jeunes qui veut une soirée sur le thème « Reggae » pour la fin de la semaine. Ainsi qu'une dot de dernière minute à Calavi. Il y a d'autres projets mais ce sont les deux projets de la semaine. Votre café vous attend dans votre bureau. Bon retour parmi nous Mlle Nicanor.

-Je préfère ça. Aurélien, les chiffres dans 5 minutes. Fatou, Marie-José, Lena, vos prototypes. Et Jacob, stylo, papier, tablette. Fanny, deux tasses de café supplémentaires et tu appelles Jean : je veux une villa pour ce soir et les retours de la...soirée d'hier. Dis-je en cherchant Jazz du regard

-Tout de suite Mlle. Dirent-ils en chœur

*5 heures plus tard*

*Jazz*

Eh ben, je dois dire que je suis impressionné, ça fait pratiquement 5 heures que je la regarde faire et je dois le reconnaître : cette fille c'est une bosseuse.

Et en plus elle sait dessinée !

Elle fait des vas et viens interminables, donne des ordres, passe des appels, lance des commandes et passe en revue des rapports sans s'arrĂŞter.

-Aurélien, il y a une erreur à la date du 31 Août 2019. C'est marqué achat atcho 'oké d'une valeur de 500000 mais dans le point, je ne vois pas le fameux Atcho 'oké.

-C'est ici Nicanor. Regarde, les photos et le rapport. Dit le fameux Aurélien, un homme en costume cravate rouge avec un pantalon sauté et des Ray Ban.

-Aurélien, j'ai Lionel pour les photos. Toi, tu es mon comptable : les chiffres c'est ton affaire. Répondit Nicanor

-Nicanor, écoute... Dit le type en s'épongeant le visage avec un mouchoir rouge

-Quand il s'agit d'argent, je n'écoute rien. Alors ? Dit Nicanor en se levant et en tapant sur la table en bois

-Du calme. Vous devriez prendre une pause Nicanor. Vous êtes tous épuisés. Intervins-je

Elle me lance un regard noir, prête à sortir une réponse sanglante mais je me hâte de lui faire un clin d'œil.

Les autres partent mais la Mélissa reste.

-Alors ? Demanda-t-elle en se rasseyant

-J'aimerais te parler en privé. C'est possible ? Dis-je en fixant la Mélissa

-Parle devant Mélissa. Je ne lui cache rien. Répond Nicanor

-De toute façon, je m'en allais déjà Nic. Même si j'ai pu avoir ma journée aujourd'hui, j'ai autre chose à faire. Ma puce, relax. On s'occupera des poulets plus tard. A tout à l'heure. Dit-elle en faisant une bise à Nicanor avant de passer à côté de moi avec tout un tas de manières

-Mélissa, tu la respectes. Elle est comme ma sœur et hors de question que tu l'offenses. Et c'est la dernière fois que tu m'interromps ainsi. J'espère que ça en valait au moins la peine. Dit-elle, une fois Mélissa dehors

-Comment ton entreprise fonctionne ? Il me semble que tu n'es pas souvent Ă  Cotonou.

Elle m'étudie un moment avant de répondre :

-Je suis basée à Cape Town. Mais j'ai des bureaux à Cotonou et parfois je vais à Abidjan, Douala, Libreville, Accra, Nairobi, Luanda et à Praia pour organiser des soirées pour moi-même ou pour des clients ainsi que tout ce qui est décoration, design, évènementiel.

-Tu as un intérimaire ici ou un adjoint ?

-Plus ou moins.

-Plus ou moins ?

Elle soupire avant de dire :

-Mélissa vient parfois s'assurer que tout va bien et me fait le point sinon qu'on bosse par vidéoconférence. Depuis la ville où je suis, je supervise et je coordonne les activités.

-Mélissa. Dis-je en secouant la tête

-Tu ne l'aimes pas inh ? Pourtant, elle ne t'a rien fait. Tu ne la connais que depuis quelques heures.

-Je suis prudent. Passons. Le fameux 31 Août, tu as également coordonné les activités ? Vous avez bossé ensemble ?

Elle lève les yeux au ciel avant de répondre :

-Oh shit ! (merde) Je venais d'enchaîner trois gros contrats avec en prime la soirée d'anniversaire de Miss Durban. J'étais fatiguée.

-Et bien entendu, ce n'est pas la première fois que ça t'arrive. Il y en a eu d'autres avant.

Elle se leva d'un bond, sortit un tube de rouge à lèvres et comme une furie s'apprêtait à sortir du bureau en tenant un tube de rouge à lèvres comme une arme à feu.

Je me retins de rire et posai une main sur son épaule et l'autre sur sa taille pour l'attirer jusqu'à moi :

-Lâche-moi Jazz. Lâche-moi. Il va me rembourser jusqu'au dernier franc ce fils de pute. Laisse-moi y aller.

-Chut Nicanor. Chut. Tu es très joueuse. Tu es sûre que tu veux juste attaquer ce type avec un tube de rouge à lèvres ? Viens, je te montre quelque chose et on le fait avec une touche de Jazz. ,

-Jazz...Dit-elle en cherchant mon regard

Ce n'est qu'à ce moment, que je prends conscience de la position très intime dans laquelle nous nous trouvons : ses fesses contre le bas de mon jean, mes longs doigts à la naissance de ses seins, ma main sur sa taille, son dos contre mon torse et cette odeur...

Café, menthe, cacao...

Café, menthe, cacao...

Café, menthe, cacao...

-Nicanor...dis-je en la faisant pivoter

Elle entoure mon cou de ses mains, se colle davantage Ă  moi me faisant sentir davantage cette odeur :

Café, menthe, cacao...

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