Je regarde une énième fois l'horloge murale. Il est bientôt 20heures mais depuis rien !
À quelle heure va-t-il donc rentrer ? Vraiment la vie de femme mariée est dure. Je ne sais pas où donner de la tête.
Comme si cela ne suffisait pas, j'entends les pleurs de mon fils depuis la cuisine. J'essuie mes mains sur mon pagne et cours rapidement le prendre.
-Oh le joli bébé de maman ! Qui t'a frappé ? Hein ?
Comme s'il comprenait ce que je disais, il me montre un point imaginaire avec ses minuscules doigts. Je m'assois dans le divan et lui donne vite la tétée afin de retourner à mes fourneaux.
J'ai vraiment besoin d'aide plus que jamais. Et heureusement que dès demain Fatou viendra avec ma nouvelle nounou ! Je n'en peux plus de me taper tout ce boulot. En plus je reprends le service lundi, alors j'aurai le week-end pour montrer à la nouvelle le fonctionnement de ma maison avant la reprise. Je prie pour que tout se passe bien, car la dernière en date m'a lâchée le lendemain de la naissance de mon fils.
Ces filles là peuvent rendre folles. Cette fille je l'ai nourris blanchie, je lui ais appris a bien se comporter en société et pour me remercie elle me lâche à un moment où j'ai le plus besoin d'elle. Au moins si je savais ses intentions, je me serai préparé en conséquence. Mais j'ai été désolée de la voir ramasser ses bagages dès ma sortie de clinique. Je l'ai suppliée d'attendre que je trouve une remplaçante, mais rien n'y faire, elle était décider à me laisser.
J'ai vraiment eu mal au cœur face à tant d'ingratitude. Et depuis son départ, je trime à trouver quelqu'un. Heureusement que ma belle sœur Nouria était là pour m'aider. Sinon je n'allais pas m'en sortir. Dommage que cette dernière reprenait les cours à l'université, alors elle a du retourner en cité. Elle passe me voir de temps à autre, mais ce n'est pas évident.
J'essaie de me débrouiller entre le bébé et les tâches ménagère. Ce n'est seulement que la semaine dernière que mon amie Fatou m'a dit avoir trouver une fille. J'ai failli m'évanouir de joie, car les nounous sont devenues une denrée très rare. Et celle-ci doit venir demain pour que nous discutions.
Dès que je dépose Orphée dans son berceau au salon, j'entends sonner à la porte. Qui ça peut être à cette heure car mon mari a ses clés.
-Mais pourquoi sonnes-tu ? Demandais-je surprise quand je l'aperçois sur le perron.
-J'ai perdu mes clés.
-Ah.
Sans plus un mot pour lui je retourne dans la cuisine. Je suis en colère contre lui ; et ce n'est pas parce qu'il a perdu ses clés que mon état d'âme va changer.
-Mais tu ne m'embrasse même pas Martine.
Je reviens sur mes pas et lui fais la bise.
-C'est tout ?
Ah tu me veux quoi ?
-Je suis occupée.
-D'accord.
Il s'en va prendre son fils avec qui il joue pendant un bon moment avant de partir prendre sa douche. Je ne comprends pas mon mari, il rentre tard ces derniers temps. Il est devenu distant et ne fait plus attention à moi. Je sais que depuis que j'ai accouchée je n'ai plus trop de temps à lui accorder, mais il peut me comprendre non.
Bientôt cinq ans que nous sommes mariés et ce n'est que cette année que Dieu m'a fait la grâce d'être mère ; je commençais à désespérer et voici que je tombe enceinte contre toute attente. J'ai pu faire taire ma belle famille et surtout ma belle mère qui me lançaient des piques à chacune de nos rencontres. Alors mon mari doit comprendre que je veuille passer du temps avec mon bébé. Mais non monsieur fait sa jalousie sans raison. C'est vrai que notre intimité a pris un coup, mais tout ça est du à l'accouchement, avec le temps tout redeviendra comme avant.
Je dresse vite la table et part l'appeler. Je le trouve au téléphone.
- Avec qui parles-tu à cette heure ? Demandais-je quand il raccroche.
-Avec Yannick.
-Mais tu viens du boulot non ? Alors pourquoi le rappel tu ?
-Tu pose trop de questions femme. De quoi me suspectes-tu ?
-Ah mais tu t'énerve pourquoi ?
-Je ne suis pas énervée. Mais tu me fatigue avec toutes ces suspicions.
Et c'est reparti pour un tour. Il se met à parler. Je ne lui réponds plus et sors de la chambre. C'est comme ça maintenant ; pour un oui ou un non c'est la bagarre entre nous. Les éclats de voix ont du effrayer l'enfant qui se mets à hurler.
Oh Seigneur, je suis fatiguée. Je le prends dans mes bras pour une autre tétée. Je suis avec le bébé sur les pieds quand j'entends la porte du salon claquée.
Il ne reviendra que tard dans la nuit. C'est comme ça maintenant ! Monsieur n'a plus mon temps ni celui de son fils. Je ne sais pas ce qui le prend, il a beaucoup changer. Je sais que je ne suis pas la meilleure des épouses, mais il pourrait avoir au moins un peu d'égard pour moi. Je me suis taper tout ce boulot pour lui faire à manger et pour me remercier, il me crie dessus et s'en va.
Quel ingrat !
Je vais faire couchée mon fils lorsqu'il est profondément endormi. Bientôt quatre mois qu'il est entré dans ma vie, et je ne me vois plus vivre sans lui. C'est impressionnant comme un enfant peut nous faire changer.
Je vais débarrasser la table et faire du rangement. Quand je finis, j'éteins toutes les lumières et part me coucher dans la chambre du bébé. Je ne veux surtout pas que ce noctambule vienne me gâcher le sommeil.
Akabla
Demain je dois aller commencer un nouveau travail. Je ne compte pas durer là-bas. Juste pour moi le temps de rassembler les sous dont j'ai besoin et je m'en vais. Je ne peux pas travailler pour des gens longtemps. Souvent nous tombons sur des personnes détestables qui nous font travailler pendant des heures. Et à la moindre erreur il nous chasse. Nous n'avons pas d'assurance maladie, ni de congés mensuel. Toujours à traveller pour des gens qui ne vous seront jamais reconnaissant.
Je fais ce travail depuis que j'ai 15 ans. Je me suis promener dans tellement de foyer que finalement j'ai l'impression de tous les connaitre. Si la prochaine essaie de me monter sur la tête, je lui montrerai que je ne suis pas une de ces filles à qui on peut faire du tord cadeau.
Ma dernière patronne a eu la chance. Quand j'ai commencée à travailler pour elle, je pensais qu'elle était mariée alors j'ai acceptée de travailler pour elle. Mais à ma grande surprise, la dame vivait avec les enfants et les domestiques. C'est la fille que j'ai trouvée là-bas qui m'a dit que le mari de notre patronne est un grand homme d'affaire qui ne fait pas plus de trois mois dans notre pays. Cette situation ne m'arrangeait pas, je préfère quand l'homme est sur place.
Je ne suis donc pas resté là-bas ; car moi aussi je veux avoir la même chance que Sophie ma collègue. Son patron est tombé sous son charme et à donc quitter sa femme pour elle. Le monsieur lui a loué un studio à Angré dans un quartier chic de Cocody. Et il lui a ouvert un magasin de cosmétique. Il a changé sa vie du jour au lendemain.
Depuis lors, ma condition pour travailler pour des gens, c'est qu'ils soient en couple. Ainsi je pourrai moi aussi avoir mon gaou.
Donc quand la dame est venu à l'agence dire qu'elle cherche une fille pour son amie, je me suis proposée nette, lorsqu'elle a dit que c'est pour un couple. C'est vrai que je serai nounou, chose que je déteste le plus. Car je n'aime pas les enfants. Je préfère de loin faire la cuisine et le ménage plutôt que de m'occuper d'un enfant.
Mais bon on ne sait jamais ; peut être que je trouverai mon bonheur dans cette maison...
Chapitre 2
Je me réveille de bonne heure le matin pour faire mon ménage et m'occuper de mon fils avant l'arrivée de Fatou et de la nounou. Depuis que j'ai accouchée, je fais l'effort de laver mon bébé très tôt le matin. Maman m'a dit que c'est mieux ainsi, car on ne sait jamais qui peut venir rendre visite. Et si jamais l'enfant n'est pas propre, cela ne donne pas une bonne image de la mère. Alors je suis à la lettre ses recommandations. Au plus tard 07heures je fais prendre son bain à Orphée. C'est tout un combat. Il se débat comme un beau diable ; car comme tout enfant, il a horreur qu'on lui gâche le sommeil.
Après l'avoir bien lavée avec de l'eau à la limite bouillante, je l'essuie et lui enduit le corps de beurre de karité brut. Orphée ressemble beaucoup à son père ; il n'a pris de moi que les lèvres.
À la naissance, je ne pouvais pas m'empêcher de remercier Dieu que mon enfant ressemble à son papa ! Ma belle mère qui n'est jamais satisfaite me rabâchait les oreilles avec cette histoire de ressemblance pendant ma grossesse. Comme quoi ils ont le sang fort dans leur famille et tout. J'ai cru à un moment donné qu'elle aurait mit la paternité de mon fils en doute si jamais ce dernier ne ressemblait pas à Moctar.
Elle me saoule souvent celle là. Je fais toujours de mon mieux pour être courtoise avec elle, mais j'avoue que ce n'est pas facile. Elle a cette manie de toujours me rabaisser comme si je ne suis pas assez bien pour son seul garçon.
J'habille chaudement mon fils et le retourne dans son berceau. Il sucote goulument ses doigts. C'est un eternel affamé celui là.
Quand je finis mes taches, je cours prendre un bain en attendant ma visite. Je ne vois pas mon mari dans notre chambre. Je conclus qu'il a découché. Je ne comprends plus rien chez Moctar, il est très bizarre. Il semble qu'il veuille me pousser à bout, mais je ne vais pas me laisser faire. Je suis nourrice et je ne vais pas me prendre la tête avec toutes ses histoires. Il ne faudrait pas que je transmette toute cette négativité au bébé durant la tétée. Les enfants ressentent ce genre de choses.
Alors je dois faire attention.
Il est bientôt 9 heures lorsque Fatou sonne à ma porte.
-Ma sœur on dit quoi dit-elle en prenant dans ses bras. La maternité te va bien ; tu brille de jours en jours. Tu me donnes envie de prendre une autre grossesse.
-Dis plutôt que tu as envie de te reposer ouais. Tu aime trop congé de maternité.
Nous rions de ma remarque. Je leur donne la place et part leur chercher des rafraîchissements. Nous ne sommes qu'en début de matinée, mais il fait une chaleur d'enfer en ce mois de juin.
-Alors ma sœur comme convenu je suis là avec ta nouvelle nounou. Je vais vous laissez parler.
-Non tu peux rester Fatou ; toi aussi ? Il n'y a pas de secret entre nous. Et puis tu seras au moins témoin de ce qui va se passer aujourd'hui.
-D'accord si tu le dis. Mais je ne vais pas m'en mêler ; j'ai fait ma part.
-Je sais. Et tu as beaucoup fait même. Bon mademoiselle quel est votre nom ? M'adressais-je à la jeune dame.
-Je m'appelle Akabla ; j'ai 30 ans et je suis originaire du sud de notre pays.
-Akaaaa ma sœur tu ne fais pas ton âge hein ! Dis-je étonnée.
Elle sourit.
Je pensais avoir à faire à une jeune fille, mais je suis en face d'une jeune dame. J'espère que la cohabitation ne sera pas difficile.
-D'accord Akabla. Bienvenue chez moi, je m'appelle Martine. Je suis la maitresse des lieux ; j'ai un petit garçon de quatre mois, il s'appelle Orphée. Monsieur est sorti et il sera là d'un moment à l'autre.
J'essaie de lui faire un bref résumé de ce que sera son travail chez moi. J'insiste beaucoup sur le fait qu'elle doit bien s'occuper de mon petit garçon. Elle fera sa toilette et s'occupera de sa lessive et tout ce qui entre dans son entretien.
-J'espère que jusque là tout va bien.
-Oui tantie ça va.
-D'accord. Pour ce qui est de la cuisine je vais prendre une autre qui va s'en occuper. Mais contrairement à toi elle ne dormira pas avec nous. Donc ta tâche majeur comme je le disais tantôt c'est le bien être de Orphée. Je peux avoir ta prétention salariale ?
C'est vrai que je devais demander ça avant de rentrer dans le vif du sujet, mais je préfère qu'elle juge par elle-même le prix qu'elle peut donner à son travail.
-50.000 F CFA (100$ dit-elle sans hésitation.
-OOkkk c'est compris.
Elle semble surprise que je ne négocie pas.
Je ne suis pas le genre à faire des chichis pour payer mon personnel. Mon seul souci est qu'elle s'occupe bien de mon bébé.
-Bon Fatou, voici un peu la situation, qu'est ce que tu en dis ?
-C'est bien que vous ayez trouvé une base de cohabitation. Prions Dieu que tout se passe bien.
-Ok, elle a dit son prix et tout ; mais ce que je voudrais ajouter, c'est que c'est moi la patronne et on fera selon comme je le sens. Tu es ici chez toi et si jamais tu as des choses à modifier à mes règles, tu m'en parle au préalable. Par ailleurs, je t'embauche pour une période d'essaie de trois mois. Et si au bout de ce temps je ne suis pas satisfaite, je me verrai dans l'obligation de me séparer de toi.
Sommes-nous d'accord ?
Elle acquiesce après m'avoir lancé un regard assez étrange. Mais je ne sais pas pourquoi je me suis sentis un peu mal à l'aise. Cette fille m'a l'air bien, mais comme je le sens, c'est juste un AIR. Comme si elle feint d'être ce qu'elle n'est pas.
Je chasse rapidement cette idée de ma tête et entreprends de lui montrer sa chambre.
-Il ya quatre chambres en tout. Voici la tienne, dis j'en ouvrant la porte. Mais tu dormiras avec le bébé dans la sienne. Vue qu'il est encore petit on ne peut le laisser tout seul, et si tu veux après tu reste dans ta chambre pour que tu ais ton intimité.
-D'accord tantie.
-Appelle moi madame je préfère ça à tantie.
-C'est compris.
Je la laisse s'installer et part discuter avec mon amie.
Après le départ de cette dernière, je me retrouve avec Akabla ; j'entreprends de lui montrer les taches qui seront siennes avant le réveil de l'autre là.
Mon esprit part vers mon mari, où peut-il bien être depuis hier ? Je me fais violence pour ne pas l'appeler car je sais qu'il ne va pas décrocher. Qu'est ce qui ne va pas avec mon couple ? Suis-je une aussi mauvaise épouse à vouloir m'occuper de mon bébé ?
Pourquoi ne veut-il pas me comprendre ? Si au bout de cinq ans de vie commune je n'ai pas eu d'enfant et que j'en ais maintenant, en quoi cela est il mauvais d'être attentionné envers ce dernier ? À moins qu'il n'y ais autre chose, je trouve sa réaction infondée.
Au fond je le soupçonne d'avoir une maitresse. Mais pour l'instant, j'attends de me rétablit avant de faire quoique ce soit.
Moctar
Depuis hier je ne suis pas rentrée à la maison, et je sais que ma femme est plus qu'énervée. Mais au fond je m'en moque. Elle m'a relégué au second plan, et je vais en faire de même avec elle. Je ne vais pas la supplier pour avoir ce qui me revient de droit. Elle pense être la seule femme de ce pays à donner naissance. Ma mère a fait plus de cinq enfants, mais cela ne l'a jamais empêché de bien prendre soin de mon père. Alors pourquoi elle ne peut en faire de même ?
Je me suis retranchée dans ma garçonnière.
J'ai acquis ce petit bijou à ma deuxième année de mariage avec Martine. J'ai fais une bonne affaire, mais mon épouse ne sais pas que je possède cette maison. Elle se dit surement que je suis entre les cuisses d'une femme ; et à la vérité ce n'est pas l'envie qui me manque. C'est difficile de le croire mais cela remonte à longtemps que je n'ai pas eu de relation intime avec ma femme, et je n'ai pas cherché à satisfaire cette envie charnelle ailleurs. Car en dépit de tout j'aime beaucoup ma femme pour la tromper.
Par ailleurs elle ne mérite pas ça. C'est vrai que nous sommes en froid actuellement, mais cela ne m'empêche pas de lui rester fidele. Il faut vraiment que nous parlons. Sinon je sens que notre couple va à la dérive.
Akabla
Ma première journée de travail s'est bien passée. Je n'aime pas beaucoup les enfants, mais il faut avouer que celui-là a un charme fou. Il ne pleure pas beaucoup et passe son temps à rire et faire de petites grimaces de bébé. Il ne ressemble pas beaucoup à sa mère. Je pari que c'est à son père qu'il ressemble. En tout cas, je suppose que ce dernier ne doit pas être vilain à regarder.
Ma patronne est une bonne femme. Il n'ya qu'à voir la façon dont elle me parle ; elle ne se donne pas des airs de boss et semble ouverte. Dans tous les cas, je ne suis pas là pour faire amie amie avec elle. Je dois juste gagner sa confiance. Ensuite je pourrai voir ce qu'il ya lieu de faire. En plus ils m'ont l'air riche.
Seigneur tu vas enfin exaucer mes prières, me dis-je la joie au cœur. Sophie verra qu'elle n'est pas la seule à pouvoir se faire épouser par un grand type. En plus le sien est vieux et même pas beau. Je sais que le mari de ma patronne est joli, il n'ya qu'à voir son enfant.
Je rêve de ma vie future avec ce dernier quand j'entends sonner à la porte.
Je cours ouvrir en priant pour que ce soit là
Moctar
Lorsque la porte s'ouvre, je vois deux yeux d'un blanc éclatant me fixer étrangement.
Me suis-je trompé de maison ou quoi ?
-Bonjour madame. Euh suis-je chez le couple Asseu ?
Elle me sourit. En plus elle a un joli sourire.
-Bonjour monsieur, bonne arrivée.
Elle prend mon sac et me laisse passer.
Hum quel bel accueil ; ça fait des lustres que je n'ai pas été accueilli ainsi à la maison. Et j'avoue que ce n'est pas pour me déplaire.
-Je suis la nouvelle nounou et je m'appelle Akabla. Continua-t-elle toujours avec son joli
sourire.
Elle dépose mon sac sur le canapé et disparait dans la cuisine pour revenir avec un plateau et des jus de fruit ; Hum êtes-vous sûr que c'est dans ma maison que je suis traité ainsi ?
Elle me sert et patiente le temps que j'avale le contenu de mon verre, et ce qui me marque le plus, c'est qu'elle a toujours son joli sourire qui ne la quitte pas. J'adore voir les femmes sourire ; elles sont si belles quand elles le font. Mais il Ya des années-lumière de cela que Martine ne m'a pas souri, j'ai donc perdu l'habitude.
-Merci pour le verre, c'est gentil.
-A votre service monsieur. Répondit-elle en s'inclinant légèrement.
Lorsqu'elle me donne dos, je ne pus m'empêcher d'admirer sa croupe. Elle a des fesses à faire changer de vocation à un prête.
Qu'est-ce que tu fais Moctar ? Me gronde ma conscience. Tu regardes la nounou de ton fils avec un œil de convoitise, en plus sous le même toit que ta femme ! Revoit toi mon gars, ce n'est pas bon ça.
Lorsque je rentre dans la chambre, je trouve ma femme profondément endormie. Je m'assois prêt d'elle et lui caresse doucement la tempe. Elle se réveille et me fixe avec les yeux ensommeillés.
-Quelle heure est-il ? demande-t-elle d'une voix pâteuse.
-Il est 18 heures chérie.
-Tu rentre tôt aujourd'hui ; je peux savoir où tu as passé la nuit ?
-Chez mes parents mentis-je.
-Hum ! réponds t'elle septique.
Je sais qu'elle ne me croit pas, mais je n'ai aucunement envie de me disputer avec elle car je suis très fatigué et la seule chose dont j'ai besoin à l'instant, c'est d'un bon sommeil réparateur.
-Tu vas manger ?
-Peut-être après. Je vais prendre un bain et me coucher.
-D'accord.
-Dis-moi, tu as une nouvelle nounou ?
-Oui elle est venue aujourd'hui avec Fatou ! Elle s'appelle Akabla et je compte l'essayer pendant trois mois avant de pouvoir bien l'engager. Par ailleurs elle est payée à 50.000fcfa.
-C'est pas mal. J'espère que tout se passera bien. Dis-je en rentrant dans la douche, j'ai omis de dire à ma femme que la nounou m'a très bien reçue et qu'elle m'a fait de l'effet avec son immense derrière.
Je ressors de la douche propre et frais.
Je trouve Martine manipulant son téléphone.
Elle a le visage fermé.
-Où as-tu passé la nuit d'hier ?
Ah mais c'est quoi encore cette question ? J'y aie répondu tout à l'heure non ?
-Je pense avoir déjà donné une réponse.
-Je sais, mais je veux te donner l'occasion de me dire la vérité.
-Mais quelle vérité veux-tu Martine ?
-Dis-moi juste où tu as dormi ? Ou si tu préfères avec quelle femme as-tu dormie ?
Quoi ? Donc c'est ce qu'elle pense ? Que je la trompe ; j'éclate de rire malgré moi-même ! C'est fou comme ma femme est suspicieuse. Je me demande comment elle peut penser un seul instant que je puisse la tromper ; elle n'a pas confiance en moi, de ça au moins je suis sûr.
-Je n'ai dormie avec aucune femme ; et tu devrais me croire ! Et puis pourquoi doutes-tu de ce que je te dis ?
-J'ai appelé ta sœur et c'est elle qui m'a infirmer ce que tu as dit.
-Mais de quel droit te permets-tu de vérifier mes dires ? Je ne suis pas un enfant Martine ; alors je t'en prie ne mets pas ce genre de choses entre nous. Et même si moi Moctar je te trompe, sache que tu n'en sauras jamais rien. Je ne suis pas né de la dernière pluie et je sais comment gérer mes affaires.
-Ah bon ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?
-Martine tu me saoule ! Laisse-moi me reposer ! Sinon je retourne là d'où je viens. Et là-bas je n'aurai pas à supporter tes incessantes prises de tête.
Ce que je viens de dire la calme un instant. Car elle se laisse tomber sur le lit le visage entre les mains.
-Que t'ais je fais pour que tu me traite ainsi ? Je ne mérite pas ce que tu me fais. Je ne suis certes pas un ange, mais je ne suis pas non plus un monstre sur lequel tu dois t'acharner.
Mais de quoi parle-t-elle ? Je déteste la voir dans cet état.
-Ecoute chérie, je ne te reproche rien. N'en fait pas une affaire personnelle ; OK ? Nous sommes tous les deux surmenés ces derniers temps c'est tout. Mais tout rentrera bientôt dans l'ordre.
Elle ne me répond pas.
-Martine ?
-Oui.
-Je t'aime.
-Moi aussi je t'aime ! Répond-t-elle après une pause.
Je la prends dans mes bras pour la calmer !
La voir triste me fait de la peine.
J'ai rencontré Martine par le biais d'une amie. C'est une très belle femme et je n'ai pas compris qu'elle soit célibataire jusqu'à cet âge. C'est en la fréquentant que j'ai pu comprendre pourquoi les hommes la fuyaient. Elle est d'une intelligence presqu'effrayante. Par ailleurs c'est une femme de caractère qui sait ce qu'elle veut et ne mâche pas du tout ses mots. Je sais qu'elle occupe un grand poste. Je sais aussi que ma femme touche plus que moi en termes de salaire, mais cela n'a jamais été une cause de dispute pour nous.
En dépit de tout ça, elle m'a toujours respecté et laisser la place d'homme. Elle n'élève jamais la voix quand nous parlons. Elle me concède mon statut de chef de famille. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, c'est une femme douce et soumise. Je remercie Dieu que les hommes qu'elle a connu précédemment ne l'ait pas épousée car c'est une vraie perle.
Le seul bémol de notre mariage a été cette histoire d'enfant. Le problème ne vient pas de nous, disons que le temps de Dieu pour nous donner un enfant n'était pas encore arrivé. Ça été dur pour nous, mais on a tenu bon. Disons que ma femme a tenu bon ; il fallait qu'elle supporte les paraboles de maman ainsi que les regards inquisiteur et accusateur des uns et des autres. Je suis heureux qu'elle ait fait de moi un père ! Mon fils est mon portrait tout craché. Je l'adore et je suis fière d'être son papa. Mais le souci ; c'est que depuis la naissance du bébé, Martine n'a plus mon temps. A peine si elle s'occupe de moi ; elle n'a d'yeux que pour le petit. Je sais que je dois être content car c'est une bonne mère, le problème est que je suis jaloux. Oui je suis jaloux ; je veux ma part d'attention et d'affection.
Je suis un homme et j'ai besoin de ma femme ! J'ai envie de lui faire l'amour jusqu'au petit matin. Savourer son corps et son intimé comme je le faisais avant.
Mais cela n'est plus possible car elle a peur que ça ait des répercussions sur la santé du bébé. Selon elle c'est dangereux et l'enfant pourrait choper des maladies.
Balivernes !
Quatre longs mois sans rapports intimes c'est dur pour un homme. Et surtout je suis tenté de partout ! Je rencontre des femmes à longueur de journée. Mais j'essaie d'être fort.
Mais jusqu'à quand vais-je résister à l'appel de la chaire.
Il faut que ma femme se réveille avant qu'il ne soit trop tard. Je vais lui en parler quand elle sera un peu calme. Pour le moment je vais juste dormir.
Martine
Moctar est rentré ce soir ; et il m'a mentis. J'ai demandé à Nouria si son frère avait passé la nuit là-bas, cette dernière a voulu le couvrir, mais elle est malheureusement tombée dans mon piège. Je suis déçue de lui ! Je sais qu'il m'a trompé ; et je ne peux supporter cela. Je galère pour gérer le bébé et la maison, mais lui est occupée à coucher avec les femmes dehors.
Seigneur mon mariage n'aura donc pas dépassé les sept premières années fatidiques.
En quoi ais je échouée ? Me dis-je en pleurant de plus belle.
Je me souviens que mon ex fiancé m'a dit que je ne serai jamais heureuse dans un foyer car j'ai le comportement d'un homme. Après quoi je me suis remise en cause et j'ai travaillé sur moi afin d'être une bonne femme. Quand j'ai rencontré Moctar, j'ai su qu'il était diffèrent des autres, car lui n'avais pas de complexe par rapport à moi.
Est-ce de ma faute si j'ai eu la chance de vite me faire une place au soleil ?
La société te demande d'être autonome et indépendante, et quand tu réussis à faire cela, on te relègue au plan de femme-homme. Tu galère avant de trouver un homme à épouser. Ils ont tous peur et te fuis comme la peste. Avec mon mari ça été diffèrent. Et j'en suis fière.
Mais finalement je ne suis pas sortir de l'auberge, vue la manière dont ce dernier se comporte envers moi. Il m'aime je n'en doute pas. Alors pourquoi s'éloigne-t-il de moi ?
Je le regarde dormir, et lui caresse doucement la tempe. Il sent bon. Je lui fais un baiser. Il murmure dans son sommeil. Je continue jusqu'à ce qu'il capture mes lèvres. Je gémis lorsqu'il glisse une main sur mon sein gauche qu'il pétrit avec dextérité. Notre intimité m'a manqué.
Mais plus il se réveille et plus je sens son érection durcir contre moi, plus j'ai peur.
J'ai peur.
Oui j'ai peur que je ne sois plus à son gout. La maternité a laissée des séquelles sur mon corps.
Je me retire de ses caresses.
-Mais qu'est ce qu'il ya ? demanda-t-il la voix rendu rauque par le désir.
-Rien.
-Reviens s'il te plait.
-Je ne peux pas ; l'enfant pleure.
-Et moi je n'entends rien. Et puis sa nounou est là ! N'est-ce que pour cela que tu la paie ?
Je ne réponds pas.
En plus le bébé ne pleure pas.
Pourquoi je mens ?
Je ne veux pas que mon mari me voit avec ce ventre et cette forme. J'ai honte de me montrer à lui. La maternité a ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Et le principal, ce sont ces bourrelets que je traine depuis la naissance de mon fils. Je veux récupérer mon corps d'avant grossesse, avant que Moctar ne me voit.
-Reviens chéri. Tu ne vas pas me laisser comme ça.
Il désigne son sexe tendu d'un regard implorant.
C'est vrai que si jamais je le laisse ainsi, il va souffrir. Mais c'est plus fort que moi.
-Je ne peux pas.
-Comment ça tu ne peux pas. Je suis ton mari et c'est ton devoir de faire descendre ce truc.
Bordel Marine ! Jusqu'à quand va-t-on continuer ainsi ?
Jusqu'à ce que tout redevienne comme avant me dis-je dans la tête.
-Tu as tes maîtresses non ? Elles peuvent le faire mieux que moi.
Il me regarde perplexe. Moi aussi je suis surprise par ce que je viens de dire. Mais c'est comme ça. Je pense ce que je dis. Qu'il retourne là où il a dormir hier.
Puis je sors de la chambre en claquant la porte.
Nouria
Ma belle-sœur m'a bien eu.
Je sens que j'ai jeté mon frère dans les problèmes. Comment peut-il découcher et mentir qu'il a dormir ici ?
Je ne peux pas cautionner ses infidélités. Mais il aurait pu au moins m'éviter de me faire passer pour une menteuse aux yeux de Martine. Je déteste être mêlée aux affaires de couple des gens. Et surtout quand il s'agit de Moctar.
-A quoi penses-tu ? demanda maman. Je ne l'avais pas entendu s'approcher de moi.
-A rien. Dis-je en me levant.
-Tu mens mal ma fille.
-Maman !!!
-Mais c'est la vérité. C'est depuis ton appel avec Martine que tu es comme ça.
-Tu écoute les conversations des gens alors.
-Pas du tout. Je t'ai entend parler malgré moi. Que se passe-t-il là-bas ?
Je lui résume la situation. Mais sa réaction me laisse sans voix.
-Tu auras du couvrir ton frère.
-Sur du faux ?
-Même si ! C'est ton frère avant tout.
-Je n'en disconviens pas maman. Mais il a menti à sa femme ; alors je ne pouvais pas le soutenir.
-Bon moi je vais l'appeler pour lui dire qu'il a passé la nuit ici avec nous. Et que c'est toi qui ne l'a pas vue, puisque tu dormais déjà quand il est venu.
-Ahhiiii pourquoi vas-tu faire cela ?
-Pour protéger mon fils voyons. Il ne faut pas que cette femme fasse la bouche sur lui.
-C'est leur problème, pas le nôtre et même si elle fait la bouche sur lui surement qu'il le mérite. Tu connais très bien ton fils. Ce n'est pas un ange, il a dut faire quelque chose à Martine pour qu'elle réagisse de la sorte.
-Qu'importe.
-Et puis maman, tu n'as pas à parler dans ça. Ils sont mariés ; Moctar n'est plus un enfant qui a besoin qu'on le couvre.
-Tu ne connais pas cette Fille avec ses airs de grande dame. Je me demande bien ce que mon fils a trouvé à cette vieille fille.
Je suis sidérée par la réaction de ma mère.
Elle n'a jamais cachée qu'elle n'aime pas ma belle-sœur et je me demande bien pourquoi ? Martine est une bonne personne ; elle a ses mauvais jours comme tout le monde, mais elle reste quelqu'un de bien. C'est vrai qu'elle est plus âgée que mon frère, mais cela n'a pas été un frein à leur amour.
Maman ne l'a jamais supporté, car elle se dit qu'elle est trop vieille pour Moctar. Mais ce dernier n'est pas un enfant et lui seul sait ce qui est bien pour lui.
Sans plus m'accorder un regard, elle prend son téléphone et lance le numéro de Martine...