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Le pardon divin

Le pardon divin

Auteur:: DINE GRACY
Genre: Jeunesse
Prologue Les yeux rivés sur l'écran de mon ordinateur, je contemple l'une de ses photos, ses prunelles qui enfièvrent, ses lèvres gourmandes qui soustraient du monde sensible, ses courbes gracieuses qui enflamment. C'est moi qui avais pris cette photo. Nous étions à Akouango Village (site touristique au Nord de Libreville). Je me surprends à sourire, les souvenirs affluent dans ma mémoire. J'entends sa voix aux notes chaudes qui ensorcellent, je sens sa fragrance naturelle et ses doigts se promener sur mon visage pour m'apaiser, me caresser. Quelqu'un a dit qu'on ne peut aimer véritablement que ce qui vous domine, une femme qui nous soumet par sa beauté, son tempérament, son esprit et sa volonté, une femme qui agit en despote envers nous et ce ne sont pas que des mots... Je l'ai vécu et je ne peux vous dire si je suis sorti indemne de cette expérience. Ma femme m'appelle de sa voix fade, me tirant ainsi de ma rêverie. Elle a sommeil et ne veut pas s'endormir sans moi. Moi aussi j'ai sommeil et je ne veux pas m'endormir sans elle. Je ne parle nullement de ma femme, je parle de cette femme à qui j'étais dévoué, cette femme qui a décidé de me libérer de son emprise. A t-elle un autre homme dans sa vie ? Je suis pris d'un vif sentiment de jalousie en y pensant. Je devais être le seul homme qui appartenait à Mona. A contrecœur, je rejoins mon épouse. La vie me contraint à me contenter de ce que j'ai à portée de main. Je referme mes bras sur elle et mes pensées se tournent vers Mona, ma Mona. Qu'est-ce qu'elle me manque ! Quelle est cette femme qui m'obsède, pour qui je vendrais mon âme avec majoration sur le prix ? Je ne connais malheureusement pas toute sa vie. Elle ne m'en a livré qu'un bout, un bout que je chéris. J'ai maintenant excité votre curiosité et il faudrait que je la satisfasse. Venez donc, entrez dans le monde de Mona et vous, femmes, réjouissez vous de votre nature, vous auriez succombé comme moi si vous étiez du sexe opposé.

Chapitre 1 01

Episode n°1

[Kayvon]

Je sors de la salle d'eau, marque un arrêt. Il y a du bruit en provenance de la cuisine. Inutile de me demander qui s'y trouve. Nous ne sommes que deux dans le studio. Je l'entends parler. Il était trois heures quand je quittais la chambre. Avec qui peut-elle bien discuter à pareille heure ?

Je suis assis sur le lit quand elle entre dans la chambre.

Elle : Ça va mon beau ?

Je ne réponds pas sur-le-champ. Je me laisse bercer par le timbre de sa voix si ensorcelante.

Moi : Oui, je me suis levé pour uriner et tu n'étais pas dans le lit.

Elle : J'étais à la cuisine.

Moi : Avec qui discutais-tu ?

Elle, me regardant droit dans les yeux : Avec personne.

Moi : Mona, ne me prends pas pour un con!

Elle : Et toi, ne me prends pas pour une menteuse.

Moi : Alors dis-moi avec qui tu parlais.

Elle : Je parlais toute seule. Ça m'arrive de le faire depuis la mort de Perle (sa meilleure amie) et si tu veux savoir ce que je faisais debout à cette heure, sache que j'ai fait un cauchemar mais. Je me suis rendue à la cuisine pour boire un verre d'eau.

Moi : Tu veux en parler ?

Elle : De quoi ? Ma conversation avec moi-même ? Pfft !

Elle s'étend sur le lit, me tourne le dos. Je pose ma main sur sa hanche et elle me demande de la retirer. Je me tourne et me retourne dans le lit. Savoir que je l'ai froissée ne m'aide pas à trouver le sommeil. Elle se rapproche de moi. Elle sait ce dont j'ai besoin.

Je lâche un gémissement quand je sens ses douces mains sur «ma famille». Elle fait un long monologue avec le frère aîné avant d'inclure les sœurs jumelles dans la conversation. Elle accélère ses mouvements et je l'encourage à continuer.

Elle fait de moi ce qu'elle veut et j'aime ce qu'elle fait. 08, 09, 10, 11 minutes... Je suis ivre de plaisir. Elle pose sa tête sur mon torse, écoute le rythme saccadé de mes battements cardiaques.

Elle : Merci.

Moi : Pourquoi ? C'est à moi de te dire merci.

Je passe mes doigts dans ses longues tresses.

Elle : Je suis une femme épanouie avec toi.

Perle serait encore de ce monde si elle était tombée sur un homme comme toi. Je...

Moi : Je sais que tu m'aimes ma chérie.

Je l'embrasse avant d'essuyer les larmes sur ses joues. La perte de son amie date d'il y a neuf mois mais elle en souffre encore.

Je la contemple dans son sommeil. Qu'est-ce qu'elle est belle ! Qu'ai-je fait pour mériter l'attention d'une beauté pareille ? Je ne suis ni riche ni un canon de beauté masculine. Je suis un homme ordinaire aimé d'une femme exceptionnelle. Je l'embrasse délicatement avant de sourire. J'aime cette femme plus que moi-même...

[Mona]

Ouf ! Il s'est enfin endormi. Je m'écarte délicatement de son corps, vérifie que ses yeux sont bel et bien fermés avant de me rendre au salon.

Il doit être encore debout. Pensais-je en lisant l'heure sur mon téléphone.

Je le bipe. Un sourire se dessine sur mes lèvres quand il me rappelle l'instant d'après. Pendant une heure, nous parlons de choses et d'autres, Gil et moi. Il a hâte de rentrer, de me serrer dans ses bras. J'ai aussi hâte qu'il rentre de cette mission à Londres. J'espère qu'il ne repartira pas avant un semestre. J'ai besoin qu'il soit continuellement à mes côtés. Quand il n'est pas là, je ne suis plus la même, je fais des choses folles comme sortir avec des idiots comme Kayvon.

Notre première rencontre a eu lieu, il y a trois mois. Gil venait de partir pour une énième mission à Londres alors qu'il n'était rentré que depuis deux semaines. J'étais trop mal. J'ai donc fait un tour au Topaz et c'est là-bas que j'ai rencontré le personnage atypique qu'est Kayvon. Nous avons discuté tout en sirotant nos verres, la semaine suivante, j'acceptais son invitation à déjeuner dans un restaurant à la portée du Librevillois de base. Un mois plus tard, il réclamait la chaleur de mon corps contre le sien. Je ne lui ai accordé le privilège qu'il y a deux semaines.

Mon chéri revient à Libreville dans une semaine et il faut que ce musicien ivoirien sorte de ma vie au plus vite. Je dois me séparer de lui mais je ne veux pas être la méchante de l'histoire, celle qui s'amuse avec les sentiments et tout. Je n'aime pas les regrets et pour cela, je ne me mets jamais en situation de tort.

Demain, il faut que je trouve un stratagème avec Ursule, mon amie et accessoirement collègue, pour me débarrasser de ce Kayvon, hyper dépendant de moi mais je le comprends. Omeki Okufi (tu as goûté, tu es mort en lingala). C'est Ursule qui m'a appris cette phrase.

La femme que je suis ne laisse aucun homme indifférent. Quand on a ne serait-ce qu'effleurer ma joue, on ne peut s'imaginer s'arrêter là. C'est ce qui s'était passé avec Kayvon.

** Cinq jours plus tard **

J'ouvre grand les yeux, veux m'étirer mais des bras vigoureux refermés sur mon corps m'empêchent de le faire. Je reste quelques minutes dans cette position avant de me décider à le réveiller en douceur. Un quart d'heure plus tard, il me prend dans ses bras direction la salle d'eau. Durant le petit-déjeuner, il me parle de son programme de la journée que je fais semblant d'écouter. Sa vie et ses spectacles musicaux ne m'intéressent pas.

Il quitte mon studio non sans m'embrasser langoureusement. Je me rue sur mon téléphone dès que je suis seule. Un large sourire se dessine sur mes lèvres. Mon Gilou m'a envoyé un tendre message.

Quoi ? Qui n'a jamais eu deux « dossiers » sous le coude en même temps ? Arrêtez ça ! Pourquoi ce ne serait que les hommes qui auraient le monopole de la « gestion » sentimentale ? Votre Kayvon là, il peut me gérer sur le long terme ? Il a les reins et les poches solides ? Vous êtes là à me traiter de tous les noms d'oiseaux, vous me connaissez ? Tchiiip ! Pour la peine, je ne me présente pas ! Puisque vous m'avez déjà cataloguée, continuez à dealer avec « votre » Kayvon, et moi je gère ma vie. Dans la paix ooh !

Bon, il faut que je me presse, j'ai mon rendez-vous au Spa Yacine pour mon épilation intégrale et mes soins, je dois être top pour le retour de Gil !

Brrrbrrrr...

Moi : Allo ?!

... : Salut mon bébé !

Moi : Je t'écoute.

... : ma puce, tu vas me bouder encore longtemps ?

Moi : C'est tout ce que tu as à dire ?

... : Chérie, arrête s'il te plait. Tu me manques...

Moi : Tchiiip, tu me perds le temps ! Bye!

Clic! Pfff! No sense. Donc lui il pense que j'ai son temps en ce moment ? N'importe quoi !

Ping !

Je parie que c'est lui qui est passé au message... «Dis-moi ce que je dois faire pour que tu me pardonnes. Je ne te demande pas grand-chose, juste te voir, le temps que tu voudras... Ton esclave !»

Kiakiakiakiakia ! Pathétique ! Mieux je vais à mes soins. Je passe une heure à me faire dorloter, à entourer mon corps de soins rien que pour mon Gilou. Plus que deux jours et il sera dans mes bras. Je lui ferai savoir combien il m'a manqué...

Ma messagerie vocale est saturée quand je quitte le spa. Nul besoin de vérifier qui a essayé de me joindre. Je ne vais pas m'étendre sur le cas de «mon esclave ». J'ai d'autres choses plus importantes à faire.

Un taxi emprunté et je me retrouve à l'immeuble d'Ursule. Elle habite un deux-pièces à Louis.

Nous travaillons à BGFIBANK depuis quatre ans. Elle est assistante chargée du recrutement et moi responsable du recrutement au pôle sous régional du Groupe. Elle n'est en charge que de la première étape des recrutements. Le reste c'est moi qui m'en occupe. Elle a intégré le Groupe un an avant moi mais j'ai changé de grade avant elle.

Qui parle de promotion-canapé ? Vous me prenez pour qui ? Désolée de vous décevoir mais je ne mange pas de ce pain-là. Il n'y a que mes compétences qui m'ont permis d'accéder à ce niveau. Rien de plus, rien de moins.

Je la suis jusqu'à sa cuisine où elle me sert un verre de djino. Nous devisons avant d'aborder le pourquoi de ma venue. Elle secoue la tête quand je le lui annonce. Va-t-elle me dire non ?

Elle : Mona, ma rupture d'avec Léonce est encore récente. Je ne me sens pas apte à feindre des sentiments.

Moi, avec une douce voix : Susu, j'ai besoin de toi.

Elle : Mais pourquoi tu ne lui dis pas clairement que tu veux mettre fin à votre relation ?

Moi : Je ne veux pas me sentir coupable. Les hommes sont ceux qui trompent et qui bafouent les sentiments. Pourquoi changer la règle ?

Elle : Et moi dans tout ça ?

Moi : Ça pourra t'être utile.

Elle : Ah bon ?

Moi : Bien sûr que oui... je vide mon verre, le dépose sur le plan de travail... Ta vie est trop monotone, Susu. Mets-y un peu de folie. Tu vieilliras moins vite.

Elle : Tchippp

J'éclate de rire.

Moi : Kayvon est un mec sympa. Je l'aurais gardé si je n'étais pas aussi amoureuse de Gil.

Elle : Quand revient-il déjà ?

Moi, toute excitée : Après-demain. J'ai hâte... je lui prends les mains... Rends service à ta copine, Susu. Je ne te demande pas de coucher avec lui. Juste essayer de lui faire croire qu'il t'attire. Tu organises un rendez-vous avec lui et on s'arrangera pour que je vous attrape en train de vous embrasser. Ne fais pas cette tête. Ses baisers sont délicieux. Tu ne regretteras pas. Tu veux que je te donne du temps pour y réfléchir ?

Je le demande sur un ton implorant.

Elle : Non ça va mais c'est la première et la dernière fois que je le fais.

Moi : Tape ici. Dis-je en levant mes mains vers elle. Je te le revaudrai, sois en sûre.

Elle : J'espère bien. Déjà que je ferai un effort pour être en présence de ce Kayvon.

Moi : T'exagère. Ne te fie pas aux apparences. C'est un homme qui prend soin de lui. Que fais-tu de ta soirée ?

Nous bavardons encore un peu avant d'aller dîner à l'Odika, un restaurant situé dans son quartier. Ursule ne s'offusque pas lorsque je me charge de régler l'addition, je l'ai invitée alors c'est évident que je paye. Je reçois un message de Kayvon lorsque je rejoins mon appartement, message auquel je ne prête guère attention. Je lui ai assez donné de mon temps aujourd'hui.

****

Le jour tant attendu est enfin arrivé. J'éteins mon ordinateur, ferme mon bureau avant de quitter les locaux de l'Agence en fredonnant un air d'Arielle T (http://youtu.be/JazlhVmiNJA).

Je passe une heure aux fourneaux avant d'aller prendre une douche parfumée. J'applique ma crème de corps qui satine ma peau avant d'enfiler mes sous-vêtements immaculés. Gil adore me voir en blanc. J'hésite entre mettre une robe ou une jupe qui dévoilerait mon physique callipyge.

Une heure puis deux passent. Recroquevillée dans la causeuse, je ne cesse d'envoyer des sms à Gil. J'ai essayé de le joindre mais sans succès. Je commence à angoisser. Nous avons échangé hier au téléphone et il m'a assuré qu'il rentrerait aujourd'hui.

Pourquoi ne m'appelle-t-il donc pas ? Où est-ce qu'il peut être ? Mon ventre se met à gargouiller. Je me dirige vers la cuisine, dépitée. Et moi qui rêvais d'un dîner à deux. Pfft !

Je réchauffais le dîner quand j'entendis sonner. Je me presse d'aller ouvrir et là...

Chapitre 2 02

Episode n°2

Je me presse d'aller ouvrir et là, j'ai le choc de ma vie.

Waouh ! Cet homme se bonifie avec le temps. Il m'adresse son sourire enjôleur auquel je réponds. Je me pends à son cou avant de capturer ses lèvres. Ses lèvres charnues et suaves m'avaient terriblement manqué.

Il passe ses mains sous ma jupe, titille mon bouton d'allumage avant d'interrompre brusquement notre baiser.

Lui : Tu m'as manqué.

Je souris. J'aime trop la tendresse qui accompagne ses mots.

Moi : Toi aussi... Je l'embrasse chastement... Je peux savoir pourquoi tu ne décrochais pas mes appels?

Lui : Parce que je voulais que tu t'inquiètes un peu.

Moi, faussement vexée : C'est méchant Gilou.

Lui, souriant : Tu aimes bien quand je suis méchant.

Moi : Ça dépend du domaine.

Lui, me caressant les lèvres : Je n'ai cessé de penser à toi, ma tigresse.

Moi : Pareil. Dis-je en le caressant du regard. J'espère que tu ne voyageras pas avant un bon bout de temps.

Lui : J'espère aussi.

Petit silence, durant lequel nous nous mangeons du regard, puis d'un même élan, nous fondons l'un sur l'autre.

On se « mange » littéralement les lèvres, tantôt il redessine mes lèvres de sa langue, tantôt je lui mordille la lèvre inférieure, on se regoûte, se délecte l'un de l'autre. Mon jardin secret est en flamme et ruisselle en même temps !

Pendant ce temps, nos mains s'activent et nous nous déshabillons l'un l'autre... Avons-nous seulement le temps d'aller dans la chambre ?

Naaaan, l'urgence est là, l'impérieux besoin de se sentir l'un dans l'autre est cuisant ! Il me penche au-dessus du canapé, passe sa main le long de ma fente et d'un mouvement, souple et puissant, me pénètre...

C'est l'extase instantanée pour moi, une larme roule le long de ma joue, je tremble de tous mes membres et mon fourreau se resserre convulsivement autour de son épée ! Il pousse un râle de plaisir et accélère son mouvement, je le suis dans la danse et roule des reins. Toute notre passion s'exprime dans nos mouvements...

Très vite, nous atteignons les portes du 7e ciel et je me sens exploser en millions de particules!

C'est un instant unique et intense. Dieu que j'aime cet homme...

Quoi? Vous pensez donc que je ne sais que jouer? Hé bien vous vous trompez! J'ai un cœur!

Bref! Mon chéri crie mon nom et je le sens qui verse sa semence en moi. Oui, nous n'utilisons pas de protection, et c'est notre droit! Il s'agit de nos corps et vies, donc si vous n'êtes pas contents, moi quoi dedans?

Nous allons dans ma salle de bain et nous nous lavons l'un l'autre puis nous passons finalement à table où il me raconte son séjour. Nous parlons durant un long moment puis nous nous décidons à passer dans la chambre où il me fait l'amour en me murmurant combien de fois chaque parcelle de mon corps lui a manqué!

Tout à coup, j'ai froid, je le cherche de la main et je ne rencontre que le vide. J'ouvre un œil et il n'est pas là. Je regarde l'heure, 4h30.

Perplexe, je me lève, vais a la douche, il n'y est pas, petit pipi. Je sors, et je le trouve, nu, au milieu du salon, au phone. Il donne dos au couloir, donc ne me voit pas, mais comme toujours, il a senti ma présence, il se retourne et m'articule silencieusement:

"Pourquoi t'es debout?"

Moi, murmurant: Froid, t'étais plus là.

Lui, souriant puis toujours en silence: donne-moi 5min.

Et il reprend sa conversation avec un: "Mais oui je t'écoute ma chérie. Maintenant, il faut que tu dormes."

Je repars vers la chambre, non sans relever l'ironie de la situation...

Je ferme les yeux dès qu'il ouvre la porte. Il me prend dans ses bras, me fait des bisous dans le cou.

Lui: Ne fais pas semblant de dormir.

Moi: Tu m'as dit de dormir donc je dors.

Lui : Nali...

Moi: Je pensais être ta seule chérie, ton..

Lui, insistant sur chaque syllabe: Tu es ma seule chérie, ma tigresse.

Moi, lui faisant maintenant face : Alors qui appelais-tu ta chérie tout à l'heure ?

Lui: c'est maman.

Moi : Tu plaisantes, là !

Il remue la tête.

Moi : Ah ça ! Qu'avait-elle de si urgent à te dire à 04 heures du matin ?

Lui: Je ne l'ai pas appelée pour lui dire que j'étais bien rentré. Elle était inquiète et n'arrivait pas à dormir alors elle m'a appelé.

Je grimace un sourire. Cette femme ne finira jamais de m'étonner et de m'énerver.

Moi : Tu as de la chance d'avoir une mère pareille. Tu lui as dit que tu étais chez moi ?

Lui: Non mais ...

Moi, me détachant de lui : ça va. Bonne nuit.

Lui: Nali, je voulais juste éviter ses bavardages et ne pas lui donner un moyen de rallonger la conversation. Bébé ? Tu boudes ?

Moi: J'essaie de dormir.

Lui: Je pensais que tu ne pouvais dormir que dans mes bras. C'était bien ce que tu me disais quand j'étais à Londres, n'est-ce pas ? Ne me tourne pas le dos, s'il te plaît.

Il le dit en laissant ses doigts se promener sur mon corps. Je lui fais face quand ses caresses s'accentuent. Il m'embrasse délicatement l'épaule avant de m'adresser un regard innocent.

Moi : Il faudra que ta mère se fasse à l'idée que je ne suis pas de passage dans ta vie, Gilou.

Lui : Je ferai en sorte qu'elle le comprenne.

Moi: En lui disant que tu es à ton appart quand tu es chez moi ?

Lui: Je t'ai bien expliqué pourquoi j'ai dit le contraire, non ?

Moi: Et tu penses avoir résolu la situation de cette façon ?

Lui, fronçant les sourcils : Tu veux donc dire que je ne sais pas ce que je fais ?

Moi : Je n'ai pas dit ça, Gilou, je dis juste que... Qu'est-ce que tu fais ?

Lui : Je rentre chez moi puisque apparemment tu veux que j'aille jusqu'au bout de mon mensonge.

Moi : Gilou...

Il se lève, enfile sa chemise et son pantalon. Oh ! Le gars est sérieux !

Moi : Bébé, reste s'il te plaît. Si tu pars, je ne pourrai pas trouver le sommeil. Je suis désolée. Je ne te ferai plus de telles remarques, je t'en fais la promesse.

Je l'enlace par derrière quand il essaie de porter ses chaussures.

Moi : Gilou...

Lui : Je n'aime pas du tout quand tu doutes de moi.

Moi: Je ne doute pas de toi mon bébé (je me place face à lui). C'est le comportement de ta mère que je ne comprends pas mais je ne ferai plus mention de cela, c'est promis. Je t'aime plus que tout, Gil.

Lui: Je t'aime aussi, ma tigresse.

Il me caresse la joue avant de retirer ses vêtements. Enlacés, nous rejoignons ensemble les parvis du sommeil.

****

Lui, criant du salon : Bébé, tu as bientôt fini ?

Moi: Oui, je mets mes chaussures.

Lui: Tu veux dire que c'est maintenant que tu mets ton pantalon ?

Kanguée ! Cet homme me connaît tellement bien.

Une lueur de désir se lit dans son regard quand je le rejoins au salon. Ma jupe taille haute noire, le chemisier bleu marine sur lequel se trouve un gilet de la même teinte que ma jupe font effet. Des escarpins bleu marine et un sac Lancel (cadeau de mon Gilou) complètent ma tenue. Il m'embrasse, me dit qu'il m'aurait prise sur-le-champ s'il n'était pas déjà en retard. Main dans la main, nous quittons mon appartement. Il gare devant mon immeuble une demi-heure plus tard. Nous avons du mal à nous quitter.

Heureusement que nous déjeunons ensemble ce midi.

Je rejoins mon bureau, plaque deux bises sonores sur les joues d'Ursule avant de rejoindre mon siège.

Ursule : Eh ben ! A voir ton sourire, on sait que les retrouvailles se sont merveilleusement bien passées.

Moi : Exact... Nous échangeons des sourires... On a reçu de nouvelles candidatures pour le poste de comptable bancaire ?

Elle : Oui.

Je regarde en même temps qu'elle la pile de Curriculum Vitae sur son bureau.

Moi : Ok. Je valide les candidatures que tu m'as transmises hier. Je t'aiderai ensuite si tu n'as pas fini.

Elle : Merci chef.

Je réponds à son sourire. J'aime beaucoup cette femme menue pour son humilité et sa sincérité. Beaucoup de femmes m'auraient jalousée en constatant mon évolution professionnelle plus rapide que la leur mais cela n'a pas été le cas d'Ursule. Elle a accueilli la nouvelle avec beaucoup de joie. J'espère qu'elle pourra changer de grade lors de la prochaine session de promotion. Elle le mérite pour ses compétences techniques et humaines.

Ping ! J'ai reçu un message de mon chéri.

"Juste te dire que je t'aime et que je pense très fort à toi."

"Je t'aime encore plus. Hâte d'être à midi et de sentir à nouveau ton souffle dans mon cou."

J'appelle l'ensemble des candidats que j'ai sélectionnés pour un entretien pour le poste d'analyste financier expérimenté. Certains sont sur répondeur. Ils n'ont pas l'air d'être en recherche d'emploi ceux-là. Je leur laisse un message vocal pour rester professionnelle avant d'aider Ursule dans le tri des CV.

Commencer sa lettre de motivation par "j'ai l'honneur". Non mais quel manque de créativité! Je mets ce dossier de candidature de côté.

Je parcours le deuxième CV. Son profil est intéressant mais il est de signe bélier vu sa date d'anniversaire et les personnes appartenant à ce signe supportent moins bien le travail intellectuel trop intense. Je le mets de côté.

Je ne prends même pas la peine de regarder le troisième CV. La lettre de motivation qui l'accompagne comporte des fautes capitales.

" J'ai dans mes stages en école effectué des missions qui m'ont permise." Permise ? Je ne comprends pas qu'on puisse encore faire de telles fautes en ayant un master. Il aurait quand même pu se faire relire !

Je jette sans hésiter son dossier à la poubelle. Je continue ma sélection. Après un quart d'heure de tri, je tombe sur le candidat idéal. Profil intéressant et il est vierge. Astrologiquement parlant bien entendu. Ces personnes sont de bons travailleurs fiables, ponctuels et conscients de leurs devoirs.

J'appelle le candidat idéal et les candidats intéressants pour convenir de rendez-vous.

A midi, je reçois un message de mon chéri.

Moi: Bon appétit ma chérie. Dis-je à l'attention d'Ursule

Elle : Oh ! Je pensais qu'on déjeunait ensemble.

Moi: Désolée. Je déjeune avec mon bébé!

Elle : Les célibataires ont tort.

Moi: Tu n'es pas célibataire. Tu as Kayvon. (lui faisant un clin d'œil ) On organise votre prochaine vie de couple quand je reviens ?

Elle: Ça te fait rire hein !

Moi, l'embrassant: Mais non. Je suis consciente de ce que ça te coûtera et je saurai te faire oublier l'effort consenti pour m'aider à régler cette affaire.

Je l'embrasse et rejoins à toute hâte mon chéri.

Nous passons commande, lorsque je reçois un message. Je regarde vite fait le nom de l'expéditeur avant de concentrer toute mon attention sur mon homme. Encore l'accessoire qui veut empiéter sur le principal. Je saurai lui rappeler sa place à celui-là. Tchrr !

Chapitre 3 03

Episode n°3

A treize heures trente, je rejoins mon bureau. Je papote avec Ursule et mon téléphone ne cesse de vibrer durant notre conversation.

Ursule : Décroche gué.

Moi : Oh ! Laisse l'esclave faire son bruit. Et puis si je prends son appel Libertis risque d'interrompre ma ligne donc...

Ursule : Eh ben !

Moi : Laisse seulement. Je ...

Je suis à nouveau interrompue par les vibrations de mon téléphone.

Moi : Qu'est-ce que tu veux ?

Lui : Ma puce, ça va ? Tu ne peux pas savoir comme ça fait du bien d'entendre ta voix.

Moi : Le plaisir n'est pas partagé. Je suis au boulot et je me rappelle t'avoir dit de ne jamais m'appeler pendant mes heures de travail.

Lui : Je suis désolé ma puce. Je ne le referai plus. Est-ce qu'on peut se voir ce soir ?

Moi: Que vas-tu me remettre cette fois-ci ? Un diamant ?

Lui : Je m'en veux terriblement d'avoir devancé tes désirs. Je...

Moi: Quels désirs ? T'ai-je dit que j'avais besoin d'une voiture ? Tu me prends pour qui ?

Lui : Je...

Moi : Je n'ai pas besoin de tes cadeaux !

Lui, d'une petite voix : Je ne t'en ferai plus ma puce, je te le promets. Pardonne-moi s'il te plaît. Je me sens trop mal depuis un mois. Tu me manques tellement si tu savais. Est-ce qu'on peut se voir ce soir ?

Moi, d'un ton sec : Non.

Lui: Demain.

Moi : Non plus. Je t'appellerai plus tard. Bye !

Ursule applaudit quand je mets fin à l'appel. Elle aime ma façon de dominer cet homme. Sébastien, que j'appelle l'esclave parce qu'il le vaut bien... Nous nous sommes rencontrés, il y a trois ans à Port-Gentil au mariage de son fils qui a épousé l'une de mes cousines germaines. Il n'a pas cessé de me lancer des œillades durant toute la soirée.

A la fin de celle-ci, il a envoyé un de ses bras droits me demander mon numéro. Je lui ai donné mon adresse postale. Trois semaines plus tard, je recevais un courrier de sa part où il me demandait mon numéro et proposait un déjeuner ou dîner en tête-à-tête. Un mois s'est écoulé avant que je ne lui envoie un courrier. Dans celui-ci, je disais qu'il fallait qu'il me donne trois bonnes raisons de le rencontrer et il m'a répondu :

1- Je dois être délivré de l'obsession que j'ai pour toi et toi seul as le remède.

2- Je suis prêt à te donner la place de reine qui te sied

3- Je dois être délivré de l'obsession que j'ai pour toi et toi seul as le remède et je suis prêt à te donner la place de reine qui te sied

Lors de la correspondance suivante, je lui envoyai mon numéro. Oui, j'étais prête à le voir et à amplifier son obsession vis-à-vis de moi. Cet homme devenait de plus en plus accro à moi au fil de nos rencontres, voulait que notre relation dépasse le cadre platonique mais je repoussais l'échéance. Pas qu'il était repoussant physiquement ou que son statut marital m'effrayait, non. Je voulais juste le rendre fou de moi, qu'il passe des nuits blanches à s'imaginer les courbes de mon corps.

Je ne lui ai fait l'amour qu'il y a dix mois après deux ans de relation. (Aucun homme ne me fait l'amour à l'exception de Gilou) et ce jour-là cet homme de cinquante ans a pleuré comme un bébé dans mes bras. Depuis, il est friand de mes caresses mais je ne lui en donne qu'à petite dose. C'est-à-dire une fois tous les trois mois. Il ne faut pas se donner sans cesse à un homme de ce genre. Il pourrait gaspiller le bien et mon corps est un bien rare qu'il faut préserver.

Pour revenir au présent, l'esclave a décidé de m'offrir une voiture en signe de son amour et de sa dévotion envers moi et je l'ai refusée parce que je ne veux pas rien avoir de lui. Sa soumission me suffit.

Quoi? Qui demande ce que je lui ai fait de particulier? Pourquoi vous voulez savoir? Bon, si je vous raconte, je ne veux entendre aucun jugement hein! Alors le jour où je lui ai donné rendez-vous pour lui "mélanger le mind", je lui ai donné des instructions très précises à suivre:

1. Il devait s'arranger pour être disponible 48 heures durant

2. Il devait venir avec un certificat de son médecin qui attestait qu'il n'avait ni problème cardiaque, ni souci de tension...

3. Il devait accepter ce que je lui demandais sans rechigner sinon nous arrêtions tout!

Il a docilement rempli toutes les conditions, vous-mêmes vous savez que tant qu'il n'a pas eu ce qu'il veut, l'homme est pire que le chien! Il s'aplatit plus bas que terre!

Je lui avais donné rendez-vous à la Résidence du Phare, j'aime bien car pas trop m'as-tu vu tout en étant sélect. J'avais pris une suite, une collation était apprêtée, je m'étais organisée pour que nous n'ayons pas à être dehors.

Il arriva à l'heure, toujours bien mis, très propre sur lui, avec cette distinction naturelle propre à certains hommes de pouvoir...

Comme je vous l'ai déjà dit, c'est un bel homme, bonne taille, bonne forme, charmant et propre ! J'insiste sur la propreté car je peux supporter beaucoup de choses mais pas le laisser aller...

Donc, je lui ouvris, il pénétra la pièce et presqu'aussitôt, son parfum, tout en subtilité, emplit l'espace : Man de Rochas, un plaisir pour les sens...

Il me tendit le bouquet qu'il m'avait apporté, ainsi que ses analyses datées de 3 mois et de 2 jours. Je lui montrai les miennes également.

Nous échangeâmes ensuite une coupe de champagne, puis alors qu'il voulut s'asseoir, je lui ordonnai de se déshabiller et de s'allonger très vite sur le lit, il n'eut même pas une seconde d'hésitation et s'exécuta.

Une fois fait, je vins lui lier les poignets et les chevilles aux quatre extrémités du lit, il était là, offert et je me mis à le caresser à l'aide d'une plume, je la passais partout : le torse, le cou, le visage, les jambes, sa virilité semi dressée, et même sa raie... il tremblait d'excitation mais aussi d'appréhension je crois. Je ne disais rien, je l'observais juste. Puis je pris un glaçon, et refis la même chose, là, il commença à émettre des sons, à peine audibles mais il ne pouvait plus s'en empêcher. J'étais toujours habillée, je portais une combinaison en cuire, après le glaçon, ce fut mes mains et ma bouche en alternance, là, il balbutiait plus distinctement, tantôt me suppliait d'arrêter, tantôt m'encourageait... Je le transformais en glace savoureuse et m'appliquais avec habilité sur le cornet... D'abord nature puis je repris des glaçons, il gémissait et était tendu à l'extrême, les : « tu vas me tuer » étaient de plus en plus fréquents.

Tout à coup, j'arrêtai tout et lui dis qu'il était trop faible pour moi, si une simple fellation le mettait dans cet état, il ne supporterait jamais d'être ma chose, d'être mon esclave dévoué !

Il me jura tous les dieux qu'il était résistant que je pouvais tout lui faire. Je le fixais dans les yeux et répétais : « Tout ? »

Lui : Oui, tout, je suis à toi !

Moi, l'air de réfléchir à ce qu'il disait, je me dirigeai vers mon trolley, d'où je sortis une boîte de préservatifs, un lubrifiant et un plug anal...

Je me remis à le prendre pour mon « cornet vanille », quand il fut bien dur, je lui enfilais la capote et m'empalais grâce à la fente savamment placée où il se doit sur ma combinaison magique ! Je lui donnais dos, je lui caressais les « jumelles » tout en ondulant sur lui, puis je m'enduis les doigts de lubrifiant et entrepris de lui caresser le petit trou, il se raidit mais ne dit rien. Je le lui titillais doucement, lentement puis j'introduis un doigt, sa virilité s'affirma de plus bel et ses gémissements se firent plus audibles, je lui pris le petit trou tout en serrant son membre dans mon puits, il fut lui-même surpris par l'orgasme qui survint violent et intense. Il cria et fut pris de spasmes. Je ralentis au fur et à mesure, puis me retirais, je n'étais pas encore satisfaite, j'avais à peine décollé et je trouvais qu'il avait été un peu trop rapide dans son plaisir. Je le détachais et lui ordonnais de passer à la douche, il le fit et nous passâmes à table ensuite. Il essaya d'entamer la conversation, je le coupai net : « t'ai-je autorisé à parler ? ». Il baissa la tête sous mon regard insistant.

« Bien, finis de manger, je n'en ai pas encore terminé avec toi...

Bon, je ferme la parenthèse de ce souvenir, j'ai un rendez-vous !

A dix-sept heures et des poussières, je prends congé d'Ursule. Je me dirige vers la salle d'eau dès que j'arrive au studio. J'enfile un débardeur et une mini-jupe et vais nous faire à manger à Kayvon et moi.

Où est Gil ? Bah, monsieur passe la soirée avec sa mère. Je n'ai pas affiché mon mécontentement parce que ça m'arrangeait bien. Je finis de dresser la table et la sonnette retentit à ce moment-là. J'ouvre la porte et il me contemple longuement avant de me sourire.

Moi, l'embrassant chastement: Bonsoir mon beau. Je t'ai manqué ?

Kayvon, m'enlaçant : Bien sûr que oui.

Il veut goûter à mes lèvres, je consens à les lui donner. Ses mains caressent mon dos, veulent glisser sous mon débardeur mais je les freine.

Moi, prenant sa main: viens, le repas est prêt.

Nous nous installons ensuite devant la télévision, lovés sur le canapé. Quelqu'un sonne. Je vais ouvrir et découvre une Ursule aux traits affaissés. Je fais tout pour ne pas sourire. Je ne dois pas distraire mon amie.

Moi : Ça va ma chérie ?

Elle secoue la tête et des larmes coulent sur son visage. Han ! Ça c'est le haut niveau de comédie.

Ursule : Il m'a quittée le salaud. Tu te rends compte ? Léonce a osé me quitter.

Moi: Ne me dis pas ça !

Ses larmes coulent de plus belle et je la prends dans mes bras. Elle pleure sans s'arrêter. Ma copine est en train de bien pleurer son Léonce. Quand elle se décide à arrêter, j'essuie ses larmes et la mène vers Kayvon qui la regarde d'un air triste.

Moi : Kay, tu pourrais faire de la place à Ursule s'il te plaît ?

Kay : Bien sûr. Tu veux que je lui apporte quelque chose ?

Moi: Ne t'en fais pas, mon beau. Je vais le faire.

Je me dirige vers la cuisine en esquissant un sourire. Le processus de sortie de Kayvon est enclenché.

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