Assise dans l'amphithéâtre bondé, je n'étais que Camille Dubois, l'étudiante en art discrète, espérant passer inaperçue lors de cette stupide cérémonie des "Rois et Reines".
Mais mon nom a retenti dans les haut-parleurs, et mon visage s'est affiché sur l'écran géant, non pas pour un couronnement glorieux, mais comme "Reine de la Maladresse", une compilation humiliante de tous mes faux pas.
Pire encore, mes croquis intimes de Marc Lemaire, l'objet secret de mon admiration, ont suivi, exposant aux yeux de tous mon amour non partagé et faisant de moi la risée du campus.
Marc, mon héros silencieux, riait avec la cruelle Léa Moreau, cette popularité enivrante les rendant aveugles à leur propre méchanceté.
La douleur s'est transformée en une froide clarté : l'humiliation n'était qu'une étape, pas une fin.
Au lieu de m'effondrer, j'ai offert ma main à Élise Fournier, la "Princesse des Gaffes", victime silencieuse de la même cruauté.
Quand, pour se sauver, Marc m'a accusée d'une agression qu'il avait mise en scène, me valant une suspension, ma fureur est devenue une détermination glaciale.
Ils croyaient m'avoir brisée, mais ils venaient de réveiller la véritable Camille Dubois, l'héritière cachée d'un empire.
Le bal de fin d'année approchait, et avec lui, le moment de leur chute orchestrée.
Ils avaient voulu faire de moi une blague ; ils allaient découvrir qui était la véritable reine.
L'amphithéâtre était plein à craquer, une mer de visages bruyants et excités. C'était le jour du vote annuel des "Rois et Reines" de l'université, un événement stupide mais incroyablement populaire. Je m'asseyais dans un coin, comme d'habitude, mon carnet de croquis sur les genoux, espérant juste que ça se termine vite.
Puis le nom de Léa Moreau a
Le lendemain, l'atmosphère sur le campus était électrique. Les gens me dévisageaient en chuchotant, certains avec pitié, la plupart avec moquerie. Les photos de mes croquis de Marc étaient devenues virales sur les réseaux de l'université. J'étais officiellement la folle obsédée en plus d'être la Reine de la Maladresse.
J'étais assise à la cafétéri