Tout à coup, sa femme ouvrit la porte sur nous : "Charbelle ?".
Elle devint immobile ; j'avais tellement honte au point où je cachais mon visage avec ma robe.
Un silence s'installe dans la pièce jusqu'à ce que j'entendis son mari crier : "Jeannette, Jeannette".
Je laissai tomber ma robe pour voir ce qui se passait : Elle s'est évanouie.
Il porta rapidement sa chemise puis la conduisit à l'hôpital.
J'étais complètement déçue de moi même.
Je pleurais abondamment et je me demandais comment j'ai pu laisser mon tuteur coucher avec moi.
Je ne savais pas quoi faire ; consciente du fait que ma tutrice ne pourra jamais me pardonner, j'ai décidé de quitter leur maison avant qu'ils ne reviennent.
J'ai aussitôt plié mes bagages pour me réfugier chez ma copine Ruth.
- Ruth : Ça suffit ! Maintenant dis-moi ce qui s'est passé.
- Moi : Je ne sais pas comment j'ai pu faire ça. C'est clair que Dieu serait en colère contre moi.
Comment puis-je me faire pardonner ?
- Ruth :Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Moi : C'est mon tuteur. J'avais raconté tout ce qu'il faisait à sa femme...
- Ruth : Tu me l'avais déjà dit et c'est vieux ça. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Moi : Sa femme a fini par me comprendre puis elle m'a demandé de le laisser m'embrasser afin qu'elle vienne voir de ses propres yeux.
- Ruth : Et ???
- Moi : Alors qu'elle était partie au salon de coiffure, son mari a voulu recommencer et comme prévu, je l'ai bipée afin qu'elle revienne.
- Ruth : Hum !
- Moi : Je ne sais pas ce qui m'est arrivé et puis...
- Ruth : Et puis quoi ?
- Moi : Je l'ai laissé me pénétrer et sa femme est venue nous surprendre.
- Ruth : Quoi ? Tu es folle ? N'est-ce pas toi même qui l'a appelée ?
Tu as oublié qu'elle serait en route pour la maison ?
Non mais là, tu veux prendre carrément son mari. Et qui t'a renvoyé ?
- Moi : Personne ; j'ai quitté volontairement.
- Ruth : Mistake !!!
- Moi : Je ne peux pas supporter cette honte. Je préfère me suicider.
- Ruth : Non non ; tout problème a une solution.
Tu es sûre que c'est elle même qui t'a proposé de le laisser t'embrasser ?
- Moi : Oui. Pourquoi mentir ?
- Ruth : Elle a mal fait mais toi tu as commis le pire des erreurs.
- Moi : Je ne sais plus quoi dire.
- Ruth : C'est compliqué. Qu'a-t-elle dit quand tu quittais ?
- Moi : Ils n'étaient pas là. Elle s'était évanouie et son mari l'a conduit à l'hôpital.
- Ruth : Là, c'est grave.
C'était les pires moments de ma vie ; je ne sortais pas et je pleurais presque toute la journée.
Aussi, j'ai éteint mon téléphone portable pour ne pas recevoir leurs appels.
Maintenant, je serai seule face à mes problèmes.
Les difficultés s'accrurent et je ne cessais de quémander à mes amis.
QUATRE SEMAINES PLUS TARD
Je faisais la lessive dans l'arrière cours quand Ruth vint en toute vitesse avec mon téléphone qui sonnait dans ses mains.
- C'est son mari.
- Décroche pour écouter ce qu'il veut te dire.
- J'ai peur !
- Fais vite !
***
- Allô !
- Oui Charbelle. Comment vas-tu ?
- Bien et maman ?
- Je crois qu'elle va bien.
C'est de ta faute ;j'ai tout appris.
Donc tu voulais me dénoncer à ma femme.
Tu as toujours tenté de nous séparer.
C'est çà ? Malgré tout ce que je fais pour toi, tu as tout mis en œuvre pour détruire mon mariage. Comment tu peux faire ça ?
***
- Pourquoi tu as raccroché ?
- Je suis dépassée pas ce qu'il raconte.
- Qu'a-t-il dit ?
- On lui a tout raconté.
- Quoi ? Qui ?
- Ce qui s'est passé. Il sait que j'avais comploté avec sa femme. Maintenant, il dit que j'avais pour objectif de dissoudre leur mariage.
- Triste.
- J'ai tout gâté. Si je savais, je quitterais leur domicile depuis qu'il a commencé par me courtiser.
- C'est passé. Que feras-tu maintenant ?
- Je n'en sais rien.
Tout devenait de plus en plus compliqué ; je perdais continuellement espoir. Aussi, je venais juste d'avoir le BAC et je dois commencer l'université.
J'ai fini par chercher un petit job pour me faire un peu d'argent.
Je vendais dans une mercerie d'un proche à Ruth.
Un jour, alors que je revenais à la maison, j'ai rencontré la domestique de mon ex-tuteur.
Elle était au village au moment des faits.
- Charbelle, c'est toi ça ?
- Comment vas-tu ?
- Pas mal et toi ?
Attends, comment tu as fait ?
- S'il te plaît, je préfère ne pas en parler. Tout le monde va bien ?
- Attends ; elle t'a vraiment donné l'autorisation d'embrasser son mari ?
- S'il te plaît, je préfère ne pas en parler.
- Ok. Ne sois pas triste s'il te plaît. Je sais que c'est difficile à supporter.
Même si personne ne veut te croire, moi au moins je connais un peu ce que tu as vécu avec ce monsieur.
- Parle-moi de ce qui se passe. Elle est finalement revenue ?
- Oui depuis la semaine dernière. Où ira-t-elle ?
D'ailleurs, le monsieur veut d'enfant.
- Tu n'as qu'à lui en donner.
- Rire, tu es mieux placée. Peut-être dans deux mois maintenant, nous aurons une bonne nouvelle de ta part.
- Arrête s'il te plaît !
- Charbelle, je dois vite rentrer pour faire la cuisine.
- Au revoir !
- Charbelle, elle m'a dit qu'elle ne veut jamais me voir avec toi. Elle m'a même changé de carte SIM ; du coup, je n'ai plus ton numéro.
Aussi paraît-il que toi aussi tu n'étais pas disponible , monsieur m'a demandé si je savais là où tu vis.
Il t'a vraiment cherché.
- Après avoir abusé de moi et m'humiliée au téléphone ?
- Peut-être qu'il ne veut pas cesser de te financer. Rappelle-le quand tu seras à la maison.
- Pour lui dire quoi ?
- Tu n'as qu'à lui dire que tu m'as vue ce soir et je t'ai dit qu'il demandait d'après toi.
- OK ; merci !
- Bonne soirée à toi !
- Merci et à bientôt !
Une fois à la maison, j'ai rallumé mon téléphone pour le contacter.
J'avais un peu peur et je me demandais ce que je lui dirai.
- Ruth : Tu sais ce que tu diras ?
- Moi : Je suis confuse.
- Ruth : Appelle seulement et dis que c'est pour le saluer.
- Moi : Oh mon Dieu !!!
- Ruth : Ça va aller. Appelle-le !
****
- Allô !!!
- Allô qui ? Tu es encore revenue ? Je ne veux plus jamais te voir appeler le numéro de mon mari. Voleuse de mari !
Si jamais tu rappelles encore ce numéro, je te promets que ce sera ta fin. Idiote ; ingrate.
***
- Tu ne dis rien ?
- J'ai eu chaud, c'est sa femme qui a décroché.
- Ah !!! Qu'est-ce qu'elle a dit ?
- Ingrate, idiote ; ne rappelle plus ce numéro.
- Je suis désolée. Ne te décourage pas s'il te plaît ; je suis sûre que son mari n'est pas là.
- Je ne rappellerai plus. Ça suffit ; je veux tout oublier. Je veux commencer une nouvelle vie et redevenir la Charbelle que j'étais.
- Je ne rappellerai plus.
Ça suffit ; je veux tout oublier.
Je veux commencer une nouvelle vie et redevenir la Charbelle que j'étais.
Tels étaient mes souhaits.
Trois semaines plus tard, Ruth m'a proposé de faire un test de grossesse car je ne cessais de lui dire tout ce qui m'arrivait côté santé.
Elle disait que c'est sans doute une grossesse mais je n'y ai pas cru.
Je ne suis pas prête pour tomber enceinte et si je devrais l'être, ce ne serait pas pour mon tuteur.
Le week-end suivant, les différents tests effectués confirmèrent que je suis enceinte.
Je voyais dans ma vie, de nouvelles séries de problèmes en leur genèse.
Que faire ? Je restai muet jusqu'à ce que nous revînmes à la maison
- Ruth : C'est compliqué.
- Moi : Qu'est-ce que j'ai fait ? Comment puis-je résoudre ce problème ?
- Ruth : Je pense qu'il serait mieux que tu avortes.
- Moi: Quoi ?
- Ruth : Tu veux être la maîtresse de ton ex tuteur ?
- Moi : Et pourtant je cherche le pardon de Dieu.
- Ruth : Tu n'as pas le choix.
- Moi : Est-ce en donnant naissance à un enfant adultérin que je serai pardonnée ou en avortant cette grossesse ?
- Ruth : Charbelle ; écoute-moi très bien.
Tu n'es pas sans savoir comment cette dame te menace.
Je te prie de bien vouloir te débarrasser de cette grossesse.
- Moi : Non ; s'il te plaît ne me demande pas d'avorter.
- Ruth : Donc tu as bien voulu les conséquences ? Tu voulais vraiment lui arracher son mari ?
- Moi : Mais comment peux-tu me dire de telles bêtises ?
Ruth, tu me déçois ; même si tout le monde refuse de me croire, je pouvais avoir confiance en toi au moins.
- Ruth : Si tu veux que je crois en toi, fais tout pour ne plus porter atteinte à leur union.
Évite tout ce qui te permettrait de créer des ennuis à ta tutrice.
- Moi : Dieu même sait que ce n'est pas mon intention mais je n'ai pas le choix. Je ne veux pas avorter ; je dis non.
- Ruth : C'est clair que si c'était un vil individu qui t'a enceinté, tu n'hésiterais pas à le faire.
- Moi : S'il te plaît Ruth ; ne reviens plus sur ce sujet. J'ai pris ma décision.
- Ruth : D'accord mais j'espère que tu as les moyens financiers pour t'occuper de cette nouvelle charge.
- Moi : Nous ne mangerons pas du sable.
***
Démiurge ; observateur omniprésent !
De l'autre côté, monsieur Jospin était en route pour l'aéroport accompagné de sa femme Rosemonde, anciennement tutrice de Charbelle.
Elle contactait parfois Ruth sans que Charbelle ne le sache.
À son retour de l'aéroport, Ruth lui annonçait que Charbelle est enceinte.
- De combien de mois et de qui ?
- Je pense que vous savez tout déjà.
- Tu es sûre de ce que tu dis ?
- Oui, pourquoi vais-je mentir ? Nous étions à l'hôpital ensemble.
Je ferai de mon mieux pour la convaincre afin qu'elle avorte.
- Non, ne lui propose pas d'avorter.
Je viendrai ce soir.
Elle avait l'air étrange ; peut-être qu'elle a trouvé un moyen pour transformer la situation en sa faveur.
Rosemonde qui n'a toujours pas eu d'enfants après huit ans de mariage, pourra-t-elle permettre que Charbelle devienne sa co-épouse ?
Non, d'ailleurs il ne peut y avoir un mariage polygame.
La question serait de savoir si elle permettra à Charbelle de faire un enfant adultérin à son mari.
Le soir, elle rendit une visite surprise à Charbelle.
Elles se saluèrent.
- Ruth : Désolée de ne t'avoir pas informée.
- Charbelle : Non, ça ne me gêne pas.
- Rosemonde : Alors, j'ai appris que tu es enceinte.
- Charbelle : Oui, je le suis.
- Rosemonde : Et que comptes-tu faire de la grossesse ?
- Charbelle : Tout sauf avorter.
- Rosemonde : Ah bon ?
- Charbelle : Oui et je suis désolée !
- Rosemonde : Je peux te pardonner mais à une seule condition.
D'abord, tu n'es pas sans savoir que ce serait une honte pour toi après tout ce que je t'ai fait depuis le décès de ta mère.
Ta famille t'a laissée souffrir mais moi je t'ai accueillie.
Malgré tout ce que j'ai fait pour toi, voici comment tu m'as remercié.
- Charbelle : Je suis désolée !
- Rosemonde : J'ai une seule proposition pour toi.
Je prendrai soin de toi et de la grossesse jusqu'à terme.
- Charbelle : Oh merci merci ; vous êtes...
- Rosemonde : Mais dès que tu mettras l'enfant au monde, il sera à moi.
Ce sera un secret entre nous.
Tu pourras continuer tes études et je continuerai de te financer.
Je sais que c'est une décision qui te sera difficile à prendre ; pour cela, je te laisse réfléchir jusqu'au mercredi prochain.
N'hésite pas à m'informer dès que tu prendras ta décision.
Au revoir !
Madame Rosemonde vient de quitter.
Charbelle va-t-elle accepter cette proposition ?
Qu'est ce qu'elle gagnerait en refusant cette offre ?
- Ruth : Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
- Charbelle : Elle veut que je lui remette mon bébé.
- Ruth : Comment ? Je n'ai pas compris.
- Charbelle : Elle propose de prendre soin de moi et de la grossesse mais le bébé sera à elle après l'accouchement.
- Ruth : Elle fera croire à son mari qu'elle est enceinte ?
- Charbelle : Je me le demande aussi. Si ce n'est pas son intention, donc son mari est au courant de cette offre.
- Ruth : Que feras-tu ?
- Charbelle : Je n'en sais rien.
Elle m'a donné jusqu'au mercredi.
- Ruth : Je te propose d'accepter.
Là au moins, ton enfant sera en vie et tu ne connaîtras pas la honte, cette honte que tu connaîtras en gardant cet enfant sur toi.
Elle sera très fière de toi car tu veux lui rendre un grand service. Elle pourra se sentir heureuse dans sa belle famille et tout ça à cause de toi.
Du coup, elle t'aimera plus que tout au monde. Charbelle, accepte s'il te plaît.
Aussi, n'oublie pas que tu n'as personne pour t'aider et ne me dis pas que tu vas demander l'aide de Monsieur Jospin.
- Charbelle : Je suis embrouillée.
- Ruth : Je te laisse réfléchir.
- Charbelle : Même si j'accepte, comment peut-elle le faire passer pour son enfant sans avoir porté une grossesse ?
- Ruth : Ce n'est pas un problème. D'ailleurs, son mari vient de voyager.
- Charbelle : Et si c'est l'unique enfant que je devrais avoir dans ma vie.
- Ruth : En tout cas, sache que tu dois éviter de donner naissance à cet enfant adultérin sauf si tu acceptes sa proposition.
Sa proposition est la bonne à mon humble avis.
- Ruth : Laisse-moi un instant s'il te plaît.
Je veux me sentir seule pour un instant.
TROIS JOURS PLUS TARD
Entre accepter ou rejeter l'offre de Rosemonde, Charbelle se retrouvait face à un grand dilemme.
Pendant que Charbelle était soucieuse dans la chambre, Ruth discutait avec Rosemonde au Téléphone.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ?
- Elle a besoin du temps pour réfléchir.
- Essaye de lui parler s'il te plaît.
- Ne vous inquiétez pas ; elle finira par accepter car elle n'a pas le choix.
- Je compte sur ta bonne volonté.
***
Aussitôt, Rosemonde appela son mari pour lui annoncer qu'elle est enceinte.
Monsieur Jospin était très content d'apprendre cette nouvelle qu'il attendait depuis des années.
Le nouveau plan de Rosemonde consistait à quitter le pays avec Charbelle.
Aussitôt, Rosemonde appela son mari pour lui annoncer qu'elle est enceinte.
Monsieur Jospin était très content d'apprendre cette nouvelle qu'il attendait depuis près de trois lustres.
Charbelle quant à elle se retrouvait perplexe face à un véritable dilemme.
De l'autre côté, Ruth dévouée à aider madame Rosemonde ne cessait de convaincre Charbelle pour qu'elle accepte l'offre.
- Ruth : Sache que tu le fais pour toi même. À ton âge, est-ce à cet homme qui pourrait être ton père que tu feras un enfant ?
Pire, un enfant adulterin.
Ce serait une honte pour toi. Réfléchis bien car ce serait une grave erreur de ta part si tu refuses.
- Charbelle : Mon bébé !
- Ruth : Cesse de pleurer s'il te plaît.
Tu en auras d'autres et tu pourras avoir une vie de couple paisible avec un homme qui n'aura aucune idée de ton passé.
- Charbelle : Qu'est-ce qui te fais dire qu'elle me pardonnera si je lui rend ce service ?
- Ruth : Elle m'a promis de te pardonner et t'aider financièrement pour ton cursus universitaire et je crois en elle. Est-ce la première fois qu'elle veut t'aider ?
Et pourquoi tu doutes ?
Elle était toujours là pour toi si ce n'est pas toi qui l'a blessée finalement.
- Charbelle : Dis-lui que j'ai accepté.
- Ruth : Enfin, tu as décidé comme les sages.
Ruth téléphonait Rosemonde pour la tenir au courant mais elle ne décrochait pas.
Ce n'est qu'après trois heures de temps plus tard qu'elle rappela.
- Rosemonde : Allô !!!
- Ruth : Elle a accepté.
- Rosemonde : Oh merci merci ; je te remercie infiniment !
Je viendrai ce soir à 20:15 .
- Ruth : D'accord à ce soir.
**
- Charbelle : Qu'a-t-elle dit ?
- Ruth : Qu'elle viendra ce soir.
- Charbelle : Ok.
- Ruth : Elle était très contente.
Charbelle, tu es chanceuse.
Au moins, tu es en train de corriger cette erreur que tu as commise.
Le soir, Rosemonde vint remercier les deux amis.
Elle devenait de plus en plus fréquente chez Charbelle.
Sa présence répétée laissait croire qu'elle a oublié ce qui s'est passé entre Charbelle et son mari.
Tout ce qui la préoccupait, c'est avoir un enfant pour son mari et elle est prête à tout pour l'avoir.
Prête à tout faire pour être la mère du futur né, elle ne cessait de financer Charbelle.
Six semaines plus tard, après qu'elle eut reçu un appel de son mari qui lui annonçait son retour au pays dans trois mois au plus, madame Rosemonde devra voyager avec Charbelle pour éviter l'échec de son plan.
Le lendemain matin, elle se rendit chez Charbelle.
- Ruth : Bonne arrivée !
- Rosemonde : Merci ! Comment-allez vous ?
- Charbelle et Ruth en choeur : Bien et vous ?
- Rosemonde : Je rends grâce à Dieu.
Ruth, tu peux nous donner quelques secondes ?
- Ruth : Pas de problème, j'allais même au pressing. À tout à l'heure !
**
- Rosemonde : Tu as un passeport valide ?
- Charbelle : Non, pourquoi ?
- Rosemonde : Et celui que mon mari t'avais fait ?
- Charbelle : Je ne l'avais pas emmené sur moi. Il serait parmi mes bagages que vous aviez brûlé après que je fusse parti.
- Rosemonde : Dommage !
Je voyage dans deux semaines au plus et je veux que tu m'accompagnes.
Pour qu'il n'y ai pas d'ambiguïté sur la mère du futur bébé, il faudrait qu'on reste loin d'ici.
- Charbelle : Combien de temps ferons-nous ?
- Rosemonde : Nous reviendrons deux semaines après l'accouchement.
- Charbelle : OK.
KIGALI ; RWANDA
À trois semaines avant l'arrivée de monsieur Jospin, Rosemonde et Charbelle déménagèrent de Kinshasa pour Kigali.
Elle faisait croire à son mari qu'elle devrait faire des rituels dans le couvent de son grand-père paternel et que son absentention pourrait provoquer une fausse couche.
C'était un plan idéal pour contourner monsieur Jospin.
En complicité avec un médecin, elle transmettait des ordonnances falsifiées à son mari.
Charbelle quant à elle, supportait difficilement la douleur morale qu'elle ressentait dans cette vicissitude.
Après l'accouchement, madame Rosemonde fut installée dans un lit d'hôpital avec le bébé de Charbelle dans ses bras et elle prenait de nombreuses photos qu'elle téléversait pour son mari.
Il était très content ; à y croire qu'il était devenu l'homme le plus heureux du monde.
Dix jours plus tard, Rosemonde se rendit à Kinshasa avec le nouveau né ; Charbelle devra attendre pour continuer ses traitements ; surtout qu'elle a accouché par césarienne.
C'était la fête dans leur domicile.
Ses parents vivant à Kinshasa (lignée maternelle) vinrent fêter avec eux.
Les uns et les autres attribuaient par anticipation le sosisme du nouveau né à son père.
Un petit matin, alors que Rosemonde donnait un bain au nouveau né, son téléphone ne cessait de vibrer ; c'est Charbelle qui appelait.
Monsieur Jospin décrocha pour discuter avec l'appelant.
- Allô ! Elle est occupée.
- D'accord, je rappellerai plus tard.
- Quel est votre nom ?
- Je rappellerai.
Sachant bien que c'est monsieur Jospin qui était au téléphone, elle raccrocha sans répondre à la question.
Il revint au salon, près de sa femme.
- Quelqu'un t'a appelé.
- C'était qui et qu'a-t-elle dit ?
- C'était une fille.
Elle a dit qu'elle rappellera mais sa voix me rappelle une personne que je préfère ne pas citer.
D'ailleurs ce n'est pas sûr que ça soit elle car c'est l'indicatif rwandais.
- Ah bon ? Ça doit être ma cousine.
Elle devrait m'appeler aujourd'hui.
- Ok. Sais-tu ? Je n'arrive toujours pas à effectuer un choix.
- Concernant les prénoms ?
- Oui, quel prénom lui donner ?
- Que penses-tu de mon choix ?
- J'ai bien aimé mais il lui faut un
deuxième prénom.
- En tout cas, c'est Emmanuel qui sera son prénom officiel.
- D'accord ! Comme je te l'avais dit, le pasteur Firmin et mes partenaires d'affaires viennent aujourd'hui.
- Monsieur David aussi ???
- Oui, monsieur David sera présent.
Sa présence te gêne ?
Si oui, je peux annuler son invitation.
- Non non. Même si tel était le cas, tu n'imagines pas comment il se sentirait ?
Du moment où c'est lui seul que tu as empêché de venir.
- D'accord !
David et Rosemonde se connaissaient depuis belle lurette.
Ils formèrent un couple inséparable.
Rosemonde tomba enceinte de ce dernier mais elle n'était pas prête pour donner naissance à un bébé. Du coup, elle voulait avorter à tout prix.
David était contre sa décision mais elle finit par avorter malgré l'opposition de David.
C'était le début des hostilités entre David et Rosemonde qui se soldèrent sur une séparation. Temporaire fut-elle, cette première séparation, car les deux amoureux finirent par se comprendre.
L'avortement n'était pas sans effet sur Rosemonde ; elle tomba gravement malade et les différentes analyses confirmèrent sa stérilité.
Découragé, David rompit avec Rosemonde.
Malgré tout ce qui s'est passé, il n'a rien raconté à Jospin sur ce qu'il a vécu avec sa femme.
C'est un véritable secret entre Rosemonde et David.
Il sonnait exactement 18:15 quand les invités faisaient leur entrée.
- Jospin : Bonne arrivée chers amis !
... SALUTATION...
- Jospin : Monsieur David, je suis très content de vous revoir.
- David : C'est un grand plaisir pour moi. Alors, où est madame ?
- Pasteur Firmin : Il est très pressé de découvrir le miracle de Dieu.
- David : Exactement ! Ton fils doit s'appeler "Miracle" Je n'arrive pas à y croire.
- Jospin : C'est l'œuvre de Dieu.
- Pasteur Firmin : Dieu a exaucé nos prières. Il nous a toujours vu en train de prier en profonde nuit.
- Jospin : Chérie ; fais vite !
- Rosemonde : J'arrive !
Elle descendait des escaliers avec un sourire discret.
Pasteur Firmin louait Dieu et les autres firent de même.
- David : Dieu est grand !
- Jospin : Merveilleux et miséricordieux.
- David : Jospin, là, c'est ta photocopie je vois.
- Rosemonde : Merci !
Ils glorièrent Dieu, mangèrent et buvèrent.
Après que les invités soient parti, les deux heureux continuaient de louer Dieu.
- Emmanuel, Emmanuel ; on dirait qu'il a froid.
- Non, pas vraiment !
- Il aime trop serrer ses mains. Il finira par me donner un coup de poing.
- C'est souvent comme ça avec les nouveaux nés.
- J'ai discuté avec le docteur sur la question d'eau chaude.
- Alors ???
- Il a dit que tu n'en as pas vraiment besoin. Juste de l'eau tiède.
Je me rappelle que ma soeur se lavait avec de l'eau chaude quand elle avait mis au monde son fils aîné. Nous eûmes vécu avec nos parents pendant cette période.
Elle était tombée enceinte sur les bancs.
- Je te comprends. La médecine a évoluée.
- Je dois rendre les casiers des boissons.
- Ok, je t'attends. Fais-vite !
Elle profita de son absence pour téléphoner Charbelle.
- Allô maman !
- Oui, allô ! Mais qu'est-ce que tu fais comme ça ?
Je t'avais dit de ne pas me téléphoner. Laisse-moi le faire en première position.
- Je suis désolée mais c'était urgent.
- Quoi ?
- Je voulais juste demander s'il se porte bien.
- Oh oui ; il va bien. Je prends bien soin de lui.
C'est tout ?
- Non, je n'ai plus d'argent sur moi.
- Je te ferai un transfert demain matin
- D'accord maman !
- Bonne nuit et ne m'appelle pas. Laisse-moi t'appeler d'abord.
Charbelle revint à Kinshasa trois semaines plus tard.
Elle devra se préparer pour la rentrée universitaire.
Madame Rosemonde, tenant à ses promesses, lui apportait son aide financier.
- CHARBELLE -
C'était un début très difficile et je n'arrivais pas à oublier mon bébé.
J'étais très soucieuse et j'avais déjà des regrets pour avoir sacrifié mon enfant.
J'étais très soucieuse et j'avais déjà des regrets pour avoir sacrifié mon enfant.
- Ruth : Pourquoi pleures-tu ?
- Moi : Pour rien.
- Ruth : Donc ça t'arrive de pleurer en vain ?
- Moi : Tu connais bien la raison.
- Ruth : Surtout ne me dis pas que c'est à cause de l'autre affaire. C'est déjà passée et tu dois tout oublier.
- Moi : Mon fils ; je l'ai sacrifié.
Il ne me pardonnera jamais.
- Ruth : Après tout il porte son vrai patronyme. De plus, ils l'appellent "Emmanuel" ; le prénom que tu as choisi.
- Moi : Ce n'est pas le plus important. Mon fils sera privé d'amour maternel.
- Ruth : Franchement, tu me fatigues avec tout ce que tu racontes. Maintenant dis-moi ce que tu veux.
Aller chercher le bébé et arracher le mari de ta tutrice ?
Hein !!!
Dis-moi ce que tu veux au juste. Moi personnellement je ne sais plus ce que tu veux. Pourquoi ne peux-tu pas oublier tout ce qui s'est passé ? Et si le nouveau né était mort à l'hôpital ?
Considère que tu n'as pas d'enfant, c'est tout. J'ai des cousines comme toi qui sont actuellement célibataires avec enfants. Je sais qu'elles trouveraient mieux mais il serait difficile pour qu'elles trouvent le genre de mari qu'elles mériteraient si elles étaient célibataires sans enfants.
Ton fils vit avec son père et une dame très aimable qui pendra certainement soin de lui comme s'il était son propre fils.
Réjouis-toi car c'est clair qu'il souffrirait avec toi surtout dans cette misère ambiante dans laquelle vous seriez puisque s'il était ici, tu ne serais pas financée par Rosemonde.
Ça va passer ; c'est juste le début qui serait compliqué pour toi.
Bon, je vais chez le cordonnier.
- Moi : D'accord !
Au fil du temps, j'ai pu recouvrer mon humeur. Tout allait bien et j'ai presque complètement cessée de penser à conquérir Emmanuel. Le plus important pour moi, c'est qu'il se sente à l'aise dans la société avec une éducation meilleure.
Un jour, alors que je payais la facture au guichet dans un super marché, Rosemonde et son mari entrèrent dans ledit supermarché. Rosemonde portait Emmanuel.
Monsieur Jospin faisait semblant de m'avoir pas vu quand Rosemonde m'appela.
- Elle : Comment vas-tu ?
- Moi : Bien et vous ?
- Elle : Très bien.
- Moi : Qu'il est mignon !
Quel est son nom ?
- Jospin : Emmanuel.
- Elle : Tu n'étais pas informée ?
- Moi : Si, mais j'avais peur de venir.
- Elle : Ok ; viens chez nous demain soir.
- Moi : Ok ; je ne manquerai pas.
- Jospin : Bonne journée à toi.
- Moi : Merci beaucoup !
Malgré le temps écoulé, cette relation que j'avais eu avec monsieur Jospin laissait toujours une honte extrinsèque en présence de Rosemonde.
Une fois à la maison, je n'ai pas hésité à en parler avec Ruth.
- Tu sais que j'ai rencontré Rosemonde et Jospin ?
- Ah bon ?
Tu t'es cachée ; ou ils ne t'ont pas vu ?
- Ce n'est pas ce que tu crois.
Nous avons bien discuté. De plus, c'est Rosemonde même qui m'a appelée.
- Monsieur Jospin ne saurait le faire. Qu'a-t-elle dit ?
- Bah rien de grave ! Nous avons discuté comme si je ne connaissais pas Emmanuel. Enfin, elle m'a invité chez eux. J'y serai demain soir.
- C'est ça façon de montrer à son mari qu'elle t'a déjà pardonnée.
- En es-tu sûre ?
- Bien-sûr que oui. Selon toi, pourquoi elle ferait ça du moment où son mari n'a aucune idée de tes nouvelles relations avec elle ?
- Tu as raison.
- En tout cas ; nous sommes là.
Nous verrons ce quelle a à dire.
Le lendemain soir, j'ai répondu à leur invitation.
Nous fîmes un festin de retrouvaille pour oublier tout ce qui s'était passé.
Nous avions bien discuté et elle avouait qu'elle m'a déjà pardonnée juste que je ne peux plus vivre dans leur maison.
L'important pour moi, c'est de ne plus être perçue comme son ennemi.
Depuis le jour de l'accouchement, c'est la deuxième fois que j'ai eu la chance de prendre Emmanuel dans mes bras.
Il ressemblait vraiment à son père.
Six mois plus tard...
Un petit matin, alors qu'une étrangère frappait à la porte, j'ouvris et à ma grande surprise, c'était madame Rosemonde.
Je me demandais pourquoi une visite matinale.
- Bonjour Charbelle !
- Bonne arrivée !
- Tu dors hein ! Il fait jour.
- J'étais très fatiguée hier soir.
Que vous êtes venue tôt !
J'espère que rien de grave ne s'est passé. Et Emmanuel ?
- Tout va bien seulement que j'ai voulu le laisser continuer son sommeil.
- Ok. Je suis contente de vous recevoir ce matin.
- Merci !
C'est pour te parler de ton financement à temps sinon ma famille et moi aurons voyagé avant que tu ne sois à jour.
- Je ne comprends pas ce que vous dites.
- Je voyage avec Emmanuel et mon mari. Nous irons en Europe et il serait difficile de t'envoyer directement les sous. Si tu as tous tes papiers à jour, alors tu vas devoir préparer ton dossier ce soir pour que je puisse t'enregistrer au niveau de la mutuelle.
C'est désormais à la mutuelle que tu percevra quand je ne serai plus ici.
- Ok. Combien de temps feriez-vous là-bas ?
- Huit mois seulement.
- D'accord ! Bon moi j'ai tous mes papiers sur moi. On peut déjà commencer.
- Très bien ! Je passerai te chercher à 16 heures.
C'est ainsi que j'ai été inscrite dans la mutuelle.
Trois jours après mon admission, Emmanuel, Rosemonde et Jospin voyagèrent pour l'Europe. Rosemonde n'a pas voulu me préciser le pays.
J'étais sûre que c'est une manœuvre pour que j'oublie complètement mon fils surtout qu'elle ne m'a plus contactée alors qu'elle avait promis de le faire une fois qu'ils seront là-bas.
Des mois passaient et je n'avais plus de leurs nouvelles.
Huit mois plus tard, ils ne revenaient toujours pas.
Trois semaines passèrent encore sans qu'ils ne fassent signe de vie.
Je devenais de plus en plus inquiète.
Un jour, j'ai reçu la visite d'un agent de la mutuelle qui me faisait comprendre que je ne pourrai plus bénéficier de leurs services dans six mois car eux aussi ne recevaient plus des cotisations venant de Rosemonde.