Bienvenue dans un monde où règne l'anarchie. Les compromis, les tueries ont pour seul mot d'ordre : survivre à tout prix. Les enfants assassinent leurs parents, les parents déchiquettent leurs enfants. Vivre en ce monde est un défi de tous les jours pour chacun.
Pourtant, une communauté quelque peu hors norme a vu le jour. Elle regroupe d'anciens tueurs, criminels de haut rang... Des hommes capables de tuer pour le simple plaisir d'ôter la vie.
C'est Atalis, chef de l'organisation Black Rose, qui avait entrepris, il y a de cela plusieurs années, le défi de constituer un groupe capable d'enrayer le mal par le mal.
Il est aujourd'hui à la tête d'une dizaine d'hommes, les plus dangereux et fourbes du pays. A ses côtés se trouvent entre autre : Antoine, un homme réservé, n'appréciant pas réellement les combats mais luttant pour ses convictions ; Harrogate, personnage indépendant, ne vivant que pour tuer ; Maxime, d'une personnalité extravertie, c'est un tueur de l'ombre. Tant de personnalités que de membres. Atalis pariait sur une multiplicité d'idées et de différences pour la réussite de Black Rose.
Ils ne se battent que pour faire de l'époque actuelle, un monde neuf et dénué de violence. Y parviendront-ils ?
Au siège de Black Rose, Atalis, chef du mouvement rebelle, lisait le journal, tout en sirotant son thé vert, tranquillement. Après un certain temps de lecture il s'arrêta sur la rubrique « faits divers » et plus particulièrement sur un article mettant en cause la ville de Rau –ville annexée à la commodité dont il faisait partie autrefois.
« Une jeune femme de dix-sept ans a tué, la nuit dernière, ses parents. L'acte commit, sans une once de compassion, fut achevé dans la même folie en détruisant l'habitation par les flammes. D'après les preuves relevées par les enquêteurs, il semblerait qu'elle ait utilisé une méthode de combat rapproché mêlé à un fort savoir-faire de pyromanie, ne laissant aucune chance à ses proches victimes. C'est ainsi, qu'après la neutralisation de ces derniers, elle les aurait observé brûlés vivant. Les forces de l'ordre arrivèrent sur place à la suite de l'appel d'un voisin inquiété par l'incendie. L'interpellation se réalisa très rapidement et sans aucune résistance.
Elle est actuellement incarcérée à la prison de Rau, et sera mise à mort d'ici la fin de semaine. Aucun jugement préalable ne fut requis. »
Atalis parut très intéressé, il y a quelques jours un des membres de son organisation fut retrouvé mort. Il fallait lui trouver un remplaçant... ou une remplaçante.
Un peu plus tard dans la journée, il convoqua deux de ces membres pour aller chercher cette jeune femme et voir si elle pouvait être à la hauteur pour le rôle à lui attribuer.
Les deux tueurs partirent sur le champ en direction Rau.
Les rebelles envoyés arrivèrent à la prison deux jours plus tard, et pour ne pas perdre une seconde, allèrent directement à la prison, dès la tombée de la nuit.
A l'entrée de l'édifice, plusieurs personnels surveillaient à tour de rôle. Harrogate pris l'initiative d'entrer par l'une des fenêtres située à trois étages plus hauts. Durant son ascension, il appartient à Antoine de faire diversion.
Antoine réussi un coup exceptionnel pour la plupart des individus. Il maitrisa l'un des gardes armés en quelques secondes sans qu'il n'ait eu le temps de bouger en s'emparant au passage de son revolver. La torsion exercée par Antoine sur le garde disloqua le coude de celui-ci, qui resta couché de douleur, incapable de se relever. Dans le même temps, et avec une rapidité déconcertante, Antoine empoigna le second garde présent, qu'il projeta avec force et habileté. La vigueur de l'assaut fit passer le malheureux adversaire à travers la porte blindée.
Calmement, enjambant le corps, Antoine s'insinua dans le bâtiment de haute sécurité.
Aller jolie cœur, à nous, où te caches-tu ? Songea-t-il.
De son côté, Harrogate parvient à franchir la défense de la prison en se glissant par une fenêtre. Son plan était sans faille. Du moins, à première vue.
L'un des gardes lance un puissant coup, sa hache décrit un arc de cercle mortel qui prend la direction du crâne d'Harrogate... Mais ce dernier détourne habilement l'arme projetée du plat de son épée. Il repousse violemment le garde d'un coup de pommeau au visage et lui assène une fulgurante frappe du tranchant de sa lame... La tête du garde roule sur le sol. Son corps tombe lourdement à terre.
– Ils sont complètement malades ici ! S'injuria Harrogate.
Parvenu dans le couloir concerné, Antoine se trouve maintenant seul au beau milieu de l'allée, face à des gardiens armés plus que de raison. Planqués derrière les coins de mur, les représentants de la loi visent Antoine. Celui-ci les nargue, avançant tranquillement, à découvert...
– Tu ferais une très jolie cible en carton dans un stand de tir ! Lance l'un d'eux avant d'ouvrir le feu.
Antoine sourit à ces mots simplistes.
Antoine eu un réflexe salvateur et a bougé au dernier moment, la balle n'ayant fait qu'une belle entaille dans son flanc droit. Il esquisse un sourire effrayant avant de tirer à son tour.
La balle qui atteint l'homme en pleine poitrine le fait vaciller, le choc sourd du corps s'écroulant se répand dans toute l'enceinte. Les cris du dernier gardien laissent imager la douleur immense qui l'accable. Il se sait mortellement touché, toussant violemment du sang mousseux. Un dernier râle marque la fin de son existence.
Antoine s'avance vers la cellule de la jeune femme qu'il est venu délivrer. Il a le visage couvert des projections de sang de sa victime. Harrogate le rejoint d'un pas lourd.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la cellule ils aperçurent la jeune femme qu'ils devaient ramener selon les ordres prescris.
Elle était attachée aux poignets et aux chevilles par d'encombrantes menottes reliées au mur derrière elle, grâce aux lourdes chaînes que pouvaient apercevoir les hommes.
La jeune femme avait les cheveux longs jusqu'au bas de son dos, ils étaient sales, emmêlés, mais avait tout de même gardé leur couleur d'origine : le Rouge feu. On y devinait parfaitement les reflets orageux que reflétait la vive chevelure lors des mouvements calculé de la femme. Leur couleur laissait perplexe quant à l'origine. Le sang semblait avoir était l'éminence de cette pigmentation hors-norme.
L'adolescente posa ses grands yeux gris sur les deux hommes se trouvant postés devant sa cellule.
– Comment t'appelles-tu ? lança l'un des deux.
La jeune femme rabaissa les yeux vers le sol de béton et répondit d'une petite voix à peine audible :
– Mélissa... Mélissa Hudson.
– Je me présente, continua l'envoyé masculin qui retirait sa capuche marquée par le sceau de Black Rose, Antoine Leblanc, nous venons te chercher.
Mélissa ne réagit pas.
L'autre tueur enleva également le vêtement qui couvrait son regard.
– Moi c'est Harrogate Gaël mais tu peux m'appeler Haro.
Mélissa leva les yeux vers les deux hommes.
– Et que me vaut le plaisir de rencontrer des criminels plus coupable que je ne le suis. De plus des membres de Black Rose; n'est-ce pas? Demanda-t-elle.
Après un moment de silence Antoine répondit d'une manière lasse.
– Atalis veut te voir.
L'adolescente les regarda d'un air interrogatif puis ferma les yeux et s'évanouie sous le poids de la faim et de la fatigue accumulées.
Les deux missionnaires se regardèrent, et Leblanc retourna sur son chemin laissant un Haro légèrement énervé de devoir porter leur nouvelle "invitée" commis d'office.
Quand la jeune femme se réveilla, elle était sur le dos d'un homme plutôt puissant, la portant à bout de bras –enfin pas vraiment, disons qu'il la portait plus façon marchandise, tel un sac à patate.
Antoine, qui marchait en arrière remarqua qu'elle s'était enfin réveillée. Il la contemplait de son regard à la fois déstabilisant, neutre et dépourvu de sentiments.
– Enfin réveillé, siffla le jeune homme.
Mélissa releva la tête et reprit ses esprits, le brun lui parlait, celui dont le manque cruel de conversation avait valu le surnom de 'Tombe'.
– Où m'amenez-vous ?
L'adolescente parla d'une voix calme -il ne fallait tout de même pas les énerver de suite.
– On te l'a déjà dit, mémoire courte ! Le chef veut te voir. Lança Antoine.
– Et maintenant que tu es réveillée, continua le faux brun servant de monture, tu peux marcher seule !
Il laissa tomber Mélissa par terre.
Celle-ci jura fortement en tombant et les deux hommes continuèrent leur chemin comme si de rien n'étaient.
Ils sont bêtes, maintenant qui va m'empêcher de m'enfuir, pensa-t-elle malicieusement.
– Dépêches-toi d'avancer si tu ne veux pas que l'on te tue, lança Haro toujours de dos empreint à une voix étrangement très calme.
Elle savait qu'ils ne plaisantaient pas, cependant le risque l'attirer irrémédiablement à tenter le diable au risque de si brûler les ailes.
– Si je ne m'abuse Atalis veut me voir, mais en vie je présume ! Dans ce cas-ci vous ne me tuerez pas, même si vous en aviez envie. Je me trompe ?
Les tueurs se retournèrent automatiquement.
Ils la regardèrent de toutes la fureur dont étaient capables leurs globes oculaires, ils savaient qu'elle avait parfaitement raison.
Elle a du cran, pensa le blond.
Mais Mélissa ne souhaitait pas s'attirer leurs colères. Elle se leva et avança vers eux en trainant les pieds.
Ils continuèrent à marcher vers le village le plus proche.
S'arrêtant dans une auberge pour la nuit, ils prirent deux chambres, après tout il fallait bien que l'un des deux dorment avec la perspicace enfant, pour ne pas qu'elle s'enfuie.
Evidement la jeune femme étant sous la surveillance de Leblanc, elle dût dormir avec celui-ci.
Heureusement pour elle quand elle rentra dans la chambre : il y avait deux lits une place.
– Ouf, soupira Mélissa.
Antoine, lui ne jeta même pas un regard sur elle, enleva son blouson de cuir à l'insigne de Black Rose. Puis le posa sur la chaise la plus proche.
La jeune femme le regarda de haut en bas : le brun était habillé d'un pantalon et d'un tee-shirt –de couleur noir.
Il est vraiment beau songea Mélissa.
Le tueur remarqua ces yeux posés sur lui souligné par un regard plus qu'insistant. En retour, il pointa ses prunelles sur elle.
Prise sur le coup, elle paniqua et courue, totalement affolée vers la salle de bain avant d'en claquer violemment la porte.
Quand elle ressortie, Antoine était parti.
La jeune eut juste le temps d'enlever la serviette qui retenait ses cheveux mouillés lorsque quelqu'un frappa à la porte.
– Haro? Questionna Mélissa, surprise.
À la grande surprise de la jeune fille, il rigola de toutes ses dents.
– Tu es vraiment très amusante Miss jeune Flamme.
– Que me voulez-vous Harrogate ?
– Le diner !
– J'arrive. Lança-t-elle enfin, quelques minutes après.
Mélissa descendit en compagnie d'Haro. Ils retrouvèrent Antoine, déjà assis à une table.
La jeune femme pensa qu'elle n'avait vraiment pas de chance et elle se retrouva comme par hasard en face de Leblanc.
La flamme sentit comme une présence, elle releva la tête et remarqua qu'en effet, tous les clients du restaurant les regardaient.
Elle jeta un coup d'œil à Antoine puis Haro, ils n'avaient pas leurs manteaux de Black Rose mais évidemment tous les clients avaient dû remarquer les cicatrices criantes et dé-figurantes.
Je crois que Dieu m'en veut aujourd'hui. Pensa Mélissa.
Pas moyen de manger tranquille pour une fois, fais chier! Songea Haro.
Soudain, en un instant, un homme saisit Mélissa par derrière, une de ses mains sur son bras et l'autre sur son ventre, l'attirant vers lui.
– Mais enfin lâchez-moi ! hurla-t-elle.
Elle se débattit tant qu'elle put mais malheureusement ses blessures –datant du jour de la tuerie– étaient encore là.
Tous à coup, toutes les autres personnes présentes dans la salle se jetèrent sur les deux rebelles.
La jeune femme ferma les yeux quelques secondes pour ne pas voir le combat. Quand elle les ré-ouvrit, tous les hommes étaient à terre sauf deux : Antoine et Haro.
Le brun ténébreux et le blond à mèches regardèrent en direction du seul homme encore debout –celui qui tenait Mélissa.
– D'accord, je vous la rends, dit l'homme, une lueur de peur dans les yeux.
Il lâcha la jeune femme qui courut automatiquement vers Haro.
– Ça va ? lui demanda ce dernier.
La jeune femme acquiesça de la tête.
Antoine s'avança vers l'homme qui reculait de plus en plus jusqu'à se retrouver contre un mur.
Leblanc lui lança un violent coup de pied mal placé, lui murmurant :
– Fallait pas la toucher, vieux, t'as eu tort !