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*_Épisode 08_*
Assise dans l'un des fauteuils du salon les jambes croisées, un verre de vin en main et le sourire aux lèvres, je regarde Aïcha revenir à elle petit à petit. Les hommes se sont absentés un moment, Emile avec beaucoup d'hésitation mais Malcom a tenu à ce qu'ils discutent un peu. Elle tourne la tête et me voit.
- Coucou Aïcha. Bien reposée ?
Elle me fixe longuement puis se redresse pour s'asseoir me faisant face.
- Tu n'es donc pas morte ?
- Malheureusement, ou heureusement. C'est toi qui vois. Dis-je ironiquement. Tu devrais maitriser tes évanouissements parce que tu me verras tous les jours. Ça serait vraiment dommage que tu tombes toutes les secondes.
- C'est vraiment toi ?
- Oui et je te conseille vivement de faire comme si de rien n'était sauf si tu veux que ton fils sache qui vous êtes vraiment. Je termine ma phrase en vidant mon verre.
Elle s'apprête à parler lorsque les deux hommes font leur entrée. Je me lève et Malcom vient me prendre par la taille tandis qu'Emile va voir comment va sa femme.
- Comment tu vas chérie ? Lui demande-t-il
- Bien. Je suis vraiment désolée de vous avoir faire peur. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
- Sûrement le trop plein de joie, dis-je, ou... la surprise.
Le couple se tourne vers moi et je leur fait mon plus beau sourire. Aïcha se décide enfin à se lever et nous demande de nous rendre dans la salle à manger pour le diner. Malcom est hésitant parce qu'il s'inquiète pour elle mais elle le rassure. Le diner est tendu de chez tendu. Le couple n'arrive pas à lever la tête et quand ils le font ils évitent de croiser mon regard. Quoi je leur fait autant peur ?
- Vous avez une très belle maison. Je complimente pour faire la conversation.
- Merci, me répond timidement Aïcha.
- Il y a combien de chambre ?
- 8.
- Hum autant ? Alors que vous n'êtes que deux ? J'aimerais bien savoir à quoi vous servent les autres chambres.
Aïcha manque de faire tomber sa fourchette en comprenant à quoi je fais allusion. Le silence règne de nouveau et Emile se reprend enfin.
- Alors fiston qu'es-tu devenu après toutes ces années ?
- Disons que j'ai réussi à réaliser l'un de mes rêves en créant ma propre boite aux Etats-Unis qui grâce à Dieu et au soutien de ma femme marche plutôt bien.
Il en me fait un sourire que je lui rends. J'aime quand il me regarde et me sourit avec amour.
- Ok et ça fait combien de temps que vous êtes mariés ?
- 10 ans papa et je suis l'homme le plus heureux.
- Et moi la femme la plus chanceuse au monde de l'avoir LUI comme époux. Alors Emile j'aimerais en savoir plus sur votre vie politique. Malcom m'a dit que vous êtes un homme influent et que vous êtes membre du gouvernement.
Il prend une bouché de son plat, se racle la gorge puis lève la tête pour répondre.
- Oui et les choses vont plutôt bien. Je suis le premier Ministre de ce pays.
- J'ai cru voir sur le net que tu avais l'intention de te présenter aux élections présidentielles cette année. Demande Malcom.
- Oui, hum, se racle-t-il la gorge. Le Président sortant m'a désigné pour représenter notre partie aux élections.
- Et elles sont pour quand ces élections ? Je demande en portant mon verre à ma bouche.
- Hum, se racle-t-il à nouveau la gorge, elles auront lieu dans 3 mois.
- Ca tombe bien alors, on pourra vous soutenir dans votre campagne. N'est-ce pas mon amour ?
- Oui Prunelle. Mais bon on verra ça plus tard. Maman tu es bien silencieuse, ça va ?
- Hum ? Oui mon chéri ça va. C'est juste que je suis un peu épuisée avec la cuisine et le ménage que j'ai aidé les domestiques à faire. Mais ça va, ça va passer.
Le diner continue dans cette ambiance mi-figue mi-raisin jusqu'à ce que nous décidons de prendre congé d'eux.
- Papa, maman, nous allons rentrer maintenant. Nous devons encore beaucoup à faire pour nous installer. De toutes les façons nous sommes là pour un bon bout de temps.
- D'accord fiston. Je suis vraiment heureux que tu sois de retour parmi nous.
Nous nous levons et Malcom enlace ses parents à tour de rôle. Moi je dis au revoir oralement à Emile et m'approche d'Aïcha qui me tend la main que je regarde un moment puis sans qu'elle ne s'y attende je l'enlace.
- Au plaisir de vous revoir. Je lui siffle à l'oreille avant de la lâcher et lui servir encore une fois mon plus beau sourire.
Elle a l'air de quelqu'un qui est sur le point de rendre l'âme tellement elle est raide. Nous sortons de la concession et nous rendons dans notre hôtel. Je sens Malcom plus relaxe et plus heureux maintenant.
*
*
Nous avons enfin fini d'aménager dans notre chez nous. Nous nous sommes acheté un immense duplex plutôt que de louer une maison puisque nous allons rester un peu longtemps. Aussi nous nous sommes dit que ce n'est pas mal d'avoir notre propre maison dans notre pays d'origine comme ça toutes les fois que nous serons de passage nous aurons un endroit où loger. Nous avons trouvé la maison le lendemain de notre arrivée et avons pris deux jours pour tout meubler et nous installer. Maintenant on peut passer aux choses sérieuses. Mel vit avec nous puisqu'il est comme notre fils mais April elle a préféré e prendre un appart à deux rues de chez nous. Mes beaux-parents, depuis le diner je ne les ai pas encore revues. Malcom lui va les voir de temps à autre. Moi j'ai préféré bien m'installer avant de passer du temps avec eux. Malcom et moi avons trouvé des locaux pour ouvrir nos boites. Disons qu'on les avait déjà trouvés avant notre arrivée puisque nous avons contacté le proprio de la plus grande société de construction de bâtiments ici, Terry YOUL qui est une connaissance à Malcom.
- Où en est l'annonce de recrutement ?
- Ca avance, nous avons déjà une centaine de postulant. Me répond April en manipulant sa tablette.
- Nous avons juste besoin de 60 donc 10 dans chaque département. Je compte sur toi pour me dégoter les meilleurs. Tu as une semaine pour finir les entretiens et monter les équipes. Tu connais mes attentes donc je n'ai plus besoin de te briefer là-dessus. Maintenant tu peux disposer. Tu peux prendre le week-end pour visiter la ville et commencer le travail lundi.
- C'est compris. Bon week-end.
- À toi aussi.
Elle sort et je me rends dans la cuisine pour terminer le déjeuner. C'est aujourd'hui que j'inaugure la cuisine. Nous n'avons fait que manger dehors depuis que nous sommes arrivés. Je finis et vais prendre une douche pour attendre mon homme qui ne va plus tarder. Je me détends devant la télé un verre de vin en main lorsque l'un de mes gardes entre.
- Madame il y a une femme dehors pour vous. Elle dit être la mère de monsieur.
Je suis en même temps surprise et heureuse de la savoir ici. Elle a enfin trouvé le courage en elle pour venir m'affronter.
- Fais la entrer.
Il sort et revient avec elle avant de s'éclipser. Je la regarde et bois une gorgée. Elle m'a l'air en colère. Dès que nous sommes seules elle commence.
- Qu'est-ce que tu nous veux ? Pourquoi es-tu revenue ?
- Pour me venger. Je termine ma phrase en buvant un coup.
Elle beugue directe mais se reprend.
- C'est donc pour ça que tu as épousé notre fils ? Pour te venger de nous ?
- Malcom ne fait pas parti de mon plan de vengeance. Je ne savais même pas qui il était jusqu'à ce qu'on se fiance. Apparemment il avait aussi honte d'être votre fils.
- Tu n'as pas le droit de l'utiliser dans tes plans sordides.
- Oh non je ne l'utilise pas. Que tu le crois ou non je l'aime mais pour vous ce n'est pas le cas donc il n'y qu'avec vous que je règlerai mes comptes.
- Ariane que...
- Vicky. Je m'appelle Vicky ou si tu veux V. C'est toi qui vois.
- V ? V ? Elle se le répète comme si ça lui disais quelque chose. Non c'est... toi ?
- Ding ding ding bingo ! Nous avons un gagnant. Dis-je ironiquement avant de terminer mon verre que je pose par la suite sur le petit guéridon près de moi.
- Je t'interdis de t'approcher de...
- Tu n'as rien à m'interdire encore moins dans ma propre maison, dis-je sèchement en me levant d'un seul coup pour lui faire face. Tu n'as absolument rien à m'interdire. J'ai été pendant près d'une année sous votre domination mais maintenant c'est à vous de l'être sous moi. Je vais vous faire payer à toi et à ton mari tout ce que vous m'avez fait tout comme je l'ai commencé avec les autres membres de votre bande. Vous allez morfler ça je peux vous l'assurer.
- Eh bien je ne te laisserai pas faire. Il est hors de question qu'une gamine comme toi vienne foutre le bordel dans ma vie et mes affaires que j'ai bâti avec beaucoup de sacrifices.
- J'ai hâte de voir comment tu vas t'y prendre pour m'arrêter. Je ne suis plus cette adolescente que vous avez malmenée à votre guise, j'ajoute en me rapprochant plus d'elle. Je ne suis plus cette fille qui pleurait devant les épreuves. Je ne suis plus cette fille qui se défendait avec de petites insultes minables. Je suis une femme maintenant avec beaucoup de pouvoir que tu ne peux l'imaginer. Je ne suis plus Ariane TAPÉ. Je suis VICKY HAMILTON et je serai comme un cancer dans vos os.
- Eh bien la guerre est déclarée.
- Elle l'est très chère. J'appuie avec un rictus.
Nous nous défions encore du regard puis elle décide de partir. À peine elle fait trois pas que je la rappelle. Elle se retourne et je me rapproche d'elle.
- Je vais vous faire une faveur. Puisque j'ai encore des comptes à régler avec vos confrères, je vous donne une dernière chance. Je vous laisse la balle donc vous avez jusqu'aux élections pour me mettre KO après quoi je la récupèrerai. Et je vous assure que si vous me loupez moi je ne vous ferai pas de cadeau. Je vous jure sur ma vie que vous ne gagnerai pas ces élections. Commencez à préparer vos armes car les miennes sont déjà prêtes. Tous les coups sont permis.
Elle me lance un dernier regard meurtrier puis reprend sa marche jusqu'à disparaitre de mon champ de vision. Je vais leur arracher ce pour quoi ils m'ont détruite, le fauteuil présidentiel. Je prends mon portable et appelle Mel qui est allé chercher Malcom à l'église. Il décroche à la première sonnerie.
- Vous pouvez commencer les recherches sur le couple BEYNAUD. Je veux tout savoir jusqu'à la couleur de leurs brosses à dents.
Je raccroche et continue de fixant l'horizon. Elle m'a déclaré la guerre, j'espère qu'elle est prête à la mener parce que moi je ne lutte pas. J'écrase. Elle a déclaré la guerre à V et elle goutera à la colère de V.
Personne ne me défie et ne s'en sort indemne. Ils viendront me lécher les pieds. Ils me supplieront à genoux de les épargner. Parole de V.