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L'erreur de croire que je pouvais t'oublier
img img L'erreur de croire que je pouvais t'oublier img Chapitre 6 Irrationnel
6 Chapitres
Chapitre 7 Désirs img
Chapitre 8 Son corps img
Chapitre 9 Incompréhension img
Chapitre 10 Inquiétude img
Chapitre 12 un cauchemar img
Chapitre 13 Loin des yeux img
Chapitre 14 Le départ img
Chapitre 15 Pas si loin du coeur img
Chapitre 16 La surprise img
Chapitre 17 Les années passent img
Chapitre 18 Manigance img
Chapitre 19 Stupéfaction img
Chapitre 20 Les doutes img
Chapitre 21 Lui img
Chapitre 22 Exigence img
Chapitre 23 Jalousie img
Chapitre 24 La raison img
Chapitre 25 Obsession img
Chapitre 26 Révélation img
Chapitre 27 Désillusion img
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Chapitre 6 Irrationnel

PDV d'Ilan

Il faut que je parte, que je marche pour me calmer, j'ai envie de tout détruire.

Quand j'ai entendu ce que cet enfoiré lui a dit je n'ai pas réussi à me contrôler.

J'ai pourtant l'habitude d'être entouré de filles. Je ne saute peut-être pas sur tout ce qui bouge mais j'ai quand même un nombre important de conquête à mon actif.

Mais jamais je n'ai perdu le contrôle pour une d'entre elles.

Je ne la connais que depuis hier et mon comportement est complètement irrationnel près d'elle.

Dès que je la regarde, j'ai envie de la prendre dans mes bras, sentir ces frissons que je n'ai ressenti qu'à son contact.

Le trajet me paraît bien trop court tellement je cogite.

Même si je ne suis pas tout à fait calmé, je dois rentrer m'assurer qu'elle va bien.

L'idée de la retrouver dans le même état qu'hier me noue l'estomac.

J'arrive devant le portail et sonne. Nadia vient m'ouvrir.

-Tu vas mieux ?

-Pas vraiment mais désolé pour tout à l'heure.

-Ce n'est rien. Même si ta réaction a été excessive, je ne supporte pas ce genre d'homme.

-Comment elle va?

-Elle m'a eu l'air plus inquiète pour toi qu'autre chose.

-Il faut que j'aille la voir.

-Ok mais 5 minutes, tu sais que vous n'avez pas à être dans la même chambre et le veilleur ne va pas tarder.

Je me dépêche de monter les escaliers, souffle un bon coup et frappe à sa porte.

Elle vient m'ouvrir, me regarde à peine et retourne se caler sur son lit. Je rentre et me pose à côté d'elle.

-Tu vas bien?

-Tu sais, je ne suis pas une petite fille fragile et je pense que c'est à toi qu'on devrait poser la question.

-Pourquoi tu t'agaces comme ça ?

-Qu'est ce qui ne va pas chez toi? Je t'ai dis de ne pas t'attirer d'ennuis. Je sais parfaitement me défendre. Puis de toute façon pourquoi tu ne m'esquive plus comme ce matin?

Alors là je ne m'attendais clairement pas à ça.

Je m'allume une cigarette et lui en propose une.

Je l'analyse pendant qu'elle allume sa clope et je réprime mes pulsions, elle est incroyablement sexy quand elle s'énerve.

-Ce n'est pas ce que tu crois mais je vois que je t'ai manqué

-N'importe quoi et tu n'as pas de compte à me rendre alors laisse tomber.

-C'est pourtant pas l'impression que tes reproches me donne.

Elle me regarde avec de grands yeux, je lui fais mon sourire de charmeur et elle baisse la tête en se mordant la lèvre.

Je relève son menton, j'ai une envie incroyable de l'embrasser mais je sais que je ne dois pas.

-C'était pas des reproches, j'étais inquiète pour toi et ces derniers jours ont été compliqué, j'ai juste mal géré mes émotions.

-Pourquoi est ce que tu t'es inquiété pour moi? Ça t'arrive souvent de t'inquiéter pour quelqu'un que tu ne connais pas?

-Non et je ne sais pas pourquoi.

Elle lève les épaules et tourne la tête.

Je ne peux pas me retenir une minute de plus de la ramener contre moi. Elle est allongée, la tête contre mon torse et elle m'effleure le bras du bout des doigts tandis que je lui caresse le dos.

Je me mords la lèvre limite à sang pour ne pas perdre le peu de contrôle qui me reste.

Cette fille va me rendre fou.

PDV de Tina

Je ne l'ai pas repoussé lorsqu'il m'a ramené contre lui. Pire, je me suis même mise à lui caresser le bras.

Je sais très bien que je ne le connais pas et que c'est du grand n'importe quoi mais près de lui je me sens en sécurité, je me sens bien.

Si bien que je finis par m'endormir dans ses bras.

Le lendemain matin, à mon réveil il n'est plus là.

Il a dû attendre que je m'endorme pour retourner dans sa chambre.

Je traîne un peu au lit avant d'aller prendre le petit déjeuner.

Quand je me décide enfin à descendre il est presque dix heures et je croise Ilan qui remonte.

-Enfin réveiller?

Il a vraiment l'air de bonne humeur et il a un sourire à couper le souffle.

-Je suis réveillée depuis un moment, j'ai juste une grosse flemme aujourd'hui.

-Je vais te motiver alors, ça te dit une partie de baby après le petit dèj'?

-Ok, je vais te ridiculiser mais après ma douche.

Il éclate de rire.

-C'est beau de rêver. Je t'attends dans la salle de jeux.

Une fois prête je vais le rejoindre et on commence la partie.

Je marque les trois premiers et me la pète un peu, enfin beaucoup.

Ça le fait rire mais il ne dit rien. Je marque le quatrième et danse sur place.

-Ahah tu vois que c'est moi la meilleure.

-J'espère que tu as bien profité parce que c'était le dernier.

-Dans tes rêves.

La partie se termine et je râle en réalisant qu'effectivement je n'en ai pas marqué un seul de plus. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre qu'il m'a laissé gagner le début.

Je le dépasse pour sortir de la pièce en le poussant.

-C'est juste que je ne suis pas en forme aujourd'hui, je t'ai dis que j'avais la flemme. Mais tu ne perds rien pour attendre.

-C'est quand tu veux ma belle.

Il me répond ça d'un air moqueur avec son plus beau sourire. Je croise les bras sur ma poitrine et part en pestant comme une vrai gamine.

Il rigole de bon cœur et me rattrape par le bras.

-On se regarde un film après manger? Au moins tu ne risque pas de perdre.

-Ahah très drôle.

Pendant le repas il raconte son exploit à nos éducs et même moi je finis par rire. Son enthousiasme est contagieux.

Après avoir fumer notre clope et s'être brossé les dents on se retrouve dans la salle télé. Il met le film et me rejoint sur le canapé.

Je n'arrive pas du tout à me concentrer sur le film et il doit sentir que je l'observe car il se tourne vers moi.

-Viens près de moi et fais moi des papouilles comme hier.

-Je te trouve bien autoritaire!

-excuse moi ma belle, approche toi s'il te plaît et profite de mon corps.

Je ris, vraiment, pourtant je sais que je ne lui résisterais pas bien longtemps.

-Et pourquoi je le ferais ?

Il s'approche, un peu trop près à mon goût mais je ne recule pas.

Il m'attrape par les hanches et me place à califourchon sur ses cuisses.

On se regarde droit dans les yeux, mon cœur bat si fort que j'ai peur qu'il ne l'entende.

Je fais mon possible pour ne rien laisser paraître quand il pose son front contre le miens.

Ma respiration s'accélère comme mon rythme cardiaque. Mes mains actuellement posées sur ses épaules se mettent à trembler, je le dévisage en le suppliant du regard de m'embrasser. Il ferme un moment ses yeux et souffle fort en les ouvrant de nouveau.

Je descends mes mains le long de ses bras, je m'apprête à les passé sous son tee-shirt mais il me retiens.

-Je ne peux pas...

J'ai l'impression qu'il parle plus pour lui même mais il me repose délicatement dans le canapé et se précipite hors de la salle télé.

Je suis légèrement frustrée, il passe son temps à s'approcher puis me repousse.

Je dois lui parler, il faut que je comprenne ce qu'il a en tête.

Je me lève à mon tour bien décidé à le rejoindre pour qu'il s'explique mais j'entends la sonnette puis la voix de Maxence.

Tant pis je réglerais ça plus tard. Je n'ai absolument pas envie que qui ce soit s'en mêle.

Je monte dépitée préparer mes affaires pour demain et je passe le reste de la soirée à écrire. Depuis que je suis petite j'écris des bouts d'histoire, la lecture et l'écriture sont les seules choses qui me permettent de m'évader, d'oublier un moment la réalité.

Trois jours se sont écoulés, j'ai repris le boulot.

J'aurais aimé mettre les choses au clair avec lui mais je l'ai croisé que lors des repas du soir et il ne me parle pas, ne me regarde même pas.

J'ai plusieurs fois hésité à frapper à sa porte mais je n'en ai pas le courage, peut-être que c'est mieux comme ça.

En rentrant tout le monde m'attend à table comme tout les soirs. Je mange et monte dans ma chambre prendre une douche, me mettre en pyjama et prend mon cahier d'écriture comme j'en ai pris l'habitude ces derniers jours.

Je suis plongée dans mes écrits quand je sursaute surprise, j'entends des gros "boum" suivit de sa voix.

-Putain mais tu comprends pas? Il faut que je l'appelle! Cet enfoiré à recommencer, elle à besoin de moi!

Je ne sais pas à qui il parle ni de quoi mais je ne réfléchis pas trop et descends.

Il est dans un état incontrôlable, frappe sur tout ce qu'il croise.

Lorsque j'entends ce que Annah lui répond je me doute qu'il a épuisé son temps d'appel.

Pour ceux qui n'ont pas de téléphone un temps de communication est donné par semaine sur le fixe du bureau.

En le voyant comme ça ma gorge se noue, j'ai bien compris que ça doit être important pour lui alors je me dirige dans le bureau des éducateurs.

-Annah? Est ce que je peux lui donner mon temps de communication ? Moi je n'en ai pas besoin.

-Normalement non mais je vais faire une exception pour ce soir. Merci pour lui Tina.

Les autres gars essaient tant bien que mal de le calmer quand je repasse dans le couloir.

-Ilan, viens passer ton appel, Tina t'as donné son temps.

Il me regarde mais je détourne la tête et monte dans ma chambre.

Quelques minutes plus tard, il entre dans ma chambre sans prévenir et referme derrière lui.

-Pourquoi tu as fais ça ?

-Ça avait l'air important pour toi et moi je n'en ai pas besoin. J'ai mon téléphone et quand bien même je n'ai personne a appeler.

Il se pose sur le lit à côté de moi et m'explique pourquoi il est là.

Sa mère vit avec un alcoolique violent depuis plusieurs années et il y a quelques mois lorsqu'il est rentré des cours, il a retrouvé sa mère assise par terre la lèvre en sang, pleurant en se couvrant les oreilles.

Il a compris au cri qui a suivi qu'il s'en prenait cette fois à sa petite sœur. Il n'a pas su se controlé et l'a salement amoché.

Ce qui lui sert de beau-père à porter plainte et sa mère trop amoureuse ou trop craintive l'a soutenu. Depuis il n'a plus le droit de rentrer chez lui.

Je suis complètement anéanti par ce qu'il me raconte, j'ai mal au cœur et les larmes aux yeux.

Il me raconte ensuite qu'un de ses voisins l'a contacté sur le fixe du foyer, juste avant qu'il pète son câble pour le prévenir que sa soeur été venu en cours avec une grosse marque sur la joue.

-Voila et tu connais la suite.

Je n'arrive pas à parler, il a les mains serrées en poings, tout ses muscles sont tendus et ses yeux sont rouges.

-Je te jure que ce fumier paiera bientôt pour toutes leurs larmes.

Je ne sais pas quoi lui dire pour l'apaiser alors je me contente de lui tendre une cigarette et de lui attraper la main en la caressant doucement.

On fume en silence puis il me demande pourquoi je dis n'avoir personne à appeler.

Je lui raconte donc une partie de ce qu'il s'est passé dans ma vie ces dernières années.

Il m'approche de lui, je cale la tête sur son épaule et on continue à discuter de nos vies pendant un moment.

Je ne sais pas à quel moment je me suis endormie mais je me réveille le lendemain matin un peu en retard. Je me dépêche de me préparer pour partir.

La journée a été particulièrement mouvementée. Pour finir en beauté quand je rentre et m'installe pour manger, Nadia m'annonce que mon géniteur a téléphoné pour savoir comment ça se passe avec moi.

-Qu'est-ce que ça peut bien lui foutre à lui?

-Tu sais il avait l'air vraiment intéressé par ta situation. Il a posé beaucoup de questions et je lui ai dit qu'il pouvait prendre rendez-vous si il voulait en savoir plus.

Je frappe un grand coup sur la table, hors de moi.

-Alors là non! Ce n'est pas après 12 ans d'absence qu'on se rappelle de sa fille.

-Tina, attends..

-Nan! Je ne veux rien savoir! Si il se pointe ici je me barre.

Je me lève, balance ma chaise par terre et monte en courant m'enfermer dans ma chambre.

Je suis rouge de colère et en larmes.

J'attrape mon oreiller pour étouffer mon hurlement.

Je suis vraiment à bout.

La dernière fois que l'on a eu de ses nouvelles, il disait à la juge qu'il ne paierait jamais la pension et que je ne valais pas les 50 balles qu'elle lui demandait.

De plus je sais aussi qu'il a été soupçonné d'attouchements mais faute de preuves et comme j'étais trop petite pour m'exprimer ils lui ont laissé le « bénéfice du doute » et il n'a pas été poursuivi.

Par mesure de précaution la juge lui a quand même retiré ses droits d'hébergement et à ordonner que ses visites se déroulent uniquement en présence d'un médiateur.

De toute façon ce n'est pas comme si il avait eu l'intention de venir me voir.

À peine quelques minutes après que je sois montée j'entends frapper à ma porte.

Je ne réponds même pas, je ne veux voir personne.

Je suis allongée en boule sur mon lit, pleurant de toute mes forces en tenant ma poitrine qui me fait mal.

On frappe de nouveau, je ne réponds toujours pas mais la porte s'ouvre.

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