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Dompte-moi si tu l'oses
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Dompte-moi si tu l'oses

Auteur: HERMANN
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Chapitre 1 Chapitre 01

Jeudi 14 novembre

Onze heures et trente-deux minutes – Mon téléphone vibre, inutile de décrocher. Je sais qui m'appelle. Ma mère. Je sais ce qu'elle a à me dire et je ne suis pas prête à l'admettre. Ne plus la sentir m'inquiète déjà suffisamment... et je ne tiens pas à m'engueuler avec elle. Pas maintenant.

J'attrape mon téléphone, je l'éteins et me rallonge sous ma couette, le seul endroit où je me sens encore en sécurité. La couverture chaude m'enveloppe et me protège. Je ne veux pas me lever. Juste dormir. Oublier... Et me réveiller sans que tout cela ne soit jamais arrivé.

Malheureusement, je sais que cela n'arrivera pas. J'ai enfreint la règle et je ne peux plus retourner en arrière. C'est terminé.

Ma tête est lourde, je n'arrive pas à dormir. J'ai des sueurs froides depuis des heures et j'ai déjà changé trois fois de pyjama. Mes cheveux collent à mon visage et m'agacent. Je m'assois, attrape mon verre et le cachet de Nurofen sur la table. L'eau me fait du bien mais le cachet ne passe pas. Ma gorge est trop enflée.

Je me lève. Mes jambes flageolent et je manque de tomber. Heureusement que mon appartement ne fait que vingt mètres carrés. Je n'aurai jamais atteint mon réfrigérateur sinon. En l'ouvrant, je cherche le pot de compote que je n'avais pas terminé la veille. Je le prends et y insère mon cachet. Bizarrement, j'arrive mieux à l'avaler.

Je retourne enfin me coucher, mon réveil affiche maintenant onze heures et quarante-sept minutes. Anaëlle et Jessica devraient bientôt sortir de cours. Je suis sûre qu'elles ne vont pas tarder à m'appeler. Malheureusement, elles devront dire bonjour à ma boîte vocale. Pas question que je rallume mon téléphone aujourd'hui. Je ne suis pas prête à affronter la vérité. Elle peut bien attendre.

M'écrasant sur le lit, je mets le réveil pour huit heures. Je n'ai pas envie d'aller en cours demain mais je n'ai pas le choix.

·

Les lumières multicolores éblouissent la pièce. La musique électro s'échappe des haut-parleurs géants à plein volume. Des corps en sueur se frottent les uns contre les autres au rythme du son. J'aime cette ambiance. Après avoir siroté mon verre de Tequila Sunrise, je me lance à la recherche de mes deux amies. La piste est pleine et j'ai du mal à avancer. Des corps, sans visages distincts, se collent à moi, m'invitant à faire de même. J'hésite. Ma tête tourne. Probablement l'alcool. Je n'arrive pas à refuser. Commençant à me dandiner au rythme du son, je m'arrête. Mes yeux viennent de rencontrer les siens. Gris perle étincelants, sensuels et possessifs, ils me cherchent. C'est moi qu'il veut, je le sais. Son visage est plongé dans le noir mais lorsqu'il relève la tête, les lumières des projecteurs révèlent un rictus de satisfaction et deux canines d'un blanc ardent. Puis il se transforme et bondit vers moi.

·

La peur me réveille. Je suis allongée dans mon lit. Mon pyjama est de nouveau trempé et ma respiration est saccadée. De la main, je cherche mon verre. J'avale l'eau d'une traite et essaie de me calmer.

·

La jonction entre mon cou et mon épaule me brûle et me démange terriblement. Pour atténuer la douleur, je me mords la main. Mes jambes trouvent rapidement le sol et je cours jusqu'à la salle de bain.

·

Sans prendre le temps de me déshabiller, j'attrape le pommeau de douche et allume l'eau froide au maximum. La différence de température me déstabilise et je manque de tomber. La douleur de mon épaule commence à s'affaiblir. Je peux respirer de nouveau.

·

L'eau continue de couler. J'attends un moment avant de me décider à sortir. Sans regarder, je cherche ma serviette. Je ne la trouve pas. Le sol de ma salle de bain est trempé mais je m'en fiche. Ce n'est pas ma priorité. D'ailleurs ça n'en sera jamais une. Mes vêtements sont dans un triste état. Je dégrafe mon soutien-gorge et le laisse tomber par terre. Je me retourne et regarde dans le miroir.

La femme en face de moi semble plus pâle que jamais. Je donnerais simplement trois mots pour la décrire : lamentable, fragile et faible. Ça me correspond parfaitement. Oh ! J'ai oublié « idiote » aussi. Mais ça, je le sais déjà.

Mes longs cheveux châtains cachent ma poitrine. Des cernes énormes habillent mes pommettes rosées et soulignent la fatigue de mes yeux couleur olive. Mes sourcils sont en pagailles et j'ai encore plus de taches de rousseurs qu'avant. Si Jess voyait ça, elle hurlerait sur le champ.

Mes lèvres pulpeuses sont gercées et boursouflées comme jamais. Je fais peur à voir. C'est clair.

Puis mon regard descend vers mon cou où je ne peux m'empêcher d'y porter mes doigts.

Une marque.

Sa marque... habille maintenant le creux de mon épaule gauche.

Huit trous y sont gravés. Mes doigts frôlent légèrement le renflement de ma peau. Je ferme les yeux. Je ne saurais pas décrire ce que je ressens actuellement. Excitation. Palpitations. Ivresse. Besoin. Angoisse. Peur. Toutes ces émotions se mêlent dans mon esprit. Je suis prise de vertige et m'assois sur le plan de travail de la vasque-lavabo.

Mon corps est douloureux et hypersensible. Je ne sais pas ce qui m'arrive... En fait si, je sais exactement mais je ne veux pas me l'avouer.

            
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