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Dompte-moi si tu l'oses
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Chapitre 4 04

Mes pieds s'écrasent contre le sol humide et boueux. Je sens le vent balayer mes cheveux d'une traite et caresser le contour de ma mâchoire.

Les branches des arbres dansent au rythme du souffle majestueux du vent, je me sens dans mon élément. Ma louve en avait besoin. Rester enfermée n'est pas son truc. Déjà qu'elle ne peut pas sortir physiquement, lui imposer mon appartement 24 h/24 est juste une torture.

Finalement, je m'étais fait un sang d'encre pour rien. Aucun lien ne semble proche. Mon heure n'est pas encore arrivée. Reprenant mon souffle, je me dirige vers ma Renault dix-huit.

J'insère ma clé dans le verrou de ma voiture et attrape la poignée. Ma louve se réveille et se met en état d'alerte. Quelque chose n'était pas normal. Je sens le stress monter en moi. Je tire la poignée mais la porte ne s'ouvre pas. Je m'agace et tire encore plus fort. Je tremble. J'essaye de réinsérer la clé dans le trou. Elle tombe par terre. Je me dépêche de la ramasser. Des pas. J'entends des pas. Je m'énerve. M'excite. M'agace. J'ai envie de hurler. Je sens les larmes me monter aux yeux. Ma louve grogne. Je me retourne et me plaque dos contre la voiture.

Trois hommes, d'une quarantaine d'années, me regardent avec contemplation et amusement. Mes mains cherchent toujours à essayer d'ouvrir la voiture. Rien à faire. Les hommes se rapprochent rapidement.

·

Ma louve prend le dessus. Certaines parties de mon corps se transforment : ma mâchoire, mes ongles, mes dents, mes yeux, ma musculature. Mes sens s'améliorent, notamment ma vue et mon odorat.

J'essaye de me concentrer. Nul doute que ces hommes sont des métamorphes. Cependant, je ne ressens aucun lien entre nous. À mon avis, ils ne sont pas simplement là pour me faire un bisou.

Je me mets en position d'attaque.

- Qu'est-ce que vous voulez ? grimaçai-je.

- Il semblerait que l'Alpha de la Meute de la Horde t'ait choisie et notre Alpha aimerait en connaître les raisons.

Je les jauge du regard. Celui du milieu semble être le chef. Il est de corpulence massive et son crâne est entièrement rasé et mutilé. C'est un combattant. Les deux autres semblent être ses subordonnés.

En combat singulier, je pourrais peut-être m'en sortir mais trois à la fois... C'est impossible. Ma louve n'est pas assez entraînée. Je suis rapide, certes, mais pas forte. Il suffit de me regarder pour le comprendre.

Je dois employer la ruse, je n'ai pas d'autre choix.

- Alors vous devriez savoir que mon grade et ma puissance sont supérieurs aux vôtres. Je vous conseille de partir avant que mon mâle vienne vous arracher les membres un à un, je leur réponds en me mettant bien droite, le regard fixe, provocateur et attentif.

- Si ce que tu dis est vrai, alors pourquoi votre revendication n'est-elle pas encore complète ? me demande-t-il en inclinant sa tête de côté.

- Nous attendons juste le bon moment. C'est tout, bafouillai-je.

- Et que fait la future femelle Alpha d'une meute, seule, en pleine forêt et sans garde ?

Je lance un soupir de mépris.

- Quel Alpha attend de ses subordonnés une protection ? C'est à moi de protéger les miens, grognai-je en me mettant à quatre pattes. Maintenant barrez-vous avant que je vous arrache les tripes.

Wouah. Je ne me savais pas si théâtrale. Je devrais peut-être me lancer dans le cinéma.

- Moi je pense que tout ce que tu dis n'est que bobards. Thalion ne laisserait jamais sa femelle se balader seule en territoire ennemi.

Ennemi ? Oups. C'est vrai que je suis dans une meute maintenant. Mon rapport avec les autres loups est différent. Pourquoi faut-il que les terres à côté de chez moi ne soient pas les miennes, sérieusement...

- Et toute personne appartenant à la Meute de la Horde, sur notre terre, doit être éliminée, Alpha ou non.

Bon là, je suis vraiment dans le pétrin. Je me relève. Les trois hommes se divisent pour m'entourer. Le meneur rigole.

- Si on m'avait dit qu'un jour j'allais me taper la femelle de ce connard, jamais je ne l'aurais cru.

- Grave, répond un autre, la bave dégoulinant de ses babines relevées.

- Hé ! Laissez-en un peu pour les autres, pouffa quelqu'un derrière moi bondissant sur ma voiture.

Ils sont maintenant quatre. Non cinq. Mon corps tremble de nouveau. Je suis prise au piège. Ma louve semble tout aussi apeurée que moi. Et essayer de la rassurer dans mon état ne sert à rien.

Je me concentre et augmente mon champ de vision au maximum. Je perds en force mais je peux voir au moins à 270°. L'un des hommes se métamorphose et saute sur moi. Je me dégage habilement et roule sur le côté.

Il montre ses crocs et bondit de nouveau. J'esquive mais sa patte réussit à m'atteindre au niveau du bras. Une douleur piquante me prend. Mon visage se déforme par la douleur mais ce n'est rien. Le pire m'attend.

Un second bondit sur mon dos. Je hurle et tente de le repousser de toutes mes forces.

- Tu ne te transformes pas, femelle Alpha ? demande le leader en arrière-plan.

Je repousse le loup et lui arrache une touffe blonde au niveau de l'épaule. Ses crocs sont plantés dans la chair de ma cuisse. Je hurle. Ma louve bondit partout dans mon esprit et cherche à se matérialiser. Mes ongles s'agrandissent encore et je donne un grand coup dans l'encolure de la bête. Il lâche prise. Je me relève. Mon jogging est imbibé de sang. Je grogne. Tous me regardent.

J'attrape une barre de fer qui se trouve à mes pieds. Certains semblent rigoler et apprécier le spectacle.

- Allez ma chérie, transforme-toi. Mon loup est impatient.

- Et moi je suis impatiente de lui montrer de quoi je suis capable.

Les deux loups transformés tournent autour de moi. Le plus proche attaque en premier et s'élance sur moi. Je le réceptionne avec un bon coup de barre. Il lâche un hurlement faible et s'écrase au sol.

- À qui le tour maintenant ? demandai-je.

Un troisième se transforme et m'attaque par l'arrière. Dans l'élan, je lâche mon arme et m'écroule par terre. Le loup enfonce ses crocs dans mon mollet droit et m'arrache un cri perçant. Il vient de me sectionner les tendons. Ses crocs s'enfoncent profondément et m'arrachent un second cri. Il secoue la tête, déchiquetant ma peau. Le chef s'approche et récupère la barre.

- Tu disais ?

Ma jambe me fait horriblement mal. Un loup m'attrape au niveau de la hanche et enfonce à son tour ses crocs. Il me tire vers ma voiture. Je lui donne des coups de poing et tente de le griffer. Les babines retroussées, je bave comme pas possible. Ma louve est en rage. Mon combat intérieur m'empêche d'être au maximum de mes capacités.

Je sens qu'on m'arrache les cheveux et qu'on me traîne par terre. Des larmes de colère s'échappent de mes paupières gonflées. En quelques secondes, je suis plaquée sur le ventre contre ma voiture.

Je sens une langue râpeuse me lécher le lobe d'oreille. J'ai envie de vomir. Je donne un coup de coude à l'individu. Un gars m'attrape le poignet et me maintient contre le pare-choc. Je suis déstabilisée. Ma louve est dans le même état.

Des ongles me griffent le dos et arrachent mon t-shirt ainsi que mon soutien-gorge. Je saigne. J'ai froid. Des mains m'agrippent les hanches.

- Une belle nénette comme toi. Je commence à comprendre ce connard maintenant, me dit-il au creux de l'oreille.

Son haleine empeste. Il est proche de mon visage. Je tourne la tête et plante mes crocs sur sa joue, arrachant une bonne partie de sa peau. Il hurle, attrape ma tête et la cogne contre mon pare-brise qui se scinde en deux.

Je n'entends plus rien. Ma tête me fait très mal. Ma jambe aussi. Ma vue se trouble et une giclée de sang s'échappe maintenant de mon front. J'ai mal et en même temps je n'ai pas mal. C'est étrange. Je me sens partir. La douleur disparaît. J'ai sommeil. Mes yeux se ferment et je sombre peu à peu dans l'inconscience.

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