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Le partenaire insoupçonné
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Le partenaire insoupçonné

Auteur: Jesuhoutou@
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Chapitre 1 Partie 01

Le bruit sourd résonna une première fois, puis une seconde, puis une troisième.

Boum. Boum. Boum.

Je me redressai d'un coup, le cœur battant à tout rompre, la peur me serrant la gorge comme chaque matin depuis des années. Mon corps réagit toujours avant mon esprit, comme s'il refusait d'oublier. Même après tout ce temps, ce bruit suffit à me ramener à la réalité avec une violence brutale.

Boum. Boum. Boum.

Depuis six longues années, chaque nuit sans exception, je me cache dans le réduit poussiéreux sous l'escalier arrière du manoir de la meute. Et pourtant, chaque réveil est identique : une panique sourde, viscérale, incontrôlable. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi ceux qui me pourchassent n'ont jamais pensé à chercher ici. Les membres de l'élite arpentent souvent les couloirs à la nuit tombée, leurs pas lourds résonnant au-dessus de ma tête, mais aucun ne descend jamais dans ce recoin oublié. Je n'allais certainement pas me plaindre de cet aveuglement providentiel.

Quand toutes mes tâches sont enfin terminées et que la demeure s'endort, je m'éclipse par la grille endommagée à l'extérieur, rampe à travers un amoncellement de meubles délaissés et de décorations couvertes de poussière, puis je me glisse dans une vieille malle. À l'intérieur, des nappes rongées par les mites me servent de couverture. C'est là que je me recroqueville, invisible, silencieuse, effaçant mon existence pour quelques heures.

Même ainsi, le sommeil se fait rare. Les nuits sont hachées, peuplées de sursauts, de sueurs froides et de souvenirs que je préférerais enterrer. Je fuis des cauchemars anciens, des vies que je n'aurai plus jamais. Pourtant, depuis quelque temps, mes rêves ont changé.

Ils ne me ramènent plus à l'attaque qui m'a arraché mes parents, ni aux anciens de la meute accusant mon père du massacre qui s'ensuivit. Je ne revois plus notre maison incendiée en guise de châtiment, les flammes léchant les murs pendant que je hurlais à l'intérieur. Désormais, mes songes m'emmènent ailleurs.

Je me vois allongée dans des prairies luxuriantes, baignées par la douceur du printemps. Je cours, libre, aux côtés d'un loup majestueux à la fourrure noire comme l'onyx. Ses yeux violets, d'une profondeur envoûtante, se posent sur moi avec une intensité troublante. Dans ces rêves, je ressens une paix oubliée depuis trop longtemps. Une sécurité presque irréelle, mais terriblement réconfortante.

Depuis la nuit où j'ai perdu mes parents, tout a basculé. Autrefois, j'étais la fille chérie du Bêta, vivant dans une maison emplie de rires, entourée d'amis au sein de la meute. Leur mort a transformé mon existence en malédiction. L'Alpha Gregory ne peut poser les yeux sur moi sans y lire la trahison et la colère. La Luna Margot, autrefois douce et bienveillante, est devenue amère, venimeuse. Quant à leur fils, Domino, héritier du rang d'Alpha et mon ancien meilleur ami... il est aujourd'hui mon pire bourreau.

Il accorde sa faveur à ceux qui me brisent, m'humilient, inventent chaque jour de nouvelles façons de me faire souffrir. La première fois qu'on m'a battue, je m'étais cachée dans les jardins. Je croyais encore qu'il était mon ami. À une époque, j'avais même pensé qu'il pourrait être mon âme sœur. Cette illusion est morte ce jour-là.

Il m'a tirée par les cheveux, ignorant mes cris, mes ongles griffant la terre alors que je le suppliais de me lâcher. Il m'a traînée jusque dans la Grande Salle, en plein déjeuner. Mon corps a heurté violemment une table, envoyant plats et nourriture valser autour de moi. J'ai crié, prié pour que quelqu'un intervienne. Personne n'a bougé.

Domino a alors annoncé ma nouvelle condition. Je ne devais plus être appelée que « bâtarde » ou « esclave ». Aucune gentillesse ne m'était permise. Personne n'avait le droit de m'adresser la parole autrement que pour me punir. J'ai perdu ma maison, mes affaires, mon nom. Je suis devenue un exutoire, une cible pour la haine de ceux qui avaient perdu des proches lors de l'attaque des rôdeurs. On me frappait, on me marquait, on m'utilisait, sans jamais tenir compte de mes supplications.

Je secouai la tête, chassant ces souvenirs comme on repousse une brume toxique. Quelle idiotie de me laisser distraire par des rêves. Je perds un temps précieux que je devrais consacrer à mes tâches, pendant que le reste de la meute se régale au petit-déjeuner. Nous sommes vendredi... voilà pourquoi l'odeur des brioches à la cannelle flotte dans l'air. Cela fait si longtemps que je n'ai plus eu le droit d'en goûter une. J'espère que Madame Clarke réussira à m'en cacher une, même si elle se fait presque toujours attraper.

Je me faufile hors de ma cachette, vérifie que personne ne m'observe, puis me précipite vers l'escalier des domestiques. J'ai un laps de temps dérisoire pour refaire douze lits, nettoyer les salles de bain attenantes et rassembler tout le linge avant la fin du repas.

« BÂTARDE !!! »

Le hurlement me glace le sang. Je sursaute en déposant la dernière pile de linge. Non... La Luna Margot trouve toujours une raison de me punir. Qu'ai-je encore fait aujourd'hui ?

Je me retourne précipitamment, baisse la tête et réponds d'une voix soumise.

« Oui, Luna. »

Je veille à ne laisser transparaître aucune insolence. Le moindre faux pas pourrait m'envoyer à l'infirmerie, encore une fois.

« Espèce d'incapable ! Es-tu seulement capable de faire quelque chose correctement ?! Pourquoi l'étage des invités n'est-il pas prêt ?! Les Alphas des douze meutes les plus puissantes arrivent ici ! Pourquoi tiens-tu tant à couvrir ta meute de honte ?! Déesse de la Lune, pourquoi avons-nous été maudits par ta présence ? »

Elle hurlait si près de moi que sa salive me frappait le visage. Des membres de la meute affluaient déjà, attirés par le spectacle.

« Mais Lu... »

Je n'eus pas le temps de finir. Sa main s'abattit violemment sur ma joue. La douleur explosa dans ma tête tandis que je tombais au sol, étourdie.

« Comment oses-tu me répondre ?! Je t'ai sauvée de l'exil, de la vie de rôdeuse ! Je t'ai SAUVÉE ! »

Les mots continuaient de pleuvoir, mais tout devint lointain, étouffé, comme si j'étais sous l'eau. Puis, soudain, tout redevint clair.

« ... ils arrivent demain ! DEMAIN ! Si les chambres ne sont pas impeccables, je corrigerai l'erreur que j'ai faite il y a des années et je te bannirai moi-même ! »

Elle s'éloigna d'un pas triomphant, suivie par les spectateurs, visiblement satisfaits.

Je me redressai péniblement, la main plaquée contre mon visage enflé. Un craquement sourd confirma ce que je savais déjà. Encore une pommette brisée. Au moins, ce n'était pas ma mâchoire cette fois.

Prenant une profonde inspiration pour retenir mes larmes, je rassemblai mon matériel et descendis à l'étage inférieur. Les quartiers des invités. Quarante chambres. Une tâche impossible.

Pièce après pièce, le temps s'écoula. Le déjeuner passa sans que je m'en rende compte.

Pièce après pièce, le soleil déclina, annonçant l'heure du dîner, mais je continuai.

Pièce après pièce, la lune s'éleva, brillante, m'appelant au repos. Mes paupières étaient lourdes, mon corps hurlait de fatigue. Un lit impeccablement fait me tenta. Juste un instant... reposer ma tête avant de reprendre.

L'obscurité m'enveloppa, douce et implacable, m'entraînant avec elle.

            
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