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La Bête à Collier de l'Alpha : Rejetée et Renée
img img La Bête à Collier de l'Alpha : Rejetée et Renée img Chapitre 3
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Chapitre 3

Point de vue de Séraphine :

La nuit du gala était apocalyptique. Une tempête venue de l'Atlantique. Une pluie comme des balles.

Parfait.

J'étais dans la cuisine, habillée en servante. Invisible.

J'ai entendu Damien dans la bibliothèque avec Guillaume, son Bêta.

« Elle est bizarre, Damien. Trop silencieuse. Et ce collier... son cou est en train de pourrir. »

« Elle va bien », a balayé Damien, bien que sa voix soit tendue. « Elle boude, c'est tout. »

« Vraiment ? » a demandé Guillaume. « Ou est-elle brisée ? Damien, elle est ta... »

« Ne le dis pas ! » a rugi Damien. « C'est une enfant humaine et faible ! Si je la réclame, les Anciens la mettront en pièces ! Je fais ça pour la protéger ! »

« Tu la protèges à mort », a dit Guillaume.

Je me suis glissée sur la terrasse.

Isabelle tenait salon dans une robe rouge sang. Elle m'a vue et a souri avec mépris.

Elle s'est approchée, a feint de trébucher et a renversé son vin sur moi.

« Oups », a-t-elle ri. « Regarde-toi. En train de nettoyer les dégâts. Ça te va bien. »

Elle m'a poussée. Fort.

J'ai glissé sur la pierre mouillée et je suis tombée en arrière, dans la boue et la pluie.

Damien est sorti en courant.

« Que s'est-il passé ? »

« Elle m'a poussée ! » a pleuré Isabelle. « Elle a essayé de m'attaquer ! »

Damien m'a regardée, tremblante dans la boue, le collier brillant. Il savait qu'elle mentait.

Mais il était l'Alpha. Il ne pouvait pas prendre le parti de la domestique contre la Luna.

« Lève-toi », a-t-il aboyé. « Dégage de ma vue. »

Il a enlevé sa veste.

Mon cœur a fait une chose stupide et pleine d'espoir.

Il l'a enroulée autour d'Isabelle.

« Rentrons, mon amour. »

Ils ont tourné le dos.

Je suis restée dans la boue. Le froid s'infiltrant jusqu'à la moelle.

Bzzzz.

Mon téléphone prépayé.

Frontière ouverte. Secteur 4. Minuit.

23h00.

Je me suis levée.

Une vague de chaleur m'a frappée. Pas l'argent. Interne.

Mon sang bouillait. Mes os grinçaient. Ma vision s'est aiguisée, suivant chaque goutte de pluie.

Mes ongles se sont allongés en griffes.

Pas maintenant.

Mais ma louve ne se cachait plus. Elle se réveillait.

La fièvre a grimpé. Je ne tremblais pas de froid ; je tremblais de puissance.

« Joyeux anniversaire, Damien », ai-je murmuré.

J'ai couru dans les bois.

Je ne courais pas comme une humaine. Je me déplaçais avec une vitesse impossible.

Je courais vers les Solitaires.

Je n'étais plus Séraphine l'orpheline. J'étais la tempête.

La boue était glissante, mais je n'ai pas dérapé.

J'avais frotté la pâte de tue-loup sur mes poignets et mes chevilles. Ça engourdissait ma peau et rendait ma louve léthargique, mais pour les patrouilles, je sentais la mousse humide.

J'ai atteint la clôture du périmètre. Trois mètres cinquante de haut, électrifiée.

Je connaissais la faille. Des lapins creusaient sous les fondations près du tuyau de drainage.

J'ai rampé dans la gadoue. Le béton m'a éraflé le dos.

J'ai émergé de l'autre côté.

La liberté.

Une berline noire attendait sur la route de service.

J'ai sprinté. Mes jambes brûlaient de la fièvre de la transformation.

Une ombre s'est détachée des arbres.

Un loup.

Un garde de patrouille. Une bête brune massive, grondant, me barrant le chemin.

Il s'est accroupi. Il m'a reconnue. L'animal de compagnie de l'Alpha.

Il a ouvert les mâchoires pour hurler.

Non.

Je ne me suis pas recroquevillée.

Je me suis arrêtée. La fièvre a grimpé plus fort que l'argent.

« Bouge », ai-je dit.

Ce n'était pas un cri. C'était une vibration. J'ai imité le ton que Damien utilisait pour commander les légions. J'ai projeté chaque once de ma rage refoulée dans mon aura.

Une onde d'énergie a explosé vers l'extérieur.

Le loup brun s'est figé. Il a gémi. L'instinct a pris le pas sur le devoir. Confronté à la fréquence d'un prédateur supérieur, il s'est soumis.

Il a reculé, la queue entre les jambes, le ventre dans la boue.

Je n'ai pas cherché à comprendre. J'ai plongé dans la voiture.

« Roulez ! »

Nous avons filé vers l'autoroute.

Nous avons atteint la frontière territoriale.

Quitter une Meute, ce n'est pas comme traverser une frontière. C'est une amputation spirituelle.

Clac.

« Argh ! » ai-je haleté, me tenant la poitrine.

Le crochet s'est arraché de mon âme. Le bourdonnement de fond de la Meute a disparu.

Le silence. Un silence froid et solitaire.

Mais ensuite... de l'oxygène.

Pour la première fois en dix ans, je pouvais respirer.

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