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Trahi par l'Alpha, Renaître des Cendres
img img Trahi par l'Alpha, Renaître des Cendres img Chapitre 4
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Chapitre 4

Éliana PDV:

Les semaines se sont transformées en un mois. Audrey et moi étions toujours à l'infirmerie, nous remettant doucement de nos blessures physiques. Les blessures de l'âme, elles, restaient béantes. Pas un seul signe d'Amaury ou de Gabin. Pas un appel, pas un message, pas une visite. Leur silence était assourdissant, une confirmation déchirante de leur indifférence.

Mon cœur, déjà en lambeaux, s'est brisé un peu plus chaque jour.

Un après-midi, alors que nous nous rendions au Haut Conseil pour forcer la main de nos maris concernant les papiers de rupture de lien, nous avons aperçu Gabin dans le couloir. Il ne nous a pas vues. Son pas était pressé, son visage tendu.

Audrey et moi l'avons suivi, silencieuses comme des ombres. Il est entré dans l'aile de la maternité. Nos regards se sont croisés. Une même pensée glaciale nous a traversées l'esprit.

Nous avons jeté un coup d'œil discrètement par la porte entrouverte. Lucie était là, allongée sur un lit, Amaury et Gabin penchés sur elle. Leurs visages, que j'avais tant suppliés de l'aide et du réconfort, étaient emplis d'une adoration que je n'avais jamais reçue. Ils la tenaient comme si elle était la chose la plus précieuse au monde.

Une famille. C'était l'image qu'ils projetaient. Lucie, le ventre rond, souriant avec une douce mélancolie. Tandis que Gabin lui caressait les cheveux et Amaury lui tenait la main.

Mon cœur s'est tordu de douleur. Ma main s'est posée involontairement sur mon propre ventre, un geste instinctif, malgré le vide. Audrey a fait de même. Le désespoir nous a envahies.

Lucie murmurait à quel point elle était "inquiète" pour son enfant. Ses "inquiétudes" me semblaient si dérisoires face à la réalité de ma perte. Une douleur aiguë m'a transpercé. J'ai dû serrer les dents pour ne pas hurler.

Cette image. Ce tableau d'une famille parfaite, d'un amour infini, m'a transpercé le cœur comme mille lames glacées. C'était ça. C'était cette famille qu'Amaury et Gabin avaient toujours voulue. Pas moi. Pas mon enfant. Nous étions des obstacles, des fardeaux.

La vérité a explosé dans ma tête, brutale et implacable. La douleur s'est transformée en une colère froide et déterminée. Je ne pleurerais plus jamais pour eux. Jamais.

Audrey et moi avons échangé un regard. Un accord silencieux est passé entre nous. Nous ne nous battions plus pour l'amour. Nous nous battions pour la justice. Pour notre dignité.

Nous avons tourné les talons, nos pas résonnant dans le couloir silencieux. Chaque pas était une promesse de liberté et de vengeance.

De retour à la maison, les larmes et la vulnérabilité que j'avais ressenties quelques jours plus tôt avaient laissé place à une résolution d'acier. Nous n'étions plus les épouses brisées. Nous étions les juges.

Amaury était là, affalé sur le canapé, l'air préoccupé. Son visage, autrefois si attirant, ne m'inspirait désormais qu'un profond dégoût. Le conflit était inévitable.

Ma voix a fusé, stridente, perçant le silence. "Amaury !"

Il a sursauté, puis son regard s'est teinté d'irritation. "Où étiez-vous ? Je me suis inquiété." Sa voix, pleine de reproches, démentait ses paroles.

La rage a éclaté chez Audrey. "Inquiet ? Inquiet de quoi, Gabin ? De ne pas pouvoir jouer au père dévoué avec Lucie ?" Elle a craché les mots.

La tension a empli la pièce, un rugissement silencieux.

Puis, la porte de l'ascenseur s'est ouverte. Gabin. Son visage était marqué par la fatigue et l'agacement.

"Je vous en prie," a-t-il dit d'une voix lasse. "Vos cris vont effrayer le bébé."

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