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Les échos du passé
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Chapitre 2 02

Chapitre 3 : L'Écho des Mots Non-Dits

Léa resta là, l'écran de son téléphone brillant sous la lumière tamisée de sa chambre. Les mots d'Enzo s'inscrivaient lentement dans son esprit comme un poids qu'elle ne savait comment porter. "J'ai besoin de te parler." Ces quelques mots résonnaient en elle comme une promesse silencieuse, une invitation au cœur de l'inconnu. Elle n'avait pas besoin d'être une experte pour savoir qu'un simple message ne signifiait pas toujours ce qu'il semblait dire. Les non-dits s'y cachaient, tout comme les ressentiments, les regrets, et les interrogations qui flottaient autour d'eux.

Elle se leva, marcha lentement vers la fenêtre et regarda la nuit s'étendre sur la ville. Les rues étaient presque désertes, seulement quelques silhouettes solitaires se hâtant sous les réverbères, sans doute pressées de rentrer chez elles après une longue journée. Léa se sentit étrangère à ce monde. Elle était à la fois présente et absente, comme une ombre projetée dans un rêve dont elle n'arrivait plus à sortir.

Elle tourna le téléphone entre ses mains, hésitant, l'esprit bouillonnant. Que signifiait ce message pour elle ? Était-ce un appel à une réconciliation qu'elle n'était pas prête à affronter ? Ou était-ce un piège, une tentative de raviver une douleur qu'elle s'était enfin résolue à enterrer ?

Elle pensait à ce qu'Enzo avait été pour elle. Ces années passées ensemble avaient été marquées par des éclats de bonheur, mais aussi par des déceptions muettes, des silences qui en disaient long. Ils avaient souvent eu l'impression de se tourner autour sans jamais se trouver vraiment, de se perdre dans leurs propres attentes et désirs non exprimés. Et pourtant, malgré tout cela, il y avait eu ces moments où elle avait cru que tout allait enfin s'éclaircir, que leur amour brisé pourrait se réparer. Mais le temps et les erreurs s'étaient invités entre eux, et ce qui semblait solide s'était effondré sous leurs pieds, laissant derrière lui un vide qu'aucun d'eux n'avait su combler.

Léa se sentait à la croisée des chemins, mais au fond d'elle, elle savait que ce message d'Enzo était le début d'une nouvelle confrontation. Peut-être était-ce une chance de dire les choses, d'en finir avec ce poids qu'elle traînait depuis trop longtemps. Mais elle n'était pas prête à y aller sans savoir. Pas prête à se laisser emporter sans comprendre les raisons qui avaient poussé Enzo à revenir dans sa vie de cette manière.

Elle inspira profondément et posa le téléphone sur son bureau. Non, elle n'allait pas répondre tout de suite. Pas ce soir. Elle avait besoin de temps pour réfléchir, pour rassembler ses idées et ses émotions. Et surtout, elle devait comprendre ce qu'elle voulait réellement.

Le lendemain, à l'université, elle se força à se concentrer. Les cours défilaient devant elle, mais son esprit vagabondait sans cesse, revenant toujours à ce message. Elle savait qu'il finirait par l'atteindre à un moment donné, que ce soit aujourd'hui, demain ou plus tard. Mais pour l'instant, elle préférait se concentrer sur autre chose, sur les petites victoires du quotidien.

À la pause, Clara vint la retrouver dans la cafétéria. Elle remarqua tout de suite la tension dans l'air. Léa était absente, comme perdue dans une conversation qu'elle ne suivait pas. Clara prit place en face d'elle, un café à la main, et la regarda d'un air insistant.

- Alors, tu as répondu ? demanda Clara avec une pointe de curiosité.

Léa secoua la tête, une moue fatiguée sur le visage.

- Non. Je ne sais même pas ce que je veux lui dire, Clara. Je... je suis perdue. Ce message, c'est comme une porte qu'il m'ouvre, mais je ne sais pas si je veux la franchir. Peut-être que je devrais juste tourner la clé et laisser cette porte se refermer. Mais si je ne fais rien, est-ce que je vais regretter ? Est-ce que c'est ça, la fin de tout ce qu'on a vécu ?

Clara la fixa un instant, puis prit une gorgée de son café, réfléchissant aux mots qu'elle allait choisir. Elle savait que Léa avait besoin de prendre ses propres décisions, mais elle savait aussi que parfois, il fallait pousser un peu pour que les choses bougent.

- Léa, tout le monde peut faire des erreurs. Mais toi, tu ne peux pas continuer à vivre dans cette incertitude. Si tu ne veux pas le revoir, alors laisse-le partir, mais fais-le proprement. Si tu décides de lui donner une chance, fais-le sans avoir peur de ce que ça pourrait impliquer. C'est pas en restant figée dans l'attente que tu trouveras des réponses. Il faut que tu avances.

Léa regarda son amie, le regard empli d'incertitude. Clara avait toujours cette manière de lui dire les choses sans détours, sans chercher à minimiser la vérité. Elle savait qu'elle avait raison, mais quelque chose en elle résistait, quelque chose qui l'empêchait de franchir ce pas, d'affronter la vérité sur ce qu'elle ressentait encore pour Enzo.

Le reste de la journée passa comme un brouillard. Léa se sentait engourdie, son esprit constamment en proie à ce dilemme intérieur. La soirée arriva plus vite que prévu, et lorsqu'elle rentra chez elle, elle retrouva le téléphone posé là, sur son bureau, comme un objet solitaire qui attendait qu'elle fasse un choix.

Elle prit une profonde inspiration et ouvrit le message d'Enzo. Ses doigts tremblaient légèrement. La lumière de l'écran baignait la pièce d'une lueur froide. Elle fixa le texte quelques secondes, avant de commencer à taper sa réponse. Peut-être que ce moment de vérité serait plus simple à affronter si elle y faisait face dès maintenant.

« J'ai aussi besoin de te parler. Dis-moi quand tu veux qu'on se voie. »

Elle posa le téléphone, son cœur battant dans sa poitrine, et attendit.

Chapitre 4 : Les Silences du Passé

Les jours suivants furent un tourbillon de pensées conflictuelles. Léa se sentait comme une funambule, marchant sur un fil fragile entre son passé et son avenir incertains. La réponse d'Enzo n'était toujours pas arrivée, et pourtant, l'attente la rongeait davantage que l'idée même de la confrontation. Elle se disait que, peut-être, si elle n'avait pas envoyé ce message, les choses seraient restées figées, comme un miroir dont elle évitait de regarder l'image trop longtemps.

Chaque sonnerie de son téléphone la faisait sursauter. Chaque vibration lui rappelait cette promesse qu'elle s'était faite : ne pas attendre la réparation d'un amour brisé. Mais au fond d'elle, quelque chose résistait, comme un vieux souvenir qu'on ne parvient pas à oublier, même quand on voudrait le jeter aux oubliettes.

Elle se rendit au travail le matin suivant, une nouvelle journée chargée de petites préoccupations. Ses collègues discutaient entre eux, partageant des anecdotes et des rires, mais Léa restait silencieuse, se contentant de gestes mécaniques. La machine à café émit un bruit de claquement lorsqu'elle appuya sur le bouton, brisant le silence de la pièce. Mais rien ne parvint à éclipser le tumulte qui se trouvait dans son esprit.

Elle savait que, tôt ou tard, elle aurait à affronter Enzo, à comprendre ce qui s'était passé entre eux. Mais chaque pensée de cette confrontation lui serrait la gorge, un mélange de peur et de curiosité qu'elle ne savait comment apprivoiser.

En fin d'après-midi, alors qu'elle était plongée dans un rapport, son téléphone vibra soudainement. Le cœur de Léa fit un bond dans sa poitrine. Elle n'eut même pas besoin de regarder l'écran pour savoir que c'était lui.

Enzo.

Elle laissa son téléphone reposer un instant sur le bureau, le regard figé sur l'écran allumé, son âme suspendue dans l'attente. Les mots de Clara résonnèrent dans sa tête : "Si tu veux des réponses, il va falloir y aller. Pas de demi-mesure."

Léa inspira profondément, se levant pour aller chercher un verre d'eau. La pièce était étrangement silencieuse, le monde extérieur indifférent à ses tourments. Elle avait besoin d'espace, mais les pensées revenaient inlassablement. Les souvenirs de leur première rencontre, leurs discussions tard le soir, les promesses à peine murmurées entre deux éclats de rire... Les moments où tout semblait encore possible, encore simple. Mais le temps, avec son lot de non-dits et de malentendus, avait effacé cette légèreté.

Elle posa finalement son verre, prit son téléphone et lut le message :

« J'ai réfléchi à tout ce qui s'est passé entre nous, Léa. Ce que je t'ai fait subir, ce que j'ai raté... Je ne m'attendais pas à ça, je n'ai pas su voir... Si tu veux qu'on se parle, je suis prêt. Mais je comprends si tu préfères qu'on n'en parle plus. »

Ses mains tremblaient légèrement. Le poids des mots d'Enzo pesait sur elle, plus lourd que ce qu'elle avait imaginé. Il avait toujours eu cette capacité à toucher au cœur de ses doutes, à enflammer ses incertitudes. Elle se laissa tomber sur son lit, le téléphone toujours dans les mains, et ferma les yeux un instant.

Les souvenirs, comme des fantômes du passé, dansaient autour d'elle. Ils étaient là, vivants, insaisissables, ces moments partagés, et en même temps si loin, presque irréels. Il y avait eu cette chaleur entre eux, une chaleur qui semblait aujourd'hui éteinte, une braise mourante que le vent du temps avait peu à peu emportée. Et pourtant, il y avait encore cette flamme, cachée sous la cendre, prête à se rallumer si elle laissait faire.

Elle hésita, ses doigts glissant lentement sur l'écran de son téléphone. Elle savait que ce qu'elle allait écrire marquerait un tournant. Il n'y aurait plus de retour en arrière après ça. Le poids du passé se faisait lourd, mais elle savait que tout restait suspendu, en équilibre fragile, dans l'attente d'une décision. Son cœur battait, plus fort encore, à l'idée de cette confrontation.

Elle commença à écrire, hésitant sur les mots à choisir, puis, finalement, appuya sur "Envoyer". Il n'y avait plus de place pour le doute. Seule la vérité comptait désormais.

« On se voit demain, à 18h. Au café du parc. »

Le message envoyé, Léa se sentit soudainement plus légère. Pas encore en paix, mais prête à affronter ce qui restait entre eux, ce qu'ils avaient laissé derrière. Une page encore vierge, prête à être écrite.

Le lendemain, l'heure arriva plus vite qu'elle ne l'avait imaginé. Les minutes s'égrenaient lentement, chaque seconde s'étirant dans une attente insupportable. Finalement, elle arriva au café, son cœur battant plus fort à chaque pas qu'elle faisait vers la terrasse. Enzo était déjà là, assis à une table au fond, seul, comme s'il attendait depuis des heures. Son regard se tourna vers elle lorsqu'elle s'approcha, un sourire nerveux sur les lèvres.

Léa s'assit en face de lui, cherchant ses mots. Elle se força à respirer calmement, à se rappeler qu'elle était là pour une chose précise : comprendre, guérir, et, peut-être, refermer un chapitre de sa vie qu'elle n'avait jamais pu vraiment oublier.

- Salut, dit Enzo, sa voix brisée, presque timide.

Leurs yeux se croisèrent, et en cet instant précis, tout semblait à la fois figé et en mouvement. Le temps semblait suspendu, les souvenirs se bousculaient dans sa tête, mais Léa savait une chose : il était trop tard pour revenir en arrière.

- Salut, répondit-elle, plus calme qu'elle ne se sentait.

Leurs voix étaient tremblantes, mais les regards avaient parlé avant tout. Les silences étaient désormais le terrain de jeu de leurs retrouvailles.

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