- je crois que là où tu es tu es plus apte à prendre soin d'elle, j'espère que tu vas pas m'en vouloir. Je te promets que je ferai tout pour la retrouver.
Elle n'a pas pu s'empêcher de verser quelques larmes, Dieu seul savait où Fatoumata pouvait se trouver.
À son réveil, Daba est passée dans la chambre où se trouvait mata. Elle dormait toujours mais au moment où elle ressortait, elle s'est réveillée.
- je suis où là ?
- Ah.. tu es réveillé ? Tu vas mieux ?
Sans rien comprendre, mata se lève en s'adossant sur le lit.
- je crois. Il m'est arrivé quoi ?
- tu as passé beaucoup de temps sous la pluie.
- c'est toi qui m'a emmené ici?
- non, mon frère. Tu n'as pas mal quelque part?
- juste à la tête !
- tu sais quoi, tu vas entrer dans la salle de bain et prendre une bonne douche chaude ça te fera du bien. Je vais t'apporter des vêtements d'accord?
- oui.
Daba est retournée dans sa chambre et a apporté des habits à la jeune fille. Elle est ensuite allé à la cuisine pour préparer le petit déjeuner, une dizaine de minutes plus tard elle est retournée dans la chambre pour voir Fatoumata, cette dernière était déjà habillée.
- viens on va prendre le petit déjeuner.
- merci mais j'ai pas faim.
- Layla ! Ma copine on entend ton ventre gargouiller depuis Mayotte et toi tu dis que t'as pas faim?
- tu as entendu mon ventre ?
- on m'appelle la sorcière de service.
- qui t'appelle comme ça ?
- mon frère. Tu manges sucré ou salé?
Mata n'avait pas répondu, elle paraissait ailleurs ce qui n'a pas échappé à Daba qui a pris place à côté d'elle.
- il y'a quelques choses qui ne va pas?
- je suis une fille maudite.
- Quoi ? Je te permets pas de dire ça. Ok? Viens on va manger et après si tu veux tu me racontes ce qui ne va pas. Aller! debout !
Elle n'avait pas envie de manger mais Daba l'a traîné jusqu'à la cuisine.
Elle ne toucha même pas à ce qu'on lui avait préparé, elle n'avait pas vraiment envie de manger quoi que ce soit.
- tu t'appelle comment ? Lui demande Daba.
- Fatoumata Cissé.
- ma mère aussi s'appelle Fatoumata. Moi c'est Rokhy Daba Ndoye mais appelle-moi Daba. Tu faisais quoi seule dehors la nuit sous la pluie ?
- j'étais entrain de chercher le sens de ma vie et je me suis rendue compte que j'avais même pas une vie pour espérer en trouver le sens.
- arrête j'aime pas la tristesse ça me donne des rides. Quels problèmes peux-tu avoir pour parler ainsi ?
- je n'ai pas de problèmes, je suis un problème moi-même.
- attends... ! Je crois que c'est la fièvre qui te fait délirer, je vais te trouver des médicaments attend je reviens.
- mais non, pas besoin de médicaments.
- tu vas retourner dans ta chambre, tu t'allonger un peu et après tu appelles ta famille pour qu'elle vienne te chercher.
À l'entente du mot "famille" elle n'a pas pu s'empêcher de penser à Nabou.
Elle retourne dans la chambre et se couche sur le lit. Elle ne s'est même pas rappelé de ce qui s'est passé la nuit d'hier, son esprit était plus occupé à penser à ce qui allait s'en suivre. Comment sa vie allait se dérouler maintenant !
Souleymane Jules qui avait passé la matinée à s'entrainer dans son jardin venait de se réveiller et il était déjà 12h. Après avoir pris une douche, il est allé dans la cuisine où sa sœur était entrain de préparer le déjeuner.
- bonjour Daba.
- bonjour.
- la fille s'est réveillée ?
- depuis longtemps elle est dans la chambre. Elle s'appelle Fatoumata.
- ne me dit pas que tu l'a interrogé ?
- non on discutait.
- ah bon ?
- oui.
- je vais la voir.
Il toque à la porte et Fatoumata lui dit d'entrer avec une petite voix.
- bonjour mademoiselle.
- bonjour.
- ça va ?
- je crois oui. C'est vous qui m'avait amené ici?
- oui.
- merci !
- ma sœur a dit que tu t'appelles Fatoumata, moi c'est Souleymane. Je veux juste savoir ce que tu faisais sous la pluie !
- j'avais nulle part où aller donc.... !
- comment ça ?
- je ne veux pas en parler maintenant.
- je comprends. Vous devez appeler votre famille, elle doit sûrement s'inquiéter
- je n'ai pas de la famille et personne ne s'inquiète pour moi.
- pourquoi tu as une voix remplie de mélancolie ? Il y a forcément quelqu'un quelque part qui s'inquiète.
- je crois pas. Ne vous inquiétez pas je vais partir.
- tu viens de me dire que tu as nulle part où aller, que tu n'as pas de famille et maintenant tu me dis que tu vas partir ? Mais aller où ?
- mourir c'est la seule chose qui me reste à faire.
- tu necrois pas en une force divine?
- je ne sais pas à vrai dire. Je n'ai jamais senti cette présence.
- tu ne l'as jamais senti parce-que tu n'y crois pas. Je ne sais pas ce que tu as vécu mais tu ne devrais pas parler comme ça. Tu as quel âge?
- 22 ans il y a deux semaines.
- mais c'est un jeune âge ça. À ton âge les problèmes doivent être liés aux garçons... On t'a brisé le cœur ?
- mon problème est lié aux hommes oui, mais on m'a pas brisé le cœur.
- alors pourquoi cette tristesse ?
- c'est ce que j'ai toujours connu, j'ai toujours été comme ça.
- le bonheur n'a jamais été au rendez-vous?
- le bonheur ça veut dire quoi ?
- tant que tu n'y crois pas tu ne le sauras pas. Et tu es la seule qui peut t'occuper de ton bonheur tu sais ! On peut te rendre heureuse mais ton bonheur ça dépend uniquement de toi.
- comment faire ?
- commence d'abord par évacuer ce que tu as dans le coeur.
- je ne peux pas. Ce s'est pas contre toi mais je ne te connais pas.
- je comprend ne t'en fais pas. Tu sais quoi, ma sœur est une psychologue je crois que tu devrais parler avec elle, elle donne d'excellents conseils. Et maintenant tu vas sortir du lit et venir dehors.
Souleymane insistait tellement qu'elle l'a suivit. Quand elle sortit de la chambre, son attention fut attiré par une photo de Souleymane accompagné du président et à côté un diplôme de reconnaissance adressé au gouverneur.
- tu es le gouverneur ?
- on est le week-end donc non, mais lundi je serai le gouverneur.
- pourquoi tu m'as aidé?
- en tant que humain, on m'apprend à aider mes semblables.
Elle ne savait pas à quoi penser, un gouverneur qui lui venait en aide, elle une....
- Fatoumata s'il te plait fais comme si j'étais un homme ordinaire. D'accord?
- je vais essayer.
Ils s'installent dans le séjour puis deux minutes après Daba les retrouve là-bas.
- tu n'as plus mal à la tête Fatoumata ?
- non cava mieux maintenant. Merci pour les habits.
- ils te vont bien plus qu'à moi. Tu as appelé ta famille ?
- non.
- je peux te prêter mon téléphone si tu veux.
- je n'ai pas de famille.
- est-ce possible ?
- Daba c'est quoi cette interrogation ? Lui demande Souleymane.
- non c'est pas grave, répondit mata, je vivais avec une famille aimante mais une personne qui ne voulait pas de moi a tout fait pour me mettre en mal avec cette famille et elle a réussi donc voilà c'est pourquoi j'étais seule sous la pluie hier.
- Ôh bon Dieu... suis désolé ma belle. Lui dit Daba, tu peux rester ici ma chérie. n'est-ce-pas Jules ?
- bien-sûr elle peut rester.
- merci mais je veux pas déranger.
- joue pas à la folle tu veux aller où? Lui demande Daba.
- je ne sais pas.
- Ok, donc tu restes en attendant de savoir.
- attention ma sœur est une sorcière elle va t'obliger à faire tout ce qu'elle veut... Dis Jules en rigolant.
Ils avaient l'air d'être tellement proche qu'elle n'a pu s'empêcher de pleurer.
- pourquoi tu pleurs ? On a dit quelques choses de mal ? Demande Daba en prenant place à côté d'elle.
- non c'est moi. Je me sens pas bien !
- tu peux raconter ce qui ne va pas?
Sentant qu'elles devraient être seules pour que Fatou parle, Jules est sorti de la pièce.
- raconte moi ce qui ne va pas si tu veux, mais si ça te gêne de te confier ne t'y sens pas obligée.
Elle lui raconte ce qui lui est arrivé en omettant bien-sûr de lui dire en quoi consistait le travail. Tout au long du récit, Daba n'a pas cessé de se demander pourquoi une mère pouvait chasser sa fille, sa propre fille quelque soit le prix du salaire !
- suis désolé que tu aies perdu ton fiancé, c'est vraiment triste. D'après ce que tu m'as raconté sa sœur ne t'a pas chassé mais, la fille de celle-ci donc fallait pas partir. Si elle t'a permis de rester c'est parce-qu'elle ne te prend pas comme responsable. Je suis sûre qu'elle s'inquiète.
- je suis parti parce-que je n'aurai jamais la paix. Elles ont manigancé beaucoup de choses pour que Nabou doute de moi !
- maintenant tout le monde va croire que les accusations sont fondé. Il faut toujours affronter les choses sans fuir.
- je n'ai plus envie de me battre
- tu as dû affronter beaucoup d'épreuves pour être ainsi, ce serait un plaisir pour mon frère et moi que tu restes ici.
- merci.
- de rien mais il y'a une chose que tu me dis pas n'est-ce-pas ? Je comprends que tu n'as pas totalement confiance en moi mais j'espère qu'un jour tu vas m'en parler quand seras prête. Ne t'y sens aucunement pas obligée.
Elle ne pouvait pas quand-même raconter à une personne qu'elle venait de connaître le jour même sa vie. Elle s'est alors gardé de révéler cette partie de sa vie qui en fin de compte ne concerne qu'elle.
Après le déjeuner, Talla le chauffeur de Jules en même temps son ami est venu.
- salut la famille.
- Talla pourquoi tu n'es pas venu pour le déjeuner ? Lui demande Daba.
- parce-que ton frère m'a proposé de venir boire le thé pas de venir manger et comme suis pas un pique-assiette.
- c'est pas mon frère qui commande ici.
- vous risquez de sortir de chez moi tous les deux ! Dit Jules, ... Talla, voici la nindja d'hier.
Talla lance un scarface à son ami avant de se tourner vers mata.
- bonjour ma belle! Tu sais, hier quand je t'ai vu sous l'arbre je voulais m'arrêter mais Jules avait peur, il a dit que c'est peut-être un nindja qu'on devait partir mais comme le parfait gentleman que je suis, je t'ai secouru.
- vous êtes très gentil. Merci !
- appelle-moi Talla. Tu t'appelle comment déjà tu as dit?
- Fatoumata Cissé.
- jolie nom !
- comme ça j'ai cru voir un nindja? Demande Jule à son ami.
- tu as dit qu'elle était trop jolie donc c'est pas sur de s'arrêter.
- arrête de parler et prépare le thé c'est tout ce que tu sais faire.
- tu veux dire à part te protéger ?
Mata ne pouvait s'empêcher de rire, c'était très drôle cette relation entre eux deux on dirait deux frères. Rien qu'à voir leur complicité ça tape à l'œil qu'ils se connaissait depuis très longtemps.
C'était un après-midi très agréable, après la prière de takusaan ils se sont installés dans le jardin. Elle avait visité la maison et ça se voyait que c'était pas celle d'un homme ordinaire. Tout était luxueux et très jolie et surtout, la maison était très grande.
Après un tour complet de la maison elle s'est réfugiée au bord de la piscine. Quelques instants après Jules l'a retrouvé là-bas.
- tu as l'air pensive.
- je réfléchis.
- réfléchis pas trop, suis toujours ton coeur.
- ils te disent toujours de suivre ton cœur, mais si ton coeur est en mille morceaux quel morceau dois-tu suivre?
- recolle ton cœur donc.
- ça à l'air facile ça.
- ça l'est.
- comment recoller ?
- en trouvant un motif valable pour vivre.
- le motif se fait désirer.
- ça doit sûrement être une fille.
- pourquoi ?
- elles se font désirer tout le temps.
- ha bon ?
- et je t'apprend rien.
- je savais pas.
- en tant que fille ? Tu dois être spéciale.
- différente.
- quand on est différente on est spéciale
Le gouverneur avait l'air vraiment gentil mais elle disait qu'elle ne devrait pas se familiariser avec lui, elle risque de gâcher sa réputation si on la reconnaît.
- je vais te laisser réfléchir mais pas trop d'accord ?
- d'accord.
Elle le regarde s'éloigner avant de se reconcetrer sur la pureté de l'eau. Si seulement elle pouvait l'être aussi !
Voilà une semaine qu'elle vit avec la famille Ndoye, on la traîtait comme un membre de la famille. Daba se comportait avec elle comme si s'était sa petite sœur. En tant que psychologue elle savait pertinemment que Mata ne disait pas totalement la vérité. Elle avait aussi remarqué qu'elle était bouleversé et traumatisé par quelques choses. Elle pourrait bien l'aider mais elle ne le pourrait pas sans qu'elle sache ce qui ne va pas.
Souleymane quant à lui était fasciné par une chose: Mata paraissait tellement fragile et brisée qu'il ressentait l'envie de la protéger. Il pourrait le faire si elle ne se renfermait pas à chaque fois qu'il voulait lui parler.
- prépare-toi ma chérie on va faire un peu de shopping.... Dit Daba à Fatoumata.
- shopping?
- oui.
- non, tu sais je ne veux vraiment pas sortir.
- tu peux me dire de quoi as tu peur? Depuis ce jour où mon frère t'a emmené tu n'es pas sorti d'ici. Ok, j'ai un ami je vais l'appeler pour qu'il nous apporte ici des vêtements d'accord?
- ne t'en fais pas Daba, ça va être trop cher.
- c'est mon frère qui paie donc on achète tout ce qu'on veut.
- d'accord .
Daba est allé appelé son ami puis est revenu auprès de mata.
- Daba tu sais, j'ai pris une décision.
- oui laquelle ?
- je voudrais appeler Nabou, la femme qui m'avait aidé.
- c'est une bonne idée ma chérie comme ça elle sera sûre que tout va bien.
- mais je n'ai même pas son numéro.
- tu connais sa maison n'est-ce-pas ? Je pourrai t'y accompagner la voir quand tu voudras.
- d'accord merci.
A suivre.......