Je me lève donc, file prendre un petit déjeuner et je vais en vitesse dans la salle de bain pour m'apprêter, me maquiller et me coiffer. Je ne suis pas resté dans l'appartement que nous avions Jordan et moi car je n'arrivais plus à y vivre. A chaque endroit je voyais une partie de lui, je sentais son odeur dans chaque recoin de la maison et lorsque je prenais la douche par exemple, je sentais sa peau collée à la mienne car nous prenions souvent la douche ensemble mais maintenant c'est fini ... J'ai emménagé dans un petit appartement à Nice, certes ce n'est vraiment pas spacieux mais ça me convient tout à fait : je m'y sens bien. Après une vingtaine de minutes sous la douche je sors, je m'enroule dans ma serviette, me regarde dans le miroir, souffle un bon coup et je pars en direction de ma chambre pour m'habiller. Je prends un pantalon gris avec des rayures blanches ainsi qu'une veste blazer assorti avec un top blanc, style costume, je me dois d'être correctement apprêtée. Ensuite, je retourne dans la salle de bain où je me maquille très légèrement et pour finir je fais valser mes cheveux de gauche à droite puis je les boucle un petit peu.
(...)
Le centre n'est pas très loin de chez moi donc j'y arrive assez rapidement. Une fois devant, je rentre et comme d'habitude je dois laisser certain objet à l'entrée donc je les pose dans la caisse qui m'est attribué. Ensuite les gardiens m'ouvrent les portes et je marche d'un pas assuré vers la pièce où je dois me rendre, avec mon dossier dans les mains.
- Bonjour ! Dis-je avec un ton jovial.
Le jeune homme en face de moi me regarde avec un large sourire sur les lèvres qui, je dois bien l'avouer est assez mal saint mais je ne laisse rien paraître, comme toujours. Il est assis sur sa chaise de façon très incorrecte et il ne m'a même pas répondu lorsque je l'ai salué, c'est à dire que quand je lui ai tendu la main, il l'a regardé pour ensuite rigoler et ne pas me tendre la sienne.
Ça promet ...
- Bon, eh bien si vous voulez commencez comme ça, c'est votre choix. Ajoutais-je sur un ton froid.
Étant donné qu'il n'est pas prêt pour faire preuve de politesse ou même pour parler avec moi, je commence à ouvrir son dossier mais il pose sa main brutalement dessus en me regardant droit dans les yeux, toujours avec ce sourire narquois. Je le regarde à mon tour, en lui montrant qu'il ne me fait tout bonnement pas peur et que m'intimider ne va servir à rien : j'ai bien trop l'habitude de ce genre de personne.
- Que voulez-vous ?
- Jouons un peu, pour une fois que j'ai de la visite féminine... Au lieu de lire mon dossier, devinez pourquoi je suis ici.
Lorsque j'entends ça, je me dis que je n'ai clairement pas de temps à perdre avec des imbéciles pareils qui me provoque de la sorte : je ne supporte pas ça et si je n'étais pas entre ces quatre murs, il y aurait longtemps que je serais sorti de mes gongs ! Mais bon, étant sur mon lieu de travail et sachant pertinemment que je suis en sécurité puisque les gardes ne sont pas loin, je choisi de "jouer" avec lui pour voir où ça va nous mener car parfois, faire croire au prisonnier qu'on est de leur côté, ça marche divinement bien et ils se confient facilement. De toute façon, au premier abord, quand je l'ai vu, je me suis dis que c'était simplement un garçon qui aime qu'on le remarque et qu'il ne prend pas au sérieux le fait d'être en prison. En plus c'est assez rare qu'on me mette sur des affaires grave ou dangereuse, du coup, je me dis qu'il s'amuse simplement à se donner un genre de Bad Boy pour m'impressionner mais ça ne marche pas.
- A mon avis c'est pour une histoire de drogue ou vol, quelque chose de petit je dirais. Avouais-je, sûr de moi.
Son regard est de plus en plus insistant envers moi mais je ne perds pas le contrôle. Il écoute attentivement ce que je lui dis et il finit par rire en disant :
- Tu penses ?
Je lui fais oui de la tête pour lui faire comprendre que je suis sûr que c'est ça, sauf qu'il s'approche de moi et qu'il met sa main autour de mon cou en serrant un peu, avant de dire :
- Et pourquoi ne penses-tu pas que j'ai pu tuer des femmes en serrant leur joli coup jusqu'à temps que leurs jolis yeux se ferment ?
Dès lors que ces mains ont touché mon corps, j'aurai dû prendre mes jambes à mon cou mais son arrogance a eu raison de moi. J'avais envie de voir jusqu'où il était capable d'aller car c'est bien la première fois qu'un détenu se permet de faire une telle chose. D'habitude, ils ont bien en tête le fait que j'ai leur vie entre les mains et ils ne s'amusent pas à faire les malins, comme lui le fait. Pourtant, j'en ai connu des personnes qui ne me prenaient pas au sérieux étant donné que je suis une fille mais jamais personne n'a osé mettre ses mains sur moi car c'est clairement dépasser les bornes. En plus, je suis beaucoup trop joueuse pour m'arrêter comme ça et j'ai beaucoup trop de fierté pour baisser les yeux face à un individu comme lui, alors, je réplique :
- Je ne vous pense pas capable de faire une telle chose. Riais-je.
Ces mains sont toujours autour de mon cou et je ne cesse de le regarder dans les yeux, lui il me foudroie du regard, clairement, et je vois bien que je l'énerve mais en même temps, je le déstabilise. En soit, je ne sais pas du tout ce qu'il cherchait en voulant jouer avec moi mais une chose est sûre, il n'aura pas ce qu'il veut.
Il comprend que je n'ai pas peur de lui.
Il finit par enlever la main qui se trouvait autour de mon cou et il dit :
- Jolie et intelligente, enfin quelqu'un qui va pouvoir écourter ma peine. Répondit-il, sûr de lui.
- Ça, ça dépendra uniquement de votre coopération envers moi.
Ensuite, il enlève doucement sa main qui était, auparavant sur le dossier et je l'ouvre tranquillement tout en lui adressant un sourire exagéré. Franchement, à quel moment tu te permets de dépasser les bornes et de croire encore que je vais écourter ta peine, sérieusement ? quel genre de garçon est-il ? Il faut avoir un pète au casque pour penser une telle chose et jouer à ce point. J'avoue que moi aussi j'aime jouer mais il y a des moments pour et des moments où il faut savoir être sérieux, surtout que là, on parle de ces jours en prison, il peut y rester encore trois mois dans le meilleur des cas tout comme il peut y rester six mois et ça, il n'a pas l'air de le comprendre.
- Comment ça se fait que je ne t'ai jamais vu ici auparavant ? Tu viens d'arriver ?
- Je ne suis pas ici pour parler de ma vie personnelle mais plutôt de votre avenir.
Je me remets à lire son dossier en sentant le regard insistant qu'il me lance.
- De toute façon tu n'as pas besoin de lire le dossier, toi et moi on sait tous les deux que tu vas écourter ma peine. Rie-t-il.
- Vous croyez ? Rétorquais-je en haussant un sourcil.
Incroyablement arrogant ce type.
Sans mentir, vu le petit jeu stupide qu'il m'a fait depuis que je suis arrivé, je n'ai qu'une seule envie, c'est partir d'ici au plus vite car je sais déjà ce que je vais faire de sa peine : la rallonger. Certes, lorsque j'ai ouvert son dossier j'ai vu qu'il était tombé pour avoir vendu à un mineur mais ça ne change rien, il est quelque peu dérangé et je vois bien que la prison ne lui a pas permis de s'assagir !
- J'en suis sûr ma jolie. Et si par malheur tu choisis de la prolonger, je t'attendrais à la sortie. Lance-t-il.
Non mais qui ose dire ce genre de chose à une personne qui est là pour l'aider, certes, il joue mais il joue beaucoup trop, à un moment il faut savoir s'arrêter ! Peut-être que ce sont des paroles en l'air mais ça n'est pas drôle, il joue beaucoup sur les apparences mais il ne faut pas trop me chercher.
- C'est une menace ? Vous savez que c'est un motif pour prolonger votre séjour ?
Je ne le quitte pas des yeux et j'essaye de déceler en lui n'importe qu'elle mal aise ou autre mais rien.
Il me provoque.
- Prend le comme tu veux chérie, mais au moins tu es prévenu.
- On continuera cette conversation dans environ... six mois !
- Tu bluffe ! Rigole-t-il.
Je me lève pour aller vers la porte, je me retourne une dernière fois vers lui, qui n'a d'ailleurs pas bouger d'un poil.
Il a trouvé son maître, il pensait m'amadouer mai je ne suis pas dupe.
- Peut-être ou peut-être pas. Dis-je en lui faisant un signe de main très exagéré.
Lorsque le gardien ferme la porte je le regarde toujours et son sourire est toujours accroché à son visage : il ne me prend pas au sérieux ! Pourtant il devrait car il ne faut pas trop jouer avec moi, son arrogance m'énerve et j'ai trouvé son cinéma très ridicule.
Je vais sûrement le regretter, tôt ou tard.
Vous rencontrez le personnage principale de cette histoire, Que pensez vous de Maddy ? son caractère ? sa façon d'être ? et le prisonnier en face d'elle, qu'en pensez vous ? dites le moi en commentaire !