Ça fait maintenant six mois que je suis en prison parce que je me suis fait prendre en train de vendre à un mineur. Et, la jeune fille qui vient de sortir de la salle, ma nouvelle assistante sociale a le pouvoir de me faire rester plus longtemps ou au contraire, de me faire sortir plus vite. Je peux rester ici encore six mois tout comme je peux rester trois mois, clairement j'aimerais rester le moins longtemps possible étant donné que j'ai des choses à faire en dehors et que j'ai des ennemis à l'intérieur de la prison.
Je ne suis pas très serein.
Directement quand la jeune fille est rentrée dans la salle, oui je ne connais pas son prénom, quelque chose s'est passé : déjà elle me faisait un effet incroyable, il faut dire que depuis six mois je n'ai pas côtoyé de fille et donc, il ne s'est absolument rien passé ; ça commence à faire long. Du coup j'ai de suite vue que sous son air de fille sérieuse et qui plus est coincé, elle était gentille dans le fond et je voulais voir jusqu'où elle aurait été capable d'aller.
Je voulais lui faire peur.
Sauf que, malheureusement pour moi ça n'a absolument pas marché ! Elle n'avait en aucun cas peur de moi et, au contraire, elle me provoquait alors qu'elle ne me connaissait pas du tout et que je suis en prison. Certes je me suis fait choper pour trafic mais qui dit que je ne fais pas d'autre chose plus louche que ça ? Elle ne savait pas à qui elle avait affaire pourtant elle faisait preuve d'un calme fou, même si je sais qu'au fond, elle était quand même un minimum déstabilisé par moi, qui ne le serait pas ? En tout cas, son côté rebelle envers moi me rendait fou et j'avais qu'une envie : lui sauter dessus ! Chose que je n'ai pas faite bien évidement mais je ne pouvais m'empêcher de la provoquer et le pire, c'est qu'elle rentrait dans mon jeu.
Ça me rendait dingue.
C'est vrai que les assistantes sociales que j'ai eu auparavant n'avais pas cette classe et ce caractère de femme prude mais en même temps, prêt à éclater à tout moment. Et je suis sûr qu'elle avait envie de me crier dessus et de s'énerver contre moi mais elle ne l'a pas fait. A chaque fois qu'une assistante sociale vient me rendre visite je fais ce petit cinéma et à chaque fois elles prennent peur, seulement là, celle-ci est resté et n'a montré aucun signe de faiblesse.
Je crois bien que l'un comme l'autre on a été surpris par nos propres comportement lors de notre entretien.
Après un certain temps à repenser à notre entretien et à toute les choses sales que j'aurais pu lui faire, je décide de sortir de la salle et retourner vers ma cellule. Sur le chemin je croise des détenus qui veulent ma peau et fidèle à moi-même, je leur adresse mon plus beau sourire.
Je ne vais pas me mettre à pleurer non plus.
En revenant dans ma cellule, je me mets directement dans mon lit et mon compagnon de cellule commence à me parler mais je ne prends même pas la peine de l'écouter. Je suis encore et toujours en train de penser à cet foutu brune qui ne veut pas sortir de ma tête et qui me rend fou et je ne sais pas pourquoi mais je commence à douter de son verdict.
Elle n'oserait pas me faire prendre six mois, réellement ?
Je ne suis plus sûr de rien car d'habitude les autres personnes qui viennent son molles, elles n'ont pas de caractère et elles ne rentrent pas dans mon jeu, seulement là, elle serait capable de me faire payer mes six mois juste pour me donner une leçon et c'est seulement maintenant que je le comprends, putain si elle fait ça ...
- Eh mec je te parle. Dit mon compagnon de cellule en faisant passer sa main devant moi.
- Quoi ? Demandais-je un peu trop brutalement.
- Ça s'est mal passé ?
- Bordel mais je ne sais même pas et ça va me rendre dingue ! Mon petit numéro habituel n'a même pas marché avec elle, elle est partie en me disant que je ferais mes six mois mais on se cherchait alors je ne sais pas si elle va réellement me faire ce coup-là.
Je me lève rapidement de mon lit et je commence à faire les cent pas, en tournant en rond autour de mon ami. Pour le coup, je crois bien que j'ai fait une belle et grosse connerie.
Mais putain qu'est ce que je peux être con parfois !
- Dit moi qu'elle ne me fera pas prendre six mois, merde dit le moi ! Hurlais-je en le prenant par le col.
- Wow, calme-toi je n'y suis pour rien moi.
Il a raison, je fais n'importe quoi mais elle me fait perdre tous mes moyens ! Et dire que mon avenir repose sur une foutu assistante sociale qui ne m'a vue qu'une seule fois et qui, en plus est incroyablement joueuse.
- Bordel je suis sûr que juste pour me faire chier cette conne va me faire prendre les six mois, j'en suis sûr !
- Bah tu as qu'à demander qu'elle revienne te voir et tu t'excuse.
Je ris nerveusement face à sa remarque, avant de dire :
- Moi, Tiago menos m'excuser ? Mais tu me prends pour qui au juste ? J'ai une tête à courir après une fille qui n'attend que ça ? J'ai bien compris son jeu et elle essayait de me déstabiliser, elle ne serait que trop contente si je m'excusais, alors non, jamais je ne lui donnerais ce plaisir tu peux me croire !
- Comme tu veux. Souffle-t-il.
C'est clair que je voudrais revivre cet entretien et ne pas faire la même erreur mais je n'ai tellement pas l'habitude qu'on me tienne tête que j'ai continué, comme un con à la provoquer et maintenant, voilà le résultat. Mais bon, elle n'a aucune réelle raison de me faire rester ici six mois, dans son compte rendu il va falloir qu'elle donne une raison valable et elle n'en a pas : je n'ai pas dépassé les limites ! J'ai montré que j'étais prêt à sortir.
Oh non tu as fait tout le contraire. Cri ma conscience.
Je suis toujours en train de faire les cent pas lorsqu'un garde frappe à la porte et y dépose un papier à mon nom.
C'est la décision.
Je prends ce papier entre mes mains et je l'ouvre doucement en sachant presque pertinemment ce qu'il est écrit dessus ...
- Alors ?
Pas besoin d'avoir fait dix ans d'étude pour comprendre que ce putain de bout de papier m'annonce que je vais officiellement aller au bout de ma peine : soit encore six mois à passer ici.
Cette fille qui me rend pourtant si dingue va clairement me le payer.
- Elle a voulu jouer, ok on va jouer ! Riais-je, nerveusement.
J'étais sûr, du moins au début qu'elle ne me ferait pas prendre six mois et pourtant elle l'a fait. De son côté elle est sûr que je ne suis pas capable de faire pire que du trafic de drogue mais à sa place je n'en serais pas si sûr et je fais la promesse que je vais me venger !
{La décision de Maddy justifié ? pas justifié ? Dites moi tout !}