Alvine : (Nous sortant de cet état) Je vois, mais il ne faut jamais te fier aux apparences, elles sont trompeuses.
Leslie : (Lui souriant) En effet, j'en sais quelque chose.
Sa consommation était arrivée et elle s'était mise à enchaîner les verres tout en parlant et dansant sur moi quand il y avait un son qu'elle voulait danser. Au bout d'un moment elle s'était mise à me parler dans l'oreille.
Leslie : (À mon oreille) Excuse-moi, tu m'as dit que tu t'appelais comment ?
Je l'avais regardé, apparemment elle avait déjà oublié mon prénom.
Moi : Arsène.
Leslie : (Toujours à mon oreille) Arsène, j'ai envie de ba*ser.
J'avais écarquillé les yeux de surprises. Je sentais bien à sa façon de bouger sur moi qu'elle commençait déjà à être excitée et moi aussi d'ailleurs , mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle me le dise de cette façon, aussi cru. Je m'étais mis à sourire en pensant que cette fille n'était définitivement pas comme les autres.
Moi: On va quelque part ?
Leslie : Oui.
Moi : D'accord bébé (Aux autres) Alvine, je fonce.
Alvine : Comment ça ? Ça fait à peine deux heures que nous sommes là.
Moi: Je sais mais bon, il y a urgence.
Alvine : (Comprenant mon allusion)Je vois.
Nous nous étions levés et étions partis de là pour ma voiture où j'avais démarré
***CHAPITRE 4 : UNE FOLLE DINGUE***
**ARSENE MFOULA**
J'étais parti de là et j'étais rentré chez moi, mon bain avait été douloureux car effectivement cette fille m'avait déchiré le corps avec ses longs ongles acérés semblables aux griffes d'un animal sauvage. Je l'avais fini tant bien que mal avant de m'essuyer et de porter un caleçon propre, je voulais encore penser à elle mais j'étais toujours trop fatigué par la nuit dernière. Je m'étais donc allongé sur mon lit et j'avais sombré dans un profond sommeil avant d'être réveillé dans la nuit par Alvine qui était passé à la maison pour prendre de mes nouvelles car je n'avais donné aucun signe de vie depuis la veille et je n'étais pas non plus parti au boulot ce jour, non seulement je m'étais levé en retard mais en plus à l'hôtel, sans compter le fait que je n'avais quasiment pas dormis de la nuit. J'avais simplement appelé en partant de l'hôtel pour signaler mon absence pour des raisons de santé.
Pendant que je dormais donc, j'avais senti quelqu'un me bousculer pour me réveiller et quand je l'avais fait, j'étais tombé sur le visage d'Alvine qui me fixait avec un regard interrogateur.
Moi : (Me passant la main sur le visage) Qu'est-ce qui se passe Al ?
Alvine : C'est à moi de te poser cette question. On s'est laissé hier, je dis « on », je devrais plutôt dire « tu », tu nous as laissé hier en boite à 23h pour t'en aller avec une inconnue et près de 24h plus tard, personne n'a de tes nouvelles. Tu n'es pas parti au boulot et tu n'as pris aucun appel. J'arrive chez toi, tu es endormi avec des marques sur tout le corps comme si tu t'étais battu avec une panthère. Je te demande donc « qu'est-ce qui se passe MFOULA ? »
Moi : Laisse-moi me rafraîchir, je te rejoins au salon dans quelques minutes.
Alvine : Hum. Dépêche-toi.
Il était parti et m'avait laissé à la chambre, je m'étais levé et j'étais allé me brosser avant d'enfiler un bas de jogging et un débardeur. Je l'avais ensuite rejoint au salon où il m'attendait devant un verre d'alcool en manipulant son téléphone.
Moi : (M'asseyant en face de lui) Bonsoir.
Alvine : (Posant son téléphone) Bonsoir monsieur. Je t'écoute.
J'avais soupiré avant de lui expliquer ce qui s'était passé cette nuit. A la fin de mon récit, il m'avait regardé en silence pendant un moment avant d'éclater de rire à cause de ma tronche.
Alvine : Tu es sûr que c'était une femme ou un animal sauvage ? Ce n'était pas une panthère ? Parce que la façon dont elle t'a griffé là n'est pas simple.
Moi : Ce n'est que le revers de ce que nous avons fait elle et moi.
Alvine : Donc tu l'as aussi griffé ?
Moi : (Le regardant de travers) Ne sois pas con. Je t'ai expliqué ce que je lui ai fait.
Alvine : Hum. En tous cas, c'est quoi le plan ?
Moi : Je compte la chercher.
Alvine : Pour faire quoi au juste ?
Moi : Pour parler avec elle.
Alvine : Dans quel but ?
Moi : Je ne sais pas trop, cette fille m'a intriguée et a attisé ma curiosité. Son attitude n'était pas normale et j'ai envie de comprendre.
Alvine : Comprendre quoi ? D'abord je ne comprends même pas pourquoi cette fille t'a intéressé. Jusqu'à un passé très proche, tu n'aimais ni les filles claires ni les minces, tu ne passais pas toute la nuit à coucher avec une inconnue dans un hôtel et tu ne manquais pas du tout le boulot après une partie de jambe en l'air. Là tu as fait tout l'opposé de tes habitudes jusqu'à tu as fini déchiré comme une victime d'un animal sauvage et tu me sors que tu veux chercher la panthère à l'origine de tout ce désordre en une seule nuit ?
Moi : Oui.
Alvine : (Portant son verre à la bouche) Quand je dis qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond dans ta tête, tu me regardes de travers. Tu as fait près de cinq ans avec le spectre de Linda qui t'a dicté un mode de vie assez étrange, tu veux sortir de là pour aller t'embarquer dans un truc avec une fille dont on ne sait vraiment rien ? Gars laisse tomber, tu as couché avec une fois, c'est bon. Ce n'est pas pour rien que la meuf s'est barrée à son réveil, c'est pour ne rien avoir à faire avec toi.
Moi : Hum !
Je n'avais plus insisté mais je n'avais pas non plus l'intention de laisser tomber mon idée, je comptais la chercher et je l'avais fait. Je l'avais cherché sur les réseaux mais n'ayant pas son identité complète, la recherche s'était avérée infructueuse. J'étais passé en Nzeng à plusieurs reprises dans l'espoir de la revoir mais ça n'avait pas non plus donné grand-chose. J'étais passé à la Démocratie une ou deux fois, toujours rien et j'avais cherché quelques renseignements au club en question mais le barman qui avait gardé son sac ce jour m'avait dit qu'il ne la connaissait pas, ce n'était pas une habituée du coin. Neuf mois étaient passés comme ça avec cette forte envie de la revoir avant que cela ne s'estompe et que je finisse par laisser tomber. J'avais fait tout ce temps sans avoir les rapports sexuels avec qui que ce soit mais quand j'avais repris, j'avais constaté deux phénomènes. Premièrement, je ne m'intéressais plus qu'aux filles qui avaient ses caractéristiques physiques. Deuxièmement, j'étais insatiable sur le plan sexuel, on n'aurait dit que cette fille m'avait transférée son insatiabilité. Aucune fille ne pouvant répondre toute seul à ma satisfaction, je m'étais vu multiplier des partenaires sexuelles dans le désordre jusqu'à coucher trois à quatre filles en un jour. Ni les gars ni moi, ne comprenions ce qui m'arrivait. J'avais dû faire un travail sur moi pour essayer de me contrôler.
Pour éviter de coucher avec toutes les filles claires de Libreville et ses environs, j'avais décidé de me prendre des régulières avec qui je couchais quand j'en avais envie avant de les changer au bout de quelques mois ou un an.
*FIN DU FLASH BACK*
Six ans plus tard, voici ce qui me tombe dessus, une folle dingue sortie de je ne sais quel asile. Aux défauts qu'Alvine lui avaient déjà trouvé quelques années en arrière, s'ajoute la sauvagerie à outrance, le summum du rebut et la boucle est bouclée. Comme l'univers a un drôle d'humour, il s'avère que cette folle dingue est la mère de mes tout premiers enfants. Je soupire à nouveau avant de verrouiller mon téléphone et de le poser sur la tablette à coté de mon lit. Je m'allonge ensuite sur le dos en posant mes mains en dessous de ma tête et je fixe mes yeux sur le plafond que je regarde sans le voir tant je n'arrive pas à envisager ce que serait ma vie désormais avec l'information que j'ai reçue en début de soirée, à savoir que je suis père de jumeaux issus d'une relation qui n'a duré que le temps d'une soirée depuis maintenant la moitié d'une décennie. « Bravo MFOULA, on peut difficilement faire pire que toi, tu t'es surpassé sur ce coup, tu as vraiment fait fort. Très très fort. »
Je suis Arsène Brain MFOULA, j'ai 36 ans et je suis chargé de com dans une société de la place. Premier d'une fratrie de deux enfants issus de Patricia et GUY-Roger MFOULA, ma petite sœur Reine, de 7 ans ma cadette, en association avec ma mère me rabâchent les oreilles pour que je puisse me caser et faire des enfants avec une femme sérieuse car depuis ma rupture avec mon ex Mariam, je ne leur ai plus jamais montré qui que ce soit à leur plus grand désarroi. En dehors de ma famille, les deux autres personnes qui comptent pour moi sont mes deux potes Paul EBOUMA que je connais depuis mon enfance et donc est mon meilleur ami et Alvine ABESSOLO que nous avions rencontré au collège en classe de 5e, il avait rejoint la bande et depuis nous sommes inséparables.
Nous avons tous les trois une personnalité qui nous est propre. Lorsque nous grandissions, j'étais le plus sérieux de nous trois et Alvine le plus turbulent, notamment en matière de femme et Paul était à cheval entre nous deux jusqu'à ce qu'il rencontre Jennifer sa femme actuelle lorsqu'il était en dernière année de fac, il s'était rangé et l'avait épousée 9 ans plus tard, il y'a six ans maintenant. Alvine n'a jamais voulu de relation exclusive avec une femme, il a tenté de se mettre en couple à deux ou trois reprises mais cela n'a jamais mis du temps. En ce qui me concerne, j'avais rencontré Mariam, ma première petite amie alors que j'étais en Tle et nous étions restés ensemble pendant 6 ans, je l'avais présentée à toute ma famille et je comptais l'épouser après nos études mais ses parents étaient contre cette relation et lui mettaient beaucoup de pressions pour qu'elle y mette fin car ils avaient quelqu'un d'autre pour elle en vue au Sénégal, elle était Sénégalaise. Nous avons tenu bon et avions cru que nous avions gagné quand elle était partie de la France où elle faisait ses études pour me rejoindre en Afrique du Sud où je faisais les miennes. Nous y avions vécus jusqu'à ce qu'elle obtienne son master, après cela, elle avait reçu un appel du pays disant que sa mère qui normalement restait au Gabon avec sa famille avait dû y aller pour des raisons de santé et que son cas s'était aggravé. Nous avions reçu des images de sa mère mal en point et elle avait dû y aller de toute urgence et m'avait dit qu'elle devait y rester jusqu'à la fin des vacances ; sauf que le temps passait et elle ne revenait pas. Nous devrions prendre notre départ définitif de l'Afrique du Sud pour le Gabon et c'était elle que j'attendais pour bouger, elle était partie pour 3 mois et nous étions déjà au 5e, elle m'avait finalement dit de la devancer au Gabon avec toutes nos affaires et qu'elle allait me rejoindre une fois sur place, bien que contrarié, je l'avais fait. Là encore elle me faisait tourner pour sa date de retour, à chaque fois cela changeait. Alvine m'avait dit qu'il ne voyait plus cette affaire claire et avec Paul, ils m'avaient accompagné au Sénégal. Une fois sur place, nous y avions appris son mariage deux semaines en arrière avec celui qui était prévu pour elle. Je refusais de le croire et j'avais essayé de la rencontrer après trois semaines de lutte dans le déni. Elle s'était présentée à moi accompagnés de son époux et n'arrivait même pas à me regarder dans les yeux. La seule chose qu'elle m'avait dite ce jour était « je suis désolée ». Nous étions rentrés au Gabon le même soir et mon cœur était en miette, je ne voulais plus rien entendre de l'amour pendant longtemps jusqu'à ce que mes yeux croisent Linda Maxime NDOMBI la meilleure amie de Jennifer la petite amie de Paul . J'avais déjà beaucoup entendu parler d'elle sans jamais la voir et il faut dire que j'étais fortement concentré sur ma relation. Je la rencontrais donc de façon officielle. Sur le coup, je lui avais seulement fait des compliments car je n'étais pas sûr d'être passé à autre chose mais le temps passant, je m'étais rendu compte que mes sentiments s'étaient vraiment affirmés pour elle et je lui avais fait ouvertement des avances pendant près de quatre ans. Elle ne m'avait jamais donné un seul signe m'encourageant dans ce sens mais je ne comprenais même pas pourquoi je m'accrochais autant à cette fille et j'espérais qu'elle deviendrait ma femme malheureusement, elle m'avait préféré « la personnalité » Benjamin NGUEMA qu'elle a épousé il y a cinq ans maintenant. J'avais une fois de plus été déçu par l'amour mais j'avais été faire Play, d'abord il ne s'était jamais rien passé entre nous, ensuite elle ne m'avait jamais encouragé dans mon entêtement et enfin c'était une fille cool et j'allais être emmené à la fréquenter en raison de la connexion qui était la nôtre par nos amis respectifs, il valait mieux garder de bonnes relations au lieu de nous empoisonner la vie inutilement. Avec du recul et les fréquentations que nous avions eu ensemble ces dernières années avec son mari, j'avais fini par comprendre qu'effectivement cette femme n'était pas pour moi. Honnêtement si on s'était mis ensemble, ça n'aurait pas marché entre nous, nos modes de vies sont trop différents. En la côtoyant de près ces dernières années, j'ai su voir que cette femme était plus grande que moi, je n'aurais pas eu les épaules assez larges pour la soutenir, si jamais on s'était mis ensemble, nous aurions fini tous les deux frustrés et on se serait détesté à la longue.
Du coup, est-ce que je suis en couple aujourd'hui ou non ? Eh bien, ni l'un ni l'autre, c'est assez compliqué à situer. Dans tous les cas, j'ai déjà beaucoup dit sur moi ce soir, il faut que je m'endorme car j'ai une longue journée en perspective demain, j'espère que cette folle dingue sera plus apte à avoir une discussion comme une personne civilisée...