Les mauvaises habitudes ont la vie dure ! La voilà qui replongeait dans son « ancienne » playlist avec en tête les chansons de Rihanna, or nous savons tous combien les chants de Rihanna donnent le blues mais elle en avait besoin. De plus, elle se rendait en famille donc à coup sûr elle n'aura pas le temps d'être triste une seconde. Farewell somebody gonna miss you... !! ah Riri tu avais la vision quand tu écrivais ces paroles !
Était-ce même elle qui écrivait ? Bref le chant disait vrai, quelqu'un lui manquait atrocement et ce quelqu'un c'était Christian Niamkey. Ils s'étaient reparlés après leur dispute mais leurs échanges restaient froids, aucun ne voulait présenter des excuses à l'autre. Des excuses même pourquoi ? Le sang agni ne les aidait pas non plus car chacun se disait qu'il avait raison, tout le monde sait combien les agnis sont fiers !
Elle était arrivée dans son quartier, euh pas son quartier celui de ses parents car cela faisait plusieurs années qu'elle avait quitté le nid familial pour voler de ses propres ailes. Et Dieu seul sait qu'un oisillon hors du nid familial a du mal à décoller dans sa vie à cause des dangereux oiseaux qui ont beaucoup plus d'expérience ... bref elle s'était déjà cassé l'aile sinon les deux ailes mais on appelait cela l'apprentissage de la vie et dans son cas au moins elle avait encore le droit de revenir s'abreuver auprès de la « mama » de sages conseils avant de continuer son vol.
Elle sonna l'interphone de la villa de ses parents, la nounou vient lui ouvrir, elle s'appelait Ama , oui les agnis aiment tout faire avec les agnis.
- Tantie il y a longtemps oh
- C'est qui que tu appelles tantie là ? On a grandi ensemble ! c'est comme ça vous faites pour faire vieillir les gens là, et papa et maman , ils sont où ? demanda Francesca ne les voyant pas dans le salon
- Ils sont en haut
- Ah d'accord, papaaaa, mamann je suis lààààà
- Ohhhh qui j'entends comme ça là, mon apache préférée a retrouvé la route de la maison ooohh
François Amientchi et son humour à part ! Elle sauta à son cou
- Papaaaa comme tu m'as manqué
- Ma fille, vraiment, j'ai une question à te poser, que t'avons-nous fait ta mère et moi ?
Il parlait d'une voix triste comme s'il était affecté au plus haut point mais comme elle le connaissait elle savait que tout ceci n'était que pure comédie.
- Je t'écoute papa, comment ça ?
- On ne te voit pas, on t'entend rarement, je me fais vieux je n'ai toujours pas vu au moins un petit fils, une petite fille aussi ce serait pas mal mais rien ! même l'ombre de mon beau-fils n'a pas encore couvert les murs de cette maison ehhhh que t'avons-nous fait ? ta mère se fait vieille tu veux qu'elle parte sans bercer ses petits enfants
- Abba pardon hein c'est moi qui t'ai dit que je suis vieille ! et arrête de stresser Cesca c'est l'homme qui épouse ce n'est pas la femme donc quand quelqu'un voudra l'épouser il viendra te voir ! et puis toi tu ne vieillis pas hein c'est je suis vieille ici « psst » (bruit que seules les femmes sont capables d'émettre en serrant leurs lèvres)
- Oohh arrêtez oh maman merci de me défendre ! papa quand il viendra, il viendra te voir, mais pour le moment j'ai le meilleur mari du monde ou bien ? dit-elle en enlaçant son papounet chéri
- Si c'est à cause de ça que depuis tu te maries pas là moi-même je vais chercher pour toi, celui-ci reste le mien et il est à moi seule !
- Hummm la mama je plaisantais oh
Ils prirent tous les deux de ses nouvelles tant professionnelles que personnelles et recommencèrent comme d'habitude à lui donner des conseils sur la douceur d'une femme bien qu'elle doive rester fière et digne et ne pas se donner au premier va-nu pieds qui lui sortirait les mots « je t'aime ». Comme le lui répétait souvent sa mère, ce n'est pas « je t'aime » qui construit la cuisine de ta maman, ce n'est pas « je t'aime » qui met les enfants à l'école et encore moins « je t'aime » qui fait tenir l'amour après plusieurs années. Ah certains jugeront hein mais elle n'a pas tort ...
- Allo Raphi, tu es à quel niveau ? tu sais que maman déteste le retard !
- Pardon je suis dans les embouteillages
- Quels embouteillages dimanche-là ! je n'aime pas ça hein, si tu es chez ton gars , il faut me dire je vais dire à maman qu'on ne t'attend pas !
- J'arrive y a quoi ! je t'ai dit que j'arrive c'est que j'arrive, ne me presse pas plus que ça
- Tu as 30 minutes sinon nous on mange sans toi, tu aimes trop les retards
- Il faut juste dire que tu es affamée ouais se moqua Raphaella en éclatant de rire
- C'est pas toi oh, 30 minutes et pas une de plus !
- Ok
- A toute !
Elles étaient comme ça à se chamailler tout le temps mais si quelqu'un osait critiquer l'une devant l'autre il restait dans la matrice comme on le dit, car elles étaient inséparables !
- Maman , Raphi dit qu'elle est dans les embouteillages oh elle fait son possible pour vite arriver
- Hummm dimanche-là il y a quels embouteillages entre la riviera 2 et la 8e tranche ?
Francesca esquissa un sourire, on aurait dit que sa maman avait entendu ses propres mots. Telle mère...
Ses frères étaient occupés sur la console et son père attendait patiemment en lisant l'un de ses nombreux livres ! Comment un être humain pouvait autant aimer lire ? Bon Christian aussi aimait lire...
Aujourd'hui elle ne penserait pas à Christian ni à tout ce qui pouvait la relier à lui car elle avait de nouveau quelqu'un dans sa vie ! Rodrigue... il lui faisait la cour comme un gentleman et elle aimait ses manières. Il était si doux avec elle, la dernière fois par exemple au restaurant il avait été impeccable. Il lui avait tenu la porte du restaurant pour qu'elle entre, à l'intérieur il lui avait tiré sa chaise il l'avait laissée commander leurs deux consommations parce qu'il voulait connaitre ses goûts. Il avait été juste merveilleux. Après le restau, il l'avait reconduite à son lieu de travail et lui avait laissé une rose ! Si ce n'est pas un gentleman ça, ça y ressemble fort !
Il l'appelait pour tout et pour rien, pour chaque décision dans ses journées, cela semblait presque magique ! Elle se sentait comme une princesse à ses côtés, le moindre de ses désirs était réalisé.
Elle l'avait invité donc au déjeuner de famille. A la réalité, elle ne comptait pas l'inviter mais il s'était plaint de ne pas vouloir rester seul toute l'après-midi de dimanche sans elle. Elle lui avait donc expliqué que chaque 1er dimanche du mois, toute la famille était tenue de se rassembler au domicile familial pour le déjeuner, c'était l'occasion qu'ils avaient d'avoir les nouvelles les uns des autres.
Il avait demandé d'un ton presque suppliant s'il pouvait rencontrer sa famille. Ah ça ! D'habitude, ce sont les femmes qui poursuivent leurs prétendants afin qu'ils viennent voir la famille. Cet ultime geste l'avait conquise. Elle lui avait donc répondu par l'affirmative mais là tout de suite elle se demandait si c'était une bonne idée. C'était juste un prétendant et elle n'était pas encore prête à se mettre en couple avec lui. Elle attendait quelque chose...
On sonna à l'interphone mais au lieu de répondre elle alla directement ouvrir le portail. C'était surement Raphi vu que Rodrigue devait l'appeler une fois dans le quartier.
- Tes embouteillages ont fini par te relâcher...
- Bonsoir Franchou...
- Christian ...