À ceux qui sont là
Et ceux qu'on ne voit pas
À vous qui lisez ces mots
Soyez libres
Osez !
Vivez !
À Mary. À Simone
À Armance, mon héroïne.
À mes parents.
Merci
« Régler le son de nos échos pour s'aimer loin
Entendre le rythme de nos vies
dans ce souffle qui résonne sans limite.
Laisser faire l'incroyable
Croire au déraisonnable
S'attacher à vos pensées pour ne pas abandonner
Fuir la colère
Se rassurer.
Rêver la vie.
Vivre le rêve.
Résister
Et s'aimer. »
Êtres en vie
Comme un rêve
La terre est verte. Le ciel est jaune. La mer n'en finit pas de nous inonder et le cerveau de patauger.
La Lune est à nos trousses et elle nous fait ramer.
Les roses se serrent les épines. Les loups se caressent l'échine. Le monde hurle d'être piétiné.
L'herbe est figée par nos coups de pied.
Les gens s'emmêlent les os. Comme un puzzle sous névrose.
Ils éclairent l'obscurité de leurs doigts sur les pavés
Quelques gouttes de leurs pensées pour des clameurs immaculées.
Les étoiles filent briller dans d'autres ombres. Le noir est périmé.
Le bleu s'allonge dans nos songes
Le gris médite ses mensonges
Les faux semblants tombent en cascade. La vérité est une mascarade.
Les belles images sur nos visages. La vie en rose sur toutes nos pages.
Le corps est en vrac d'être partagé.
Il se démonte. Ou se démontre. Il ne sait plus comment exister
Alors il prend la pause. Il dort sous le soleil, le temps de ces merveilles.
La vie est longue. Elle trace une route sinueuse pour un cerveau de cascadeuse.
La folie est rouge. Elle met sa robe du soir le temps d'une nuit d'espoir.
Le rêve bat dans le cœur, le temps de vivre d'éclats et de grandeur.
La terre est orange. Comme un magma qui gronde. La peur qui s'effondre.
Le ciel est blanc.
La mer est un chant à raconter, un champ à partager. Elle nous frôle avant de nous semer.
La Lune guette la houle et elle nous fait aimer.
Libre
Vous courez. Fort
Vous foncez droit devant
Vous bravez la tempête. Le ciel sur la tête.
Vous trébuchez parfois.
Mais vous ne tombez pas.
Vous avancez. Pour ne pas reculer.
Vous courez sur le futur.
Vous l'aurez à l'usure
Vous raclez les secondes.
Vous ne perdez pas votre temps
Alors vous courez droit. Devant.
Vous avalez la pluie.
Elle noie la peur.
Elle fait couler la joie.
Vous marchez dans ses bras.
Vous résistez. Vous êtes vainqueur.
Vous le savez.
Alors vous continuez.
Vous marchez droit.
C'est votre loi. Votre choix.
Vous semez les obstacles
Vous évitez les peines
Vous prenez garde à vos déviances
Savourez la puissance de votre course
Contre le vent.
Vous voyez loin. Vous visez bien.
Vous comblez l'impatience
Par votre fulgurance
Vous sauvez vos urgences
Vous vous sauvez en avance
Écrasez les dérapages
Malmenez le paysage
Vous cavalez dans la clarté
Vous étouffez.
Gorge en désordre. Vous l'exténuez.
Mais vous respirez. Fort.
Vous défiez la lourdeur
Rêvez d'apesanteur.
Sautez dans les vapeurs du brouillard
Des heures de votre monde.
Vous courez. Encore.
Vous ne freinez rien
Vous narguez le chemin
Vous allez loin
Vous relevez les manches
Il fait trop beau dans la revanche.
Vous réchauffez le corps de vos efforts
Happez le vide.
Vous êtes plus rapide.
Vous poursuivez votre route
Hier est dérisoire
Demain dans le miroir
La fin se fait sentir
Mais vous ne lâchez rien.
Vous courez.
Sans faiblir.
Tout est plus facile
Quand c'est le temps qui s'égare.
Vous ne perdez rien.
Vous glissez sous la lune.
Vous la suivez.
Pour vous sauver.
Ligne d'arrivée.
Vous ne comptez pas les pas qui vous mènent
Là-bas.
Vous accélérez.
Foncez tête baissée.
Vous ne sentez plus rien.
Vous videz tout.
Tous les nœuds des dilemmes
Tous les doutes et la gêne.
Vous êtes Vous.
Vous êtes Tout.
Vous frémissez
Vous vivez. Fort
Vous avez gagné
Votre liberté.
Vies
Vie qui bouillonne
Nous désarçonne
Qui se déroule
Et nous chamboule
Vie qui nous presse
Que l'on délaisse
Nous on y tient
Mais elle est loin
Vie qui rigole
Ou nous désole
Tord de chagrin
D'une pluie sans fin
Vie à l'envie
Cadet de nos soucis
Vie si frivole
Elle nous affole
Vie en jachère
Ou qu'on espère
Vie en retard
Dans le brouillard
Vie qui explose
Bouffée de rose
Une vie d'amours
Et rien autour
Vie qui s'enfonce
Dans les ronces
Qui nous secoue
Que l'on rejoue
Vie et demain
On n'en sait rien
Vie qu'on picore
Avant la mort
Armure
Tu ne me toucheras pas
Parce que je sais déjà
Le mal que tu feras.
Le doigt dans la fissure
Comme une tendre griffure
Tu seras ma torture.
Mes mains sont paresseuses
Et ma bouche est visqueuse
De fureurs ténébreuses.
Tu ne me diras pas
Ce que je sais déjà
Que mon sourire est las.
Tu ne regarderas pas
Ce que je vois déjà
Les espoirs à trépas.
La peau que l'on charcute
Pour combler le tumulte
De nos envies qui luttent.
La main sur la cambrure
Au creux de ma blessure
Comme un poing dans le mur.
Tu ne sentiras pas
Ma langue sur tes doigts
Ni le son de ma voix
Tu n'écouteras pas
Le profond embarras
De mon cœur qui te bat.
Ma peau est un désert
Le chagrin un calvaire
Rugit dans mes artères.
Tu ne me toucheras pas
Tu ne me diras pas
Tu ne me regarderas pas
Tu ne me sentiras pas
Et tu ne m'écouteras pas
Parce que je sais déjà
Que je suis un soldat.
Oui
Oui
Ou bien peut-être Non
Parce qu'à tort ou à raison
On s'entête
À quoi bon ?
Oui
Et quand bien même si
On demande Pardon
Pour de vilaines raisons
Sinon de vains poisons
Oui
Et puis Bof à l'envie
À la nuit qui sourit
Dire Non est étrange
Sous la lumière blanche
Oui
À corps et à cris
Toucher la chair et l'os
De nos Non en séries
Des Oui à profusion
Face à des illusions
Oui
Comme un poing sur nos virgules
Qui nous chavire et nous bouscule
Vise nos rêves en suspension
Pour les laisser à l'abandon
Oui
Et si jamais je t'aime
Car des Toujours quand même
Et des points sur des Ils
Des larmes dans nos cils
Non
Je ne suis pas de celles
Qui se fera la belle
Si tu sors ton chagrin
Je te donnerai la main
Oui
Ma furie en canon
Scandée à l'unisson
Pour ce joli garçon
Et mon cœur fait des bonds
Oui
Jamais auparavant
Et pourtant à présent
Je te dirai alors
Que je suis ton trésor
Or Non
Rien n'est enfin si bon
Que nos corps Encore
Et nos cœurs en chaleur
Que des Oui qui s'agitent
Les questions qu'on évite
Nos âmes en pâmoison
Dans notre or en fusion
Non
Un mot.
Le Non. Dit
Qui s'accroche aux poumons
Bulle d'air dans notre giron
Envie de sortir le poison
Ridicule ? À quoi bon ?
Et puis non.
Lettres qui dénoncent
Ruminent
Comme un couteau qu'on aiguise
Qui rompt l'ennui
Et le déni
Tatoué profond
Sans négation.
Celui qui râle
Et fait scandale
Doute vaincu par la promesse
D'une victoire enchanteresse
Un bruit qui enfle sur la langue
Ose éclater. Sans reculer
Implacable et radical.
À défaut d'être normal
Un mot
Comme un oui. Mais non.
Un caprice d'enfant gâté.
Une envie de se tromper
Un risque à enfreindre
Peut-être n'y a-t-il rien à craindre ?
Savourer l'indécision
De savoir que. Oui.
Et si jamais ?
Un espoir sans détour
Le courage d'être encore soi
Sans autre discours
Un mot banal qui coupe le son
De voix sourdes et inutiles
Lettres magiques et si faciles
Pour éviter les maux futiles
Une douleur. Une faveur
Un Non jeté à l'eau
Comme un cadeau.
Que l'on vienne nous chercher.
De toute façon l'on sait nager
Une tâche tenace et absolue
Sur le rempart des illusions perdues
Un mot
Comme un cri sans raison
Le signal du maestro
Le vertige de la décision
Celle qu'il faut
Du Enfin
Du certain.
Une plainte qui menace
Pour finir en audace
Le feu. Sans artifice
Brûlé de l'édifice
De nos secrets en friche
Que notre courage affiche
Un Non qui exagère
Celui qui indiffère
Mais qui tient bon.
Le jeu du « Moi j'ai raison »
Résister à la faiblesse
Et dire Non en vitesse
Avant que le Oui ne nous blesse
Et que l'on disparaisse
Ta lumière
Affalé dans ta coquille
Épaules en berne de trop de gêne
Tous tes espoirs partent en vrille
Dans de sinistres mises en scène
Elle, elle est là dans tes clins d'œil
Lorsque ta nuit fait son deuil
Quand l'herbe verte est sur le seuil
Les belles couleurs de ton orgueil
Las de cette furie qui t'indiffère
Dans la fadeur de ton désert
Tu restes muet à tes colères
C'est cette folie qui exagère
Mais elle est là et elle te voit
Elle suit ton ombre tu es sa proie
Brille ton corps dans ta pénombre
Joli message dans tes décombres
Tu te méfies de l'insouciance
Brise les tracas de l'impatience
Tu es le pantin de tes prudences
Et ta vie meurt en cadence
Et pourtant, elle est là cette lumière
Son éclair claque dans tes tympans
Sa foi galope dans tes artères
Tu oublieras tout ton néant
Tu ne sais pas. Tu n'oses plus
Peut-être déjà as-tu perdu ?
Si tu savais comme tu résistes
Le cœur en marche qui insiste
Car, oui, elle est bien là ta lumière
Elle gronde dans ta gorge et explose ta joie
Elle te réchauffe et elle te serre
C'est ton cadeau. Elle est à toi.
Et alors qu'il y a des sourires
Qui éloignent du pire
Il y a des chemins
Qui valent mieux que des Riens
Des pas qui s'agitent vers un espoir enfin
Ta lumière est ardente dans le creux de tes poings.
Après...
Après Quoi
Après Toi
On ne sait pas ce qu'il adviendra
Après Vous
Il y a Ils
Ou peut-être des ailes pour partir là-bas
Après ça
Des Pourquoi
À quoi bon
Les Sinon
Après coup
Les questions
Du chemin,
Du destin.
En dessous,
Des cailloux
Après demain
C'est le matin
Jeu de bravoure
Et de Toujours
Après Qui
Après Lui
Tel un Tarzan ou un Zorro
Qui nous prendra au lasso
Après les Oui
Il y a les Non
Et des envies
Et des pardons
Après Moi
Il y a Quoi ?
Sans importance car
Avant...
Il y a Tout