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Éternité Possessive

Éternité Possessive

Auteur:: Plume de Luc
Genre: Milliardaire
Le manoir d'Arcy se dressait avec majesté sur les collines boisées, entouré d'un voile de mystère et de légendes. Son architecture néo-gothique, tout en arcs et en flèches, témoignait de siècles de richesses accumulées et de secrets enfouis. Au sommet d'une colline, il surplombait la ville comme une sentinelle silencieuse, avec ses tours et ses gargouilles sculptées, éternellement figées dans des expressions grotesques. À l'intérieur, chaque pièce était un chef-d'œuvre de luxe et de raffinement. Le hall d'entrée, vaste et imposant, était illuminé par un gigantesque lustre de cristal, ses centaines de pendeloques scintillant dans la lumière tamisée. Les murs étaient ornés de portraits de famille, chaque visage capturant un moment figé dans le temps, témoignant d'une lignée ancienne et noble. Les tapis persans, épais et somptueux, étouffaient le moindre bruit de pas, ajoutant à l'atmosphère feutrée du lieu. Alexandre D'Arcy, le maître des lieux, se tenait près de la cheminée du grand salon, observant pensivement les flammes dansantes. Son apparence était aussi intemporelle que le manoir lui-même. De haute stature, il avait une présence imposante et magnétique. Ses cheveux noirs étaient soigneusement coiffés en arrière, révélant un visage d'une beauté classique, presque intemporelle, aux traits marqués et à la peau étrangement pâle. Ses yeux, d'un bleu profond, semblaient percer l'âme de quiconque croisait son regard. Vêtu d'un costume noir impeccablement taillé, Alexandre portait une montre ancienne à gousset, héritage familial qu'il consultait régulièrement, non par nécessité, mais par habitude. Les riches étoffes de ses vêtements contrastaient avec la froideur de sa peau, et une aura de mystère l'entourait, captivant et inquiétant à la fois. Dans le silence du salon, seul le crépitement du feu et le tic-tac de l'horloge résonnaient. Alexandre soupira profondément, ses pensées dérivant vers un passé lointain, un passé où il n'était qu'un jeune noble plein de rêves et d'ambitions. Fermant les yeux, il se laissa emporter par les souvenirs, les visions du passé se déroulant devant lui comme un film ancien.

Chapitre 1 CHAPITRE 1

C'était en 1768, à Paris. Alexandre, alors jeune comte, menait une vie insouciante et opulente. Ses soirées étaient remplies de bals somptueux et de dîners fastueux, où il brillait par son charisme et son esprit. La noblesse parisienne admirait sa prestance et sa fortune, et les dames se pâmaient devant son charme.

Un soir de printemps, lors d'un bal masqué, il rencontra une femme qui allait changer sa vie à jamais. Elle était mystérieuse, vêtue d'une robe pourpre somptueuse, un masque couvrant la moitié de son visage. Ses yeux, verts et perçants, semblaient percer l'âme d'Alexandre.

« Qui êtes-vous, belle inconnue ? » demanda-t-il en s'inclinant devant elle.

« Je suis quelqu'un que vous ne pourrez jamais oublier, monsieur d'Arcy, » répondit-elle avec un sourire énigmatique.

Cette femme, nommée Isabeau, était plus qu'humaine. En quelques semaines, Alexandre fut envoûté par son charme et son mystère. Isabeau lui révéla finalement son secret : elle était une vampire, une créature de la nuit éternellement jeune et puissante. Fasciné et amoureux, Alexandre accepta de la suivre dans l'obscurité, d'abandonner sa mortalité pour une éternité à ses côtés.

La transformation fut à la fois exquise et terrifiante. Isabeau le conduisit dans une crypte ancienne, sous les ruines d'un château oublié. Là, elle le mordit, ses crocs s'enfonçant dans sa chair avec une douceur trompeuse. La douleur et l'extase se mêlèrent alors qu'il sentait sa vie s'échapper pour être remplacée par quelque chose de plus sombre, de plus puissant.

Lorsqu'il se réveilla, Alexandre n'était plus le même. Ses sens étaient aiguisés, sa force décuplée. Mais avec ce pouvoir venait une soif inextinguible, une faim pour le sang qu'il devait désormais apaiser. Isabeau l'initia aux secrets de leur existence, l'enseignant à naviguer dans un monde où les ombres étaient ses alliées et les mortels, sa proie.

Les siècles passèrent, et Alexandre s'adapta à sa nouvelle vie avec une aisance étonnante. Grâce à son intelligence et à sa ruse, il amassa une fortune colossale, investissant dans des entreprises qui prospérèrent au fil des âges. Son empire financier s'étendit à travers le monde, faisant de lui l'un des hommes les plus riches et les plus influents de l'histoire.

Cependant, la richesse et le pouvoir ne pouvaient compenser la solitude qui le hantait. Isabeau, malgré leur promesse d'éternité ensemble, disparut un jour sans laisser de trace, le laissant avec un vide incommensurable dans son cœur immortel. Alexandre chercha à la retrouver pendant des décennies, mais ses efforts restèrent vains. La douleur de cette perte l'avait endurci, le rendant méfiant et distant.

Aujourd'hui, au XXIe siècle, Alexandre D'Arcy était un homme de pouvoir et de mystère, son nom associé à des rumeurs et des légendes. Peu de gens connaissaient la vérité sur lui, et encore moins ceux qui avaient osé s'approcher de trop près. Pourtant, sous cette façade impénétrable se cachait un être tourmenté par les souvenirs d'un amour perdu et une existence éternelle marquée par la solitude.

Le manoir était plongé dans une obscurité tranquille, seulement troublée par le jeu des flammes dans la cheminée. Alexandre se leva et se dirigea vers la bibliothèque, une pièce immense remplie de volumes anciens et de manuscrits rares. Il effleura les reliures avec une tendresse presque révérencieuse, se souvenant des heures passées à lire et à étudier dans cette pièce.

Soudain, un bruit léger attira son attention. Il se tourna vers la porte, ses sens aiguisés détectant une présence. Un sourire fin apparut sur ses lèvres.

« Entre, André, » dit-il d'une voix douce mais autoritaire.

La porte s'ouvrit pour révéler un homme d'une quarantaine d'années, vêtu élégamment mais sans ostentation. C'était André, le majordome fidèle d'Alexandre depuis des décennies. Son visage trahissait une inquiétude contenue.

« Maître Alexandre, excusez-moi de vous déranger, mais il y a un problème, » annonça André en s'inclinant légèrement.

Alexandre hocha la tête, invitant André à continuer.

« Un journaliste a été vu rôdant autour du manoir, » expliqua André. « Il semble très intéressé par votre histoire et pose des questions indiscrètes. »

Alexandre soupira intérieurement. Les journalistes étaient une nuisance constante, attirés par le mystère entourant son existence. Mais il savait aussi que chaque enquêteur pouvait représenter une menace pour son secret.

« Faites le nécessaire pour qu'il soit écarté, sans attirer l'attention, » ordonna-t-il calmement. « Utilisez les moyens habituels. »

« Bien, maître, » répondit André avant de se retirer discrètement.

Resté seul, Alexandre se dirigea vers une fenêtre donnant sur les jardins du manoir. La lune pleine baignait le paysage d'une lumière argentée, créant un jeu d'ombres et de lumières sur les arbres et les allées pavées. Alexandre inspira profondément, laissant l'air frais de la nuit emplir ses poumons.

Une nouvelle année commençait, et avec elle, de nouveaux défis et de nouvelles intrigues. Alexandre D'Arcy était prêt à affronter tout ce qui viendrait, fort de ses siècles d'expérience et de sa détermination inébranlable. Mais au fond de lui, il savait que la quête la plus difficile restait celle de retrouver une véritable connexion humaine, quelque chose qui pourrait combler le vide laissé par Isabeau.

Alors qu'il se perdait dans ses pensées, un léger bruit de pas attira à nouveau son attention. Il tourna la tête pour voir une silhouette familière apparaître à l'entrée de la bibliothèque. C'était Claire, une des rares personnes à connaître une partie de sa vérité. Anthropologue de renom et spécialiste des mythes anciens, elle était devenue une alliée précieuse et une confidente.

« Bonsoir, Alexandre, » dit-elle en entrant, un sourire chaleureux sur son visage. « Je pensais te trouver ici. »

« Bonsoir, Claire, » répondit-il en lui faisant signe de s'asseoir. « Que me vaut l'honneur de ta visite à cette heure tardive ? »

Claire s'installa dans un fauteuil en face de la cheminée, observant Alexandre avec une lueur de curiosité dans les yeux.

« J'ai trouvé quelque chose qui pourrait t'intéresser, » dit-elle en sortant un vieux livre de sa sacoche. « Un manuscrit ancien, mentionnant une légende sur un artefact capable de briser les

Malédictions. »

Alexandre leva un sourcil, intrigué. « Et tu penses que cela pourrait m'aider à retrouver Isabeau ? »

« Peut-être, » répondit Claire avec prudence. « Mais ce ne sont que des légendes, après tout. Cependant, je pense que cela vaut la peine d'explorer toutes les pistes. »

Il prit le livre, ses doigts effleurant les pages jaunies par le temps. Une étincelle d'espoir, aussi infime soit-elle, brillait dans ses yeux.

« Merci, Claire, » dit-il doucement. « Tu es une amie précieuse. »

Elle sourit, reconnaissant la rareté de tels mots venant de lui. « Nous trouverons une solution, Alexandre. Je le crois vraiment. »

Il hocha la tête, fermant le livre avec soin. La quête pour retrouver Isabeau et comprendre les mystères de son existence continuait, et cette nouvelle piste pourrait bien être la clé dont il avait besoin.

La nuit était encore jeune, et pour un être éternel comme Alexandre D'Arcy, chaque instant était une opportunité de changer le cours de son destin.

Ainsi se terminait le prologue de l'histoire d'Alexandre D'Arcy, un vampire milliardaire hanté par son passé et cherchant une connexion dans un monde où il semblait éternellement étranger. Le manoir d'Arcy, avec ses secrets et ses mystères, allait bientôt être le théâtre de nouvelles aventures, où l'amour, le pouvoir et les ténèbres s'entrelaceraient dans une danse complexe et envoûtante.

Chapitre 2 Chapitre 2 : Une soirée mondaine

Le manoir d'Arcy brillait de mille feux, illuminé par des centaines de lanternes et de bougies, projetant des ombres dansantes sur ses murs néo-gothiques. Une atmosphère de luxe et de sophistication régnait alors que des invités élégamment vêtus arrivaient, leurs conversations animées et rires résonnant dans l'air nocturne.

Alexandre D'Arcy, maître de cérémonie de cette soirée de charité somptueuse, se tenait au sommet de l'escalier principal, saluant les invités avec une politesse distante. Vêtu d'un smoking noir parfaitement taillé, sa présence imposante dominait la scène. Ses yeux, d'un bleu profond, parcouraient la foule avec une vigilance tranquille, chaque mouvement calculé, chaque sourire mesuré.

La soirée était organisée au profit de plusieurs œuvres caritatives, un événement annuel qui attirait l'élite de la société. Les riches et les puissants se pressaient pour avoir l'honneur de contribuer et de se montrer dans un cadre aussi prestigieux. Les salons étaient remplis de conversations sur l'art, la politique et les affaires, tandis que des serveurs discrets circulaient avec des plateaux d'amuse-bouches exquis et de champagne pétillant.

Parmi les invités, Élise Laurent, une jeune journaliste, faisait son entrée. Sa robe de satin bleu nuit épousait parfaitement ses formes, et ses cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules lui donnaient une allure à la fois élégante et déterminée. Élise était ici pour couvrir l'événement pour son journal, mais aussi, secrètement, pour en savoir plus sur le mystérieux Alexandre D'Arcy, dont la réputation et la richesse suscitaient tant de spéculations.

Elle se dirigea vers le bar, saisissant une coupe de champagne tout en observant attentivement les alentours. Chaque détail du manoir était une source de fascination pour elle, chaque tableau, chaque sculpture, chaque meuble antique racontant une histoire de richesse et de pouvoir. Mais c'était l'homme qui dirigeait tout cela qui l'intriguait le plus.

« Alors, qu'est-ce que vous pensez de notre hôte ? » demanda une voix masculine à côté d'elle.

Élise se tourna pour voir un homme d'une trentaine d'années, sourire charmeur aux lèvres et regard curieux. « Je m'appelle Pierre, » dit-il en tendant la main.

« Élise, » répondit-elle en serrant sa main. « Je suis journaliste. Et vous ? »

« Je suis ici pour les œuvres de charité, mais je dois avouer que la curiosité m'a aussi poussé à venir, » avoua Pierre. « Alexandre D'Arcy est une énigme, même parmi l'élite. Vous êtes ici pour le découvrir aussi, je parie. »

Élise sourit. « Peut-être bien. Les mystères ont toujours eu un certain attrait pour moi. »

Alors qu'ils parlaient, Alexandre descendit les marches de l'escalier principal, attirant immédiatement l'attention de tous. Sa présence imposante et son charisme naturel faisaient taire les conversations, et un silence respectueux s'installa.

« Mesdames et messieurs, » commença-t-il d'une voix grave et mélodieuse, « je vous souhaite la bienvenue au manoir d'Arcy. Votre générosité ce soir est inestimable, et grâce à vous, nous pouvons continuer à soutenir ceux qui en ont besoin. Profitez de cette soirée, faites connaissance et, surtout, amusez-vous. »

Un murmure d'approbation parcourut la salle, et les conversations reprirent. Alexandre se dirigea ensuite vers un petit groupe de personnes influentes, continuant à jouer son rôle d'hôte impeccable. Élise, toujours intriguée, décida qu'il était temps de s'approcher et, si possible, d'obtenir une interview exclusive.

Elle s'excusa auprès de Pierre et se dirigea vers Alexandre, profitant d'un moment où il semblait moins entouré. En s'approchant, elle sentait une légère nervosité, mais elle la réprima rapidement. Après tout, elle était là pour une raison précise, et sa détermination l'emportait toujours.

« Bonsoir, Monsieur D'Arcy, » dit-elle avec un sourire professionnel. « Je m'appelle Élise Laurent, journaliste pour Le Parisien. Pourriez-vous m'accorder quelques minutes de votre temps pour une interview ? »

Alexandre tourna son regard perçant vers elle, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres. « Mademoiselle Laurent, c'est un plaisir de vous rencontrer. Une interview, dites-vous ? Pourquoi pas. Mais pas ici. Suivez-moi. »

Il l'entraîna dans un coin plus tranquille du manoir, loin des oreilles indiscrètes. Ils s'installèrent dans un petit salon privé, richement décoré de tentures pourpres et de meubles anciens.

« Vous avez un timing impeccable, » commença Alexandre, une lueur de curiosité dans ses yeux. « Alors, que souhaitez-vous savoir ? »

Élise sortit son carnet et son stylo, prête à noter chaque mot. « Votre manoir est impressionnant, Monsieur D'Arcy. Pouvez-vous nous parler de son histoire et de ce qui vous a motivé à organiser cette soirée de charité ? »

Alexandre sourit, mais ce sourire n'atteignit pas ses yeux. « Le manoir d'Arcy a une longue histoire, remontant à plusieurs siècles. Il a été construit par mes ancêtres, et chaque génération y a ajouté sa touche personnelle. Quant à la soirée de charité, elle est une tradition familiale. Nous avons toujours cru en l'importance de redonner à la communauté. »

Élise hocha la tête, notant ses réponses. « Et quelles sont les causes que vous soutenez personnellement ? »

« Nous soutenons diverses causes, allant de l'éducation à la santé, en passant par la culture. Personnellement, je suis très impliqué dans la préservation du patrimoine historique. Il est essentiel de protéger notre histoire pour les générations futures. »

Élise sentit qu'il restait sur des réponses assez standardisées. Elle décida de pousser un peu plus loin. « Votre histoire personnelle est tout aussi fascinante que celle du manoir. Vous avez amassé une fortune considérable au fil des siècles. Quel est votre secret pour réussir à travers tant de générations ? »

Le regard d'Alexandre se durcit légèrement, mais il répondit calmement. « La persévérance et la vision à long terme. Savoir quand investir et quand se retirer. Et, bien sûr, la capacité à s'adapter aux changements. Mais assez parlé de moi. Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir journaliste, Mademoiselle Laurent ? »

Élise fut surprise par le changement de sujet, mais elle répondit sans hésitation. « La curiosité, principalement. J'ai toujours voulu comprendre le monde qui m'entoure, découvrir des histoires cachées et les partager avec les autres. Et je suppose que ce même désir de comprendre m'a amenée ici ce soir. »

Alexandre sembla apprécier sa réponse. « La curiosité est une qualité précieuse. Mais elle peut aussi être dangereuse. Soyez prudente, Mademoiselle Laurent. »

Il se leva, signalant la fin de l'interview. « Merci pour cette conversation. Profitez de la soirée. »

Élise le regarda s'éloigner, un mélange de fascination et de frustration dans son esprit. Elle avait obtenu quelques informations, mais elle savait qu'il restait tant à découvrir sur Alexandre D'Arcy. Elle n'abandonnerait pas si facilement.

La soirée continuait, les invités se mêlant et profitant des diverses activités. Élise décida de se promener dans le manoir, curieuse de découvrir d'autres facettes de cet endroit mystérieux. Chaque pièce qu'elle traversait était une œuvre d'art en soi, avec des détails architecturaux qui témoignaient de l'histoire et du goût raffiné des propriétaires.

Elle entra dans une galerie de portraits, où les visages des ancêtres d'Alexandre la regardaient depuis leurs cadres dorés. Elle s'arrêta devant un tableau en particulier, représentant un jeune homme d'une ressemblance frappante avec Alexandre. Intriguée, elle s'approcha pour lire la plaque en dessous.

« Alexandre D'Arcy, Comte de Montparnasse, 1765, » murmura-t-elle. « C'est impossible... »

Elle sentit une présence derrière elle et se retourna brusquement pour voir Pierre, le jeune homme qu'elle avait rencontré plus tôt dans la soirée.

« Tout va bien ? » demanda-t-il en souriant.

« Oui, oui, c'est juste que... ce portrait, » balbutia-t-elle. « Il ressemble tellement à Monsieur D'Arcy. »

Pierre regarda le tableau et haussa les épaules. « Les traits de famille, j'imagine. Les D'Arcy ont toujours eu cette allure imposante. »

Élise acquiesça, mais elle ne pouvait chasser le sentiment d'étrangeté qui l'habitait. Il y avait quelque chose de plus, quelque chose de caché sous la surface de cette famille et de ce manoir.

La nuit avançait, et les invités commençaient à se retirer. Alexandre, toujours impeccable, faisait ses adieux avec la même politesse distante qu'il avait montrée en les accueillant. Lorsque la dernière voiture quitta l'allée, il retourna à l'intérieur, retrouvant le calme et la solitude qu'il préférait.

Élise, cependant, n'était pas encore partie. Elle se tenait dans la bibliothèque, feuilletant un livre ancien qu'elle avait trouvé

. Perdue dans sa lecture, elle n'entendit pas Alexandre entrer.

« Vous êtes la bienvenue à rester autant que vous le souhaitez, » dit-il, la faisant sursauter.

« Je suis désolée, je ne voulais pas m'imposer, » répondit-elle, refermant précipitamment le livre.

« Pas du tout, » répondit-il en souriant. « Les livres sont faits pour être lus, et cette bibliothèque est une des rares choses que je suis heureux de partager. »

Élise sourit timidement. « Merci. C'est un endroit magnifique. »

« Oui, il l'est, » acquiesça Alexandre, un soupçon de mélancolie dans la voix. « Mais il peut aussi être un piège doré. N'oubliez pas cela. »

Elle hocha la tête, sentant la profondeur de ses paroles. Elle se leva pour partir, mais avant de quitter la pièce, elle se tourna vers lui. « Je continuerai à chercher, Monsieur D'Arcy. Je pense qu'il y a encore beaucoup à découvrir sur vous. »

Il la regarda, une lueur indéfinissable dans ses yeux. « Je n'en doute pas, Mademoiselle Laurent. Bonne nuit. »

Élise quitta le manoir avec un sentiment de détermination renouvelée. Cette soirée avait été une révélation, et elle savait qu'elle reviendrait. Alexandre D'Arcy était plus qu'un simple milliardaire mystérieux. Il était un puzzle qu'elle était résolue à résoudre.

Chapitre 3 Chapitre 3 : Premiers regards

Le soleil matinal baignait Paris d'une lumière dorée, tandis qu'Élise s'affairait dans la rédaction du journal Le Parisien. Les bureaux étaient animés, chacun étant concentré sur ses tâches. Élise, cependant, avait l'esprit ailleurs. La soirée précédente au manoir d'Arcy ne cessait de revenir en boucle dans sa tête, et le visage énigmatique d'Alexandre hantait ses pensées.

Assise à son bureau, elle relisait ses notes de la soirée, cherchant des indices dans les mots d'Alexandre. Elle se demandait comment elle pourrait obtenir plus d'informations sur lui, car elle savait qu'il y avait bien plus à découvrir. Son rédacteur en chef, Monsieur Duval, s'approcha de son bureau, interrompant ses réflexions.

« Élise, comment s'est passée la soirée de charité ? » demanda-t-il en consultant ses notes.

« C'était... fascinant, » répondit Élise, levant les yeux de son carnet. « Le manoir est magnifique et Monsieur D'Arcy est un homme très intéressant, mais je sens qu'il cache quelque chose. »

Monsieur Duval haussa un sourcil. « Vous pensez qu'il y a une histoire plus profonde là-dessous ? »

« Absolument, » répondit-elle avec conviction. « J'aimerais vraiment obtenir une interview plus approfondie avec lui. »

Duval réfléchit un moment avant de répondre. « Très bien. Faites-le. Une bonne interview exclusive avec Alexandre D'Arcy pourrait être une excellente accroche pour le journal. »

Élise sourit, pleine de détermination. « Merci, Monsieur Duval. Je ne vous décevrai pas. »

Elle sortit rapidement de la rédaction, se dirigeant vers le café le plus proche pour prendre un moment et réfléchir à sa stratégie. Elle avait besoin de trouver une façon de capter l'attention d'Alexandre et de le convaincre de lui accorder plus de temps. Tandis qu'elle sirotait son café, elle se souvenait de son regard perçant et de la façon dont il l'avait mise en garde sur la curiosité.

Plus tard dans la journée, Élise se rendit au manoir d'Arcy. Elle savait qu'il serait difficile de le convaincre de l'accepter, mais elle devait essayer. Elle frappa à la porte massive, et après quelques instants, André, le majordome fidèle, ouvrit la porte.

« Mademoiselle Laurent, bonjour, » dit-il avec courtoisie. « Puis-je vous aider ? »

« Bonjour, André. J'aimerais parler à Monsieur D'Arcy. J'ai une demande importante à lui soumettre, » répondit-elle avec assurance.

André la jaugea un instant avant d'acquiescer. « Veuillez attendre ici, je vais voir s'il est disponible. »

Il disparut dans les profondeurs du manoir, laissant Élise seule dans le hall d'entrée. L'atmosphère imposante du lieu la faisait se sentir minuscule, mais elle restait déterminée. Quelques minutes plus tard, André revint et lui fit signe de le suivre.

Alexandre se tenait dans son bureau, entouré de livres anciens et de reliques précieuses. Il leva les yeux de ses papiers en la voyant entrer, un léger sourire aux lèvres.

« Mademoiselle Laurent, quelle agréable surprise. Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? » demanda-t-il d'une voix douce.

« Merci de me recevoir, Monsieur D'Arcy, » commença Élise, essayant de masquer son appréhension. « Je suis ici pour vous demander une interview plus approfondie. La soirée d'hier m'a vraiment intriguée, et je crois que notre public serait captivé par votre histoire. »

Alexandre resta silencieux un moment, observant Élise avec attention. Il semblait peser ses mots avant de répondre. « Votre curiosité est vraiment insatiable, n'est-ce pas ? »

Élise rougit légèrement, mais elle ne détourna pas le regard. « Oui, c'est vrai. Je crois qu'il y a une histoire fascinante derrière chaque personne, et la vôtre est particulièrement intrigante. »

Alexandre se leva de son fauteuil et s'approcha d'une fenêtre, regardant le jardin du manoir. « Très bien, Mademoiselle Laurent. J'accepte votre demande. Vous pouvez revenir demain soir, et nous aurons tout le temps nécessaire pour cette interview. »

Élise sentit un mélange de surprise et de triomphe. « Merci, Monsieur D'Arcy. Je vous promets que je ferai de mon mieux pour raconter votre histoire avec justesse et respect. »

Alexandre se tourna vers elle, son regard mystérieux toujours aussi captivant. « Je n'en doute pas, Mademoiselle Laurent. À demain soir alors. »

Élise quitta le manoir avec un sentiment d'excitation grandissant. Elle avait obtenu ce qu'elle voulait, et elle savait que cette interview pourrait être une opportunité unique pour découvrir les secrets d'Alexandre D'Arcy.

Le lendemain soir, Élise retourna au manoir, son cœur battant la chamade. Elle fut accueillie à nouveau par André, qui la conduisit directement au bureau d'Alexandre. Celui-ci l'attendait, vêtu cette fois d'un élégant costume de velours noir, qui accentuait encore plus sa prestance.

« Bonsoir, Mademoiselle Laurent, » dit-il en se levant pour l'accueillir. « Installez-vous, je vous en prie. »

Élise s'assit dans un fauteuil en face de lui, sortant son carnet et son enregistreur. « Merci de me recevoir, Monsieur D'Arcy. »

« Appelons cela une curiosité réciproque, » répondit-il avec un sourire énigmatique. « Alors, par où voulez-vous commencer ? »

Élise réfléchit un instant avant de poser sa première question. « Vous avez mentionné hier soir que le manoir d'Arcy a une longue histoire. Pouvez-vous nous en dire plus sur son origine et ce que cela représente pour vous ? »

Alexandre hocha la tête, ses yeux s'adoucissant légèrement en évoquant le passé. « Le manoir a été construit au début du XVIIe siècle par mon ancêtre, Philippe d'Arcy. Il était un visionnaire, un homme passionné par l'art et l'architecture. Chaque génération a ajouté sa propre touche, contribuant à la richesse de son histoire. Pour moi, ce manoir est un sanctuaire, un lien avec mes ancêtres et une source d'inspiration. »

Élise nota ses paroles, absorbée par son récit. « Et vous, Monsieur D'Arcy ? Qu'est-ce qui vous a poussé à préserver cette tradition familiale et à continuer à vivre ici, malgré l'évolution du monde autour de vous ? »

Un léger sourire apparut sur les lèvres d'Alexandre. « Je suppose que c'est le poids de l'héritage. Chaque pierre de ce manoir raconte une histoire, chaque recoin cache un secret. Abandonner tout cela serait trahir la mémoire de ceux qui ont vécu ici avant moi. De plus, ce lieu me procure une certaine tranquillité, loin du tumulte de la vie moderne. »

Élise sentit qu'il y avait plus à découvrir, quelque chose de personnel et de profondément ancré dans son passé. « Vous parlez de secrets... Y a-t-il des légendes ou des histoires particulières qui entourent ce manoir ? »

Alexandre la regarda, une lueur malicieuse dans les yeux. « Oh, il y en a beaucoup. Des histoires de fantômes, de trésors cachés, et même de... créatures de la nuit. Mais ce ne sont que des légendes, bien sûr. »

Élise sentit un frisson parcourir son échine, mais elle ne laissa pas sa curiosité être détournée. « Et ces légendes, croyez-vous qu'elles contiennent une part de vérité ? »

« Les légendes sont souvent basées sur des faits réels, mais déformés par le temps et les racontars, » répondit-il pensivement. « Certaines histoires peuvent avoir une part de vérité, mais il appartient à chacun de démêler le mythe de la réalité. »

La conversation continua, Alexandre répondant à ses questions avec une aisance et une précision déconcertantes. Élise était fascinée par sa capacité à naviguer entre les sujets sérieux et les anecdotes légères, tout en maintenant un voile de mystère autour de sa véritable nature.

Après plusieurs heures, Alexandre proposa une pause. « Voulez-vous quelque chose à boire ? Un peu de vin, peut-être ? »

« Un verre de vin serait parfait, merci, » répondit Élise, reconnaissante pour cette pause bienvenue.

Alexandre se leva et se dirigea vers un petit bar situé dans un coin de la pièce. Il choisit une bouteille de vin rouge et versa deux verres, en tendant un à Élise avant de revenir s'asseoir. Ils trinquèrent en silence, chacun perdu dans ses pensées.

« Vous savez, Mademoiselle Laurent, » dit-il après une gorgée, « vous avez une manière très directe de poser des questions. C'est rafraîchissant. »

Élise sourit. « Je crois que c'est la meilleure façon d'obtenir des réponses honnêtes. Et vous, Monsieur D'Arcy, avez une manière très élégante de répondre sans vraiment révéler tous vos secrets. »

Alexandre rit doucement, un son profond et agréable. « C'est peut-être parce que certains secrets doivent rester enfouis. »

Élise ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cela signifiait. « Et quels genres de secrets sont-ils ? Des secrets de famille, des affaires, ou autre chose ? »

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