Chapitre 1 : Le début du commencement
Il était 6h30 lorsque le réveil sonna. Emilie n'avait pas beaucoup dormi cette nuit, épuisée elle espérait que son époux arrêterait le réveil vu qu'il en était plus proche. Au bout de trente secondes d'attente elle dû se résigner. Toujours à moitié endormi, elle tenta de le secouer, mais hélas sa main ne rencontra que la couverture. Une fois de plus il n'était pas rentré.
Elle était nostalgique c'est sûr de ces reflexes d'autrefois lorsqu'au petit matin il lui suffisait de te toucher son homme pour qu'il arrête le réveil et vienne se blottir dans ses bras et cette séquence câlin qui donnait le ton à la journée, hummm.
Elle se donna du courage, ce ne sont pas les absences répétées de Charles Edouard qui allaient l'ébranler, même si elle savait qu'elle se mentait à elle-même.
Ce jour là elle avait passé la journée chez sa mère et était rentré à 21 h à sa grande surprise son cher et tendre l'attendait dans le salon.
A la vue de son époux sa colère se dissipa car malgré tout elle l'aimait et était contente de le voir de retour mais aussitôt son orgueil prit le dessus et elle ne montra aucun signe de joie ni d'affection. Elle lui en voulait tellement mais l'aimait encore plus.
-Emilie : bonsoir Charles-Edouard
-C-E : bonsoir
-Emilie : bon retour chez toi
Charles-Edouard resta silencieux, elle alla dans sa chambre, après s'être débarbouillée elle se changea et se parfuma, elle voulait le séduire tout en paraissant normal. De retour dans le salon elle trouva son époux au téléphone, elle lui prêta pas plus d'attention que ca et commença à mettre la table.
-Emilie : Charles la table est prête vient on va manger
-C.E : avant il faut que je te parle
Entendre son mari lui balancer cette phrase ... ca sentait pas bon du tout. Elle alla le retrouver dans le salon
-C.E : Emilie, si je suis là ce soir c'est pourqu'on parle
-Emilie : (impatiente) ca je l'avais bien compris , vas y je t'écoute Edouard
-C.E : on se connait depuis 6 ans et ca va faire 4 ans qu'on est marié et toujours pas d'enfant. C'est vrai qu'on avait décidé de ne pas en faire étant étudiant mais depuis on est marié et il n'y a toujours rien, je ne peux plus continuer ainsi.
-Emilie : Charles c'est pour ca que tu as déserté ton foyer ? tu crois que moi je ne veux pas etre mere, porter un enfant dans mon ventre, le mettre au monde et le voir grandir ? tu crois que moi aussi je n'en souffre pas?
-C-E : je ne sais pas ce que tu veux je ne suis pas magicien pour lire dans tes pensées.
-Emi : alors je vais te le dis, je veux aussi avoir des enfants
-C-E : alors bouge-toi, va à l'hôpital, ou je ne sais pas ou mais bouge-toi, fais quelque chose.
Apres cette phrase, le ton est monté
-Emilie : quoi ? qu'est-ce que tu me racontes la ? Edouard faut me respecter hein ? En janvier dernier je t'ai pas dit allons chez le médecin tu m'as dit quoi ? tu n'as pas le temps, je suis allée seule quand je suis revenue, tu as même refusé de voir mes résultats et maintenant tu me racontes quoi ? ne m'énerve pas Edouard, c'est pour ça que tu as déserté ?
-C.E : je vais aller faire quoi à l'hôpital, moi j'ai aucun problème. Et tu me parles de déserter je suis à l'armée ? Et puis je vais rester ici pour faire quoi ? y'a quoi ici qui me retiens? Faut te méfier de moi Emilie et ne me parle plus jamais sur ce ton, tu ne me connais pas hein malgré toutes ces années passé ensemble, tu ne me connais pas
-Emilie : vraiment je ne te connais pas tu n'as rien avoir avec l'homme que j'ai épousé, tu es devenu un homme que je ne connais pas, tu me manques de respect, tu découches tu n'assures meme plus tes responsabilités de chef de famille, tu ...
-C-E : (avec mépris) kiakiakiakia, tu me parles de quelle famille ? Elle est ou cette famille ?
-Emilie : (en se placant devant son homme) c'est moi ta famille, moi
Il s'était assis, laissant Emilie debout face de lui. Le silence était retombé pas la tension toujours perceptible entre les deux amants. Apres ce qui avait semblé être une éternité pour Emilie, Charles-Edouard releva la tête en regardant sa femme droit dans les yeux
-C-E : je te donne 2 mois pour être enceinte, deux, si tu n'y arrive pas, j'épouserai une autre femme.
Les époux s'étaient couchés chacun dans son coin du lit s'évertuant à ne pas traverser cette frontière imaginaire qui apparait dans le lit conjugal lorsque la colère et la frustration prennent le dessus sur la l'amour et la compréhension Emilie n'avait pas fermé l'œil de toute la nuit et les ronflements de son mari attisait sa colère et l'anéantissait de désespoir. Seigneur j'ai toujours aimé et respecté cet homme qu'est mon époux, je ne l'ai jamais trompé, chaque jour je m'évertue à entretenir ce foyer, Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi je n'arrive pas à avoir un enfant? Juste un, je n'en demande pas plus.
Elle avait tellement pleuré que ce samedi matin, elle n'eut pas la force de quitter son lit. Son mari lui était déjà reparti. Elle écrivit à ses deux sœurs le même message.
« Urgent, Charles –Edouard encore ».
Quelques minutes plus tard elles étaient là. Sandra et cassandre étaient en réalité ses cousines mais leur maman étaient décédée en leur donnant la vie et c'est la mère d'Emilie leur tante qui les éleva .
C'était vraiment le cas typique des jumelles qui se ressemblent et font tous ensemble à la seule différence qu'elle avait deux personnalités diamétralement opposée. Cassandre était extravertie, elle parlait sans arrêt, n'avait pas froid aux yeux et alors que Sandra était introverti, plus sage, elle écoutait beaucoup, réfléchissait avant de parler et arborait toujours un sourire plein de bienveillance
Elles trouvèrent Emilie dans sa chambre
-Sandra : Emi qu'est ce qui s'est passé ?
-Cassandre : tu demandes ce qui s'est passé d'après toi qu'est ce qui peut se passer ? il est même ou ton Charles-Edouard la?
-Emi : il est sorti le matin je ne sais pas où il est parti, on s'est disputé hier et il m'a dit que j'ai deux mois pour être enceinte
-Cassadre : il est cinglé, que c'est toi qui décide ?
-Sandra : mais Emi, allez-y à l'hôpital voir si vous avez un problème. Même si pour moi vous ne totalisez que trois années de mariage, oui vous n'avez pas encore bouclé la quatrième année. Attendons ca viendra.
-Emi : Sandra, on devait allé chez le médecin il y'a trois mois, il m'a dit qu'il n'a pas le temps. Ce jour la je suis allé seule
-Sandra : Alors ?
-Emi : le gynécologue m'a fait savoir que tout était normal, au début je croyais que c'était parce que j'avais pris la pilule longtemps mais le médecin m'a dit qu'il n'en était rien et tout était normal, on devait attendre et continuer d'avoir des rapports.
-Cassandre : ton mari là il perd la boule, c'est lui qui ne part pas à l'hôpital et il vient te faire des coups de pression. La solution facile, bon Emi ca va aller je te propose de tenter autre chose, souvent la médecine occidentale montre ses limites on va aller voir un tradipraticien.
-Sandra/Emilie : quoi ?
-Cassandre : quoi de quoi ? Vous ne savez pas que dans la foret y'a toutes les herbes pour nous soigner, le gars va trouver la plante qu'il te faut, tu vas coincer ton mari dans un coin de la maison, tu lui sautes dessus et 9 mois plus tard tu accouches des jumeaux, c'est tout.
Cassandre avait toujours le mot pour faire rire, mais quelque part elle n'avait pas tort. Il y'avait plusieurs moi l'une de ses collègues atteinte de stérilité secondaire lui avait avoué avoir conçu grâce à l'aide d'un naturopathe. Ça avait donné des idées à Sandra qui connaissait bien le problème de sa sœur, elle allait demander à son ami le numéro de ce monsieur.
Les jours qui suivirent Charles Edouard était de retour à la maison, mais le climat était toujours aussi glacial entre les deux époux, c'est à peine s'ils s'adressaient la parole. Entre temps les jours passaient et le sursis de 2 mois tirait vers la fin. Galvanisées par Cassandre, les trois sœurs allèrent rencontrer un naturopathe spécialiste en infertilité. Il remit à Emilie une décoction à boire au coucher, ce soir entrait évidement dans sa période d'ovulation avec comme recommandation de faire l'amour avec son époux dans un délai de 24h.
Les jumelles étaient pleines d'espoir mais Emilie semblait préoccupée. Par pudeur elle avait volontairement omis de dire à ses sœurs que son mari ne la touchait plus depuis plusieurs mois. Comment allait-elle faire pour le ramener dans son lit?
Chapitre 2 : Raïssa
Ce soir-là en rentrant, Emilie trouva son mari affairé son ordinateur, il n'avait même pas levé la tête. Ca s'annonçait compliqué pour elle, mais elle était déterminée, elle jouait le tout pour le tout. Ce soir se dit-elle en regardant son mari, on va faire !
Apres un diner silencieux, elle ne savait toujours pas s'il fallait discuter ou passer à l'action. En sortant de la cuisine elle trouva son mari affalé dans le divan. Elle décida de passer à l'action. Elle se retira dans sa chambre, pris sa douche, mis la lingerie préférée de son mari se couvrit d'un peignoir de satin, bu sa décoction et sorti retrouvé son mari. Elle se tenait debout devant lui et bien qu'elle ne sut par où commencer elle ne recula pas. Il finit par ouvrir les yeux
-C-E : Qu'est ce que tu veux ?
-Emilie : toi
Il se redressa et s'assit
-C-E : pardon ? Moi ?
-Emilie : oui toi, tu es mon mari, et j'ai envie de toi. Ca fait plus de 5 mois que tu ne me touches plus, j'ai des besoins physiologique, je veux que mon mari me fasse l'amour, je t'aime et tu me manques bébé.
A ces mots Charles Edouard paru plus décontracté, il soupira, se prit le visage dans ses deux mains comme pour sortir définitivement du sommeil, Emilie cru qu'il voulait cacher une émotion. Elle ouvrit alors son peignoir, s'assit sur le divan, se rapprocha de lui et posa sa main sur le visage de C-E, le releva dans le but de l'embrasser.
Mais d'un geste brusque et violent il la repoussa à tel point qu'Emilie se retrouva éjecté du divan. Il se dressa devant elle comme un titan.
-C-E : ne me touche plus jamais comme ça, je t'ai fait l'amour ici pendant 4 ans de mariage, qu'est-ce que ça a donné ? Rien ! Et tu te pointes pour me dire que tu as des besoins physiologiques, mais je m'en fou de tes besoins physiologiques.
Emilie était là au sol aucun son ne sortait de sa boucle, juste des sanglots. Elle était envahie par un énorme sentiment de honte. Elle ferma son peignoir, mais malgré la détresse apparente de sa femme, Charles-Edouard ne s'arrêtera pas.
-C-E : Moi j'ai des besoins de famille, je veux être père moi, tu es incapable de me donner des enfants et tu réclames que je te fasse l'amour. Tu me parles des je t'aime et tu me manque tu n'as pas encore compris que tout ça c'était avant ? Cest fini maintenant
Il tourna ses talons et partit se coucher dans sa chambre.
Emilie n'avait toujours pas bougé, le poids de la honte était si lourd, elle était là assise tellement confuse, Qui était cet homme se dit-elle ? Comment Charles-Edouard avait-il pu changer à ce point ?
Emilie avait rencontré Charles Edouard par l'intermédiaire de sa meilleure amie Annie qui était la petite amie de l'époque d'Eddy, le cousin de Charles-Edouard. A force de tenir la lanterne lors des rendez-vous amoureux d'Eddy et d'Annie, C-E et Emilie avait fini par se rapprocher. Au fil du temps les couples s'était fiancés puis mariés. Les deux copines étaient contentes elles se disaient que ce nouveau lien familial consoliderez leur relation, mais la vie réserve parfois des surprises.
Paradoxalement avec le temps, les deux amies se sont éloignées. En fait, au début de leur mariage, elles se racontaient tout mais surtout les bons moments et quand la magie a commencé à s'estomper, elles se parlaient de moins en moins, aucune ne voulait parler de sa détresse à l'autre, par orgueil, vanité ou dignité ? Elles seules savent. Elles étaient toutes les deux malheureuses dans leur foyer. Si l'une était en quête de maternité, l'autre était une femme martyrisé, la violence conjugale était son quotidien. Bref ça c'est une autre histoire revenons sur C-E et Emilie
Ils avaient ce genre de relation qui vous tombe dessus sans prévenir, démarre lentement puis grandi avec le temps. Elle n'était pas forcement spécialement mais chacun y trouvait son compte. Puis l'amour que C-E avait pour son épouse a fini par se détériorer avec le temps et l'influence de son entourage. Pourtant au début lorsque ses amis et sa famille lui posaient des questions sur la fertilité de sa femme il la défendait contre tous prétextant qu'ils ne voulait pas d'enfant maintenant.
De son côté Emilie faisait tout ce qui était en son pouvoir pour plaire à son homme, elle avait bien vu qu'il changeait au fil du temps et plus il s'éloignait plus elle le pourchassait. C-E était tout son monde, elle avait bâti sa vie autour de l'existence de son mari. Elle se levait tous les jours à la même heure que son époux même si elle ne travaillait plus. Elle organisait sa journée en fonction des envies de C-E. Le marché était déterminé par ce qu'il voulait manger, les visites qu'elle rendait à sa famille se faisait systématiquement en fonction de l'heure du retour de son mari. Elle lui écrivait des messages durant la journée pour lui dire où elle était et ce qu'elle faisait. Elle ne levait jamais la voix sur lui, même quand il avait commencé à découcher et qu'il inventait des prétextes farfelus, elle ne disait rien, elle priait juste pour la restauration de son mariage. Au début C-E était heureux de cette dévotion mais avec le temps, ça commençait à l'agacer et de plus en plus il tenait à le faire savoir à sa femme.
Depuis ce fameux soir de la tentative ratée d'une partie de mourangou, ils ne s'étaient plus adressé la parole. Ils vivaient dans la même maison sans se voir, Emilie était extrêmement frustrée mais C-E s'y plaisait, il semblait mener une idylle avec son téléphone portable qu'il ne quittait plus.
Puis un soir il rentra du boulot, plus tard que prévu, c'est en entendant le bruit de sa voiture qui se garait qu'Emilie eut le reflex de regarder sur sa montre, il était 21h43. « Encore heureux qu'il soit rentré ce soir» se dit-elle.
Quelques minutes plus tard, C-E n'était toujours pas entré dans le salon, c'était bizarre, qu'est ce qu'il faisait encore dehors ? Emilie voulu aller regarder s'il allait bien, mais se dit « si j'y vais il va croire que je m'inquiète pour lui ». Elle se replongea dans son feuilleton, mais bientôt son attention fut attirée vers la porte. Lorsqu'elle leva les yeux, elle distingua deux silhouettes, la première lui était familière tandis que la seconde lui était inconnu, instinctivement elle la perçu comme une menace.
Son regard ne quittait plus la jeune fille qui s'avançait vers elle au bras de C-E, les idées se bousculaient dans sa tête. Qui était-elle ? Pourquoi venait-elle chez eux à cette heure-ci ? Et c'est quoi cette valise que C-E traine derrière eux ?
Emilie était visiblement en plein déni, elle n'avait pas oublié l'échéance de deux mois qui s'était largement écoulé mais refusait de croire que son mari pouvait mettre mis sa menace à exécution. La réalité allait lui revenir en pleine face.
Elle vu sa vie défiler sous ses yeux, elle se revoyait âgée d'à peine 22 ans, elle venait de perdre son père, ça avait été difficile pour elle, sa mère et ses deux sœur-cousines. Dans la foulée, elle perdu aussi sa santé de fer. Sa famille mit ca sous le coup de la détresse émotionnelle qu'elle vivait mais l'examen médical révéla autre chose : elle était enceinte.
Cette nouvelle réchauffait son cœur, elle avait perdu son père mais attendait un enfant. La première personne à qui elle l'annonça et qui fut en même temps la dernière était son petit-ami Charles-Edouard à l'époque encore étudiant. Il s'y opposa immédiatement, il ne pouvait pas avoir un enfant maintenant, Il avait encore une année d'étude avant de finir et de trouver un travail, ce ne serait pas possible avait-il dit. Et malgré l'envie d'Emilie qui déjà transportée par la fibre maternelle voulait mener sa grossesse à terme, Charles –Edouard resta ferme : il ne voulait pas de cet enfant, du moins pas maintenant et il n'allait pas l'avoir.
Apres ce qui lui a paru être une éternité, C-E et cette jeune fille se tenait là devant elle, même dans sa panique Emilie dû reconnaitre qu'elle était belle et bien foutu, elle portait une belle robe qui dévoilait une belle silhouette et était perchée sur des escarpins de 12 cm. Emilie eu honte d'elle-même à ce moment vêtu d'une robe en pagne et d'un filet sur sa tête en guise protège coiffure ( la façon dont les filets là m'énerve pardon les sœurs ne mettez plus ça sur vos têtes pardon)
-C-E : bonsoir Emilie
-Emilie interloquée : bonsoir Edouard
-C-E : je te présente Raïssa, elle va rester ici avec nous et occuper la deuxième chambre. tu vas apprendre à la connaitre, Raïssa c'est pas une mauvaise personne ok, heu.... Jeuhhh neuuhh sais pas comment vous allez faire pour la maison mais vous aller devoir vous organiser pour les taches ménagères donc vous allez vous concerter demain peut-être.
Emilie toujours perdue : hein
-C-E : écoute Emilie faut pas m'en vouloir, je n'ai jamais souhaité être polygame, ce sont les circonstances de la vie qui m'y ont conduit ok
-Emilie : Polygame ? Mais tu racontes quoi ?
-C-E : j'ai épousé Raïssa à la coutume il y'a deux semaines, c'est ma femme
LO CHOC....
Chapitre 3 : Point de non retour
Les jours qui suivirent Emilie entra dans une profonde dépression, elle avait un immense sentiment de trahison envers ses amis et sa belle-famille. Un tour sur le compte facebook de son mari et elle vu qu'elle était la seule à ignorer cette relation. Il avait publié la veille de l'arrivée de Raïssa des photos de son mariage et tout le monde le félicitait. Elle lu chaque commentaire et n'en revenait pas, elle connaissait la majorité des amis de son mari qui étaient tous là sur les photos, elle avait même reconnue Annie son amie de toujours. Personne ne l'avait ménagé une de ses belles-sœurs avait poussé le vice jusqu' à l'identifier sur certaines photos. Elle en voulait à la terre entière.
Naturellement la nouvelle avait circulé en ville et était parvenue à ses sœurs deux jours seulement après. Les jumelles voulaient comprendre ce qui se passait, alors elles débarquèrent chez leur sœur. Elle leur expliqua que désormais Raïssa vivait avec eux. Sandra cherchait une solution diplomatique à cette situation alors que Cassandre attendait d'un pied ferme l'arrivée de son beau-frère.
-Sandra : mais je ne comprends pas, s'il l'a épousé il y'a deux semaines ça veut dire qu'il n'a même pas attendu que les deux mois passent.
-Cassandre : Vous m'amusez hein, vous croyez qu'il avait le temps des 2 mois-là ? il savait ce qu'il faisait, s'il l'a épousé c'est que c'est une vieille relation. Mais j'espère au moins que tu as fait ce que tu devais faire hein, peut être que si tu es enceinte il va jeter celle-là
Emilie désormais désinhibé avoua à ses sœurs qu'elle n'avait plus de vie sexuelle depuis plus de 6 mois, elle leur raconta sa mésaventure et ses frustrations
-Cassandre : Mais ca s'est quelle mariage ? Emi moi je te propose de revenir à la maison parce que tu n'as pas de mari, tu es une célibataire à l'anneau d'or. Toi et moi avions le même statut.
-Sandra : Non Emi ne l'écoute pas tu ne peux pas abandonner ton foyer à la première épreuve que Dieu t'envoie, je suis sûre que vous allez surmonter ca et vous en serez plus fort.
-Cassandra : Quel Dieu ? Faut pas fatiguez le monsieur là il a déjà bcp de problème a régler sur terre, quel Dieu ? C'est Charles-Edouard qui ramène les problèmes ou bien c'est Dieu ? Et je vous rappelle qu'il a marié la fille là hein, donc ce n'est pas une affaire de "il va la chasser apres" c'est définitif. Moi quand je vous parle vous n'aimez pas écouter. Emi, vient à la maison on va rester même une semaine tu vas te changer les idées, t'éloigner de tout ca.
-Sandra : mais si elle part ils vont rester ici à deux, peut-être qu'elle ne pourra même jamais revenir, c'est mieux qu'elle reste
-Cassandra : mais si ne revient plus ou est le problème, elle fait quoi ici ?
Alors qu'elles se disputaient le nouveau marié fit son apparition. Immédiatement Cassandre l'interpella
-Cass : C-E il parait que tu t'es marié, c'est vrai ?
-C-E : c'est quoi un interrogatoire ?
-Cassandra : C-E, c'est toi qui maltraite Emilie aujourd'hui ? hummm kié la vie c'est rien hein. Emilie qui s'est plié en quatre pour toi, tu as oublié quand tu galérais et qu'elle travaillait pour s'occuper de vous deux. Le travail que tu as eu qui te permet d'épouser les femmes en pagaille-là qui t'avait aidé à l'avoir c'est pas elle qui est allé supplier le meilleur ami de papa ? Tu trainais dans ton quartier de plein ciel là dans les bas-fonds si tu n'avais pas rencontré Emilie tu y croupirais encore. Et aujourd'hui tu humilies ma sœur. Regarde toi c'est Emilie qui t'a fabriqué de A à Z, elle s'est sacrifiée pour que tu deviennes l'homme que tu es et que lui donne tu en retour ? Ingrat
-C-E : Cassandra, je ne suis pas ton ami donc quand tu me parles fait attention à ce qui sort de ta bouche, tu sais très bien pourquoi j'ai épousé une autre femme. j'ai la trentaine et toujours pas d'enfant, je suis le seul garçon de mes parents, je vais pas laisser ma descendance s'éteindre comme ca parce que votre sœur est stérile. Et si je la garde encore ici c'est bien parce que je ne suis pas ingrat
-sandra : donc tu la garde parce que tu es reconnaissant, tu ne l'aime plus ? Les enfants sont plus important que votre mariage ? Si c'est le cas, mais adopté, il y'a plein d'enfant dans Libreville qui n'ont pas parents, en même vous ferez une bonne action.
-C-E agacé : C'est pas pareil, c'est pas mon sang
-Sandra : Tu ne sais pas que si tu perds ta femme pour des enfants quand ils grandiront ils partiront à leur tour et tu finiras seul. Ta femme c'est ta compagne à vie, On ne se marie pas pour avoir des enfants, par contre on a des enfants lorsqu'on est marié, il y'a nuance...
-Cassandra : Sandra ne finit pas ta salive, lui là c'est un mauvais il dit Emilie est stérile, tu es malade c'est toi qui l'a stérilisé ?
-C-E : Cassandra c'est la dernière fois que je t'interpelle, si tu me parle encore ca je te fou à la porte de chez moi, tu viens chez moi m'insulter c'est toi qui doit dicter mon foyer ? Tu connais quoi de la vie de foyer ? Tout ça c'est long, sortez de chez moi
Cassandra : quoi ?
-C-E : Sortez et ne remettez plus jamais vos pieds ici
Il s'est à mis à vociférer des insanités à ses belles-sœurs leur demandant de partir. Cassandra déjà devant la porte posa l'ultime question à sa sœur
-Cassandra : Emilie tu viens ou pas ?
***
Apres ca la vie repris son cours, Emilie avait accepté la situation, et petit à petit s'habituait à cette vie à trois. Chaque matin, Son mari et sa coépouse partaient travailler ensemble et elle restait à s'occuper du foyer. Elle avait entreprit sous conseil de son pasteur de faire un jeûne d'un mois se privant d'eau, de nourriture jusqu'à 18h, pour ce qui était des rapports sexuels c'était plié de tout façon il y'avait plus rien encore moins avec l'arrivée de sa coépouse. Le seul problème était que vu qu'elle ne mangeait pas le midi avec le couple ils s'attablaient à deux et Emilie ne semblait plus exister. En fait, elle leur avait juste donné le moyen d'être encore plus proche car après son jeûne elle n'a plus jamais partagé la même table qu'eux. Elle mangeait avant ou après eux.
Emilie passait sa vie entre l'église, chez ses sœurs et les tache ménagères. Elle vivait de plus en plus mal le fait de s'occuper de tout le monde, elle avait besoin de faire une activité qui pourrait la valoriser. Elle eut l'idée de débuter un commerce de crêpe qu'elle ira vendre dans les bureaux de Libreville entre midi et deux. Il faut savoir qu'Emilie avait un don pour la cuisine, elle mettait tout le monde d'accord même sa rivale, elle avait rêvé dans une vie antérieure de créer son propre restaurant mais ça c'était avant, à l'époque où elle avait encore des rêves. Ses sœurs qui l'avaient encouragé lui avaient donné le capital nécessaire pour débuter son activité. Avant tout, elle voulait l'autorisation de son mari. Il ne mit pas long à donner sa réponse
-C-E : NON !
-Emi : mais pourquoi ?
-C-E : tu veux que les gens pensent quoi de moi ? Ma femme obligée de vendre des bédoumes pour survivre.
- Emi : ce n'est pas des bédoumes mais des crèpes
-C-E : Je m'en fou, c'est pareil, j'ai dit non et puis qui va s'occuper de la maison ? Tu vois bien que Raïssa travaille
-Emi ; mais nous sommes tes deux femmes, on doit s'organiser comme tu l'avais dit, ca fait 7 mois qu'elle vit avec nous et jamais elle n'a lavé une de tes chemises, on va faire les tours les jours ou c'est mon tour de m'occuper de la maison je n'irais pas vendre
-C-E : et donc elle aussi va manquer son travail pour s'occuper de la maison quoi ?
-Emi : oui c'est chez elle aussi non
-C-E : tu sais très bien pourquoi elle ne fait rien, tu t'es accaparé la maison, tu ne lui parles pas elle ne sait par où commencer et toi tu ne coopères pas
-Emi : C'est ce qu'elle t'a dit ? et tu as cru ? tu crois vraiment que pour laver une assiette ou préparer elle a besoin de moi ? Pour manger elle connait la route de la cuisine mais pour préparer non.
-C-E : Emilie tu m'embêtes avec tes histoire j'ai dit que tu n'iras pas travailler et si tu insistes prend une ménagère pour faire les taches qui t'incombent, si même ca tu n'arrives pas à faire je ne sais même plus à quoi tu me sers.
La mort dans l'âme, elle dû renoncer à son projet.
A chacune de ses conversations avec son mari, il terminait toujours par lui faire savoir qu'elle était inutile et que sa vie était un échec. Vous savez à force d'écouter le même discours, elle s'est laissé empoisonner l'esprit.
Elle était devenue transparente aux yeux de tous, sa belle-famille n'avait d'yeux que leur nouvelle recrue et narguait Emilie en face. Elle rasait les murs dans sa propre maison. Elle ne tenait plus qu'un rôle de ménagère. Plus d'intimité avec son mari, aucun respect de la part de sa coépouse.
Un soir que le couple se préparait pour aller dîner au restaurant C-E avait dit à Emilie qu'il sortait célébrer un évènement qu'elle ne devait pas les attendre.
Elle se mit à réfléchir sur sa vie, Elle regardait l'alliance qui brillait à son doigt en se demandant si ca valait vraiment toute cette peine. Emilie était le genre de femme très maternelle et très douce, qui ne disait jamais un mot plus haut que l'autre mais savait se faire respecter. A une époque dans sa vie, elle avait dirigé un département lorsqu' elle était attachée de direction. Elle se souvient comment elle était heureuse à cette époque, elle avait beaucoup de responsabilité car son patron vivait entre deux pays et durant son absence elle gérait les affaires. Ses collègues la respectaient et son patron était extrêmement satisfait à tel point que quand elle donna sa lettre de démission, il appela Charles-Edouard pour le convaincre de laisser sa femme travailler, ce qui l'enragea encore plus.
« Je n'aurais jamais dû démissionner » se surprit –elle à dire à haute voix.
Ce soir-là quelque chose se brisa definitivement en elle. ca faisait 9 mois que Raïssa était là et C-E n'était pas revenu vers elle lui donner des explications, ce soir elle allait le confronter.
C'est quand même étrange comme attitude, quelles explications attendaient-elles ? Que n'avait-elle pas compris ?
Lorsque les amoureux entrèrent dans le salon, Emilie interpella immédiatement son mari.
-Emilie : éhh monsieur !
-C-E : Emilie c'est moi que tu appelles comme ça ?
-Emilie : Edouard, là et maintenant dis à ta femme de libérer ma maison si tu veux tu la suit mais elle ne passera pas une nuit de plus ici. Mais ça veut dire quoi tout ça? Tu vas épouser une femme dans mon dos et tu viens me l'imposer, chez moi ! tu es normal ?
-C-E : Emilie depuis quand tu me parles comme ca ? Attention hein, c'est moi Charles Edouard, je peux te..
-Emilie : Charles Edouard de quoi ? je m'en fou, je te respectais j'ai gagné quoi ? C'est comme ca que tu parles souvent non quand tu me dis que tu dors avec moi alors que je n'accouche pas. Sortez de chez moi, c'est tout ce que je vous demande
-C-E : tu es folle, c'est ta maison ? ici c'est chez moi et Raïssa est ma femme, donc elle reste ici si tu ne veux pas, tu peux partir de toute façon je ne te retiens pas
-Emilie : tu vas passer sur mon corps pour me chasser, tu oublies vite, ici c'est mon terrain, celui que m'a laissé mon défunt père, c'est chez moi
-C-E : donc tu m'as fait construire dessus pour me piéger ? C'est ca ? tu pensais vraiment que j'allais finir ma vie avec toi ? Regarde comment tu es devenu ? A 28 ans tu es comme une femme de 40 ans, tu ne fais rien de tes 10 doigts en plus tu es incapable de faire des enfants, Prend exemple sur Raissa, c'est ça une vrai femme.
La comparaison l'avait blessé dans son âme, elle détestait l'homme qui était devant elle
-Emilie : je te rappelle que j'ai travaillé dans ma vie, c'est toi qui m'a demandé d'arrêté de travailler parce que tu étais jaloux de mon patron tu as oublié que c'est grâce à ce travail-là que je me suis occupé de toi quand tu galérais et si je suis devenu comme ça c'est à cause de toi. Tu m'as forcé à faire cet avortement je ne sais même pas si je peux appeler ça comme ça, tu m'as empoisonnée, toi tu es un assassin
-C-E : Ehhhhh ehhhh tu m'arrêtes ca tout de suite, c'est toi qui m'a forcé à agir ainsi , tu crois que si tu avais accepté d'allé à l'hôpital tranquillement j'aurais agi comme ca. Et puis tu racontes mm quoi ? c'est pas toi qui dit ici que tu n'es pas stérile que le médecin t'as dit que tu n'as rien maintenant tu parles encore de ca pourquoi ? Tu reviens déçu pourquoi
-Emilie : je parle de ca parce que tu es un démon, et puis je n'ai rien les deux médecins que j'ai vu disent la même chose, je suis fertile
-C-E : kiakiakiakiakia tu es quoi ? Comment expliques-tu alors qu'en 4 ans tu n'as pas eu un seul retard alors que Raïssa en moins d'un an de mariage attend déjà notre premier enfant ? Reste là avec ton bruit, et fertilité qui ne produit rien.
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Le ventre de Raissa grandissait proportionnellement à la haine dans le cœur d'Emilie. Elle était pleine de haine envers son époux, sa rivale et même le bébé qui était encore dans le ventre. Elle cherchait volontairement la confrontation mais les futurs parents ne la calculaient même pas. Désormais sa vie tournait autour de comment leur rendre toute le mal qu'ils lui infligeaient. Elle avait trop subit, trop d'humiliation, de manque de respect, de douleur enfuit en elle, trop de pleur, trop de tout. Elle était désormais comme une cocotte-minute qui avait mis trop de temps au feu. Elle allait bientôt exploser.
Cette explosion se produisit quelques jours plus tard et je peux vous la résumer en trois mots : Cris, sang et fuite.
Je vous la raconterais bien aujourd'hui mais l'encre dans stylo vient de terminer. Les choses que je n'aime pas.
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