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À l'ombre du CEO

À l'ombre du CEO

Auteur:: Honey Goldfish
Genre: Romance
Daisy St-Pier a été témoin d'un crime et elle bénéficie du programme de protection des témoins. Seulement lorsqu'elle arrive dans la ville d'Orlando, elle déchante un peu parce que ce programme ne lui offre somme tout qu'un toit et de la nourriture. Elle devra donc refaire sa vie et se trouver du boulot, mais sans avoir la possibilité d'user de ses beaux diplômes pour se faire, ni même de se trouver un job dans sa spécialité qui est la sociologie et le travail social. Non! Daisy en est réduite à être la secrétaire, ou plutôt l'assistante personnelle d'un homme d'affaires qui n'est pas du tout quelqu'un de simple. Non. Michael est dur, exigeant, froid et aussi très calculateur. Michael a aussi plusieurs troubles obsessionnels compulsifs qui ont fait pleurer plusieurs de ses autres employés elle! Depuis que son amour de jeunesse a trahi sa confiance et brisé ses rêves les plus secrets, Michael se méfie aussi des femmes qui pour lui sont toutes des croqueuses de diamants manipulatrices et perfides. Ajouté à cela que Michael a un instinct très sûr pour flairer les mensonges... et sa nouvelle assistante lui ment sur plusieurs choses, il en est persuadé. Comme ce nom qu'elle porte (Joanne) et auquel elle répond si peu souvent quand on l'interpelle! Sans compter que sa nouvelle assistante est aussi tout le portrait craché de son premier amour... et que son précédent assistant lui avait été envoyé par son propre frère pour l'espionner... Alors rien ne lui dit à Michael que, connaissant très bien ses préférences, son frère ne lui aurait pas envoyé cette femme aussi pour l'espionner et détruire cette entreprise qu'il a construite à la sueur de son front. Daisy a elle aussi de bonnes raisons de se méfier... elle est en effet le témoin d'une conspiration à grande échelle, et ne peut se permettre de révéler son secret à qui que ce soit, le policier responsable de son dossier le lui a bien spécifié! Et rien ne lui dit que son nouveau patron est une personne de confiance... Mais justement! Daisy et Michael arriveront-ils à se faire confiance? L'amour peut-il fleurir d'une relation qui débute sur de si mauvaises bases? C'est ce que vous découvrirez dans le livre «À l'ombre du CEO».

Chapitre 1 Daisy

Réserve amérindienne de Fort Deline, Territoires du Nord-Ouest, Canada

De petites brindilles d'herbes commencent à apparaître sur le sol et les enfants sont pleins de joie à la fin de ce long hiver. Les Amérindiens sont tellement connectés à la nature, c'est fantastique!

Nous sommes sur les terres ancestrales des Sahtus, qui ont une culture et des traditions riches, étroitement liées à la terre et à l'eau de leur territoire ancestral. Au cours de l'hiver que je viens de passer parmi eux, j'ai reçu un accueil très chaleureux et les femmes du village m'ont enseigné plusieurs de leurs techniques pour l'artisanat et mon vocabulaire s'est enrichi de plusieurs mots dans la langue Sahtu.

Je serai bien triste de les quitter! Oui, tellement!

Mais notre mission se déplace souvent d'une communauté nordique à une autre, selon les besoins.

Je dois rejoindre mon chef de mission, le directeur Wilson dans la maison mobile qu'il occupait avant le grand départ.

J'ai fait donc rapidement mes bagages avec beaucoup d'amertume cette fois, car j'ai le sentiment que nous aurions pu faire plus, beaucoup plus pour cette communauté! Le programme Réconciliation et d'Équité Autochtone (PREA) a été mis en place par mon gouvernement (canadien) pour racheter les erreurs du passé de notre pays et tisser de nouveaux liens de partenariat plus solide avec les Premières Nations. Il comprend aussi de l'aide humanitaire...

Des enfants d'une douzaine d'années viennent m'aider à transporter mes bagages à l'arrière du camion qui doit nous conduire. L'un d'eux me remet une petite pierre de savon gravée d'un symbole qui veut dire «paix» dans leur langue.

Je souris furtivement, car à titre de travailleuse sociale, j'ai souvent eu à agir en médiateur entre ses enfants, ou d'autres autochtones et nous, qu'ils voient souvent comme des intrus sur leurs terres sacrées... et chaque fois, je croise toujours mes bras en croix sur mon cœur, et je dis que nous devons établir la paix entre nos deux nations.

Ah... depuis que je fais ce travail, je dois bien avoir appris à dire le mot paix dans une douzaine de dialectes amérindiens au cours des trois dernières années!!!

J'ébouriffe les cheveux du gamin et je le remercie chaleureusement. Je glisse la pierre dans ma poche et je lui promets que je vais la garder très précieusement. Plusieurs autres enfants avec leurs mamans viennent vers moi avec d'autres petits cadeaux de ce genre. Des animaux sculptés à la main et même un capteur de rêve! J'en remercie la vieille dame qui l'a fait pour moi. Cette femme est une ancienne de la communauté qui m'a beaucoup appris et chaque fois que ma grand-mère me manquait... j'allais passer du temps avec cette vieille dame, à tresser des paniers en sa compagnie ou tanner la peau des animaux chassés.

Leur communauté vit selon les anciennes coutumes!

Ryan Wilson sort soudain de sa maison mobile, la mine soucieuse et il regarde en ma direction. Je devine qu'il aimerait que nous terminions les formalités administratives, alors je viens vers lui et nous nous asseyions dans sa petite cuisine pour faire les comptes.

Depuis un certain temps, un fossé se creuse entre les besoins des communautés que nous visitons et les sommes d'argent qui nous sont envoyées, qui sont de moins en moins grandes... alors nous devons rivaliser d'ingéniosité.

Monsieur Wilson pense que ce n'est pas normal, que nous recevions si peu d'argent pour la mission. Le parti au pouvoir vient d'annoncer qu'il allait injecter encore plusieurs millions dans ce programme en vue de sa réélection... donc en principe, nous ne serions pas sensé parler du licenciement de certains autres dans notre groupe pour arriver dans le budget, mais plutôt de l'embauche de plus d'intervenants sur le terrain afin de couvrir plus de territoire!

Pendant que nous en discutons et que nous faisons les comptes, monsieur Wilson me dit qu'il a fait sa petite enquête. Il a aussi mis la main sur quelques chiffres du budget de ce qui serait censé nous être envoyé et qui ne correspond pas du tout à la réalité. Aussitôt que nous serons de retour à Ottawa, il doit rencontrer un de ses contacts à ce sujet.

Nous entendons du bruit à l'extérieur et quand monsieur Wilson va ouvrir, il trouve un des bénévoles de la mission, qui était devant la maison mobile.

Il se nomme Ethan Morris, et ce type me fait franchement flipper!

Il est toujours tellement... étrange! Et il ne me semble pas aimer les Amérindiens tout spécialement, alors je me demande bien pourquoi il s'est porté volontaire pour accompagner notre convoi... mais ses aptitudes de pilote ne sont pas à négliger!

Est-ce qu'il nous espionnait ou quoi?

Le gros rustre nous sourit innocemment, la cigarette au coin des lèvres et il déclare à monsieur Wilson qu'il était sur le point de frapper à sa porte pour se proposer de l'aider à charger les bagages... Wilson s'efface alors pour le laisser entrer et il lui désigne ses bagages dans un coin du petit salon du lieu.

Nous terminons de faire les comptes en silence et je signe le paquet de feuilles brochées quand monsieur Wilson le glisse devant moi. Deux personnes doivent se porter garantes légalement de tout ce qui touche ce programme gouvernemental.

Quelques minutes plus tard, nous quittons tous la réserve en direction du terrain de décollage du petit avion, qui n'est pas si loin. Les autochtones viennent nous dire au revoir et le chef de la tribu me remet un bâton de parole. C'est sa manière à lui de me témoigner sa reconnaissance pour tout ce que j'ai fait pour sa communauté quand j'étais ici.

J'en suis très touchée parce qu'à mon arrivée en automne dernier, j'étais fascinée par ce bâton de parole justement, car il était légèrement différent des ceux que j'avais vus dans d'autres communautés. Le chef de clan l'avait tout de suite remarqué. Il avait été aussi très amusé par ma curiosité, moi qui posait des questions sur tout et sur rien!

Je m'incline, mes mains posées sur ses avant-bras pour le saluer une dernière fois avant de monter dans le petit avion.

J'en ai la larme à l'œil quand je vois tous ses autochtones nous envoyer la main quand il décolle!

Quand nous atterrissons quatre heures plus tard à Yellowknife, nous devons effectuer un transfert, mais l'autre avion d'une ligne commerciale celui-là, ne part pas avant deux bonnes heures, alors j'en profite pour aller faire un tour dans la civilisation.

C'est fou comme ce sont les petites choses qui vous manquent quand vous êtes dans une région reculée du monde.

Comme le thé chai bien mousseux que me sert la barista du café très populaire de la région ou encore la boîte de beignets que je me prends ensuite dans un restaurant de donuts.

Ah... j'ai très hâte de prendre rendez-vous chez mon esthéticienne pour un petit traitement beauté quand je serai de retour à Gatineau !!!

Comme j'ai enfin du réseau, j'en profite aussi pour passer un coup de fil à ma grand-mère Candide! Elle est très heureuse d'entendre ma voix, car nous nous parlions si peu durant les derniers mois... et toujours par satellite, car le réseau cellulaire de communication était bien souvent déficient!

- Quand est-ce que tu rentres à la maison, ma belle? David se proposait de te donner un «lift» pour rentrer...

David! Ma grand-mère essaie de me mettre en couple avec notre voisin depuis que je suis sortie de l'université il y a deux ans! Elle n'arrête pas de dire que cet avocat est très respecté de la communauté, très charmant, avec un emploi stable et que donc il me ferait un bon mari!

Mais il n'est pas du tout mon type!

David est bien trop arrogant et son attitude très dominante et macho avec les femmes me déplaît! Moi je suis une femme moderne! Je n'ai pas besoin qu'on me tienne la porte ouverte ou qu'on me tire ma chaise!

Mais je ne dis rien, car je sais que ma grand-mère est seulement inquiète que je termine vieille fille et que donc ça part d'un bon sentiment!

- Je serai revenue d'ici trois jours environ. Mais je dois d'abord faire un petit arrêt à Ottawa pour le débriefing.

- Le débriefing? Tu parles comme si tu étais en mission commandée dans l'armée!

- Mais j'étais en mission grand-m'man! lui dis-je avec ferveur. Une mission humanitaire! Ah oui! Tu ne sais pas quoi? J'ai appris à tresser les paniers!!!

Ma grand-mère éclate de rire.

- Toujours aussi avide de tout connaître et tout découvrir, ma belle, hein! Tu me fais tellement penser à ton père... s'attendrit ma grand-mère.

Nous avons une seconde de silence à sa mémoire et à celle de ma mère.

Mes parents sont décédés dans un accident de voiture quand j'étais encore toute petite et c'est ma grand-mère qui m'a élevée.

Je lui en suis très reconnaissante, car je sais qu'elle a beaucoup sacrifié pour moi!

Pour payer mes études et tout et tout!

Ah! Ma grand-mère est une femme tellement extraordinaire!

Chapitre 2 Michael

Du coin de l'œil, je vois ma nouvelle assistante venir vers moi nerveusement avec un document à me faire signer. Ne levant pas les yeux de mon écran, je lui fais signe de le déposer sur mon bureau.

Elle hésite alors en observant les trois piles à équidistance sur le coin de mon beau et grand bureau qui est fait de bois de grange recyclé.

Finalement, elle se décide pour la pile du centre.

La petite femme y dépose le document d'une main tremblante, comme si elle avait peur que je la dévore!

Est-ce que j'ai l'air si mauvais?

Pourtant, le magazine Forbes m'a catalogué comme l'homme le plus séduisant du monde des finances dans toute la Floride et aussi l'homme d'affaires de l'année parce que mon entreprise a fait son premier milliard de dollars à la clôture de l'année financière en janvier dernier et cela, seulement trois ans après sa fondation!

Donc en principe, je ne sais pas... mais cette femme devrait me trouver séduisant au lieu de marcher tout le temps sur des œufs avec moi, comme si j'étais le grand méchant loup!

Après son départ, je délaisse l'écran de mon ordinateur et je prends le document sur le dessus de la pile. Je réalise alors que cette femme l'a mis sur la mauvaise pile!

J'appuie sur le bouton de l'interphone et je lui ordonne de revenir tout de suite. La petite brunette se tient alors nerveusement devant moi:

- Antoinette, ce document concerne la fusion de «D-Pen X» et dans quelle pile vont les documents fusion-acquisition???

Mon assistante cherche dans son esprit, mais n'ose me donner de réponse par crainte de se faire rabrouer encore plus si elle donnait la mauvaise.

Je soupire d'irritation face à ce comportement, qui m'agace profondément! Je lui désigne la pile de droite, avec les dossiers ROUGES ce qui devrait aussi être la couleur de ce dossier également, ceci dit en passant!

Ce n'est pourtant pas compliqué de mettre le bon dossier dans la bonne pile, ce qui me permet ensuite d'être plus efficace et de prioriser les bons dossiers!!!

Ma nouvelle assistante se confond en excuses et me promet que ça n'arrivera plus. Comme il ne me sert à rien d'insister parce que cette femme est bien trop intimidée par ma présence dominante pour écouter quoi que ce soit qui sorte de ma bouche... je lui donne son congé et je lui demande de faire entrer mon prochain rendez-vous!

Un type de taille moyenne aux cheveux bruns et yeux noisette entre dans mon bureau peu de temps après et sans frapper bien sûr.

Les mains dans les poches et portant un simple jean et un tee-shirt avec un blazer à la dernière mode en guise de veste, Kellogg vient vers moi nonchalamment, son petit chien Pixel (un pog) sur ses talons.

Génial! Son chien va encore mettre des poils partout!

- Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu viennes ici avec ce chien!

Kellogg ignore complètement mon reproche et il va s'appuyer sur le coin de mon bureau de ses mains certainement pleines de germes. Il le fait exprès bien sûr... Kellogg ne respecte jamais, mais alors là jamais, mes limites!

- Hey! Darren et Wyatt veulent savoir si tu peux te charger de la bière pour le surprise de Justin demain soir... parce que tu es le seul qui aime la bière de microbrasserie tout comme lui alors on s'est tous dit que tu pourrais t'en charger!

Je fais pivoter ma chaise en sa direction tout en lui répondant:

- Ouais! Sans problème. Retire tes mains de mon bureau... et dis à ton chien de descendre de mon divan!

Kellogg retire ses mains du dessus de mon impeccable bureau et il essuie l'endroit où il s'était appuyé du bout de son coude avec sa veste tout en ordonnant à son chien de venir vers lui.

Le gentil toutou saute rapidement au bas du divan et va vers son maître, branlant la queue. Kellogg le prend dans ses bras avant de se laisser choir dans une des chaises rembourrées hors de prix qui se trouve face à mon bureau et réservé à mes riches clients. J'essaie de ne pas péter un câble quand son chien menace de mettre plein de bave sur un des accoudoirs.

Je me concentre plutôt sur l'objet de sa visite:

- Où en es-tu avec le nouvel algorithme prédictif de l'appli mobile que je t'ai commandé pour mes traders en janvier dernier?

Kellogg me répond dans son langage d'informaticien que je tente de décrypter qu'il a encore quelques problèmes de développement et qu'il voudrait que ça soit plus intuitif, mais qu'une fois que ce problème ainsi que quelques autres bogues seront réglés, mes traders devraient bander littéralement sur le produit final!

- La vie sexuelle de mes employés ne me regarde pas. Tout ce que je veux, c'est augmenter la productivité...

Kellogg lève les yeux au ciel.

- C'était juste une manière de parler...

- Oui eh bien, nous sommes sur mon lieu de travail ici, alors je te prierais de surveiller ton langage!

- Justement bro! Moi j'crois que tu aurais besoin de travailler un peu moins et d'apprendre à te détendre un peu plus!

Je lui réponds que si lui et ses développeurs respectaient plus souvent la date butoir que je leur fixe dans nos contrats, peut-être que je travaillerais moi aussi un peu moins et que j'aurais plus de temps pour m'amuser tout comme lui!

Kellogg grimace fortement et me refait sa tirade habituelle, comme quoi c'est toujours comme ça avec moi et les autres! (les autres étant nos supers copains Justin, Darren, et Wyatt...) Nous lui demandons toujours de faire sa magie à titre de programmeur, et d'ingénieur... mais dans des délais qui ne sont pas du tout raisonnables... et qu'ensuite, nous lui mettons la pression! Mais lui, il est un être humain! Pas une machine!

Je n'entre pas dans son jeu et je suis très ferme avec lui parce que Kellogg a toujours besoin qu'on mette des limites à sa personnalité loufoque. C'est un génie, voyez-vous et les génies sont parfois très excentriques!

- Juste pour qu'on soit clair... dis-je alors avec fermenté, je me dois de te rappeler que j'ai mis une pénalité dans le contrat si jamais par malheur, il y avait ENCORE des délais, comme la dernière fois... Donc...

Kellogg a un rictus qui me montre bien qu'il a compris. Comme il n'aime pas ce sujet, il en change pour revenir au surprise party en l'honneur de Justin:

- Tu ne trouves pas ça étrange toi, que lui et sa ''chick'', ils arrivent par bateau... Je sais pas, mais moi, je trouve que c'est un peu... enfin...

Je lève un sourcil interrogateur. Un peu quoi?

- ... suspect! finit par énoncer Kellogg.

Je hausse les épaules:

- Il n'y a rien comme le grand large pour se refaire une santé... et puis, tu sais comme Justin est passionné de navigation. C'est ce voilier en plus qui a battu le dernier record de la traversée de l'Atlantique et il n'était même pas là pour le voir! Alors à sa place, moi aussi, aussitôt que j'en aurais pris la chance, je serais monté dans le premier avion pour l'Amérique du Sud pour aller voir cette beauté d'un peu plus près et la chevaucher!

- Ne me dis pas qu'tu compares de voilier à une de tes motos!

Le regard que je lui jette est suffisamment éloquent pour qu'il comprenne.

- Pitié! Dis-moi que tu ne l'as pas encore sortie pour partir en vadrouille toute la nuit comme tu l'as fait l'autre jour!

Je lui réponds que ce que je fais de mon temps libre ne le regarde pas. Kellogg me serine alors les oreilles, me faisant son sempiternel discours:

- Bro! Je sens de mon devoir de te rappeler que le risque de mortalité est plus élevé pour les motocyclistes sur la route! Surtout ceux qui se baladent la nuit, dans notre bel État de la Floride, où les averses sont fréquentes, ce qui mouille la chaussée et la rend plus propice aux accidents MORTELS.

Kellogg a une peur panique des accidents routiers depuis la mort de son grand-père dans un accident de la route... Je lui réponds sans grande émotion que vaut mieux mourir en faisant ce qui me passionne que sur un lit d'hôpital, d'une bactérie résistante aux médocs parce que je me serais enfoui le nez une nouvelle fois dans le pelage de ce maudit sac à puces comme il le fait si souvent avec son clébard...

Kellogg ouvre la bouche pour répliquer, mais mon assistante personnelle frappe à la porte discrètement, interrompant ce débat ridicule.

Après que je lui aie permis, elle entre, une tasse de café à la main et pile-poil à l'heure! Enfin! Cela fait trois bons jours que j'essaie de lui faire comprendre qu'elle doit me servir un café à intervalle de trois heures très précisément tous les jours! Ce qui est le moment où le café cesse toujours de faire effet sur moi à cause de ma forte constitution... Et comme je souffre d'insomnie depuis un certain temps, ce café bien fort et bien tassé m'est vital pour performer!

Kellogg la regarde avec amusement s'approcher craintivement de moi, tout en flattant son chien. Quand elle dépose la tasse sur la droite de mon portable, dans le bon angle... sa petite main tremble un peu et je commence à avoir des doutes.

En effet, je commence à réaliser que cette assistante a en général la tremblote quand elle a fait une erreur...

Je n'ai pas si tôt porté la tasse à mes lèvres que je réalise quelle erreur cette petite idiote a encore commise, recrachant le café dans la tasse!

Je dépose alors la tasse avec humeur:

- D'où il vient ce café?

Elle bafouille devant moi:

- Pardon monsieur?

- Certainement pas de ma réserve personnelle, avec les grains fraîchement moulus, dans le bodum, et filtré trois fois pour en retirer toute impureté!

Non! Ça, c'est du café de percolateur!

Celui de la salle du personnel sans doute...

Et pour moi, c'est la goutte qui fait déborder le vase!

Fuck... Je vais devoir me brosser les dents à cause de cette idiote!

Mais je me retiens de le faire devant Kellogg, parce que ce p'tit merdeux serait fichu de se moquer de moi et de ma phobie des germes comme il le fait si souvent.

Et justement, il prend déjà la défense de mon assistante:

- Bon, bon, bon! Môsieur préfère les grains en provenance du mont Java en Colombie? Ou alors c'est que sa Majesté refuse de boire le café de la salle du petit personnel?

Je le dévisage avec humeur:

- Quelle que soit ma raison, ça n'a pas d'importance. Si je voulais un café percolateur, je l'aurais demandé. ( Je me tourne en direction de la petite assistante) J'avais donné des instructions très précises, Antoinette, et vous ne les avez pas respectées. Je vous avais dit qu'après une semaine, si vous ne faisiez pas l'affaire, vous seriez virée...et aujourd'hui, vous ne commettez que des erreurs depuis le début de la matinée! Alors vous pouvez partir! Je n'ai plus besoin de vos services!

Avant qu'elle pleurniche et me dise que je dois lui donner deux semaines d'avis... je me presse d'ajouter que bien sûr elle aura ses deux semaines payées! La petite brunette quitte alors mon bureau en larmes et visiblement très émue.

Kellogg flatte son chien tout en me regardant avec éloquence. Il désapprouve visiblement ma manière de gérer le petit personnel...

- Puis-je te faire remarquer que c'est la septième assistante que tu renvoie depuis novembre dernier ?

Je me tourne de nouveau vers mon portable dont je relève l'écran pour me remettre au travail:

- Ta remarque est dûment notée.

Face à mon comportement, Kellogg s'impatiente:

- Fuck man! Personne ne fera jamais l'affaire parce que tu es trop exigeant avec tes assistants! Tu es malade Michael! Tu sais que ça se soigne, tes TOC! Je suis persuadé que si tu demandais à Lockwood, il te recommanderait l'un de ses excellents confrères de travail...

Il l'a fait!

J'y crois pas!

Il a vraiment fait allusion à un psychiatre devant moi!!!

Je lève les yeux sur lui et si un regard pouvait tuer, il serait déjà mort!

Intimidé par mon regard très dominant, Kellogg rentre dans son siège, lui qui a une nature très soumise.

- Oui bon... bafouille-t-il. Moi je disais ça pour toi... mais si tu es heureux avec tes TOCS... C'est ta vie, man! Tu fais ce que tu veux... et puis quand tu auras fait le tour de toutes les candidates possibles à cette agence de placement... il y en a pleins d'autres... tiens je connais une agence de placement de travailleurs étrangers... les immigrants, ils sont toujours plus motivés que les autres! Si tu veux, je peux t'envoyer ses coordonnées!

Je le dévisage alors avec éloquence:

- Pour qu'on dise encore dans les médias que j'ai une sorte de fétiche pour les femmes racisées? Non merci, très peu pour moi!

Kellogg me dévisage avec étonnement.

- Me dis pas que tu as choisi cette assistante parce qu'elle était blanche!? Parce que, bro, laisse-moi te dire qu'à ta place je préférerais nettement qu'on dise de moi que j'ai un fétiche bizarre pour les femmes noires que de me faire traiter de blanc ultra raciste!

Ouais... bon... il marque un point, je dois l'admettre...

Mais bon sang! Je suis piégé que je fasse n'importe quoi.

La tournure de cette conversation m'agace de plus en plus.

Et puis, j'ai ce goût amer dans la bouche...

J'ai l'impression d'avoir la bouche pleine de bactéries depuis que j'ai bu dans cette tasse un café dont la provenance était douteuse... et je me sens de plus en plus inconfortable.

Je regarde du coin de l'œil la salle de bain attenante à mon bureau quand je demande en maugréant à Kellogg s'il n'a rien de mieux à faire que de venir me parasiter. Parce que moi, j'ai du travail n'est-ce pas!

Et je n'ai pas tout comme lui toute une équipe de programmeurs pour le faire à ma place, mon travail!!!

Kellogg dépose son chien sur le beau tapis de mon bureau tout en se plaignant pour la forme de mon manque d'hospitalité.

- Si tu venais me voir chez moi, je te réservais un traitement royal. Mais tu viens toujours sur le lieu de mon travail...

Et je me fais un point d'honneur à séparer le boulot de la vie personnelle.

- Tu sais, tu devrais être moins rigide, Michael! Les règles parfois, c'est fait pour être transgressé!

Je le dévisage avec éloquence et Kellogg se frappe alors le front de manière démonstratif.

Mais qu'est-ce qu'il dit là!

Demander à un ancien flic de la brigade des stups d'enfreindre les règles!

Ah! Mais je suis une cause perdue! décrète mon bon ami avant de se diriger vers la sortie nonchalamment.

- N'oublie pas la bière de microbrasserie pour le surprise! me hurle-t-il une dernière fois avant d'en franchir le seuil et son petit chien jappe comme pour appuyer ses dires.

Aussitôt que la porte se referme, je me précipite dans la salle de bain pour jeter le contenu de cette tasse de café dans la toilette. Je la jette ensuite dans une poubelle elle aussi... et je me brosse les dents frénétiquement.

Quand je reviens dans mon bureau, j'ordonne aussi à une de nos secrétaires de faire venir le service d'entretien ce soir après mon départ pour désinfecter mon bureau.

Ce chien a sûrement mis de la bave et des germes partout! Sans oublier ces foutus poils dont il a couvert le divan de mon petit coin détente qui fait tout sauf me détendre maintenant!

Chapitre 3 Daisy

De Yellowknife à Ottawa, nous voyageons en classe économique pour économiser de l'argent, mais monsieur Wilson a réussi à nous avoir des places côte à côte pour que notre groupe ne soit pas séparé. Le film qu'on nous met durant le vol est très mauvais! Alors je me tourne un peu les pouces. Je décide de prendre mon portable et de bosser un peu sur ma thèse de doctorat.

Je travaille sur cette thèse depuis des années sans jamais la terminer... En fouillant dans l'étui de mon ordinateur, je réalise que je n'ai toujours pas rendu sa tablette à mon patron, qui me l'avait prêtée pour que je puisse y lire la dernière thèse du professeur Jefferson de la chaire d'étude anthropologique de San Antonio... et dont il avait copie dans sa librairie virtuelle, l'hiver dernier.

Monsieur Wilson a une imposante collection virtuelle de livres très érudits sur la culture amérindienne, et aussi des traités de sociologie et d'anthropologie, qu'il met souvent à notre disposition.

Je me tourne en sa direction et je pose ma main sur son bras pour attirer son attention comme il écoutait le film...

- Hmmm? me dit-il retirant ses écouteurs.

Je lui désigne la tablette et il la prend de mes mains. Justement! Il se cherchait quelque chose de mieux à faire! Il va dans sa librairie et il remarque alors que j'avais commencé à lire les travaux de recherches d'un autre éminent professeur, sociologue celui-là... Il me demande avec ferveur comment j'en ai trouvé la lecture.

- Oh je n'en ai pas encore terminé la lecture, mais je trouve tout particulièrement fascinante son étude sur le climat organisationnel versus la résistance au changement en entreprise dans un contexte inclusif de la diversité culturelle... c'est assez fascinant de voir que de grandes entreprises se penchent maintenant plus sérieusement sur cette question...

Monsieur Wilson et moi échangeons sur le sujet durant un p'tit moment et finalement, il me rend sa tablette numérique:

- Vous savez quoi! Gardez-là et terminez votre lecture!

Je commence par refuser, lui disant que je pourrais toujours me procurer le document de recherche en question et le lire sur mon smartphone.

- Vous allez vous abîmer les yeux sur votre cellulaire! D'ailleurs, il faut un abonnement au «Science Digest» pour lire cette étude... Et puis tiens! Gardez-là, cette tablette! Je vous en fais cadeau! Je comptais justement m'en acheter une nouvelle...

Je me sens très embarrassée. Monsieur Wilson me fait encore la charité et j'ai horreur que les gens me fassent la charité. Mais il insiste pour dire qu'il sait que je prends souvent sur mon budget personnel pour offrir des petits cadeaux ou venir en aides aux autochtones des réserves que nous visitons pour parer les déficiences du programme, et donc il juge que je l'ai mérité cette tablette.

- Considérez-là comme un bonus!

J'accepte finalement comme il insiste, tout en me disant que je vais le rembourser quand j'aurai ma prochaine paye.

Nous atterrissons à Ottawa vers minuit, après des heures de vol et comme toujours, monsieur Wilson et sa femme sont assez généreux pour m'héberger puisque contrairement aux autres membres de notre groupe, je ne suis pas de la région d'Ottawa. Dans le taxi qui nous conduit à sa résidence, j'ai la désagréable impression que nous sommes suivis.

La femme de mon patron est dans la cinquantaine tout comme lui et elle est immédiatement très accueillante quand le taxi nous dépose devant leur résidence cossue. Son mari lui avait tant manqué qu'elle est restée éveillée pour nous ouvrir la porte.

Après plus de trente ans de mariage, ils sont encore très passionnés et la flamme est toujours allumée! Ils me font penser à mes parents, qui eux aussi s'aimaient profondément quand j'étais jeune!

Madame Wilson me pousse même quasiment dans la chambre d'invité pour se débarrasser de moi avant d'entraîner son petit mari dans leur propre chambre du premier pour des galipettes!

Ah! Ah! Pour un homme dans la cinquantaine, il assure, à en juger des cris de plaisirs de sa femme!

Je me sers de mon oreiller pour me boucher les oreilles. Mais je ne suis pas pudique, vous savez! À titre de travailleuse sociale et de sociologue... j'en ai vu de toutes les couleurs déjà!

Le lendemain matin, madame Wilson a un sourire rêveur sur le visage quand elle nous serre à déjeuner. Nous devons faire un tour dans les locaux de notre programme, aux bureaux du gouvernement, donc nous partons tout de suite après avoir enfilé des vêtements un peu plus formels.

Monsieur Wilson a rendez-vous avec son contact au gouvernement, un individu du nom de Garfield, alors il me demande si je serais assez aimable pour soumettre notre rapport de mission et notre rapport comptable à sa place. Il promet aussi de me tenir informée au sujet de ces malversations dans le budget que nous soupçonnons.

Je fais du travail de bureau et je remplis de la paperasse toute la matinée et quand mon patron revient de ce rendez-vous avec l'informateur, il me fait tout de suite venir dans son bureau, en fermant la porte derrière nous avec gravité.

- C'est bien plus sérieux que je pensais, Daisy! Ils détournent des millions de fonds public... au ministère des Affaires autochtones! Le cerveau de cette opération serait un certain Abernaty, un sous-ministre!

Monsieur Wilson me montre une clé USB que son informateur lui a remise. Et quand il la met dans son ordinateur pour en examiner le contenu, nous découvrons des documents officiels et aussi des livres de compte d'une société fictive...

- Ils utilisent une double comptabilité!

Monsieur Wilson tape du poing avec colère! Nous aurions pu faire tellement de bien avec tout cet argent! Je remarque une signature au bas d'un des documents qui est celle d'un autre officiel du gouvernement... et, oh mon dieu! Je réalise que cette corruption semble s'étendre à d'autres organismes!

Monsieur Wilson s'empresse de transférer tous les fichiers sur son nuage de données personnel et me demande même de me tourner quand il entre son mot de passe pour ne pas que je puisse le voir.

Nous quittons les locaux gouvernementaux par la suite, craignant que l'une de ces personnes corrompues surprenne notre conversation. Nous n'en discutons que lorsque nous sommes de retour chez lui. Monsieur Wilson désire faire une plainte à la police dès le lendemain et il me demande si je pourrais l'accompagner. Alors je lui dis que oui, bien entendu! Mais ces gens sont tout de même puissants non? Je veux dire, nous ne ferions pas mieux de contacter un avocat et de prendre certaines précautions. Cependant, quand je lui fais part de mon inquiétude, monsieur Wilson en rit. Nous ne sommes pas dans un film quand même! Et il s'agit d'un crime financier impliquant des bureaucrates! Que pourrait-il nous arriver très franchement!

Je suis tout de même très nerveuse tout le reste de la journée, et je le suis encore davantage après le souper que nous sert sa femme ce soir-là... parce que madame Wilson est aussi très inquiète des conséquences de ce signalement à la police... pour notre sécurité, mais aussi et surtout pour la carrière de son mari. Et puis, cela met en péril tout le programme d'aide aux autochtones!

Je n'y avais pas songé jusqu'ici et donc je me tourne et me retourne dans mon lit en pensant maintenant à toutes ces personnes qui seraient pénalisées si le programme prenait fin! Tout à coup j'entends un grand bruit de verre brisé au premier, qui est vite suivi des cris stridents de madame Wilson.

Je sors de ma chambre en pyjamas et je suis sur le point de monter au premier pour voir ce qui se passe quand j'entends des pas dans l'escalier.

- S'il vous plaît! ne lui faites rien! C'est après moi que vous en avez, Ethan! Ma femme est innocente...

Ethan?

Je recule dans ma chambre et j'en referme la porte juste à temps pour voir le bénévole en question surgir dans le couloir, face au hall d'entrée en tirant la femme de monsieur Wilson par les cheveux. Monsieur Wilson continue de le supplier de ne rien lui faire... Ethan pointe alors le canon d'une arme sur la tête de la vieille dame.

Je recule dans la pénombre, portant la main à ma bouche et tremblant comme une feuille. Je me sens paralysée de peur.

- Est-ce qu'il y a d'autres copies?

- NON! Il n'y avait que cette clé USB! Pitié! Laissez ma femme! Je vous en prie! Je ferai tout ce que vous désirez!

- En avez-vous parlé à quelqu'un d'autre?

- Non! Non! Je vous jure! S'il vous plaît... je ne dirai rien c'est promis! le supplie alors Ethan.

Le regard froid et indifférent, l'assassin tire alors un coup de feu qui éclate la cervelle de la femme avec qui mon patron était marié depuis le début de ses études supérieures! Une femme qui était son amour de jeunesse!

Il l'a tué! Il l'a fait!

Ethan a tué la gentille madame Wilson! Les genoux de monsieur Wilson fléchissent devant son corps inerte.

Ethan pointe alors son arme en direction de monsieur Wilson et il tire plusieurs coups de feu sur lui. Je ne peux m'empêcher de pousser alors un petit cri de souris que le meurtrier entend parfaitement.

Son regard va vers la porte de ma chambre qui est entrouverte, et il réalise alors qu'il y avait une autre personne dans la maison... malgré que monsieur Wilson se plaigne si souvent devant nos bénévoles que sa femme n'a jamais pu avoir d'enfant et qu'il se désole de sa grande maison vide...

Je parie qu'Ethan ne pensait aucunement que mon patron aurait la générosité de m'héberger durant mon séjour ici.

Je prends conscience alors que je pourrais bien être la prochaine si je ne fais rien!

Je tourne les talons et je me précipite vers la porte patio pour l'ouvrir. Elle éclate alors sous mes yeux en mille miettes quand un coup de fusil est tiré!

Je me précipite hors de la maison dans cette cour arrière que je traverse, longeant leur piscine hors terre comme si j'avais la mort à mes trousses.

Je suis de petite taille et les balles sifflent de partout dont une qui me frôle l'oreille, l'égratignant. Franchement, je ne sais pas d'où me vient cette force invisible qui me permet d'escalader la palissade de bois séparant la maison de mon patron de celle du voisin en si peu de temps, moi qui suis une Lilliputienne!

Je tombe nez à nez avec un énorme chien qui me barre la route. Quand mon assaillaient cherche lui aussi à grimper la clôture, il en est vite découragé par cet énorme chien qui jappe si fort que toutes les fenêtres de la maison de son maître s'illuminent.

Je me mets donc à hurler de concert avec le chien:

- Au meurtre!!! À l'aide!!!!! Au secourrssss!

J'entends mon assaillant qui recule derrière la clôture et se sauve en vitesses, des bruits de voiture démarrant en trombe le confirmant. Le propriétaire du chien surgit sur la terrasse de sa demeure, et se précipite vers moi:

- Au pied Brutus! Madame! Est-ce que ça va?

Mes jambes deviennent alors toutes molles parce que nonnnn! Ça ne va pas du tout!!!

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