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Yuri

Yuri

Auteur:: UsagiChan77
Genre: Fantaisie
Il y a 250 ans, j'ai perdu tout ce qui était pour moi. Le seul amour qui me permettait d'accepter ma condition et qui ne me jugeait à aucun moment. Les morts que je laissais sur mon passage ne lui faisait pas peur, car elle savait à quel point j'avais besoin de cela pour me maintenir en vie. Mais voilà, la vie des humains n'est qu'éphémères, et je l'ai perdue sans que je ne puisse la rendre vraiment mienne. Aujourd'hui, alors que la vie moderne est tout autour de moi, je me maintiens à ses poches de sang que mon meilleur ami m'amène. Mais ma vie devient de plus en plus morose. Je suis devenu directeur dans une université, où coule pourtant du sang plus que frais. Mais un des leurs m'attire encore plus et je ne peux contenir mon état à son parfum. Un de ceux qui vous rendrait fou et ferait de vous, le plus junkie de la terre. J'ai l'impression que cette drogue s'intensifie de plus en plus, alors que cette jeune femme aux cheveux blancs me tient de plus en plus tête. Qui est-elle pour me rendre à ce point fou ? Elle ressemble à mon amour perdu... mais son sang est d'un fruité qui me fera devenir le monstre que je me retiens de faire revenir. Cette jeune femme aura-t-elle raison de mon abstinence ? Une seule chose est certaine, je ne peux me tenir loin d'elle et je ferai tout pour qu'elle soit mienne.

Chapitre 1 Ma douce Olga

KOKROV-RUSSIE Année 1775

Le mépris, la bassesse, l'arrogance, la famine et toujours autant de gens de ce peuple meurtri de cette guerre qui n'en fini pas... Je regarde ces gens de ma fenêtre, les voyant telles des fourmis impures, venant mettre le feu au-devant de ma demeure sur le haut de la colline. Si elle n'était pas là... si je n'avais pas décidé de leur laisser un soupçon de chance... je les tuerais tous sans aucune pitié. Ils semblent tous avoir oublié qu'il y a trente ans, j'ai offert ma vie pour notre patrie... j'ai donné mon âme à ce diable de Vlad pour sauver un peuple à l'agonie... et aujourd'hui, qui se retourne contre moi. Les années avancent, mais les gens ne changent jamais. Comme le dirait ma douce Olga, il y aura toujours des guerres et des tueries dans le monde... mais c'est à nous de savoir où nous nous situons. Moi, je me situe au-dessus de toute cette civilisation mais elle...

Me détournant de la fenêtre, je regarde les murs de ma chambre où se trouve les peintures que j'ai faites d'elle. Sa peau si blanche, limite pâle et ses cheveux de même ton qui lui descendent le long de ses reins, alors qu'elle tient son buste fièrement, offrant ses seins à mes yeux de monstre. Je soupire, regardant toutes ces peintures qui me rappellent à quel point le temps avance... et le fait que ces jours ne seront bientôt plus... Ma douce et tendre Olga n'est plus à la fleur de l'âge aujourd'hui, et je peux entendre son souffle s'effriter de plus en plus. Je déglutis nerveusement, alors que je l'entends tousser grassement une fois de plus, et je sors de ma chambre pour rejoindre ma chère Olga.

- Yuri, j'aimerais aller dans le jardin.

- Tu n'y penses pas, maugréé-je, ils sont toujours aux portes de la demeure. Et de plus, tu sembles être plus mal qu'hier.

Je m'assois sur le lit où je prends ses doigts déjà plus que crépis par le temps, et pourtant si beaux à mon regard.

- Yuri, tu sais que mon temps est v-

- Pourquoi ne m'as-tu pas laissé te mordre ? râlé-je en regardant cette main tremblante, pourquoi as-tu accepté cette vie ? Si tu ne comptais pas rester avec moi...

- Yuri, je suis restée à tes côtés parce que je t'aimais toi.

- Alors, tu ne peux pas me laisser ?! m'emporté-je en me retrouvant en un instant auprès de la fenêtre où je regarde les bois et le lac qu'elle voit de sa chambre.

Je suis surtout en train de contenir le monstre en moi...

- Tu devrais penser à tous ces gens que je détruirai après ta mort, grogné-je en les entendant jurer ma mort.

- Alors, je ferais mieux de mourir à cet instant.

Je me retourne vers ma douce Olga dont le regard, même avec le voile de la vieillesse flamboie toujours quand elle le porte sur moi. Je reviens à elle, me baissant et embrassant sa main, l'implorant de ne plus parler ainsi. Elle qui n'a plus que quelques instants à vivre, ne devrait pas supporter ma colère de la perdre maintenant. Je vais avoir le reste de mon éternité pour assouvir ma colère et mon chagrin. Sans un mot, je lui enfile sa longue robe noire avec la dentelle qu'elle aime porter par-dessus tout, et son magnifique collier serti d'une pierre rouge au milieu qui représente pour elle, la couleur de mes yeux. Une de celles que je ne veux pourtant pas lui montrer... mais ma condition est que celle-ci ressort plus souvent que la pureté de mes yeux bleu comme les siens. Avec un poids énorme sur la poitrine, je la prends dans mes bras pour sortir de sa chambre et descendre les escaliers en colimaçon de notre énorme demeure. Celle-ci est de style baroque et entièrement décoré à sa façon. Bien que le tableau qui orne la grande salle ne sera bientôt plus là, car je n'ai jamais aimé l'idée de me retrouver sur un tableau... et me souvenir que je serai éternellement le même. Les bras d'Olga autour de mon cou me semblent sans une once de vie, et j'avance dans le sentier qui nous amène au centre du parc, où elle aime se poser et regarder les oiseaux voler autour d'elle. Un endroit où elle sent si libre... comme elle ne l'a jamais été.

- Yuri, tu te souviens de notre rencontre ? demande-t-elle alors que je coupe de mon ongle une rose rouge pour lui apporter.

- Comment pourrais-je oublier la vue d'une sirène, affirmé-je en souriant tout en m'asseyant à ses côtés, tu étais aussi magnifique qu'aujourd'hui. Les goutes d'eau sur ta peau te faisait briller telle une déesse venue rien que pour moi.

- Mon cher, dis plutôt que dans ton regard du haut de tes dix ans, la vue de n'importe quelle femme nue t'aurait fait une telle sensation.

J'esquisse un sourire tout en attirant ma chère Olga contre moi, et je caresse sa main en regrettant de ne pas avoir pu en découvrir davantage. Car bien que nous vivions ensemble depuis ce jour, et qu'elle soit mon unique amour, ma condition quelques années plus tard ne m'a pas permis de la conquérir entièrement. Nous n'avons eu qu'une nuit d'amour... une de celles où deux corps et cœurs amoureux se sont donnés autant de plaisir, que de larmes. Cette nuit était ma dernière nuit d'hommes... la dernière nuit avant que je ne devienne un monstre.

- Ma chère Olga, je regrette que nous n'ayons pas eu la vie que tu méritais.

- Tu m'as offert une merveilleuse vie, souffle-t-elle.

- Mais tu as tant souffert par ma faute, rétorqué-je peiné, avant et après...

- Je n'étais qu'une femme bafouée par le peuple à cause de la couleur de mes cheveux et de ma peau. Et même si j'ai dû souffrir de la froideur de ton père, tu m'as libérée de tout cela dès que tu es devenu adulte.

- Mais tu as continué à souffrir à mes côtés. Je-

- Yuri, nous ne pouvions pas faire autrement, me coupe-t-elle, et te voir te délecter de cela était aussi aphrodisiaque que si c'était-

Olga attrape une affreuse quinte de toux et la panique m'engloutit en entendant que son cœur bat de moins en moins vite.

- Olga, paniqué-je en la serrant contre moi et portant mes lèvres à son front.

- Le temps est venu pour moi de te laisser. Mais n'oublie jamais que tu n'es pas le monstre que ce monde prétend. Un jour... peut-être dans un avenir proche, tu seras celui que je vois dans ce regard. Un homme qui a échangé sa vie pour un peuple à l'agonie... un homme qui, malgré tout, n'a pas laissé noircir son coeur. Tu dois vivre Yuri... Tu dois apprendre à aimer ce monde sans moi à tes côtés.

- Je ne le peux pas...

Mais je n'ai jamais eu une remontrance à mon entêtement. Car dans mes bras, ma douce Olga venait de s'éteindre et de me laisser seul avec la folie de ma détresse et de ma colère. Les villageois au bord de la demeure furent les premiers à subir ma souffrance, je n'ai pas fait de distinctions... hommes, femmes, enfants... C'était pour eux que j'étais devenu un monstre trente ans plus tôt ! Et c'est ma douce Olga qui en a supporté le poids durant toutes ces années, et cela sans jamais se plaindre. La colère m'embrouillait totalement l'esprit de savoir que nous avions donnés notre amour à ce peuple, ce pays, ces gens qui nous jugeaient et souhaitaient notre mort chaque jour. Mais maintenant, elle n'est plus là... Olga ne peut plus m'empêcher de devenir un monstre sanguinaire et de venger toute ses années...

Je suis un des fils du démon Vladislav de Transylvanie et je n'ai pas subi cette transformation pour devenir le jouet de ce peuple qui me méprise.

Les mois ont passés sans que je ne le réalise, me délectant du sang de ces humains insignifiants qu'elle aimait tant. Les désirs charnels que nous n'assouvions pas à cause de ma condition, sont devenus mon quotidien, et cela se termine bien entendu, toujours dans l'agonie et le sang. Mais je commence à me lasser au bout d'une cinquantaine d'années et je n'ai plus vraiment le gout de ce sang frais qui jonchent les plaines.

- « Tu ne penses pas qu'il est temps de te calmer. »

Je me relève de mon siège au milieu de ma chambre, la cherchant du regard dans la pièce. Elle se tient là devant moi, dans son éternelle longue robe noire de dentelle, sa longue chevelure blanche vole faiblement autour d'elle me prouvant que cela est bien un rêve. Mais mon cœur de pierre ne peut qu'être totalement à ses pieds, implorant ses grands yeux bleus de ne pas me blâmer. J'ai toujours été ce monstre qu'elle voit depuis sa mort...

- « Mon cher Yuri, il est temps que tu penses à vivre et non à enlever la vie des gens qui ne demandent qu'à te connaitre. »

- Sans toi, la vie n'a pas d'intérêt !

- « Si tu ne le fais pas, cela voudra dire que j'ai engendré un monstre. Je suis tout autant responsable des cadavres que tu accumules. »

Une torpeur s'impose à moi en me rendant compte qu'elle se flagelle de toutes les horreurs que je commets. Jamais, non jamais je ne l'aurais laissé penser une telle chose d'elle. Nous avons tué ensemble... mais seulement des salopards qui le méritaient...

- « Yuri, tu dois me laisser reposer en paix. Tout comme tu dois trouver la paix intérieure. Le monde est vaste, les gens changent et tu peux y trouver ta place. Je serai toujours à tes côtés... »

- Olga...

Mais le mirage s'en est allé en un instant, me laissant à nouveau seul avec ma souffrance. Un hurlement de douleur sort de ma gorge et je m'effondre sur le sol de notre demeure, priant que la raison me revienne.

Les guerres ont repris quelques années plus tard et j'ai dû faire un choix comme cette nuit en 1745 ; et en souvenir de ma douce Olga, j'ai choisi d'aider le peuple et non plus de le punir pour les erreurs du passé.

Je me suis consacré à chaque citoyen de Kovrov et à son avenir. J'ai aidé à la création de la ligne ferroviaire, et suis devenu un nom dans tout le pays. Mais plus un de ceux qu'on craint, mais plutôt comme un sauveur. Tout ce qu'elle voulait de moi. Mais je ne pouvais pas cacher le fait que je ne vieillissais pas, donc j'ai dû quitter la Russie un long moment pour un humain... mais des plus courts pour moi. J'ai voyagé, appris des langages inconnus et aujourd'hui en l'an 2025 ; je suis devenu le plus jeune directeur de l'université de Kovrov. Une nouvelle vie s'offre à moi alors que le pays semble à nouveau se préparer à une guerre... mais en ce qui me concerne, je me prépare à rencontrer ma perte...

Chapitre 2 Natasha

Samara An 2024, novembre

Je descends prendre un verre d'eau au milieu de la nuit, alors que tout le monde dort dans la maisonnée. Demain, je m'en vais enfin de cette foutue maison d'accueil où je n'aurai plus à supporter Greta et ses remontrances. J'ai eu les papiers d'inscriptions pour l'université de Moscou, où je compte bien prendre enfin mon envol loin de cette foutue vie de misère. Mes parents sont décédés quand j'avais dix ans lors d'un accident de voiture, et j'ai passé mon temps à me faire balader de maison d'accueil à une autre. J'aurais pu partir de chez Greta depuis longtemps, mais mis à part le fait qu'elle soit un vrai esquimau envers nous, il se trouve que cela reste le seul endroit où l'on ne se moque pas de la couleur de mes cheveux. Ils ne sont pourtant pas différents des leurs, si on pense qu'ils sont juste vraiment blancs, comme le teint pâle de ma peau qui fait ressortir mes grands yeux bleus. Je porte le verre à mes lèvres en regardant mon reflet dans la fenêtre, où l'on aperçoit les gros flocons qui tombent et blanchissent à nouveau le chemin du jardin. J'aime ce moment où les flocons sont encore des plus innocents, quelque chose que je ne suis plus depuis longtemps et mon corps tressaille, tout comme l'eau ingurgité me brûle intensément l'estomac en voyant le regard d'Orek se tenir dernière moi. Son regard sournois qui brille dans la fenêtre me fait comprendre que je vais passer un mauvais moment. Après tout, je l'ai évité durant plusieurs années, et je sais que c'est sa dernière occasion de me faire subir ce qu'il faisait à Tatiana jusqu'à son départ. Je pensais simplement que cela ne m'arriverait pas la dernière nuit dans cette maison... et pourtant sa main rugueuse glisse déjà le long de mes jambes et cela sans un mot... Mon corps entier semble vouloir se mettre sur la défensive, mais cela ne semble pas l'ébranler un seul instant alors qu'il glisse maintenant sa main dans ma culotte.

- Dernière nuit, fait-il de sa voix écœurante dans le creux de mon oreille, il est hors de question qu'un autre homme prenne ta virginité.

- Qui vous dit que je le suis encore, lâché-je d'une voix que je me veux certaine.

Mais j'en oublie la force de cet enfoiré, et le verre m'échappe des mains pour se briser sur le meuble devant moi, où je me retrouve le visage écrasé en un instant.

- J'aurais dû te prendre bien avant ! grogne-t-il alors que le son du coton de ma culotte qui se déchire résonne dans la cuisine.

Je mords mes lèvres, attendant le moment où il enfoncera de force son sexe dégoutant dans mon intimité, pensant me faire du mal comme il aimerait le faire. Mais ce n'est pas le premier qui me fera subir une telle chose, je suis malheureusement habituée à ce genre de traitement depuis mon entrée au lycée. Je pousse un cri étranglé à l'entrée de celui-ci en moi alors qu'il attrape mes cheveux dans ses grandes mains pour les tirer en arrière. Je ne dis plus un mot, me souvenant une fois de plus de la première fois que cela m'est arrivée. Au début, les garçons se moquaient simplement de moi à cause de mes cheveux et un jour en me retrouvant seule dans le vestiaire, où une fois de plus mes affaires avaient disparues... ils sont venus. Oui, je dis bien « ils »... Les gars les plus populaires du lycée qui avaient tout pour eux, tout comme n'importe quelle fille, me sont passé dessus chacun à leur tour... cela a dure des heures, où bien entendu personne n'est venu à ma rescousse. J'ai été humiliée, bafouée et violée encore et encore, sans pouvoir penser un seul instant à me débattre. Car tout comme Orek à cet instant, je n'ai de toute façon pas la force de l'arrêter et je me contente de subir chaque plaquage plus intense contre le bois de la cuisine, chaque claque sur mes fesses blanches, attendant que cela cesse. Ce n'est qu'une nuit... une unique fois où ce gros porc pourra me toucher et exploser son dégoutant désir sur moi. Demain, je serai partie... je serai loin de tout ce qui a fait de ma vie une horreur. Mais voilà tout ne se passe toujours comme on le pense, et alors que je sens ma poitrine me faire mal, sous la pression de ses vas et viens, qui la fait toquer contre le bord du meuble, la lampe de la cuisine s'allume.

- Pute ! Comment oses-tu après tout ce que je t'ai offert ?! hurle Greta alors que son mari répugnant me relâche.

- Je... Elle m'a séduite ! Elle fait cela depuis des mois. Elle s'est offerte à moi pour son dernier soir ! s'empresse-t-il de s'écrier alors que je plisse les paupières en sachant qu'elle va me le faire payer.

Me redressant sur mes jambes tout en fermant les yeux, je n'ai pas vu Greta arriver dans mon dos, ni la lame de couteau de cuisine qui rentre comme dans du beurre dans mon dos. Le souffle coupé, je me laisse tomber sur le sol tout en portant ma main à l'endroit de la blessure, alors que les insultes et les coups de pieds pleuvent sur mon corps. Je sais que je ne suis pas la première à vivre ce moment, mais quelque part en moi, je regrette simplement d'avoir eu envie d'un verre d'eau au milieu de la nuit...

Kokrov, Janvier 2024

- Natasha ?

J'entrouvre les yeux, un peu pâteuse mais pourtant bien vivante et cela ne m'enchante guerre. Car une fois de plus, ce moment qui a fait chavirer mon avenir s'est imposé une nouvelle fois à moi, alors que cela date d'il y a déjà deux mois. Je regarde ma chère Tatiana qui du haut de ses vingt et un et malgré sa vie miséreuse m'a ramenée de l'hôpital, avant que Greta n'en finisse vraiment avec moi. Nous n'en avons pas parlé parce que je sais que derrière son regard souriant, alors qu'elle met sa longue chevelure brune en chignon, ce sont des moments de sa vie qu'elle veut oublier...

- J'ai préparé un peu de bouillie d'avoine, je sais que tu aimes cela, me dit-elle alors que je m'extirpe du lit.

- Merci.

Je ne sais pas quoi dire d'autre, sauf éviter de me sentir mal à l'aise. Tatiana vit dans ce qu'on qualifierait d'un kot. Une pièce de 6 mètres sur 6 où le lit est en son centre et nous sert à la fois de fauteuil et de table à cet instant alors qu'elle me donne mon bol. Mais tout ceci est toujours mieux que ce que nous vivions dans la famille d'accueil de Greta et d'Oreg...

- Je t'ai préparé les papiers.

- Tatiana, je t'ai déjà dit que je n'irai pas, soupiré-je avant de déposer la cuillère dans le bol.

Depuis mon arrivée chez Tatiana à Kokrov, celle-ci fait tout pour que je continue mes études. Mais soyons réalistes, je ne suis plus en état de continuer mes cours de gestion et de plus, nous ne pouvons pas nous permettre de dépenses pareilles. Tatiana suit le cursus via la même bourse que moi et elle travaille aussi dans un bar, où je vais y finir si je veux l'aider à gérer les frais qui nous incombent. Cependant, je ne sais pas si je tolèrerai une nouvelle fois que l'on me touche impunément... car j'ai peur que je finisse par finir comme toutes les filles qui y travaillent. La crainte de prendre du plaisir en vendant mon corps me terrifie et même plus... mais en réfléchissant, ai-je vraiment le choix ? Tatiana finit par partir en me déposant les documents sur le lit. Je me couche sur celui-ci en les tendant à bout de bras devant moi...

- Gestion...

J'ai toujours aimé ce genre de choses, et bien que l'université soit plutôt militaire que celle à laquelle je voulais me rendre, je ne devrais pas faire la difficile. Car tout comme mon passage en maison d'accueil, cela ne serait qu'une partie de ma vie que je pourrais oublier comme le reste, un fois diplômée. Mais le souci de l'argent est toujours présent et je soupire, consciente que je vais devoir suivre Tatiana... Je finis par m'habiller et je fourre les documents d'inscription dans mon sac pour sortir de l'immeuble. Le froid du mois de janvier et des guirlandes ringardes des fêtes qui viennent de passer me donnent des frissons. J'ai toujours détesté cette période de l'année, où les gens font semblants d'être chaleureux vis-à-vis des autres... alors que dès le dos tourné, ils crachent sur ceux-ci comme jamais. Je descends du bus devant l'université qui se dresse devant moi, et qui malgré les arbres qui arborent l'allée, ressemble à un camp militaire des plus froids. Je rentre dans le batiment où est inscrit « Accueil » en grand, et je rejoins une fille d'élèves qui attendent devant ce qui ressemble à un secrétariat. Tous ceci semble conditionnés comme s'ils étaient à l'armée, portant un jeans de couleur beige et une moumoute du même ton. Tout en me mordant la lèvre, je me dis que j'aurais du penser à mettre une couleur moins forte que mon noir éternel... mais il est trop tard pour cela maintenant.

- Mademoiselle Romanov ! crie la secrétaire et je me lève de ma chaise où je pensais finir par y dépérir pour la rejoindre.

La secrétaire m'arrache presque les papiers que je lui tends, et je relève un sourcil en voyant ses lèvres grasses marmonner des choses dont j'ai l'habitude.

- Vous avez eu la bourse ? me demande-t-elle en ne relevant pas son regard vers moi, me confirmant son air hautain.

- Les frais ne sont pas un problème, assuré-je.

- Ce n'est pas à vous d'en décider ! claque-t-elle et je ronge mon envie de lui dire qu'elle devrait penser à s'envoyer en l'air pour se détendre.

Ce genre de bonne femme m'a toujours mis à bout.

- Veuillez attendre un instant !

Elle se lève et j'attends qu'elle ait fait quelques pas pour soupirer sans retenue, me jurant de fumer une cigarette dès la sortie de ce bâtiment. Je savais que cela n'était pas une bonne idée de venir dans cette université de misère, et à voir les étudiants qui s'y trouvent, je ne peux pas dire qu'il y a de quoi se mettre sous la dent dans les heures creuses.

- Romanov !

Je sursaute presque en l'entendant m'appeler du fond du couloir, où sa grosse main me fait signe de la rejoindre.

- Le directeur Ivanov va vous recevoir.

- Mes documents sont en règle, paniqué-je alors qu'elle se tourne vers la grosse porte en bois derrière elle.

- Le directeur tient à rencontrer tous les étudiants. Je vous conseille de fermer votre manteau.

- Mon manteau ? demandé-je avant de me rendre compte qu'en enlevant mon écharpe, le tissu de ce vieux pull noir laisse entrevoir mon soutien-gorge du même ton.

Je m'empresse de remettre celle-ci, cachant ainsi ma bêtise, alors qu'elle frappe à la porte et qu'une voix, comme sortie d'outre-tombe résonne de l'autre côté.

À cet instant, alors qu'elle entre dans le bureau, je ne savais pas à quel point ma réflexion était on ne peut plus vrai. Car bien que je sois surprise de trouver un directeur si jeune et tellement cool devant moi dans ses vêtements noirs dont les cheveux longs de la même teinte nous accueille, je n'ai pas idée que ce regard bleu et ensorcelant ne sera autre que ma perte...

Chapitre 3 Yuri

Je regarde les étudiants rejoindre leur classe respective, tout en buvant ma tasse de café. Il faut dire que je ne peux pas passer mon temps à boire le sang frais que j'ai dans le frigo de mon bureau, et le café a le don de me tenir un peu plus calme. Je ne sais pas ce qui se passe avec moi depuis quelques semaines, mais mes réactions face aux humains qui m'entourent sont un peu difficiles à gérer.

Est-ce de la fatigue de devoir m'occuper de ces fourmis ? Est-ce moi qui suis simplement lassé de ce sang que l'on me fournit, et qui n'apaise pas le monstre en moi récemment ? Il faut dire que celui-ci doit être de plus en plus en appétit depuis plusieurs années. Car mis à part quelques mafieux et délinquants que je me fais un plaisir de torturer sous mes crocs, il n'a plus beaucoup de proie à ses mettre sous la dent. Et je ne parle pas de sexe... une chose qui est devenue de plus en plus rare au fil des années. Je ne peux simplement pas baiser et laisser aller ma nature avec une humaine... Et je ne me pardonnerais jamais de tuer une innocente par inadvertance. Malheureusement comme les malfrats, il n'y a plus beaucoup de femmes dans un rayon de cent kilomètres qui méritent une mort aussi cruelle. Quoi que jouir en mourant doit être une expérience plutôt passionnante, non ?

On frappe durement à la porte et je soupire, Marishka entre dans le bureau alors que je me détourne de la fenêtre en portant ma tasse à mes lèvres. Mais le café semble être devenu du venin en entrant dans ma bouche, alors que cette jeune femme apparait derrière elle. Mon corps entier se tend tandis que je me retiens à l'instant de respirer, comme si l'air de la pièce était imprégné de sang comme sur les champs de guerre où je me délectais de nos ennemis.

- Directeur Ivanov, voici Natasha Romanov, une étudiante boursière, m'informe Marishka alors que j'essaie de contenir le monstre en moi.

Putain, quel est donc cette odeur qui me rend fou en un instant ? Je ferme les yeux, et je les ouvre en réalisant que je n'entends plus rien. Ni les étudiants qui respirent dans leur classe, ni les professeurs donnant leur cours... Plus un son ne me parvient durant une longue seconde et c'est le craquement de l'anse de ma tasse en porcelaine qui me faite enfin réagir.

- Oh directeur, vous allez bien ? s'empresse de dire Marischka en approchant du bureau.

- Laissez-nous, dis-je d'un ton neutre en déposant la tasse sur le bureau tout en regardant l'anse entre mes doigts.

Marishka sort du bureau sans ajouter un mot, et je me rends compte à cet instant que mon ouïe est parfaitement revenue en entendant le cœur de cette jeune femme battre devant moi. Pas de battements rapides... non je dirais que celui-ci semble sur le point de s'éteindre. Une symphonie des plus apaisantes à mon oreille, et qui semble calmer le monstre en moi qui était pourtant à deux doigts de prendre le dessus.

- Asseyez-vous mademoiselle Romanov, dis-je en jetant l'anse cassée dans poubelle avant de relever la jaquette de ma veste et de m'assoir à mon tour.

Croisant les jambes et rejoignant mes mains sur le bureau, je relève mon regard à nouveau sur cette jeune femme, tout en inspirant profondément pour commencer l'entretien. C'est encore pire à cet instant, car si j'étais surpris à son entrée par ses réactions stupides qui me mettent sur la défensive, c'est mon cœur de glace qui vient de se craqueler en une seconde.

- Olga...

Natasha

Au moment où l'anse de la tasse se brise dans ses doigts, je me sens du coup ennuyée de l'avoir dévisagé ainsi... bien qu'il ne semble pas se gêner non plus pour le faire. Je déglutis nerveusement tout en m'asseyant et je mordille ma lèvre en évitant de scruter l'élégance de cet homme quand il s'assoit. Merde, on dirait qu'il sort d'un film... genre mystérieux, charismatique et un brin beaucoup trop érotique pour les yeux de simples étudiantes...

- Olga...

- Non, je m'appelle Natasha, m'empressé-je de le rectifier en lui tendant les documents.

Mais je reste un instant en suspens devant son regard qui semble me sonder ou m'engloutir totalement. Les battements de mon cœur qui sont toujours très calmes sont en train de s'accélérer, et je serre les cuisses, ayant une sensation plus qu'étrange monter en moi. Mes dents qui mordaient ma lèvre se relâchent et j'ai l'impression d'haleter devant lui, comme le ferait une gamine qui n'a jamais connu le regard d'un homme porté sur elle. Mais le bleu de son regard est absorbant et flamboie étrangement m'empêchant de lui échapper, et j'entrouvre encore plus grand mes lèvres, cherchant à calmer ce feu incandescent qui monte dans mon ventre.

- Sors.

- Hein ?! m'exclamé-je surprise en clignant des paupières.

- Laisse les papiers et sors ! insiste-t-il en se levant de son fauteuil en cuir et il part vers une armoire.

Sortir ? Et quoi, je rentre chez moi comme ça sans savoir pourquoi il ne prend pas la peine de regarder à mes papiers d'inscription ?! Non mais, il pourrait quand même m'expliquer pourquoi un tel rejet ?!

- Vous pouvez quand même y reg-

- Je t'ai dit de sortir ! claque-t-il fermement en me faisant face dans un mouvement vif et je me fige.

Si mon cœur et mon corps l'avaient trouvé des plus sexy il y a une seconde, il est clair que le visage remplit de haine et de dégout qui se porte sur moi à cet instant, me fait ravaler toute envie de mouiller pour un mec pareil.

- Je sors ! lancé-je en essayant de ne pas paraitre effrayée par ce directeur complètement cinglé.

Je fais demi-tour pour rejoindre la porte mais je m'arrête pour revenir à son bureau d'un pas plus que décidé. J'attrape mes documents sur celui-ci et je sors de ce bureau tout en claquant la porte sous le regard de la secrétaire qui me fait de gros yeux.

- Allez vous faire foutre avec votre université de merde ! Claqué-je en passant devant elle et je balance mes documents dans la poubelle à côté de la porte avant de sortir.

Je suis furieuse, totalement hors de moi et je ferais bien demi-tour pour lui lancer le reste de sa tasse à la figure. Mais j'inspire profondément et je me mets à marcher moins vite en sachant que cela ne changerait rien. Je viens de perdre ma dernière chance de me sortir de ma vie de misère, et je n'en connais même pas les raisons. Mais à quoi je pensais ? Je ne suis qu'une orpheline... Je sors de l'enceinte de l'université avec beaucoup moins de franchise qu'en arrivant, et le poids de mon misérable avenir me tombe dessus comme la neige qui recouvre le sol.

Yuri

Assis devant le tombeau de ma chère Olga, je vide une énième poche de sang en essayant de contenir le monstre qui se trouve en moi. J'ai du quitter l'université après le départ de cette jeune fille bien écervelée, n'arrivant pas à calmer la colère qui montait en moi. Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé. La ressemblance avec mon amour perdu est insoutenable et je ne parle pas des sensations étranges qui ont émané de moi en sa présence. L'instant où nos regards se sont rejoints, j'ai ressenti toutes ses réactions se propulser en moi. L'étonnement, la chaleur de son corps, les battements de son cœur qui semblait être sur le point d'imploser, le désir qui s'immisçait dans son ventre au point de la voir littéralement haleter de plaisir devant moi. Je balance la pochette à quelques mètres de moi, balayant mes longs cheveux noirs en arrière tout en regardant le tombeau devant moi.

- Comment une telle chose est possible ? lui demandé-je inquiet.

Personne en deux cent cinquante ans de vie ne m'a fait réagir ainsi, et je ne parle pas du monstre qui veut prendre le dessus plus que tout. Je sors mon portable de ma poche, essayant de me rappeler de ce que j'ai entrevu sur le document avant qu'elle ne le reprenne avec elle. Quelque chose cloche avec cette fille et ce n'est pas seulement le fait qu'elles se ressemblent comme deux goutes d'eau. Je dois m'assurer que je ne suis pas fou... je veux en avoir le cœur net.

- « Bonjour mon ami »

- Jorgen, j'ai besoin que tu fasses des recherches pour moi, lui dis-je en sortant une cigarette de ma poche, une jeune fille du nom de Romanov qui vient d'une maison d'accueil de Samara.

- « Mon ami, des Romanov, il y en a des milliers en Russie. Aurais-tu quelque chose de plus précis ? »

Bien entendu, ces faibles informations ne sont pas suffisantes. Mais j'étais tellement surpris de sa présence, que je n'ai pas regarder à plus. Je tire une bouffée sur ma cigarette, tout en regardant le tombeau.

- Fais une recherche en te basant sur Olga, dis-je en contenant ma colère de les comparer.

- « Olga ?! Attends, tu veux dire qu'elles- »

Je raccroche avant qu'il ne dise ce que je ne veux pas entendre. Elles n'ont rien à voir ! Olga était mon âme sœur et la seule qui maintenant mon humanité dans ce monde... alors que cette fille en un instant a fait remonter le monstre terré en mois depuis des années. Et alors que je regarde avec tendresse le tombeau de ma bien aimée, une sensation plus que désagréable monte en moi, alors que ma tête se penche sur le côté. Mes doigts se mettent à chauffer et je ne peux contenir mes ongles de s'allonger dans le sol sous moi. Mon reflet sur la plaque du tombeau de ma douce Olga me renvoie l'image du monstre qui a pris le dessus sur moi... mais la raison n'est pas la colère ou le fait que cette nana lui ressemble. Une odeur fruité chaude et plus que désireuse s'est immiscée dans mes narines à cet instant, et ma langue de façon plus qu'en appétit glisse sur mes lèvres jusqu'à la forme de mes canines qui sont sorties de leur enclos.

Natasha

Assise sur le tabouret du bar, je vide mon énième verre de Trojka en regardant Tatiana danser sur la piste de dance, et cela bien entourée. En ce qui me concerne, je me morfonds encore de ce qui s'est passé à l'université. Tatiana m'a emmenée ici pour me changer les idées, mais il s'avère que je ne suis vraiment pas d'humeur à m'amuser, ni à penser à autre chose que ce directeur sexy, charismatique et à la fois un vrai enfoiré. Et pourtant, je ne peux oublier la pureté de son regard porté dans le mien, qui m'a limite fait mouillée sur place. J'ai encore cette sensation de chaleur dans le bas de mon ventre, et cela juste en repensant à ses grands yeux bleus. Ma pauvre Natasha, tu deviens folle... Ce mec est un enfoiré qui en un instant a pourri ton avenir ! Je devrais aller le trouver et lui couper les couilles pour m'avoir traitée ainsi !

- Aie ! m'exclamé-je et je regarde ma main où le sang coule.

J'esquisse un sourire en regardant les morceaux de verre dans la paume de ma main, et je soupire en pensant que cet enfoiré m'a jeté un sort. Après tout, je voulais lui balancer le reste de sa tasse cassée dans son foutu minois de directeur arrogant !

- Nat, tu devrais aller nettoyer ta main, s'inquiète Tatiana que je n'avais pas vue me rejoindre.

- En effet, soupiré-je en descendant du tabouret.

Je titube entre les jeunes qui se déchainent, s'embrassent et baisent à l'entrée des toilettes pourries du club. Je regarde l'état de l'évier devant moi, essayant de faire abstraction du couple qui se déchainent dans la toilette derrière moi, et je forme une grimace de dégout en voyant l'eau brune qui coule du robinet.

- Non merci, finis-je par dire en rebroussant chemin.

Je glisse ma main apte dans mes cheveux, trouvant qu'il fait de plus en plus chaud alors que je retraverse le couloir puant et bombé de testostérone à volonté.

- Et beauté, cela te dit une gorgée ? me demande un grand blond en passant son bras autour de mes épaules.

Voyant que c'est une bouteille de Vodka et sentant que ma main blessée me brûle, je ne refuse pas. Je le laisse porter le goulot de la bouteille à mes lèvres, faisant abstraction de sa main qui glisse sur mes fesses. Le contenu dans ma bouche, je ramène ma main à celle-ci et je crache l'alcool sur mes coupures.

- Oh, il fallait le dire que tu ne voulais pas boire ! claque le mec vexé comme si j'avais commis un crime.

- Comme si tu m'avais proposé cela, juste pour apaiser ma soif, rétorqué-je en jetant un coup d'œil vers sa main sur ma fesse.

- Alors, nous devrions directement sauter les présentations, sourit-il.

Bon il est clair que ce n'était pas mon intention, mais j'ai toujours ce feu dans mon bas ventre depuis cet entretien universitaire, et si ce mec peut l'apaiser un peu. Ses lèvres pleines emplissent les miennes sans ménagement alors que nous sommes à peine dans l'allée derrière la boite de nuit. Ses mains plus qu'empressées sont déjà en train de caresser mes seins dénudés sous ma blouse de dentelle noire, et je glisse ma main à son entrejambe pour sortir un engin bien plus intéressant que je ne le pensais.

- Je savais que tu étais une salope, grommèle-t-il alors que je m'apprête à le branler.

- Tu viens de dire quoi là ? lâché-je froidement en le repoussant.

- Tu traines avec la pute de Tatiana, me lance-t-il le regard amusé alors que je me décale du mur, tu dois aussi baiser tout ce qui bouge devant toi, non ?

- Va te faire foutre ! balancé-je en remettant ma jupe en place.

- Ne joue pas les prudes ! Tu ne penses quand même pas que tu vas partir sans que je n'aie le temps de m'amuser !

Je me sens tirer d'un coup par les cheveux et mon arcade touche durement le mur où il me plaque, tout en remontant ma jupe. Je mords fortement ma lèvre en sachant très bien ce qui m'attend une fois de plus. Mais je ne peux que m'en prendre à moi-même cette fois-ci... J'ai amené cette situation en étant submergé d'un désir qui me poursuit depuis lui... cet enfoiré de directeur qui hante toutes mes pensées plus que je ne le voudrais...

- Tu vois que tu le voulais, grogne cet enfoiré en entrant en moi et tirant mes cheveux pour que son haleine rejoigne ma bouche que je lui refuse.

Et alors que je m'apprête à fermer les yeux pour ne pas voir ce qui se passe à cet instant, une ombre noire apparait non loin de nous et je tressaille. Non parce qu'il nous regarde... mais parce que sous cette capuche noire, deux yeux rouges me paralysent...

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