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Vingt-deux Ans, Cendres et Fleurs

Vingt-deux Ans, Cendres et Fleurs

Auteur:: Xiao Liuzi
Genre: Romance
Vingt-deux ans. C' est le temps que j' ai passé à construire un rêve à deux, ma vie entière convergeant vers Antoine, mon premier amour, mon âme sœur dans la cuisine et dans la vie. Ce soir-là, tout était parfait : le restaurant le plus chic de Paris, mes pivoines blanches préférées ornant la table, et la bague que je savais dans sa poche. Sauf que les mots qui sont sortis de sa bouche n' étaient pas ceux que j' attendais. « Camille... Je ne peux pas. » Puis, il m' a violemment repoussée, me laissant humiliée sur le sol froid d' un restaurant silencieux, sous le regard médusé des clients. L' humiliation n' était rien comparée au choc qui m' attendait à la maison. Dans son dossier secret, qu' il avait négligemment laissé ouvert, j' ai découvert le plan détaillé de sa future pâtisserie, portant le nom de Sophie Moreau, ma rivale de toujours, celle qu' il prétendait mépriser. Chaque détail, jusqu' aux recettes que je croyais « nôtres », était en fait pour elle. Vingt-deux ans de ma vie. J' étais son doublon, son accessoire, une marionnette dans une pièce dont je ne connaissais même pas le titre. La nausée m' a submergée, mais j' ai pris une décision : je ne serais pas sa victime. C' est alors que j' ai regardé les enregistrements de la caméra de sécurité. Antoine dans le salon, avec Sophie. Ils s' embrassaient. Puis, j' ai entendu leurs voix, leurs rires. « Cette idiote de Camille n' a rien vu. Elle a gobé chaque mensonge. » Mon souffle s' est coupé quand Sophie a demandé : « Et après, après le mariage ? Qu' est-ce que tu vas faire d' elle ? » La réponse d' Antoine, glaciale, a gravé ma haine. « Elle aura servi à ce qu' elle devait servir. Une fois que j' aurai tout ce que je veux, je la jetterai. » Ce froid... ce vide... Il n' y avait plus de larmes, juste un immense champ de cendres. Et une certitude glaçante : je n' allais pas seulement fuir. J' allais m' assurer qu' ils n' oublieraient jamais mon nom.

Introduction

Vingt-deux ans. C' est le temps que j' ai passé à construire un rêve à deux, ma vie entière convergeant vers Antoine, mon premier amour, mon âme sœur dans la cuisine et dans la vie.

Ce soir-là, tout était parfait : le restaurant le plus chic de Paris, mes pivoines blanches préférées ornant la table, et la bague que je savais dans sa poche. Sauf que les mots qui sont sortis de sa bouche n' étaient pas ceux que j' attendais.

« Camille... Je ne peux pas. » Puis, il m' a violemment repoussée, me laissant humiliée sur le sol froid d' un restaurant silencieux, sous le regard médusé des clients.

L' humiliation n' était rien comparée au choc qui m' attendait à la maison. Dans son dossier secret, qu' il avait négligemment laissé ouvert, j' ai découvert le plan détaillé de sa future pâtisserie, portant le nom de Sophie Moreau, ma rivale de toujours, celle qu' il prétendait mépriser. Chaque détail, jusqu' aux recettes que je croyais « nôtres », était en fait pour elle.

Vingt-deux ans de ma vie. J' étais son doublon, son accessoire, une marionnette dans une pièce dont je ne connaissais même pas le titre. La nausée m' a submergée, mais j' ai pris une décision : je ne serais pas sa victime.

C' est alors que j' ai regardé les enregistrements de la caméra de sécurité.

Antoine dans le salon, avec Sophie.

Ils s' embrassaient.

Puis, j' ai entendu leurs voix, leurs rires. « Cette idiote de Camille n' a rien vu. Elle a gobé chaque mensonge. »

Mon souffle s' est coupé quand Sophie a demandé : « Et après, après le mariage ? Qu' est-ce que tu vas faire d' elle ? »

La réponse d' Antoine, glaciale, a gravé ma haine.

« Elle aura servi à ce qu' elle devait servir. Une fois que j' aurai tout ce que je veux, je la jetterai. »

Ce froid... ce vide... Il n' y avait plus de larmes, juste un immense champ de cendres. Et une certitude glaçante : je n' allais pas seulement fuir. J' allais m' assurer qu' ils n' oublieraient jamais mon nom.

Chapitre 1

Vingt-deux ans.

J' avais attendu vingt-deux ans ce moment précis.

Depuis nos jeux d' enfants dans le sable jusqu' à nos ambitions partagées en école de cuisine, chaque seconde de ma vie semblait converger vers cet instant.

Antoine Leclerc, le célèbre chef étoilé, mon amour de toujours, allait enfin me demander en mariage.

Le restaurant qu' il avait réservé était le plus chic de Paris, la table était couverte de mes fleurs préférées, les pivoines blanches, et la bague, je le savais, était dans la poche de sa veste.

Tout était parfait. Trop parfait.

Il s' est levé, le silence s' est fait autour de nous. Mon cœur battait si fort que j' avais peur que tout le monde l' entende.

Il a ouvert la bouche.

Mais au lieu des mots que j' attendais, son visage s' est tordu en une grimace de dégoût.

« Camille... Je ne peux pas. »

Puis, alors que je le regardais, abasourdie, il a fait un pas en arrière et m' a violemment repoussée.

La bousculade a été si brutale que ma chaise a basculé, et je me suis retrouvée par terre, au milieu du restaurant silencieux, sous le regard médusé des autres clients.

L' humiliation était totale, brûlante.

« Antoine, qu' est-ce que... »

« Ne me touche pas ! » a-t-il crié, sa voix pleine d' une répulsion que je ne lui avais jamais connue. « Tu n' es rien. Tu comprends ? Rien. »

Il a jeté sa serviette sur la table et est parti sans un regard en arrière, me laissant seule, anéantie sur le sol froid.

Je ne sais pas comment j' ai réussi à rentrer à la maison, notre appartement, ce nid que nous avions construit ensemble.

Chaque objet me hurlait sa trahison.

Mes mains tremblaient encore. Mon corps entier était secoué de sanglots silencieux.

J' ai erré dans le salon, vide et froid.

C' est là que je l' ai vu, posé sur son bureau. Un dossier en cuir qu' il gardait toujours fermé à clé. Ce soir, dans sa précipitation, il l' avait oublié.

Machinalement, je l' ai ouvert.

À l' intérieur, il n' y avait pas des documents financiers ou des contrats.

Il y avait le plan détaillé d' une vie.

Mais ce n' était pas la nôtre.

Le projet d' un nouveau restaurant, une pâtisserie. Le nom de l' enseigne était écrit en grosses lettres : « Pâtisserie Sophie Moreau ».

Sophie.

Ma rivale de toujours. Celle qui, à l' école de cuisine, avait tout fait pour me saboter. Celle qu' il prétendait mépriser.

Mes yeux ont parcouru les pages. Chaque détail, de la couleur des murs aux motifs des assiettes, correspondait parfaitement aux goûts de Sophie.

Les recettes signatures, celles qu' il avait créées « pour moi », étaient en réalité des variations des desserts préférés de Sophie.

Notre projet de maison à la campagne ? C' était une copie conforme de la maison d' enfance de Sophie.

Vingt-deux ans de ma vie.

Vingt-deux ans à être le fantôme de quelqu' un d' autre.

J' étais sa doublure, une actrice dans une pièce de théâtre dont je ne connaissais même pas le titre.

La nausée m' a submergée. J' ai couru aux toilettes pour vomir.

Quand je suis revenue, chancelante, j' ai pris une décision.

Je ne serai pas la victime de cette farce macabre.

Je devais fuir.

Mon premier réflexe a été d' appeler Cécile. Ma mentor, la seule qui avait toujours cru en mon talent pur, sans fioritures.

« Allô, Camille ? Il est tard, ça va ? »

Sa voix chaude et posée a été comme un baume sur ma peau à vif.

« Cécile... j' ai besoin d' aide. »

Ma voix s' est brisée. Je lui ai tout raconté, l' humiliation, la découverte, le nom de Sophie.

Il y a eu un long silence à l' autre bout du fil. Puis, elle a dit, d' un ton ferme :

« Fais tes valises. Le stage de perfectionnement à l' étranger dont je t' avais parlé... il commence la semaine prochaine. Je vais t' inscrire. Tu pars le jour de ton mariage. »

Le jour de mon mariage. L' ironie était cruelle, mais libératrice.

Une lueur d' espoir a percé mes ténèbres. Une porte de sortie.

J' ai raccroché, le cœur battant d' une nouvelle énergie.

Je suis allée dans notre chambre. La robe de mariée était là, suspendue, immaculée. Un linceul blanc.

Je ne l' ai pas déchirée. Je ne lui ai pas fait cet honneur. Je l' ai simplement décrochée et l' ai laissée tomber en tas sur le sol.

Puis j' ai retiré la bague de fiançailles. Elle était magnifique, un saphir entouré de diamants. Il m' avait dit que c' était pour assortir à mes yeux.

En la regardant de plus près, j' ai vu les initiales gravées à l' intérieur.

Ce n' était pas « C & A ».

C' était un « S » et un « A » entrelacés avec une finesse diabolique.

J' ai eu un haut-le-cœur et je l' ai posée sur la table de chevet, comme un déchet.

Une idée folle m' a traversé l' esprit. Notre appartement était équipé de caméras de sécurité. Antoine était obsédé par la sécurité.

J' ai allumé mon ordinateur, mes doigts tapant fébrilement le mot de passe.

J' ai accédé aux enregistrements de la veille.

Et là, l' horreur a pris une nouvelle dimension.

Antoine était dans le salon. Avec Sophie.

Ils s' embrassaient. Pas un baiser volé, mais un baiser long, passionné, propriétaire.

Puis je les ai entendus parler.

« Tout est prêt, mon amour, » disait Antoine. « La pâtisserie portera ton nom. Chaque détail est pour toi. Cette idiote de Camille n' a rien vu. Elle a gobé chaque mensonge. »

Mon souffle s' est coupé.

Sophie a ri. Un rire cristallin et cruel.

« Et après ? Après le mariage ? Qu' est-ce que tu vas faire d' elle ? »

Le visage d' Antoine est resté impassible. Froid.

« Elle aura servi à ce qu' elle devait servir. À te rendre jalouse, à te faire revenir. Une fois que j' aurai tout ce que je veux, je la jetterai. »

Sophie a applaudi doucement.

« Parfait. Je veux qu' elle souffre. Je veux qu' elle perde tout, comme j' ai failli tout perdre à cause d' elle à l' école. L' humiliation publique, c' est une excellente idée. Mais le jour du mariage, ce sera encore plus savoureux. »

Antoine n' a rien dit. Il a simplement hoché la tête, son regard vide de toute émotion.

Il était son complice. Non, il était l' architecte de ma destruction.

J' ai fermé l' ordinateur.

Le froid a envahi chaque parcelle de mon être. Il n' y avait plus de larmes, plus de douleur.

Juste un vide immense.

Et une certitude.

Je n' allais pas seulement fuir. J' allais faire en sorte qu' ils n' oublient jamais mon nom.

Chapitre 2

Je n' ai pas dormi. Comment aurais-je pu ? Les images de la caméra tournaient en boucle dans ma tête, chaque mot, chaque geste gravé au fer rouge dans ma mémoire.

La porte d' entrée a claqué. Il était trois heures du matin. Antoine était rentré.

Je l' ai entendu marcher dans le couloir. Je suis restée dans le noir, assise sur le lit, le corps raide.

La porte de la chambre s' est ouverte.

« Camille ? Tu es là ? »

Il a allumé la lumière. Son visage était un masque d' inquiétude feinte.

« Mon Dieu, j' ai été horrible. Je ne sais pas ce qui m' a pris. C' est la pression... »

Il s' est approché, mais quelqu' un est apparu derrière lui.

Sophie.

Elle se tenait dans l' encadrement de la porte, l' air faussement contrit, se frottant les bras comme si elle avait froid.

Antoine s' est immédiatement tourné vers elle, un réflexe de protection. Il a posé sa main sur son épaule.

« Ça va aller, Sophie. Rentre te coucher. Je m' occupe de ça. »

Mon regard est passé de lui à elle. Le puzzle s' assemblait avec une clarté effroyable.

« Elle ? Qu' est-ce qu' elle fait ici ? » ai-je demandé d' une voix blanche.

Antoine a soupiré, comme si je posais une question stupide.

« Elle était inquiète pour nous. Elle a vu la scène au restaurant. Elle a simplement voulu s' assurer que tout allait bien. Elle est venue me chercher. »

Sa justification était si absurde, si insultante.

« Elle est venue te chercher, » ai-je répété, le ton glacial. « Et vous avez mis des heures à revenir. »

« On a discuté, » a-t-il dit, sur la défensive. « Elle essayait de me raisonner. »

Je me suis levée. Lentement.

« J' ai tout vu, Antoine. »

Son visage a changé. La fausse sollicitude a disparu, remplacée par une lueur de panique.

« Quoi ? De quoi tu parles ? »

« La caméra. Dans le salon. J' ai vu votre baiser. J' ai entendu votre conversation. Votre plan. »

Le silence est tombé, lourd, électrique. Le visage de Sophie s' est décomposé, mais Antoine... Antoine est devenu rouge de fureur.

« Tu as fouillé dans mes affaires ? Tu m' as espionné ? »

Sa colère n' était pas dirigée contre sa trahison, mais contre ma découverte.

Il a fait un pas vers moi, menaçant. Il a attrapé mon bras, sa poigne était de fer.

« Lâche-moi ! » ai-je crié, en essayant de me dégager.

La douleur était vive, ses doigts s' enfonçaient dans ma chair.

« C' est de ta faute ! » a-t-il sifflé, son visage à quelques centimètres du mien. « Si tu n' étais pas si... si collante, si prévisible ! »

Sophie a alors joué sa meilleure carte. Elle a poussé un petit cri et s' est mise à pleurer.

« Oh mon Dieu, Antoine, ne lui fais pas de mal... C' est ma faute, je n' aurais jamais dû venir... »

Il m' a lâchée pour se tourner vers elle, la prenant dans ses bras.

« Non, ce n' est pas ta faute, mon ange. C' est elle. Elle gâche tout. »

Puis, il s' est retourné vers moi, ses yeux brillant d' une haine pure.

« Tu sais quoi, Camille ? J' en ai marre. Marre de faire semblant. Tu n' as jamais été à la hauteur. Tes pâtisseries sont fades, tes idées sont ennuyeuses. Tu n' es qu' une pâle copie de Sophie. Tu l' as toujours été. »

Chaque mot était un coup de poignard.

Vingt-deux ans.

Vingt-deux ans de soutien, de sacrifices, de nuits blanches à tester ses recettes, à croire en lui quand personne ne le faisait.

Tout ça, balayé en une phrase.

Un souvenir m' est revenu, si clair, si douloureux. Nous avions dix-huit ans, assis sur un banc. Il m' avait pris la main et m' avait dit : « Avec toi, Camille, même un simple croissant a le goût du paradis. C' est toi, mon ingrédient secret. »

L' ingrédient secret. J' étais juste l' ingrédient de base, périmé, qu' on jette sans regret.

La force m' a abandonnée. Mon bras me lançait, une marque rouge commençait déjà à apparaître là où il m' avait serrée.

Je me suis assise sur le bord du lit, la tête vide.

Je n' ai même plus la force de pleurer.

Je me sentais sale, utilisée, jetée.

Il a continué à me réconforter Sophie, lui murmurant des mots doux, tout en me lançant des regards noirs.

L' épuisement était total. Physique, mental.

Je n' existais plus. Dans cette pièce, j' étais déjà un fantôme.

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