****Partie1****
Je me dépêche de quitter la rédaction. Aujourd'hui, il ya une fête à l'honneur d'un collègue qui va à la retraite mais je ne peux pas rester avec les autres car je dois aller cuisiner le diner de mon mari. Si, à vingt deux heures, heure à laquelle il arrive à la maison, le diner n'est pas prêt, je risque de le regretter amèrement. Je ne pense même pas chercher une domestique qui reste au-delà de dix huit heures car mon mari me l'a formellement interdit. Moi-même, je ne veux pas qu'une domestique soit au courant de ma situation. Excepté ma meilleure amie et maquilleuse Chantal, personne ne peut penser ce que je vis dés que j'arrive chez moi. Je me présente d'abord : je m'appelle Khadija depuis mon mariage avec Assane. Mon nom à l'état civil est Rose Boni. Je suis togolaise de naissance mais pour dire vrai, je ne me rappelle de rien de mon pays de naissance.
Ma mère et moi avons débarqué au Sénégal dés mon plus jeune âge. Elle vendait des chaussures et des produits de beauté aux femmes dans les maisons. Malgré sa situation précaire, elle a tenu à ce que je fasse des études et moi, pour faire son bonheur, j'étais toujours première de ma classe du cours d'initiation à la terminale. Elle ne m'a jamais parlé de mon père et je savais que c'était un sujet sensible pour elle donc je ne posais jamais de question. Pendant ma première année à l'université, alors qu'elle avait réussi à ouvrir une grande boutique de cosmétique au marché de Pikine, elle tombât malade. Je devais aller la même année poursuivre mes études au Canada mais j'ai préféré rester au prés d'elle le temps qu'elle guérisse. Six mois après, après avoir épuisé nos économies et vendu la boutique, elle s'éteint tranquillement dans sa chambre. Je jour de la messe qui est suivie de l'enterrement aux cimetières Saint Lazare, il yavait beaucoup de monde. Chacun a tenu à venir lui rendre un dernier hommage et l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure. Le temps passe et je me retrouve seule au Sénégal. Je décide de finalement quitter mon pays d'adoption pour aller suivre des études de journalisme au Canada. Là bas, une autre vie a commencé pour moi. J'avais du mal à m'acclimater à cause du froid que je ne connaissais pas en Afrique. Le soleil et la chaleur humaine de mon cher continent me manque beaucoup. J'ai réussi avec brio à avoir tous mes diplômes en étant toujours major de ma promotion. Juste après l'obtention de mes diplômes, je rencontre Karl un canadien qui vit seul à Montréal. On se marie au bout de six mois de relation et je vis les plus moments de ma vie. Seulement, comme l'on dit, les belles choses durent peu : Karl décède. Il luttait contre une forme de cancer très sévère. Après un moment plongé dans les ténèbres, je me décide de reprendre ma vie et de retourner au Sénégal. Karl m'a légué une jolie fortune qui est composée de deux grandes maisons, un compte en banque bien fourni et des actions dans une société de production musicale qui marche bien d'ailleurs. Une fois de retour, je m'achète un appartement en plein centre ville. Je dépose mes cv dans toutes les chaines de télé et au bout de deux semaines, je reçois un appel. Je passe l'entretien avec le directeur des programmes et le directeur de la télé. Le lendemain, je présente mon premier journal télévisé au pays. Mon charme et ma bonne humeur me facilitent mon intégration. Je suis appréciée de tous mes collègues de service. Même dans les autres chaines, j'avais de bonnes relations avec les uns et les autres. Ma cote de popularité monte en flèche et du fait de ma nature calme et posée, on me propose d'animer une émission politique qui passera chaque dimanche après midi. Très vite, l'émission devient un vrai succès et les sponsors se bousculent. C'est ainsi que j'ai rencontré Khalil Sow, un ancien ministre dans l'ancien régime et il est en phase de le redevenir avec le nouveau. En Afrique, les politiciens changent de parti en fonction de leurs intérêts. Il commence à me faire une cour assidue. Chaque soir, malgré que j'aie ma propre voiture, il vient avec son chauffeur me prendre à la télé. Il disait à chaque fois que je lui fais la remarque : « quand on a un si beau diamant, il ne faut pas tenter le diable donc je m'en occupe personnellement ». Cette situation continue au bout d'un an et n'ayant pas de parents ici, on se marie à la mosquée de son quartier où on l'imam m'a donné le nom de la femme du prophète Mohamed (PSL). Les premiers mois, il m'amenait souvent voir les membres de sa famille et eux aussi venaient nous voir. Quand il a voulu m'impliquer dans la politique, j'ai refusé. C'est vrai que je me suis mariée avec un politicien mais ça ne doit pas faire de moi obligatoirement une politicienne. Dés le début de notre relation, j'ai été claire là-dessus et rien ni personne ne me fera changer d'avis. Dés cet instant, il a changé de visage. Il a d'abord mis une barrière entre moi et sa famille. Etant restée longtemps sans voir personne à la maison, j'ai appelé sa sœur pour lui demander le pourquoi de ce long silence et elle me dit que d'après mon mari, je considère ma belle-famille comme des intrus donc eux aussi ils ont pris leur distance. J'étais sonnée ce jour là car je n'ai jamais dit ça et le soir, à son retour du travail, après le diner, je lui parle de ça. Si je savais j'allais me taire. Non seulement il a nié être l'auteur de ses paroles mais quand j'ai insisté, il m'a crié dessus pour finir par me taper j'jusqu'à m'envoyer aux urgences. Là bas, il a dit au docteur que j'ai été agressée. Depuis lors, il n'a pas arrêté les coups et les humiliations. Je subis en silence. Il arrive qu'il me batte de telle sorte que le lendemain, mon amie et confidente Chantal vienne à la maison pour masquer les coups sous des tonnes de poudre et autres. J'ai peur de le quitter car je sais ce dont il est capable. Chaque jour que dieu fait, son agressivité augmente en intensité. Il m'est arrivé plusieurs fois d'appeler la rédaction pour dire que je ne peux pas venir. J'ai honte de cette situation et j'ai honte que les autres sachent ce que je vis à l'intérieur de chez moi. Depuis qu'il est nommé ministre, il rentre tard et c'est mieux ainsi comme ça j'aurai un peu de répit. Aujourd'hui, je veux arriver tôt à la maison et préparer son diner préféré. Je dois lui annoncer que je suis enceinte. C'est ma deuxième grossesse. Le premier, je n'ai pas prêté attention aux signes et un soir, alors qu'il est rentré très tard et ivre comme un polonais, il m'a trouvé endormi il a cru que je feignais de dormir et il m'a tellement frappé que j'ai fini par m'évanouir je me suis réveillée dans une clinique d'un de ses amis et j'ai fait une fausse couche. Je lui en ai tellement voulu que j'ai commencé à faire chambre à part. Excepté les jours où on a des invités, je dors dans la chambre d'amis qui est à coté. Cette situation l'arrange on dirait. S'il veut me voir, il me trouve dans ma chambre. Je ne veux plus faire l'amour avec lui mais est ce que j'ai le choix. Si je refuse, non seulement il va me violer comme il a l'habitude de le faire mais en plus, je risque de finir à la clinique. C'est ainsi que je me suis retrouvée encore enceinte. Je n'ai pas voulu de cette grossesse mais peut être qu'un enfant arrivera là où j'ai échoué : rendre Khalil doux. Je prends ma voiture et continue à rêvasser. Je ne sais pas depuis quand j'ai perdu le contrôle de ma vie et ma dignité. Avant, quand j'entendais qu'une femme est battue par son mari, je me disais que la situation lui plaisait car elle peut le quitter et refaire sa vie. Actuellement, non seulement je suis dans la longue liste des femmes battues, mais mon mari est aussi un très grand salaud. Il se permet d'amener des femmes dans notre chambre conjugale et si je les trouve dans le plus simple appareil, il me propose des plans à trois. Dieu seul sait ce que je vis en ce moment. Dés notre mariage, il a voulu avoir le contrôle de ma vie et m'a demandé de laisser l'appartement (il ne sait pas que c'est mon bien personnel, il m'a cru en location et je ne l'ai pas détrompé) et m'a demandé de revendre ma voiture pour être conduite par un de ses deux chauffeurs mais je n'ai pas cédé sur ce point. Il n'a jamais su que j'ai une fortune plus considérable que la sienne mais en plus dés qu'il est violent, il me dit SI JE TE QUITTE TU VAS TE RETROUVER DANS LA RUE. J'ai toujours vécu avec peu de moyens mais il ne sait pas que je n'ai pas peur de redevenir celle d'avant. C'est quoi avoir de l'argent si on n'est pas en sécurité ? Je préfère mille fois vivre en paix que de vivre dans le luxe visible avec des coups chaque soir avant de m'endormir.
Arrivée devant la maison de fonction mise à la disposition de Khalil quand il a été nommé ministre, je klaxonne et le gardien m'ouvre le garage. Je le salue et lui demande des nouvelles de sa femme qui était malade dernièrement. On discute un moment et il m'annonce que monsieur est arrivé depuis dix neuf heures. Khalil à la maison à cette heure ? Ça n'augure rien de bon mais je ne laisse rien paraitre. J'ouvre la porte et je le trouve avec un homme tellement bizarre avec un chapeau de plume. Si je n'avais pas peur de mon mari, j'aurais éclaté de rire mais le regard qu'il me jette n'annonce rien de bon. Je les salue.
Moi : Salam
Khalil et l'homme : Salam
Moi : tu es descendu tôt Khalil.
Khalil : je te présente mon ami Karamoko, il vient du Mali pour me rendre visite. On se connait depuis des années mais lors de notre mariage il était un peu souffrant d'où son absence. Karamoko je te présente ma femme Khadija.
Moi : enchantée Karamoko.
Il me détaille sans rien dire.
Moi : j'espère que la domestique vous a donnés à manger avant de partir ?
Khalil : Karamoko ne mange pas une nourriture préparée par une domestique donc le temps de son séjour, tu arrêtes le travail.
Je reste bouche bée face à un tel ordre. Il faut dire les choses comme elles sont : c'est un ORDRE. Je quitte les deux hommes et vais me changer pour aller cuisiner. Je parlerais à Khalil s'il le faut mais je ne compte pas rester à la maison parce monsieur a un invité. Je cuisine et vais prendre une douche. Je porte une tenue en wax avant de servir le diner. Je débarrasse avant de nettoyer la cuisine et de m'apprêter à aller me coucher. C'est là que Khalil me trouve.
Khalil : j'ai donné ta chambre à Karamoko.
Moi : et pourquoi tu ne lui as pas donné une autre chambre ? A ce que je sache, les chambres ne manquent pas dans cette grande demeure.
Khalil : Karamoko est un grand marabout que tout le monde e l'arrache donc s'il veut ta chambre, je lui cède ça. Et en parlant de ça, il doit passer la nuit avec toi pour m'assurer la confiance et le respect du président et de la première dame.
Moi :...
Moi : j'ai mal compris ou tu blagues seulement ?
Khalil : est ce que tu m'as une fois vu blagué. Je suis on ne peut être plus sérieux et c'est un ordre.
Moi : et si je refuse ?
Avant même de terminer la phrase, un coup de point atterri sur mon œil gauche. Je riposte du mieux que je peux et je suis tire ses bijoux de famille. Il me jette sur les carreaux et je crie de douleur. Il continue de s'acharner sur moi en me donnant des coups de pieds au ventre. A force de crier, je n'y arrive plus et je m'écroule dans une mare de sang. C'est la dernière image que j'ai de cette horrible nuit. Je me suis réveillée dans la clinique du docteur Ndaw. L'infirmière qui s'occupe de moi me regarde d'yeux pleins de compassion. Inutile de le dire, je sais que j'ai encore perdu la grossesse. Je me mets à pleurer et elle appuie sur une touche et immédiatement, l'ami de mon mari se présente à moi.
Docteur Ndaw : Madame Sow calme toi. Etre agité n'est pas bon pour ta santé.
Moi : et qu'est ce qui est bon pour moi ? Les coups que me donne Khalil ?
Docteur Ndaw :...
Moi : je veux un certificat médical. A partir d'aujourd'hui c'est fini je vais le trainer en justice.
Docteur Ndaw : tu connais la position de ton mari dans ce pays et s'il le veut, il peut fermer ma clinique.
Moi : donc ça veut dire que tu vas le laisser me tuer sans rien faire ? Merci Ndaw je sais maintenant ce que veut dire puissance dans ce pays : on peut tout faire sans risque d'être inquiéter.
Docteur Ndaw : je ne sais quoi te dire madame mais je peux te mettre en rapport avec un autre collègue.
Moi : non merci je vais me débrouiller
Je reste à la clinique pendant une semaine sans voir Khalil. C'est seulement Chantal qui venait me voir et c'est mieux ainsi. A ma sortie, je retourne chez Khalil mais je ne compte pas m'éterniser là bas. Il veut ma mort et si je meure, personne ne va lui demander des comptes. Ma décision est prise je dois le quitter et au plus vite mais je dois d'abord aller à la maison et prendre les preuves de tous ses mauvais actes pour lui montrer qu'une nouvelle femme vient de renaitre de ses cendres et il a intérêt à bien se tenir car je serais sans pitié.
****Partie2****
**Chantal**
Depuis une semaine, je fais la navette entre la télé et la clinique où est hospitalisée mon amie Rose. Je suis occupée de sept heures à dix neuf heures par le travail, et cette semaine, dés que je quitte la télé, je vais voir Rose. Les autres l'appelle Khadija mais comme on dit les habitudes ont le dos large, j'ai continué avec son nom de jeune fille. Je m'appelle Chantal Dossou et je suis ivoirienne. J'ai connu Rose lors de nos études au canada. Dés qu'on s'est vues, le climat est passé rapidement entre elle et moi. On ne sait plus quittées. Lorsque Karl est décédé, j'ai été là car elle avait besoin de soutien. Rose est une fille calme de nature et très posée. Elle n'a jamais fait de mal à qui que ça soit. Malgré que son mari la brutalise, elle ne lui a jamais souhaité du mal. Après le décès de son premier mari, elle a décidé de revenir au Sénégal et d'y travailler. Certes elle n'a pas besoin de travailler mais elle le fait par plaisir. Dés qu'elle s'est installée, elle a déposé mon cv dans beaucoup de télévisons et lorsqu'elle est embauchée, elle a appuyé mon dossier et maintenant, on bosse ensemble. Chaque jour, du lundi au vendredi, elle présente le journal télévisé à partir de dix huit heures. Elle a la chance de parler beaucoup de langues et surtout le wolof qui est une langue qui te facilite beaucoup de choses au Sénégal. La première fois qu'elle m'a appelé pour que je la maquille chez elle, je l'ai trouvé le visage tuméfié. Je ne comprenais pas et elle m'a expliquée qu'elle a été victime d'une agression. Je savais qu'elle ne me disait pas toute la vérité mais j'ai laissé passer, elle se décidera à me parler quand elle voudra. C'est lors de la deuxième fois qu'elle s'est décidée de me parler : son mari l'a battu au point de l'amener à l'hôpital. Depuis lors, la scène se rejoue chaque jour. J'ai essayé d'intervenir mais je ne veux pas aussi m'immiscer dans son couple. Je ne peux que lui conseiller et l'aider de mon mieux. A sa place, j'aurais déjà divorcé mais quelle femme va conseiller à son amie de divorcer ? Moi en tout cas je ne le ferai jamais et le jour où elle le décidera, je serai à ses cotés pour la soutenir. Je pousse la porte de la clinique et le vigile qui commence à s'habituer à ma présence me laisse passer sans problème. Je trouve Rose, les bagages prés d'elle.
Moi : on dirait que la vie à l'hôpital est finie.
Rose : il est plus que temps que ça se termine. C'est la dernière fois que je viendrais dans un lieu pareil à cause de Khalil.
Moi : un homme violent restera à jamais un homme violent. C'est un complexé ton mari raison pour laquelle il essaie de te dominer par les coups.
Rose : il est temps de siffler la fin de la récréation. Je le quitte mais je dois d'abord me rendre à la maison et prendre des dossiers super importants. Il s'agit de mon avenir en tant que femme libre.
Moi : si tu veux quitter ton mari, ne repars pas chez lui.
Rose : l'époque où j'avais peur de lui est révolu. Œil pour œil, dent pour dent.
Moi : c'est parce que tu es blessée dans ta chair que tu parles ainsi mais tu vas vite oublier.
Rose : oublier ? Jamais ! Je ne peux pas. Tu vas me déposer chez moi. A cette heure Khalil est au boulot. Je dois juste prendre quelques affaires et je le quitte pour de bon.
Moi : si c'est ta décision je te soutiens à cent pour cent.
Après avoir pris le peu de bagages qu'avait Rose, on quitte la clinique. Son mari a déjà payé la facture.
**Khadija**
On vient de se garer devant la maison j'habite ici avec Khalil depuis qu'il est nommé ministre. Il a changé de parti politique juste après la défaite de son candidat à l'élection présidentielle et depuis lors, il a fait des pieds et des mains pour être vu par l'actuel locataire du palais présidentiel et il a réussi. Il est nommé ministre depuis le dernier remaniement et chaque week end, soit il est en tourné dans les régions, soit il reçoit ses militants à la maison. Je tiens plus le rôle de domestique que d'épouse. Quand il reçoit à la maison, je cuisine et sers de plats de sorte que mes pieds ne me tiennent plus.
Je sors de la maison et salue le vigile qui est posté devant la maison. On discute un moment et je monte dans ma chambre. J'ouvre la porte de ma chambre et une mauvaise odeur m'accueille. J'ouvre mon armoire et prends quelques bagages, juste le nécessaire et tous mes documents administratifs. J'ouvre le coffre de Khalil avec le code qu'il m'avait donné au début de notre mariage. Je sors tous les papiers et les tourne pour voir ceux qui m'intéressent. Khalil ne sait pas à qui il a affaire, ma vengeance serait cruelle. Il m'a pris tout ce qui avait de bon en moi : ma dignité de femme, mes deux grossesses. Je referme le coffre et appelle le gardien pour qu'il fasse descendre mes bagages et les mette dans le coffre de la voiture de Chantal. Cette dernière, dés qu'elle m'aperçoit, m'ouvre la voiture. Une fois assise confortablement, je regarde la maison une dernière fois et demande à mon amie de partir. La voiture s'élance dans la nuit dakaroise laissant derrière elle tant de mauvais souvenirs.
**Khalil**
Je pousse la porte de la chambre essayant de sentir le parfum de ma femme mais ce soir, comme les autres soirs depuis deux semaines, rien. Depuis son retour de la clinique, je l'ai cherché partout mais il semble qu'elle a disparu sans laisser de traces. J'ai mis mes meilleurs hommes sur le dossier mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore de résultat. Ce jour-là, à mon retour du travail, j'ai foncé directement chez moi. Mon ami le docteur Ndaw m'a déjà averti que ma femme est sortie. Depuis une semaine qu'elle est là bas, j'y ai pas mis les pieds rien que pour la voir. Après l'avoir déposé à la clinique, j'ai dit à mon ami de faire ce qu'il sait le plus faire : soigner et fermer les yeux. Je lui donne de l'argent pour ça et il connait ma position dans le pays au cas où il ya fuite. Il s'en occupe personnellement. Depuis lors, je devais prendre des bains mystiques avec Karamoko d'où mon absence auprès de ma femme. Et enfin elle est sortie et depuis lors je n'ai pas de ses nouvelles.
Je m'appelle Khalil Ababacar Sow mais pour faire cours, appelez-moi Khalil. Je suis ministre dans le gouvernement. J'aime le pouvoir sous toutes ses formes et, lors de la défaite de mon parti, le parti du vieux Wade aux élections présidentielles, j'ai joué finement pour me retrouver finalement avec les nouveaux leaders. Je vois la tête de mes ennemis qui disent tchipp c'est un transhumant. Je le suis, comme on dit, il n'y a que les intérêts qui comptent et mes intérêts à moi, c'est le pouvoir et avoir les gens à mes pays. Avant de me marier avec Khadija, j'ai été marié à une cousine qui m'a considéré comme le FMI. On a eu un divorce houleux et la famille a failli se diviser. Trois mois après notre divorce, elle s'est remariée avec un cousin qui était pratiquement mon bras droit. Ça m'a anéanti et je me suis juré de ne plus faire confiance aux femmes et de faire subir à toutes les autres femmes l'humiliation que m'a infligée mon ex femme.
La première fois que j'ai aperçu Rose à la télé, je me suis promis de l'avoir rien que pour moi. J'ai d'abord engagé un détective privé qui l'a suivi pendant un mois et qui m'a rassuré qu'elle n'avait personne dans sa vie. Le reste a été facile. Je me suis arrangé avec son directeur à être son prochain invité dans son émission politique et ensuite je lui ai fait une cours dans les règles de l'art. Aucune femme ne résiste à la galanterie, aux cadeaux hors de prix mais surtout à une présence constante. Je suis beau et j'ai une classe que tous les autres hommes n'ont pas. Je suis vaniteux : tant mieux j'aime être le centre du monde. Je l'ai épousé après m'être assuré qu'elle n'avait pas de parents au Sénégal. D'ailleurs, pour faire court, elle n'a pas de parents car elle ignore tout d'elle excepté sa mère qui a débarqué ici alors qu'elle était mome. Elle a changé de religion et voilà.
Lorsque je l'ai épousé, vu qu'elle animait une émission politique et qu'elle est très appréciée du petit écran, je croyais qu'elle allait faire campagne pour moi mais elle m'a freiné dans mon élan : pour elle jamais de politique. Depuis ce jour, j'ai essayé de lui montrer qui porte le pantalon dans la maison et si elle n'apprécie pas le traitement, eh bien elle peut retourner dans son modeste appartement de deux chambres salon. Je ne pensais pas qu'elle pouvait me quitter mais elle a commencé. Je vais la trouver où qu'elle soit et je lui tirerais la peau des fesses pour lui montrer que le mari se respecte. Dans tous les recoins de Dakar, mes hommes et moi avons cherché. Ce qui rend les recherches difficiles, est le fait qu'elle ne fréquentait pas beaucoup de monde sauf son amie Chantal. Mais celle-ci aussi ne sait pas où elle se trouve d'après elle. Au début, je ne voulais pas la croire mais quand elle a pris un congé d'une semaine pour participer aux recherches, je lui ai accordé le bénéfice du doute surtout que dés le départ, j'ai placé un homme qui la surveille matin et soir sans résultat.
Je m'allonge sur le lit et mon regard tombe sur une grosse enveloppe posée sur la coiffeuse. Je suis fatigué pour aujourd'hui demain je verrai le contenu. Après être sorti de la salle de bain, je vois mon téléphone qui clignote, j'hésite à décrocher car c'est un numéro privé. Ça coupe et ça recommence et je me décide de décrocher.
Moi : Allo !
... : Bonsoir M. Sow. Excusez-moi de vous appeler à cette heure mais depuis ce matin j'essaie de vous joindre sans succès.
Moi : a qui ai-je l'honneur ?
... : je m'appelle Maitre Diop et je suis l'avocate de votre femme.
Moi : A ma connaissance ma femme et moi avons le même avocat donc je ne vous connais pas.
Maitre Diop : je le suis depuis qu'elle m'a engagé pour régler les procédures du divorce.
Moi : divorce ? Je ne comprends pas.
Maitre Diop : je vois que vous n'avez pas encore pris connaissance du dossier que l'huissier vous a transmis.
Moi : quel dossier ?
Maitre Diop : dans le dossier il ya les termes du divorce voulu par ma cliente et il ya un autre dossier qui se trouve à l'intérieur et c'est pour vous.
Moi : Maitre mon avocat vous contactera dés demain mais sachez que je ne signerai pas ce divorce.
Maitre Diop : on en reparlera. Sur ce M. Sow je vous souhaite une bonne nuit.
Il raccroche. Ce Maitre Diop ne va plus jamais plaider au Sénégal. Il a défendu la mauvaise personne. Comment Khadija a –t-elle pu m'envoyer un avocat pour demander le divorce ? Je lui ai laissé trop de liberté et il est temps que ça cesse. Je me lève pour aller voir l'enveloppe sur la coiffeuse car je soupçonne que c'est le dossier dont me parle l'avocat de ma femme. Elle se croit malin, eh bien le réveil va être catastrophique pour elle. Je vais lui pourrir la vie au point qu'elle demandera grâce. Parole de Khalil ! J'ouvre l'enveloppe et je lis les fameux termes du soi-disant divorce. Elle exige le divorce sans pension ni rien. Même si elle le veut, elle n'aura aucun franc de moi. Elle a été tellement incapable au point de perdre deux grossesses suite à de simples petits coups. Elle a glissé dans le dossier une autre petite enveloppe et quand je l'ouvre mon cœur a raté un battement. Il ya des photos de moi avec de jeunes filles dont j'ai oublié le nom. J'avais envie de changer et je me suis trouvé des minettes vierges sur ordre de Karamoko. Il devait avec le sang de vierge m'assurait une puissance éternelle. Comment Khadija a-t-elle pu avoir ces photos ? Elle me menace de les publier sur le net et de donner ça à tout ce que le pays compte comme journalistes si je ne lui accorde pas le divorce sans problèmes. Depuis quand Khadija joue-t-elle à ce jeu ? Toute la nuit, je me retourne dans le lit sans trouver de sommeil. J'ai toujours trouvé des solutions à mes problèmes mais là ma femme m'a touché au plus fort de moi. Comment un homme de mon rang peut-il gérer cela ? Je suis une autorité dans ce pays et j'occupe un poste stratégique. Je ne me vois pas vivre ma vie et surtout avec de pareilles photos sur la toile. Je me suis battu pour en arriver là où j'en suis et rien ni personne ne doit me le gâcher.
****Partie3****
**Rose Khadija**
Il semble que j'ai réussi à semer les hommes de mon mari. En partant, j'ai bien mis en évidence mon passeport diplomatique et je suis partie sans laisser de trace. Excepté mon amie, mon plus qu'amie Chantal, personne ne sait où je me trouve. Depuis que j'avais commencé à travailler à la télé comme présentatrice de journal, je n'ai pratiquement pas pris mes congés. Donc, lors de ma deuxième fausse couche, j'ai appelé le directeur pour un congé sabbatique et il a été très compréhensif. Il m'a assuré de retrouver mon poste quand je voudrais. Actuellement, c'est le dernier de mes soucis car je pense surtout à me stabiliser dans un endroit calme et me reconstruire. J'ai été victime de violences conjugales pendant un temps si long que j'ai perdu en cours de route l'estime de moi-même. Cependant, j'ai de la volonté et je veux que cet homme qui a su abusé de moi impunément aille le payer car je ne veux pas qu'une autre femme vive ce que j'ai vécu.
Le jour de ma sortie de la clinique, j'avais déjà en tête ce que je devais faire mais il fallait le faire avec lucidité car je ne voulais pas échouer. Dés que je suis arrivée à la maison, j'ai ouvert son coffre car le code je l'avais déjà et il ne l'a jamais changé. J'ai pris tous les documents qui s'y trouver car je n'avais pas le temps de faire le tri et cette option est très bénéfique pour moi. Non seulement Khalil détourne l'argent du contribuable mais il est aussi dans le trafic de drogue. J'ai toujours su que c'est un salaud de la pire espèce mais de là à tremper dans ces choses, ça me dépasse.
Après avoir quitté le Sénégal, j'ai pris un avion et je suis allée directement en Guinée le temps de me reposer et de brouiller les pistes. Après la Guinée, j'ai fait un petit détour par le Togo mais je n'ai pas duré car je ne connais rien là bas. Dés que ma vie sera un peu plus calme, je prendrais les mesures nécessaires pour retrouver mes racines. Mon périple m'a conduit à travers de nombreux pays africains que j'ai toujours voulu connaitre mais par manque de temps et de volonté, je n'avais pas pu faire cela. L'héritage de Karl m'a beaucoup aidé car j'ai dépensé sans compter. Le compte que j'avais ouvert lorsque je suis repartie au Sénégal je l'ai vidé avant de quitter et il yavait une jolie somme. Dés que j'ai commencé à bosser comme journaliste vedette, je percevais un bon salaire et je ne dépensais pas beaucoup, un peu en habillement car les boutiques et les créateurs m'habillaient de la tête aux pieds. J'aime m'habiller classe et chic mais je n'aime pas trop gaspiller l'argent aussi. Bien que je sois à l'aise financièrement parlant, si ce n'est pas le travail, je me fonds dans la masse tellement je suis simpliste.
Après avoir passé plus de trois mois en Afrique à faire le tourisme, je suis finalement allée aux Etats Unis où j'ai une maison appartenant à la famille de mon défunt mari depuis trois générations. Je n'ai pas voulu retourné au Canada car je sais que c'est le premier endroit que Khalil pensera à me chercher. Je prends souvent contact avec mon avocat qui me renseigne sur l'état d'avancement de mon divorce. Au début, Khalil ne voulait pas me l'accorder mais j'ai appris sous son ombre à jouer à la mesquine donc j'ai tapé fort en lui donnant des photos de lui avec deux jeunes filles qui sont probablement mineures. J'ai toujours su que j'aurais besoin d'un jour ou l'autre de moyens de pression sur lui et j'ai mis à son insu deux caméras dans la maison : une dans la chambre conjugale et une dans le salon. Il me croyait tellement naïve mais la guerre ne fait que commençait. Le divorce traine certes mais c'était prévisible : un divorce n'est jamais rapide mais je sais que s'il se décide, Khalil peut l'obtenir rapidement.
Dés mon installation et ma prise de repères, j'ai recommencé des études de communication. Ma vie est devenue si terne en ce moment que je cherche par tous les moyens à la meubler. Au moins les études me comblent de joie de par les connaissances mais aussi les contacts humains que je me fais. Un professeur m'a conseillé dés mon arrivée de suivre les relations internationales comme études et puisque j'ai la chance de parler quatre langues : le français, l'anglais, l'allemand et l'espagnol, je peux y réussir. Donc voilà un an que je me fais mon bonhomme de chemin et je suis fière de moi.
**Chantal**
Mon amie Rose vient de raccrocher avec moi. Elle me manque tant. Elle est ma meilleure amie et c'est la seule avec qui j'avais relations très cordiales à la télé. Chaque jour, les techniciens et autres animateurs me chahutent me disant que mon binôme m'a laissée. Je rigole et je laisse passer. Puisque je suis supposée ignorer où elle se trouve, quand quelqu'un parle d'elle, je fais l'ignorante. Son mari a beaucoup d'influence et de connaissances donc je ne veux pas prendre de risque qu'il sache où elle se trouve. Au début, après le départ de Rose, il appelait tous les deux jours pour savoir si j'ai des nouvelles et devant ma réponse négative, il raccrochait. Maintenant, il appelle toutes les semaines et ça commence à durer son dernier appel. Si je ne le connaissais pas aussi bien, j'allais avoir pitié de lui mais je sais le monstre qui se cache derrière ses costumes coupées sur mesure. A le voir, on le donne le titre de samaritain de l'année mais rien.
J'ai finalement cherché un nouveau puce téléphonique qui n'est pas enregistré sur mon nom rien que pour discuter avec Rose. J'ai été deux fois suivie après le boulot par un inconnu et dés que je me rapproche de chez moi, il disparait. Ça m'a foutu une peur bleue mais le comble est quand j'ai été agressée et mon portable volé. Mon agresseur n'a rien volé d'autre si ce n'est mon téléphone et il m'a lancé mon sac après. Heureusement que la carte Sim que j'utilise avec Rose reste toujours à la maison dans un endroit insolite. Je ne sais pas ce que cherche Khalil, car je sais que c'est lui le coupable de tout ça mais s'il veut passer par moi, il n'aura jamais aucune nouvelle de sa femme.
Un an qu'elle est parti et elle a réussi à se reconstruire des maltraitances subies. Elle a recommencé à fréquenter les autres car, au début, elle ne voulait plus avoir de contact avec les autres mais elle a mis sur pied avec une américaine une agence de chargé de communication. D'après ce qu'elle m'a dit, la boite commence à marcher et ils ont une certaine réputation dans le milieu de la politique. Eh oui, elle a appris sous l'ombre de son mari et elle sait comment marchent les politiciens donc qui est mieux placée qu'elle pour conseiller les politiciens.
**Khalil**
J'ai fini par mettre en stand by les recherches de ma femme. Non seulement ça me fait perdre du temps, mais de l'argent aussi. Dernièrement, j'étais tellement concentré dessus que je n'ai plus fait mon travail correctement. Il a fallu que mon directeur de cabinet me dise ce qui se suçote dans les couloirs pour que je fasse une prise de conscience. Les gens commencent à parler depuis qu'ils ne voient plus ma femme à la télé. Les rumeurs ont été amplifiés par un site internet qui a mis à la une notre photo de mariage coupée en deux en posant la question à savoir si notre couple tient toujours vu que madame n'est plus au Sénégal d'après leurs sources. Si je savais qui renseigner les journalistes au sujet de moi, il passerait un mauvais quart d'heure entre mes mains. Il faut que je voie le plus rapidement Karamoko car mes ennemis sont dans mon entourage. La fois passée, le président m'a remonté les bretelles car les audits que l'inspection générale de l'Etat m'a épinglé pour un marché public. Je regarde l'heure et puisqu'il fait nuit, je prends mon sac et mon ordinateur pour quitter le bureau. Demain, j'ai conseil des ministres et le reste de la journée, je dois aller voir des militants de la base. Les élections législatives pointent à l'horizon et le président, tel que je le connais, celui qui perdra sa base perdra son poste. Et je n'ai pas transhumé pour perdre mes privilèges.
Une fois chez moi, je trouve Kiné, ma maitresse du moment. Elle a déjà préparé un bon diner que je ferai honneur après une bonne douche. Je l'ai rencontré lors d'un diner de gala et depuis lors, elle s'est installée chez moi. A croire qu'elle n'a pas de parents qui s'inquiètent pour elle. Je me demande ce que leur disent leurs filles quand elles découchent et à plus forte raison quand elles habitent chez un homme qui ne s'est pas présenté officiellement à eux. Je dine tranquillement mais avant de finir, Alioune, un ami d'enfance m'appelle. On discute un long moment et avant de raccrocher, il me pose une question qui me rend nerveux.
Alioune : as-tu lu les informations sur le net ?
Moi : les informations sur le net ? Non. Depuis ce matin je n'ai pas eu le temps car j'étais trop occupé. Pourquoi cette question ?
Alioune : un site people a annoncé détenir une vidéo d'un ministre avec deux filles mineures et les initiales sont A.S.
Moi : mes initiales sont K.A.S et je ne suis concerné d'aucune manière par cette histoire. Tu me connais mieux que ces torchons qui se disent journaux en ligne.
Alioune : je suis rassuré car depuis lors je ne suis arrivé à faire rien du tout car passant à toi.
Moi : t'inquiète mon frère, je suis clean.
Dés qu'Alioune a raccroché, je me suis précipité de me connecter pour voir l'article en ligne. C'est en sueur que j'ai fermé mon ordinateur.
« Un ministre, A.S, filmé à son insu avec deux filles mineures vierges. Le ministre en question est marié et occupe un poste stratégique dans le gouvernement. C'est un transhumant de la première heure de la seconde alternance du Sénégal. La vidéo dont nous détenons une copie vous sera diffusée prochainement. Où va le pays avec de tels dirigeants ? Espérons que le président prenne les mesures nécessaires pour cette affaire car il est inacceptable d'avoir des pédophiles dans le cercle du président. »
Si ce n'est pas moi, ça y ressemble de trop je dirais. Excepté ma femme, personne n'est au courant de cette histoire et je sais qu'elle ne fera jamais cela. Non je m'inquiète pour rien, ça ne peut pas être moi.
Le lendemain, avant même de me lever du lit, je reçois un appel d'un journaliste qui me dit détenir une vidéo de moi. Je lui donne rendez-vous sur la corniche dans ma voiture pour régler cette histoire.
Je saute le petit déjeuner préparé par Kiné pour sortir directement. J'ai des choses beaucoup plus urgentes que de manger. A l'heure du rendez- vous, les gars se pointe et m'annonce tout de go qu'il a une autre copie et que s'il lui arrive quelque chose, ça va être publiée. Je lui donne l'argent qu'il me demande et m'apprête à partir quand il me dit qu'on se reverra bientôt. Je comprends que je suis dans une chambre noire sans lumière et que la seule responsable de cet état s'appelle Khadija.
**Khadija Rose**
Khalil doit avoir reçu mon cadeau empoisonné et ce n'est que le lancement, le film n'a même pas encore commencé. Je demande le divorce depuis plus d'un an et il fait trainer les choses. Je ne voulais pas commencer par de telles extrémités mais je veux me débarrasser de tout ce qui me rappelle ce salaud et notre mariage est en première ligne. Il veut m'empêcher d'avancer dans la vie mais j'ai des atouts qu'il ne soupçonne même pas l'existence. J'ai des contacts dans le milieu des journalistes car étant un des leurs. J'ai juste envoyé le dossier à Chantal qui s'est chargée de placer anonymement le fichier à mes collègues qui gèrent les sites d'informations en ligne et le tour est joué. En ce moment, je sais que Khalil est sur des charbons ardents car il se sait viser. Je ne le lâcherai pas tant qu'il ne sera pas à genou devant moi me suppliant de l'épargner. Je vais commencer par détruire son image et quand il ne sera plus rien du tout, je repartirai au Sénégal pour l'affronter les yeux dans les yeux, à armes égales. Je souris à moi-même et c'est avec cet air que me trouve Kelly, ma partenaire d'affaires.
Elle : oh on dirait qu'il ya quelqu'une qui est contente ce matin !
Moi : si on veut on peut le dire.
Elle : et qu'est ce qui te rend si joyeuse ce matin ? Non laisse moi deviner. Tu as gagné à la loterie ?
Moi : que tu es drôle ! Je suis juste contente car le boulot ça va et quoi de mieux que de réussir ce qu'on commence ?
Elle : si tu le dis, je te laisse croire que c'est ça mais j'ai ma petite idée dessus.
Moi : arrête de penser à ma place Kelly.
Elle : ok je te laisse sur ce avec le dossier de notre opposant ougandais. Il veut rentrer et il demande nos précieux conseils.
Moi : je m'en occupe. Que fais-tu de ta matinée ?
Elle : récupérer notre nouvelle star de la chanson au tribunal.
Moi : celle-là n'a pas besoin de conseils mais de fessées. Elle n'arrête pas d'accumuler les bêtises depuis qu'elle est subitement riche et populaire.
Elle : quand elle s'en sortira, j'espère juste qu'elle va changer.
Moi : chasser le naturel.....