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Vendue à l'Alpha

Vendue à l'Alpha

Auteur:: plume htn
Genre: Loup-garou
La veille de son mariage, Lyana découvre l'inimaginable : son fiancé la trahit avec sa propre sœur. Le cœur brisé, elle quitte la meute, cherchant désespérément une échappatoire. Dans un acte irréfléchi de vengeance, elle s'approche de Draven Nightshade, l'Alpha le plus redouté des territoires voisins, connu pour sa férocité et sa soif de pouvoir. Sans réaliser les conséquences, elle offre sa vie en échange d'une alliance qui pourrait ruiner son ancien fiancé. Mais Lyana ignorait qu'en se vendant à Draven, elle entrait dans un monde bien plus dangereux. L'Alpha semble obsédé par elle dès leur première rencontre. Pourquoi ses yeux brillent-ils d'une lueur étrange chaque fois qu'il la regarde ? Pourquoi affirme-t-il qu'elle est liée à une ancienne prophétie concernant le futur de toutes les meutes ? Alors qu'elle tente de comprendre ce qu'il attend réellement d'elle, des événements inexplicables se produisent : des attaques sauvages à la frontière, des rêves troublants d'une meute disparue depuis des siècles, et un étrange pouvoir qui s'éveille en elle. Draven est-il sincère dans sa volonté de la protéger, ou l'utilise-t-il comme une arme dans une guerre imminente ? « Lyana, tu es plus qu'une simple louve. Tu es ma lune, mon destin. » Destin ? Prophétie ? Elle n'est qu'une simple louve rejetée par sa meute ! Alors pourquoi l'Alpha le plus redouté semble-t-il prêt à détruire quiconque ose l'éloigner de lui ? Et surtout, que se passera-t-il lorsqu'elle découvrira la vérité sur son propre passé ? Prise dans une spirale de secrets, de passion et de trahisons, Lyana devra décider : fuir cet Alpha dangereux ou embrasser un destin qui pourrait bien condamner toutes les meutes... ou les sauver.

Chapitre 1 Chapitre 1

Je me souviens encore du parfum des lys blancs. Leur odeur douce et sucrée flottait dans l'air, mêlée à celle de la terre humide après la pluie du matin. Les fleurs ornaient chaque recoin de la maison principale de la meute, préparées avec soin par les louves pour la cérémonie. On m'avait dit que les lys symbolisaient la pureté, le renouveau. Je devais m'en réjouir, mais au fond de moi, une étrange mélancolie m'enveloppait. Ce jour-là, tout était censé être parfait. Pourtant, il y avait cette ombre, une sensation sourde que quelque chose allait s'effondrer.

J'avais passé la matinée à sourire mécaniquement, à répondre aux félicitations des membres de la meute. Chaque regard était chargé d'attentes, comme si mon union avec Darek allait résoudre tous les maux du monde. Ils voyaient en lui un Alpha en devenir, un leader charismatique capable de protéger et de guider. Et moi, j'étais la future Luna, celle qui devait l'épauler, le compléter. Cette vision aurait dû m'apporter de la fierté. Mais dans mon cœur, il y avait un vide. Un espace froid que je n'arrivais pas à combler, même en me convainquant que j'aimais Darek.

En fin d'après-midi, je me suis retrouvée seule dans ma chambre, à observer ma robe blanche accrochée près de la fenêtre. La lumière du soleil couchant jouait sur le tissu, créant des reflets dorés qui me fascinaient. C'était une belle robe, simple mais élégante, cousue à la main par une louve âgée qui avait consacré des semaines à ce chef-d'œuvre. En la regardant, je me suis demandé si cette perfection n'était pas un mensonge, une façade cachant des fissures invisibles.

Un bruit dans le couloir m'a tirée de mes pensées. C'était une conversation animée, suivie de rires. Je reconnaîtrais cette voix entre mille : Darek. Mon cœur a bondi. Peut-être venait-il me voir, enfin. Ces derniers jours, il avait été distant, prétextant les préparatifs ou des affaires importantes. J'avais mis cela sur le compte du stress. Après tout, unir deux meutes n'était pas une mince affaire. Mais cette distance avait laissé place à une incertitude, un doute qui me rongeait.

Je suis sortie de ma chambre, poussée par une impulsion que je ne comprenais pas. Les rires s'étaient éloignés, montant à l'étage supérieur. Mes pieds m'ont guidée presque malgré moi, montant les escaliers de bois qui craquaient sous mon poids. Chaque pas me rapprochait d'une vérité que je n'étais pas sûre de vouloir connaître. En arrivant devant la porte de la chambre de Darek, j'ai entendu un murmure étouffé, suivi d'un éclat de rire. Ce rire... Il m'a frappée comme une lame. C'était celui d'Aria, ma sœur.

J'ai posé ma main sur la poignée, hésitant une seconde avant de pousser la porte. Ce que j'ai vu à cet instant a brisé quelque chose en moi. Darek se tenait près du lit, son torse nu illuminé par les derniers rayons du soleil. Ses bras entouraient Aria, leurs visages proches, leurs regards complices. Il y avait dans leur proximité une intimité que je ne pouvais nier. Aria portait un sourire que je ne lui avais jamais vu, un mélange de triomphe et de passion. Elle caressait doucement le visage de Darek, et lui murmurait quelque chose que je n'ai pas entendu. Mon souffle s'est coupé.

- Darek ? ai-je réussi à articuler, ma voix tremblant.

Ils se sont figés. Aria s'est tournée vers moi, son sourire disparaissant aussitôt. Elle avait l'air surprise, mais pas coupable. Non, dans ses yeux, je n'ai vu que de la défiance, comme si elle se moquait de ma douleur. Darek, lui, a baissé les yeux, incapable de soutenir mon regard. Ce silence, cet instant suspendu, a duré une éternité.

- Lyana, ce n'est pas... a commencé Darek, mais je l'ai coupé.

- Pas ce que je crois ? ai-je craché, sentant les larmes monter. Alors, explique-moi. Explique-moi pourquoi toi, mon fiancé, es dans les bras de ma propre sœur à la veille de notre mariage.

Il n'a rien répondu. Aria, en revanche, a pris la parole, sa voix tranchante.

- Peut-être parce qu'il ne t'aime pas vraiment. Peut-être parce que toi et moi, on sait qu'il mérite mieux.

Son ton m'a glacée. Comment pouvait-elle dire cela ? Comment pouvait-elle trahir sa propre sœur avec une telle froideur ? J'ai cherché une once de regret dans ses yeux, mais il n'y avait rien. Juste de la fierté, comme si elle savourait sa victoire.

Je n'ai pas attendu une réponse de Darek. Il avait déjà dit tout ce que je devais savoir par son silence. Sans un mot de plus, j'ai tourné les talons et quitté la pièce. Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser. Les larmes coulaient librement sur mes joues alors que je descendais les escaliers. Chaque regard croisé dans le couloir me semblait accusateur, comme si tout le monde savait, comme si leur complicité dans cette trahison m'étouffait.

Je suis sortie à l'air libre, cherchant à fuir cette maison qui était devenue un tombeau. Le vent froid de la nuit m'a frappée, mais je n'ai pas ralenti. J'avais besoin de m'éloigner, de m'échapper. Où, je ne savais pas encore. Tout ce que je savais, c'était que je ne pouvais plus rester ici. Pas après ce que j'avais vu. Pas après ce qu'ils m'avaient fait.

En passant près des écuries, j'ai pris un cheval, une jument noire que j'aimais particulièrement. Elle semblait sentir ma détresse, car elle n'a pas résisté lorsque je l'ai sellée à la hâte. En quelques minutes, j'étais sur son dos, galopant à travers les bois qui bordaient notre territoire. Chaque battement de ses sabots contre le sol résonnait en moi comme un écho de ma colère et de ma peine.

Les arbres défilaient autour de moi, leurs silhouettes sombres se balançant sous la lumière de la lune. Je ne savais pas où j'allais, mais cela n'avait pas d'importance. Tout ce qui comptait, c'était de m'éloigner de ce cauchemar, de mettre le plus de distance possible entre moi et eux. Mes pensées tourbillonnaient, un mélange de souvenirs heureux et de douleur vive. Comment en étions-nous arrivés là ? Quand Aria avait-elle décidé que je n'étais plus sa sœur, mais une ennemie ? Et Darek... Avait-il jamais vraiment tenu à moi ?

Après ce qui m'a semblé des heures, j'ai ralenti. La jument soufflait bruyamment, et je savais que je ne pouvais pas la pousser davantage. Je me suis arrêtée dans une clairière, le silence de la nuit m'enveloppant. Descendant de ma monture, je me suis laissée tomber à genoux, les mains dans la terre froide. Les larmes ont recommencé à couler, mais cette fois, il n'y avait personne pour les voir. Personne pour juger ma faiblesse.

- Pourquoi ? ai-je murmuré, ma voix se perdant dans l'obscurité. Pourquoi moi ?

Le vent a soufflé, froid et impitoyable, comme une réponse silencieuse. Je me suis laissée aller, pleurant tout ce que je n'avais jamais osé montrer. La douleur, la trahison, la solitude... tout s'est déversé en moi comme une vague dévastatrice.

C'est alors que j'ai entendu des voix. Faibles, presque indistinctes, mais suffisamment proches pour attirer mon attention. Je me suis relevée, essuyant mes larmes d'un geste rapide. En m'approchant discrètement, j'ai aperçu un groupe d'hommes autour d'un feu de camp. Leur allure n'était pas celle de simples voyageurs. Ils portaient des vêtements usés mais pratiques, leurs visages marqués par des cicatrices et une dureté que je ne connaissais pas.

Je me suis cachée derrière un arbre, tendant l'oreille. L'un d'eux parlait, sa voix grave et rauque.

- Draven Nightshade ne va pas attendre. Il veut une réponse, et il la veut maintenant.

Le nom m'a fait frissonner. Draven Nightshade. Un Alpha dont on racontait les pires histoires. On disait qu'il régnait sur son territoire avec une poigne de fer, impitoyable envers ses ennemis et même ses alliés. Certains prétendaient qu'il était maudit, que sa soif de pouvoir n'avait pas de limites. Mais il était aussi redouté, et pour cause : aucune meute n'avait jamais osé défier son autorité sans en payer le prix.

- Tu crois qu'il va nous aider ? a demandé un autre homme, plus jeune. On n'est rien pour lui.

- Si on a ce qu'il veut, il écoutera, a répondu le premier. Et ce qu'il veut, c'est le chaos.

Le chaos. Ce mot a résonné en moi, comme une promesse dangereuse mais tentante. Peut-être que c'était ce dont j'avais besoin. Pas de pardon, pas de réconciliation. Juste une opportunité de tout détruire, comme ils avaient détruit ma vie.

Je suis restée cachée, écoutant chaque mot, chaque détail sur cet Alpha qui semblait incarner tout ce que je redoutais et désirais à la fois. Et pour la première fois depuis que j'avais quitté la maison, une idée a germé en moi. Une idée folle, dangereuse, mais étrangement libératrice. Si je ne pouvais pas me venger seule, peut-être qu'un Alpha comme Draven Nightshade pourrait m'aider.

C'est ainsi que, dans l'obscurité de cette clairière, ma décision s'est scellée. Mon avenir n'appartenait plus à ma meute, à Darek, ou à Aria. Mon avenir, je le construirais avec mes propres mains, quitte à brûler tout ce qui se trouvait sur mon chemin.

Chapitre 2 Chapitre 2

Lyana guida sa monture à travers la forêt sombre, le craquement des branches sous les sabots résonnant comme un murmure inquiétant dans l'immensité silencieuse. Les arbres autour d'elle semblaient vivants, leurs branches torsadées formant des ombres menaçantes sous la lumière blafarde de la lune. Chaque souffle de vent portait avec lui des bruits indistincts, comme des voix étouffées, et un frisson constant lui parcourait l'échine. Elle n'avait jamais mis les pieds sur ce territoire, mais les rumeurs suffisaient à nourrir sa peur.

Draven Nightshade. Le simple nom de cet Alpha suffisait à glacer le sang de quiconque l'entendait. Il était décrit comme un tyran, un maître des ténèbres dont la cruauté n'avait d'égal que sa puissance. Mais pour Lyana, il représentait autre chose : une chance, une échappatoire, une arme capable de briser ceux qui l'avaient trahie. Pourtant, à chaque pas qu'elle faisait vers lui, une question lui revenait en boucle. Avait-elle fait une erreur en venant ici  ?

Elle s'arrêta au bord d'un ruisseau, la jument soufflant bruyamment, fatiguée par le voyage. L'eau scintillait faiblement, mais son reflet lui parut étrangement trouble, comme si le ruisseau refusait de lui renvoyer une image claire d'elle-même. Lyana tendit la main pour toucher la surface, mais un bruit sourd derrière elle la fit sursauter. Elle se retourna brusquement, son cœur battant à tout rompre.

- Qui va là  ? lança-t-elle, sa voix plus forte qu'elle ne l'aurait cru.

Aucune réponse. Seulement le bruissement des feuilles, comme si la forêt elle-même lui répondait. Elle se redressa, cherchant à distinguer une silhouette parmi les ombres, mais il n'y avait rien. Juste une sensation oppressante, comme si des yeux invisibles étaient braqués sur elle.

Rassemblant son courage, elle reprit son chemin, franchissant le ruisseau pour pénétrer plus profondément dans le territoire de l'Alpha. Chaque pas semblait la mener plus loin de tout ce qu'elle connaissait, vers un monde où les règles étaient dictées par un seul homme. Une étrange lumière rougeâtre, vacillante, apparut entre les arbres, et elle guida sa jument dans cette direction, espérant que c'était là qu'elle trouverait Draven.

Lorsqu'elle arriva enfin à la clairière, elle s'arrêta net, saisie par ce qu'elle voyait. Un immense cercle de pierres se dressait au centre, chacune gravée de symboles anciens qu'elle ne reconnaissait pas. Des torches plantées dans le sol projetaient une lumière vacillante, et au milieu se tenait une silhouette. Draven.

Il était exactement comme les rumeurs le décrivaient, et pourtant bien plus impressionnant. Grand, imposant, il dégageait une aura de danger palpable. Ses cheveux noirs tombaient en mèches épaisses autour de son visage, et ses yeux... Ses yeux brillaient d'une lumière surnaturelle, un mélange d'or et de rouge qui semblait percer directement à travers elle. Il était vêtu de noir, un manteau long et épais accentuant sa silhouette.

Lyana descendit de sa monture, ses jambes tremblantes sous le poids de son appréhension. Elle sentit le regard de Draven sur elle, intense, presque suffocant. Il ne bougeait pas, se contentant de l'observer, comme un prédateur jaugeant sa proie.

- Tu as du courage, ou peut-être es-tu simplement folle, dit-il enfin, sa voix grave résonnant dans la clairière comme un grondement.

Elle inspira profondément, essayant de calmer les battements affolés de son cœur.

- Je viens avec une proposition, répondit-elle, sa voix ferme malgré la peur qui nouait sa gorge.

Il haussa un sourcil, l'ombre d'un sourire effleurant ses lèvres.

- Une proposition  ? Intéressant. Continue.

Lyana serra les poings, puis se redressa, affrontant son regard.

- Je veux une alliance. Mon ancienne meute m'a trahie. Mon fiancé, celui qui devait m'épouser demain, m'a humiliée de la pire des façons. Je veux les voir souffrir. Et je sais que tu peux m'aider à obtenir ma vengeance.

Draven resta silencieux un instant, son regard scrutant chaque détail de son visage, comme s'il cherchait à lire dans son âme.

- Pourquoi crois-tu que cela m'intéresserait  ? demanda-t-il enfin, sa voix teintée d'une curiosité feinte.

- Parce que je n'ai rien à perdre, et toi, tu as tout à gagner.

Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait dire par là, mais les mots semblaient sortir d'eux-mêmes. Draven pencha légèrement la tête, amusé par sa réponse.

- Tu es audacieuse, je te l'accorde. Mais si je devais accepter, qu'est-ce que tu m'offrirais en échange  ?

Lyana sentit sa gorge se serrer. Elle savait qu'il poserait cette question, mais y répondre la terrifiait.

- Moi, dit-elle enfin, sa voix presque un murmure. Mon allégeance, ma vie, tout ce que je suis.

Un silence pesant s'installa, seulement interrompu par le crépitement des torches. Draven fit un pas en avant, réduisant la distance entre eux.

- Toi, répéta-t-il, son ton indéchiffrable. Tu es prête à te vendre pour obtenir ta vengeance  ?

- S'il le faut, oui, répondit-elle sans détour, ses yeux plantés dans les siens.

Un sourire apparut sur le visage de l'Alpha, mais il n'avait rien de chaleureux.

- Très bien, dit-il enfin. Je vais t'accorder mon aide, mais à mes conditions.

Lyana sentit un mélange de soulagement et de peur monter en elle.

- Quelles conditions  ? demanda-t-elle.

Draven s'approcha encore, si près qu'elle pouvait sentir la chaleur de son corps.

- Premièrement, tu restes ici, sous ma protection, jusqu'à ce que j'aie décidé que tu es digne de ma confiance. Deuxièmement, tu devras accomplir une tâche pour moi, une tâche qui prouvera ta loyauté. Enfin, tu m'appartiens. Tes décisions, tes actions, même tes pensées... tout m'est redevable.

Chaque mot était prononcé avec une lenteur calculée, comme s'il voulait s'assurer qu'elle comprenait bien ce qu'elle acceptait.

- Et si je refuse  ? murmura-t-elle, sa voix tremblante.

Draven se pencha légèrement, un éclat menaçant dans ses yeux.

- Alors tu n'auras ni protection, ni vengeance. Et crois-moi, petite louve, le monde hors de ces terres est bien plus cruel que tu ne l'imagines.

Lyana déglutit, son regard ne quittant pas celui de l'Alpha. Elle savait qu'elle venait de franchir une frontière invisible, un point de non-retour.

- J'accepte, dit-elle finalement, sa voix brisant le silence comme un coup de tonnerre.

Draven se redressa, satisfait.

- Alors c'est réglé. Bienvenue dans mon monde, Lyana.

Il fit un signe de la main, et deux silhouettes émergèrent de l'obscurité, des loups aux regards perçants et à la carrure imposante.

- Emmenez-la dans ses quartiers, ordonna-t-il. Nous avons beaucoup à discuter, mais ce sera pour demain.

Lyana suivit les deux hommes sans protester, le cœur lourd mais étrangement calme. Elle savait que sa décision la liait à cet Alpha énigmatique, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander si elle avait fait le bon choix.

Alors qu'ils s'éloignaient, elle sentit le regard de Draven sur elle, brûlant comme une flamme dans l'obscurité.

Chapitre 3 Chapitre 3

Je me tenais là, au cœur d'un territoire qui n'était pas le mien, entourée de loups qui me fixaient comme si j'étais une intruse, une ennemie infiltrée dans leur sanctuaire. L'air était lourd, presque étouffant, chargé d'une tension palpable qui semblait s'infiltrer dans ma peau et peser sur ma poitrine. Chaque pas que je faisais résonnait comme une déclaration de guerre silencieuse. J'étais seule, plus que jamais, et pourtant, je ne pouvais me permettre de flancher.

Les premières heures dans la meute de Draven avaient été une épreuve en soi. Je n'avais pas eu besoin de mots pour comprendre que je n'étais pas la bienvenue. Chaque regard, chaque murmure à peine audible entre les loups de sa meute me rappelait que je n'étais pas des leurs, que je n'étais qu'une intruse dans un univers qui m'était totalement étranger.

Ils étaient grands, imposants, tous marqués par une discipline rigoureuse et une force brute qui transparaissait dans chacun de leurs gestes. Les cicatrices sur leurs corps parlaient de batailles, de luttes incessantes pour protéger leur territoire ou pour survivre dans un monde qui ne leur laissait aucun répit. Et moi, dans ma fragilité apparente, j'étais une anomalie, une fissure dans leur équilibre.

J'aurais voulu fuir. L'idée me traversa l'esprit plus d'une fois. Mais où  ? Vers qui  ? Je n'avais plus rien derrière moi, seulement les cendres d'un passé que je ne pouvais plus regarder sans sentir mon cœur se serrer. Avancer était ma seule option, même si chaque pas semblait m'éloigner un peu plus de moi-même.

Un homme - un loup, devrais-je dire - me guida à travers le campement. Son silence était presque plus pesant que les regards des autres. Je remarquais les huttes, les feux de camp, les armes soigneusement entreposées. Tout ici respirait une organisation militaire, une précision implacable.

- C'est ici que tu dormiras, dit-il enfin, désignant une petite cabane en bois, rudimentaire mais suffisamment isolée pour que je comprenne qu'on ne voulait pas de moi près des autres.

Je hochai la tête, n'ayant pas la force de répondre. Lorsque la porte se referma derrière moi, un profond soupir m'échappa. L'intérieur était spartiate, une simple paillasse dans un coin, une table bancale et une chaise. Pas de fenêtres. Juste quatre murs qui me donnaient l'impression d'être emprisonnée.

Je me laissai tomber sur la chaise, les bras croisés autour de moi comme pour me protéger de quelque chose d'invisible. Mon esprit était en ébullition, mais mes pensées s'entremêlaient, formant un nœud impossible à démêler. Qu'avais-je fait  ?

Chaque choix que j'avais fait depuis cette nuit semblait me conduire un peu plus profondément dans une obscurité que je ne comprenais pas encore. Tout avait commencé avec cette trahison, ce moment où mon monde avait basculé. Je revoyais leurs visages, ceux de ma sœur et de celui qui aurait dû être mon compagnon. Je revoyais leurs gestes, leurs rires étouffés, leurs murmures complices. Et à chaque fois, une douleur sourde remontait en moi, comme une lame qu'on aurait laissée plantée dans ma poitrine.

Pourtant, il y avait autre chose. Une colère froide, presque paralysante, qui m'avait poussée à franchir des frontières que je n'aurais jamais envisagées. Une colère qui m'avait conduite ici, dans cette meute étrangère, face à cet Alpha dont la réputation seule aurait dû me faire trembler.

Draven.

Je repensai à son regard, à la manière dont il m'avait observée, comme s'il voyait quelque chose en moi que même moi je ne pouvais percevoir. Ses yeux étaient une énigme, brûlants et glacés à la fois, comme s'ils renfermaient un feu prêt à dévorer tout sur son passage. Et pourtant, dans cet éclat menaçant, il y avait une intensité qui me troublait, une profondeur qui me laissait sans voix.

Pourquoi m'avait-il acceptée  ? Qu'avait-il vu en moi pour qu'il me permette de rester, pour qu'il accepte ma proposition insensée  ? Je savais qu'il ne faisait rien sans raison. Chaque mot, chaque geste de sa part semblait calculé, comme un joueur d'échecs qui voyait toujours plusieurs coups à l'avance.

Je secouai la tête, essayant de chasser ces pensées, mais elles revenaient sans cesse. Et avec elles, cette sensation étrange, ce frisson qui parcourait ma peau chaque fois que je croisais son regard.

Un coup à la porte me tira de mes réflexions. Je sursautai, le cœur battant, avant de me lever et d'ouvrir.

Une femme se tenait là, son expression froide et dure. Ses cheveux étaient tirés en arrière, son regard perçant.

- L'Alpha te convoque, dit-elle sans préambule.

Je hochai la tête, sentant une boule se former dans mon estomac.

Elle me guida à travers le camp, et je sentis de nouveau les regards des autres loups sur moi. Ils ne cherchaient pas à cacher leur méfiance, leur hostilité. Chaque pas était une épreuve, un rappel constant que je n'étais pas la bienvenue.

Lorsque nous arrivâmes à la grande tente où se trouvait Draven, mon cœur accéléra. La femme ouvrit la toile, me fit signe d'entrer, puis referma derrière moi, me laissant seule face à lui.

Il était là, assis sur une chaise massive, un verre à la main. Ses yeux me fixèrent immédiatement, et je sentis ce frisson familier me parcourir.

- Approche, dit-il, sa voix résonnant dans l'espace clos.

Je m'exécutai, mes jambes tremblantes malgré moi.

- Comment trouves-tu ma meute  ? demanda-t-il, un sourire en coin.

Je pris une profonde inspiration, cherchant mes mots.

- Elle est... différente de ce que j'ai connu, répondis-je prudemment.

- Différente, répéta-t-il, son sourire s'élargissant légèrement. Oui, je suppose que c'est une façon de le dire.

Il posa son verre, se levant pour s'approcher de moi. Je reculai instinctivement, mais il s'arrêta, levant une main pour m'apaiser.

- Tu as choisi de venir ici, Lyana. Mais ce choix a un prix. Chaque membre de cette meute a prouvé sa loyauté, sa valeur. Et toi  ?

Je baissai les yeux, incapable de répondre.

- Tu n'es pas comme eux, poursuivit-il. Mais il y a quelque chose en toi, quelque chose que même toi, tu ignores encore.

Ses mots me troublèrent profondément. Je relevai les yeux vers lui, cherchant à comprendre ce qu'il voulait dire.

- Qu'est-ce que tu veux dire  ? murmurai-je.

Il s'approcha encore, son regard intense braqué sur moi.

- Tu le découvriras en temps voulu, dit-il simplement, avant de se détourner.

Il revint vers sa chaise, s'assit, puis me fit signe de partir.

Je sortis de la tente, le cœur lourd et l'esprit embrouillé. Qu'avait-il vu en moi  ? Et pourquoi avais-je l'impression qu'il connaissait quelque chose que j'ignorais encore  ?

Cette nuit-là, alors que je m'allongeais sur la paillasse de ma cabane, ces questions tournaient en boucle dans mon esprit. Les regards des loups, la froideur de cette meute, l'intensité troublante de Draven... Tout semblait converger vers quelque chose que je ne pouvais encore saisir.

Et pourtant, malgré la peur, malgré l'incertitude, une étrange détermination s'éveillait en moi. J'avais franchi une ligne. Je ne pouvais plus reculer. Quoi qu'il advienne, je devrais prouver que je méritais ma place ici. Que je méritais ma vengeance.

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