Quatre mois.
Voilà le temps qu'il a fallu à Akmar pour gagner son combat contre la mort et c'était loin d'être une partie de plaisir. En ouvrant les yeux il avait beaucoup de mal à lever les bras. C'était les séquelles qu'avait laissé la balle. Mais c'était un guerrier, et s'il avait pu ouvrir les yeux alors il serait de nouveau capable de tenir son épée.
Un an s'était écoulé depuis son réveil aussi étonnant que réjouissant. Farès avait géré le reste en attendant ou du moins en espérant qu'il se réveille. Il avait eu plus de soutien qu'il aurait cru. Ilyas le servait sans réserve et les conseillers ne contestaient pas ses décisions. Il était le souverain-désigné par Akmar lui-même tout de même.
Qui oserait ! Nabila et son fils étaient sur le point de ruiner totalement les relations du royaume avec les pays étrangers. Farès Il était absolument prudent face aux décision qu'il s'apprêtait à prendre. Il avait tenu bon et a présenté ses débuts de projet à Akmar qui avait dû faire six mois de rééducation. L'enfer, il l'avait déjà vécu. Il était encore en vie et vraiment, il se demandait pourquoi. Il a dû réapprendre à se servir de ses mains et il n'y avait vraiment rien de marrant. De plus, son médecin avait plusieurs fois risqué la mort car faut dire qu'avec le tempérament du Cheikh...
Ce n'était pas une partie de plaisir ni pour l'un ni pour l'autre ! Dès qu'il a été en mesure de tenir son épée, Farès a dû avec le plus grand soulagement Lui rendre sa place. Ses traitements lui mettaient toujours de mauvais poils et Les migraines continues ne l'aidaient pas beaucoup à garder son calme. Il venait de remettre son pays sur les rails et ce n'était pas avec des réjouissances ! Il n'a pas eu le temps de profiter d'une royale convalescence. Il avait beaucoup trop à faire et chaque jour il maudissait un peu plus Ces tyrans qui avaient mis autant le pays en danger ! Enfin capable de régner, il avait dû modifier quelques lois comme la décapitation. Le livre des décapités s'arrêtait aux premiers décapités de Akmar et bien entendu les derniers ! Il ne voulait plus que le sang coule de cette façon. Pas que son cœur s'était soudain adouci, Loin de là! Simplement il trouvait ces méthodes d'exécution archaïques. Il était le nouveau souverain, il devait apporter une Dose nouveauté dans tout ce qu'il faisait. Il se plongeait littéralement dans le travail pour éviter de penser, évider de réfléchir, éviter de Regretter car même si son attitude montrait le contraire, à aucun moment Alayaäna n'était sortie de sa tête ! Sa petite protégée... Cela faisait plus d'un an. Elle avait peut-être commencé une nouvelle vie, elle l'avait peut-être oublié et complètement effacé. Mais lui en avait t'elle voulu de l'avoir laissé partir ? Lui avait-elle pardonné ? Ses questions restées en suspend le tourmentaient jours et nuits, il n'y avait qu'une seule façon de trouver la réponse pourtant il se l'interdisait. Elle était sûrement plus heureuse sans lui... Il se leva immédiatement sourcils froncés et poings serrés. Il n'y avait rien qui pouvait le rendre Plus incontrôlable que d'imaginer Cette femme heureuse aux côtés d'un autre.
Non!
Les conseillers autour de la table ne comprirent pas mais personne n'osa en placer une. Akmar était devenu facilement irritable et extrêmement dangereux. S'éloigner d'Alayaäna Avait été une grande et douloureuse épreuve pour lui. Qui y'aurait cru? C'était incroyable comment il avait été affecté par son départ. Chaque nuit, s'il ne revoyait pas Nabila et Kaïs perdre la vie, et bien ses pensées s'orientaient inévitablement vers Celle qui pénétrait avec une extrême facilité son Cœur en titane. Il s'était juré de la retrouver mais après des récentes épreuves, il se demandait si finalement elle n'était pas mieux sans lui et son indifférence! Il grogna tel un animal, les yeux rivés sur la mère de sable...
Farès- Monseigneur, Vous souhaitez, que cette pièce reste isolée? La voix de Farès orienta ses pensées vers ce plan de rénovation sur la table.
Akmar- Je veux que toute la zone reste isolée. Répondît-Il d'une voix tranchante Avant de sortir.
Depuis son réveil, il n'avait pas bougé du désert. Il ne ressentait pas l'envie de retourner au palais, alors il gouvernait depuis sa royale tente. Peut-être parce que le palais lui rappelait des mauvais souvenirs, ou parce ce désert... cette tente lui rappelait sa bien-aimée Alayaäna...
Vivre avec des souvenirs est une terrible malédiction.
Il voulait rénover entièrement le palais du sol au plafond. Il voulait que cet endroit change d'aura. Mais suffisait-il de quelques travaux pour y effacer toutes les atrocités ? Il l'espérait, mais n'arrivait Toujours pas à se résoudre à redonner vie à l'aile Est. Il avait l'impression qu'il effacerait les souvenirs qu'il avait d'elle, bons ou mauvais il ne voulait pas qu'ils quittent son esprit.
Les travaux touchaient pratiquement à sa fin et il avait finit par accepter qu'on rénove les chambres de cette Aile, ainsi que les couloirs mais la zone du drame, il ne voulait ni qu'on y touche, ni qu'on s'en approche. Pour ça, il était toujours aussi catégorique.
Il s'approche de l'enclos et siffle à Shaykh.
Quelques jours seulement après son rétablissement, il était parti à sa recherche. Ce Cheval était comme une partie de lui : Sombre et indomptable. Ça n'avait pas été facile de dompter de nouveau cet étalon sauvage mais il avait réussi car ils étaient comme connectés.
Il caresse sa crinière avant de repenser de nouveau à Alayaäna. Shaykh l'avait probablement sauvé la vie, mais pourtant il était allé le chercher lui... plutôt qu'elle. De quoi avait-il peur? Qu'elle ne veuille pas de lui? Qu'elle le rejette ?Après tout, c'est comme ça qu'elle avait dû se sentir quand il l'avait renvoyé chez sa sœur ...
Chef- Tu semble toujours aussi perturbé! Remarqua t'il.
Akmar- Arrêtez de jouer au médecin, le jeu est fini depuis bien longtemps.
Chef- Eh bien je n'ai pas cette impression, Tu dors au moins? Depuis que tu t'es réveillé j'ai la nette impression que tu n'as plus jamais fermé l'œil et cela ne me donne pas la satisfaction de savoir que je t'ai guéri.
Akmar se retourna en évitant son regard.
Chef- J'ai l'impression de t'avoir aidé à t'enfoncer!
Le Cheikh lui lança un regard qui renvoyait des éclaires mais Yader ne se tût pas.
Chef - Tu n'as plus jamais remis les pieds au Palais, tu ne t'ai même pas présenté au peuple, tu retarde volontairement ton intronisation, tu refais tout le palais en conservant soigneusement cet espace de prédilection.
Akmar- Qu'est-ce que tu veux Yader! Grinça t'il.
Chef- Je veux comprendre pourquoi tu continue à te punir.
Akmar - J'ai du mal à trouver le sommeil, je suis assez convaincant ? S'emporta t'il.
Yader Expira.
Évidemment qu'il n'était pas du tout convaincant! Il en était même loin. Il était encore tourmenté et ce, par beaucoup de choses! S'il avait réellement du mal à dormir, il aurait demandé une aide médicale, des pilules ou n'importe quoi mais à la place, il se noyait dans son travail, camouflant et refoulant toutes ses émotions !
Chef- Ce que vous faites est loin d'être la solution Akmar.
Akmar - Votre avis sur la question m'intéresse peu! Il passa à côté de lui mais sur le point de s'éloigner :
Yader- Si vous voulez commencer à guérir vous devriez commencer par ramener cette jeune femme que vous avez laissé partir.
Akmar sentît tout son corps se rétracter. Il serra les dents pour éviter de s'énerver et se retourna mais ne pu pas porter la main sur lui. Pas parce qu'il était son aîné, mais parce qu'il avait beaucoup de respect pour ce chef et il se refusait de bafouer ou même insulter son autorité de cette façon.
Akmar - Ne t'avise plus de parler d'Alayaäna! Gronda t'il le regard noir.
Avec cette attitude, il ne fît que confirmer les craintes de Yader. Il ne se rendait sûrement pas compte à quel point le départ de cette jeune femme l'avait fait plonger. Il avait soudainement basculé et pas en mieux. Tout ce qu'il faisait, la torture qu'il s'infligeait c'était pour essayer de se convaincre qu'il n'avait pas besoin d'elle. Mais c'était raté! Ce manque énorme, ce vide immense s'était transformé en une violente Frustration. Il ne parvenait pas à la sortir de sa tête. Il avait besoin d'être Rappelé à l'ordre.
Chef- Vous avez besoin d'elle, vous êtes très attaché à elle c'est évident ! Beaucoup plus que ce que vous croyez et cela vous dépasse et je peux le comprendre. Mais si vous voulez réellement vous faire une idée, vous avez besoin d'elle, vous avez besoin de la voir et de la retrouver. Je sais que vous en brûlez d'envie !
Akmar ne se contrôla pas.
Il avait du mal à accepter la vérité qui était qu'il l'avait probablement perdu. Sa convalescence avait été plus longue et plus pénible qu'il y'aurait cru. Il sait qu'il ne pouvait pas demander à Alayaäna de l'attendre mais du moins... au fond de lui, il espérait qu'elle l'attende. Il ne répondît rien et se contenta de retourner à la tente et vît immédiatement le cahier d'Alayaäna. Grâce à ce tas de feuilles, il se sentait proche d'elle même le temps d'un instant. Il lui avait fait une promesse ... Une promesse qui n'en était pas vraiment une mais une promesse!
Seulement, valait-il la peine qu'il la tienne ? Il prît le cacher dans sa main avant de le ré-déposer. Sa rage et sa frustration devait redescendre. Il ne voulait pas prendre de décision à la hâte.
Mais s'il s'avérait qu'elle soit comblée aux côtés d'un autre homme ? Il serra les poings. Cette idée l'effleurait un peu trop souvent et à chaque fois il se demandait comment il réagirait. Mais il le savait déjà car depuis le début, ce sentiment de possessivité qu'il avait envers Alayaäna lui obstruait son air. Il battrait sûrement cet autre homme à l'agonie ! La jalousie ronge mais la possessivité elle, rend fou et parano et manifestement le Cheikh était les deux...
Nul ne savait de quoi il était absolument capable. De quoi il serait capable pour Récupérer Alayaäna.
________
Akmar tournait les pages encore et encore de plus en plus rapidement et Farès sût qu'il ne regardait même pas les photos. Les rénovations arrivaient son terme et il ne se montrait ni déçu, ni satisfait. Tout ce qui l'intéressait c'était que personne ne touche à la pièce sécurisée... que personne ne s'en approche. Visiblement il n'était pas prêt à se débarrasser de ses douleurs.
Il ferma le dossier puis se mît à tapoter nerveusement ses doigts sur Le Bras du fauteuil, la mâchoire rétractée, front plissée et le regard hagard. Farès remarqua que quelque chose n'allait pas.
Farès - Monseigneur, quelque chose vous tracasse ?
Akmar ne le considéra même pas. Il avait l'impression que tout lui échappait, il avait volontairement laissé son bonheur lui échapper et ça devenait trop pesant de pas savoir comment agir. Comme il ne répondait pas, Farès rassembla les dossiers puis se leva pour partir mais c'est là que le Cheikh lança :
Akmar - Je devrais aller la retrouver ? Lança t'il d'une voix vibrante.
Farès prît au sérieux cette question sachant pertinemment que tout lui ramenait à sa petite protégée.
Farès- Je ne condamne pas votre choix Monseigneur, il était évident qu'elle devait partir car elle courait un grave danger, mais maintenant elle ne risque plus rien...
Akmar - Mais?
Farès- Elle est peut-être mieux où elle est, elle s'est peut-être détaché de tout ça.
Akmar- Probablement. Répondît-il le cœur loud.
Farès- Ce n'est qu'un avis secondaire Monseigneur. Elle va peut-être beaucoup mieux mais rien n'effacera ce qu'elle a vécu ici, et même si elle est loin, d'une certaine manière elle est toujours lié à ce désert, à vous ou même à Zola. Si vous avez besoin de réponse concrète je ne pourrais pas vous la donner. Vous seul avez le droit.
Il le fusilla du regard avant de se lever. En ce moment il n'avait vraiment pas envie d'entendre les grands discours de Farès même s'il avait raison. Il était le seul à décider soit de faire comme si Alayaäna n'avait jamais existé ce qui lui était impossible, ou soit aller la retrouver et s'assurer qu'elle allait bien.
Il voulait qu'elle aille bien pour le convaincre qu'elle n'avait pas besoin de lui même si dans un coin de sa tête, il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer comme avant, passionnée et attachante... mais il n'y croyait pas trop. Elle doit se sentir terrible rejetée et ses sentiment sabotés et piétinés.
Le temps ne répare rien, il aide simple à accepter un peu mieux les choses et arriver à vivre avec.
C'était clair dans sa tête, il ne saurait avancer s'il ne s'assurait pas qu'elle allait bien...
Il voulait plus. Beaucoup plus! Sans Alayaäna sa vie s'était soudain mise en pause. Il avait l'impression d'être figé. Tout paraissait tellement moins beau ! Il voulait retrouver celle qui donnait un sens à son existence et mettait de la couleur dans sa vie. S'il voulait vivre c'était pour elle, pour revoir ses yeux dorés, entendre sa voix hésitante, voir son petit sourire...
Et la vie, aussi injuste soit-elle avait quand même décidé de lui donner une chance de vivre à nouveau. Au début il ne comprenait pas pourquoi il était encore en vie. Ce n'était pas un être particulièrement exemplaire et il aurait peut-être préféré fermé les yeux à jamais, convaincu de ne rependre que de la douleur.
Pourtant Alayaäna semblait heureuse à ses côtés. Elle refusait de s'éloigner de lui, elle refusait de le voir prendre des risques et encore plus, elle l'aimait...
Akmar aimait ce que cette jeune femme lui faisait ressentir, il appréciait sa compagnie et même plus. Il aimait la personne qu'il devenait quand elle était à ses côtés. Elle était précieuse pour lui, il ne se voyait pas vivre sans sa douceur et sa délicatesse et il espérait ne pas être obligé de vivre sans !
Pas une seule nuit ne passait sans qu'il ne pense à cette nuit-là dans la cabine... Au delà de cette peur immense qu'il lui inspirait, elle s'était offerte à lui. Elle s'était totalement abandonnée dans ses bras, perdue dans ses baisers et emportée par ses caresses. Comment pourrait-il se passer d'elle ? Il en devenait complètement obsédé et tenait à revoir cet être envoûtant qui avait fait basculer sa vie, espérant qu'elle l'attendait qu'il vienne tenir sa promesse ...
Il ne voulait pas renoncer à elle quelque soit la réalité qui le fouettera !
Akmar - Prépare le jet, qu'il soit prêt à décoller ce soir ! Lança t'il abruptement.
Farès- Vous êtes sûr de vous Cheikh Akmar ?
Il s'indigna car ce départ serait prématuré et presque impulsif. Il voulait se rassurer que c'était exactement ce qu'il voulait car de toute évidence, il semblait beaucoup plus attaché à sa petite protégée que ce qu'il laissait paraître. Il avait dû lui dire au revoir, souffrir et risquer la mort loin d'elle et Farès imaginait bien que s'il était encore en vie, s'il avait décidé de se battre même inconsciemment, c'était pour pouvoir revoir Alayaäna.
Akmar - Tout de suite Farès!
Farès s'inclina avant de disparaître.
Il avait attendu trop longtemps, il ne voulait plus perdre une seconde. En dépit de son aura sauvage, il tenait à revoir le seul visage qui l'avait convaincu qu'il avait lui aussi droit au bonheur... mais il avait perdu cette volonté, il veut la retrouver à travers elle, revoir cet ange qui lui faisait tout reconsidérer.
Toute sa vie il avait perdu du temps. Il ne voulait plus de ça, il voulait désormais profiter de chaque seconde et cela ne serait possible qu'aux côtés d'Alayaäna même si elle ne savait pas qu'elle était son roc.
Akmar - 'ana qadum Alayaana, sa'aeud lak ya jamiliti ! ~J'arrive Alayaäna, je reviens te chercher ma belle !~ Murmura t'il dans une promesse pure en fixant le sable briller sous l'éclat du soleil rendant chaque particules dorés comme de l'or.
Dorés comme les yeux d'Alayaäna...
Assise sur le banc à l'intérieur de la bibliothèque, Alayaäna feuilletait un grand livre d'Art.
New-York était loin d'être le pays de ses rêves. Les temps étaient déplorables et en plus d'un an, elle n'arrivait toujours pas à y faire. Elle avait l'habitude de passer dans cette bibliothèque après son jogging. Quand elle est arrivée chez Rachel elle était si silencieuse ! Elle semblait comme morte de l'intérieur. Les événements ne lui avaient laissé aucun répit et elle avait eu beaucoup de mal à accepter la réalité... cette réalité dans laquelle Akmar ne voulait absolument pas d'elle.
Rachel lui avait trouvé une psychologue mais au bout de seulement trois séances elle avait décidé d'abandonner. Elle se voyait mal confier ses problèmes à une inconnue. Ses problèmes ne regardaient qu'elle et de toute façon son histoire était tellement compliquée, par où allait t'elle commencer ?
Elle avait espéré nuits et jours que Akmar vienne la chercher... Quelle idiote !
Depuis cette nuit là dans la chambre avec Rachel, Elle n'avait plus jamais pleuré. Elle était faible certes mais au bout d'un an, elle avait fini par accepter le fait que Akmar ne viendrait jamais. Elle savait qu'il n'était pas mort car même sans aucune photo, les médias n'arrêtaient pas de parler de lui, de ce grand guerrier qui avait libéré son royaume.
Et dire qu'elle aurait aimé être là, à se côtés...
Elle se leva immédiatement et ferma rageusement le gros livre et prît son sac de sport. Elle s'était changé dans les toilettes car il faisait malheureusement très froid et sa tenue de jogging risquait de la faire mourir.
Ses cheveux enfermés dans un chignon, elle serra son sac puis signa sur le registre avant de sortir.
Elle était loin d'être souriante comme avant. Elle s'était beaucoup fermée et cela inquiétait beaucoup Rachel. Alayaäna ne lui avait pas dit grand chose et même si elle désirait en apprendre plus, elle voulait vraiment que sa petite sœur laisse tout ça derrière elle.
Si seulement c'était si simple !
Travis lui avait trouvé une place dans son unité, elle continuait de faire des portraits robots car les rues de New-York étaient loin d'être sûres. Elle travaillait également Avec Rachel dans un centre pour enfants, spécialisé pour les sourds et les mal-entendants. Elle y passait tout son temps tant que Travis n'avait pas besoin d'elle.
Elle se mît à marcher plus vite quand :
...- Alayaäna ?
Elle fronça son petit nez en reconnaissant cette voix. Elle se retourna puis vît Cet homme qu'elle connaissait malheureusement.
Alayaäna - Qu'est-ce que vous voulez Declan!
Declan- Ouh le froid vous mets de mauvais poils Mademoiselle Gianni, voulez-vous que je vous emmène prendre un café histoire de vous réchauffer ?
Declan était un charmeur, imbu de lui-même et très narcissique. Il était banquier et faisait une sorte de fixation sur la jeune femme. Il faisait aussi beaucoup pression sur eux pour qu'ils cèdent le bâtiment du centre où elle travaillait avec Rachel. Il voulait construire et avait absolument besoin qu'on le lui cède.
Alayaäna - Sans façon, merci. Répondît-elle en tentant de rester polie même s'il ne le méritait pas.
Declan- Allez, Mettons au moins nos différents de côtés juste pour cette fois.
Alayaäna- Joey, je ne vous apprécie pas du tout et ça ne risque pas de changer alors s'il vous plaît laissez tomber et tâchez de rester loin de nous.
Declan- Très directe!
Alayaäna roula des yeux puis se retourna pour partir quand celui-ci lança:
Declan- Ce n'est pas très prudent pour vous de me mettre à dos mademoiselle Gianni, mais je ne m'inquiètes pas, vous reviendrez sûrement en rampant!
Alayaäna se retourna vers lui front plissé. C'était une menace? En tout cas ça en avait l'air.
Declan- Oh je dis Ça, je dis rien.
Elle aurait voulu lui sauter dessus et faire disparaître cet air suffisant qu'il affichait mais elle se retînt. Il ne fallait surtout pas qu'elle perde son énergie pour cette tâche. Il affichait un petit sourire triomphant et elle ne lui fît pas le plaisir de poursuivre cette conversation sans intérêt. Elle continua son chemin sans plus de mots.
Declan- À plus Mademoiselle Gianni!
Alayaäna retînt sa colère et s'en alla sans se retourner.
Elle ouvrît la porte de l'appartement et fut accueillie par une imposante odeur de brûlé. Un matin comme tous les autres, Rachel venait de brûler une énième crêpe.
Quoi de plus normal...
Elle était en sueur comme si elle venait de courir un marathon. Depuis son réveil, elle essayait de reproduire les petits délices du matin que faisait sa sœur rendant la cuisine extrêmement Crade!
Rachel - Je suis vraiment trop nulle. Se dit-elle en balayant du regard la pagaille puis posa ses yeux sur le nombre de pancakes cramés.
Alayaäna - Eh ben! C'est quand même mieux que la fois où tu as mis le feu à l'appartement de Travis.
Rachel se retourna en affichant une mine coupable :
Rachel - Tu es déjà rentrée ?
Alayaäna - Il est presque Midi Rachel. Répondît-elle en déposant son sac.
Rachel - Je... ne t'inquiète pas je vais tout nettoyer. Dit-elle en saisissant un chiffon.
Alayaäna - Sûrement pas, dans ton état tu ne devrais même pas être debout dans cette cuisine.
Elle s'avança vers la paillasse et constata de plus près la pagaille et vît le tonne de pancakes brûlés.
Alayaäna - Oulà! Ils ont été torturés!
Rachel - Ne te moques pas Yaäna si je fais tout ça c'est pour toi.
Alayaäna - Je vais très bien Rachel. Dit-elle en montant sur le tabouret pour rattraper un pancake sur l'armoire; Je ne veux même pas savoir comment il est arrivé là.
Le spectacle était pathétique. Rachel était une vraie catastrophe ambulante depuis son début de grossesse.
Alayaäna - Tu devrais rentrer te reposer...
Rachel - Me reposer? Je ne peux pas me reposer je m'inquiète pour toi ! Lança t'elle d'un ton hystérique.
Alayaäna - Je t'ai dit d'arrêter de t'inquiéter je vais Parfaitement bien. Dit-elle en tirant rageusement sur un Sac-poubelle pour nettoyer sa cuisine.
Rachel - Tu as vu comment tu me parles Yaäna ? Tu es mystérieuse ces derniers temps, tu sors pour aller je ne sais où et tes sauts d'humeur c'est juste plus possible.
Alayaäna ne répondît pas continuant son ménage.
Rachel - Depuis que tu es revenue tu as à peine dis deux mots sur ton voyage Alayaäna qu'est-ce qui se passe, avant on se disait tout alors qu'est-ce qui a tant changé? Tu es froide et d'une humeur massacrante et je n'arrive plus à suivre. Ça va faire plus d'un an maintenant tu crois que tu es prête à m'en parler ?
Alayaäna - Te parler de quoi.
Rachel - Attends tu le fais exprès ? Je viens de te faire tout un sermon et c'est la seule réponse que tu as?
Alayaäna - Rachel il n'y a rien à dire !
Rachel - J'ai parfois l'impression qu'une partie de toi est resté là bas... la meilleure partie de toi.
Alayaäna- Rachel ! Hurla t'elle en jetant la serviette.
Rachel eût un léger soubresaut. Comment Pouvait-on changer autant ? Elle était à présent persuadée que quelque chose de grave s'était passée pour avoir un retour aussi désagréable. Elle ne voulait pas en parler et cela la mettait hors d'elle. Elle avait la manie de toujours tout contrôler et savoir que les agissements d'Alayaäna lui échappaient ne lui réussissait pas.
Elle ne reconnaissait pas la jeune femme froide, indifférente et désintéressée qui se trouvait devant elle et c'était vraiment dommage car sa demi-sœur était sans doute la personne la plus aimante, attentionnée, bienveillante et incroyablement honnête qu'elle connaisse. Elle prenait parfois exemple sur elle, elle se battait pour devenir une meilleure personne et lui montrer le bon chemin.
Aujourd'hui elle avait l'impression qu'Alayaäna avait plus que jamais besoin d'elle et elle ne savait même pas comment l'aider.
Le choc était brutal car la bombe à retardement avait malheureusement fini par exploser, emportant sa bienveillance avec... Rachel tira sur le tabouret pour s'y asseoir, complètement dépassée. Elle commença à prendre des grandes inspirations ce qui inquiéta Alayaäna. Rachel entamait son septième mois de grossesse, elle n'avait pas besoin de toute cette tension.
Alayaäna - Ça va Rachel ? Tu te sens bien ? Tu... tu veux que je fasse venir un médecin ? S'inquiéta t'elle en s'approchant puis lui tînt la main.
Rachel - Non... non ça va j'ai juste besoin de reprendre mon souffle.
Alayaäna - Je vais te ramener chez toi Rachel, tu es enceinte tu ne dois pas autant te déplacer.
Rachel supportait mal le fait que sa petite sœur ait son propre appartement. Elle n'était pas si loin mais Rachel avait du mal à s'y faire car aussi longtemps qu'elle s'en souvienne elle avait toujours vécu avec elle, toujours veillé sur elle. Ça a été dur pour elle de passer tous ces mois sans elle et maintenant qu'elle était revenue elle avait beaucoup de mal à se séparer d'elle. Elle était venue passer la nuit ici et comme à chaque fois, son départ devenait impossible.
Alayaäna - Je vais te ramener et appeler un médecin. Dans ton état tu as besoin d'un maximum de repos.
Rachel - Ma Yaäna n'a peut-être pas complètement disparu après tout... il reste encore un peu de ce que tu as été, de cette fille que j'ai vu grandir. Dit-elle tristement.
Alayaäna - Je n'en suis pas si sûre. Répondît-elle simplement avant de se lever.
Elle respira un grand coup, s'empêcha de penser puis :
Alayaäna - Je fini de ranger tout ça et je te dépose.
Rachel - Je vais appeler Travis ne te dérange pas.
Alayaäna - Ce n'est pas la peine...
Rachel - Vraiment ? Parce que je te le dis franchement je m'inquiète pour toi, tu ne devrais pas...
Alayaäna - Quoi ! Hurla t'elle ; je ne devrais pas quoi? Avoir le droit d'être énervée ? La gentille Alayaäna devrait être docile et se taire ?
Rachel - Qu'est-ce qui a bien pu t'arriver Alayaäna.
Alayaäna - Je ne redeviendrai pas cette fille là Rachel. Déclara t'elle fermement.
Mais si cette indifférence était une réaction à sa douleur ? Cette carapace était là pour la protéger car elle ne voulait pas souffrir à nouveau. C'est comme ça qu'elle avait réagi à sa douleur... en perdant non seulement sa joie mais aussi sa bienveillance car elle avait l'impression que cela la rendait faible.
Comme quoi on a tous une façon différente réagir à nos peines...
Rachel ferma les yeux. Alayaäna lui infligeait une douloureuse torture en se renfermant sur elle et elle se sentait impuissante... tellement !
Rachel - Alayaäna je te jure que si je pouvais...
Elle fût coupée par des coups violents à la porte et Alayaäna se redressa pour aller ouvrir, espérant que ce soit Travis. Il devait absolument Éloigner Rachel d'elle car elle ne voulait pas qu'il arrive quelque chose au bébé à cause de l'ascenseur émotionnel qu'elle subissait.
Elle ouvrît la porte et fût surprise d'y voir celle qui était à l'origine de tout son malheur. Célia la toisa du regard avant d'entrer et la pousser.
Célia - Où est ma fille !
_________
Le sang d'Alayaäna explosa dans ses veines. Elle ne saurait dire exactement si c'était de peur ou de Colère. Elle serra sa main libre en poing, mais sur le point d'exploser :
Rachel - Tu as deux filles je te signale ! Répondît-elle en s'avançant difficilement à la fois étonnée et ... elle ne saurait dire.
Bien sûr elle n'approuvait en aucun cas toutes les atrocités qu'elle avait fait subir à Alayaäna, mais les liens du sang faisaient qu'elle était rassurée de la voir en vie et loin des barrots mêmes si c'est là qu'était sa place...
Célia - Ne dis pas de sottises, et déjà pourquoi c'est ici que je dois venir te chercher ?
Rachel - Que tu dois ? Je ne savais même pas que tu étais en ville et comment tu as eu l'adresse d'Alayaäna!
Célia- Ce n'est pas important, ce qui compte c'est que je vais pouvoir te ramener. Et Ohrr il fallait vraiment que tu tombe enceinte de ce...
Rachel - Tu sais quel âge j'ai? Je peux me débrouiller seule et je t'interdis de dénigrer mon mari. Je te l'interdis ! Travis est un homme formidable et unique, un mari parfait et il sera un père encore plus parfait.
Célia - On s'en va tout de suite!
Rachel - Mais je rêve là ! S'emporta t'elle ; Tu fait le fantôme pendant plusieurs mois et tu crois que Je vais t'obéir gentiment après tout ce que tu nous as fait subir ?
Alayaäna - Calme-toi Rachel...
Rachel- Non, ne me demande pas de me calmer parce que là je suis entrain de vivre la matinée là plus bizarre de toute ma vie!
Célia- Rachel écoute... Commença t'elle en s'approchant mais Alayaäna l'arrêta :
Alayaäna - Ne vous approchez pas d'elle.
Célia la regarda avec Haine et dégoût. Comment cette petite idiote osait-elle l'interrompe !
Alayaäna - Mais je crois que tu devrais partir. Lança t'elle à Rachel. Vous... devez régler des choses et je ne veux vraiment pas être présente j'ai eu ma dose.
Rachel la regarda de nouveau avec Cet air perdu. Qui était cette femme en face d'elle ? Elle ne la reconnaissait Absolument pas. Elle s'interdit de se laisser dominer par les hormones et se leva pour saisir son sac.
Alayaäna - Tu veux que... que je te ramène ?
Rachel - Non, je ne préfère pas. Si c'est pour avoir cette attitude, je préfère que tu sois loin de moi jusqu'à ce que tu retrouves tes esprits. Lança t'elle en s'avançant vers la porte.
Même si cette phrase déchirait son cœur, elle savait qu'elle devait mettre de la distance. Elle n'allait pas rester là où elle n'était pas là bienvenue.
Célia- Ma chérie tu veux que je t'aide...
Rachel - NON! Je ne veux pas de ton aide ni de quoique ce soit de toi d'ailleurs, je ne veux pas te voir! Alors retourne dans ta tanière.
Elle sortît de l'appartement. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Alayaäna ne s'était jamais autant fâché avec sa sœur. Ses peurs et ce système d'autodéfense qu'elle s'était faite ne lui rendait pas service au contraire, cela l'éloignait de tous ceux qu'elle aimait... Elle risquait de perdre le seul soutien qu'elle n'ait jamais eu : Rachel.
Elle s'en voulait d'être aussi froide et désagréable mais elle avait l'impression d'avoir perdu la guerre qu'elle menait contre la vie. Elle s'était donné à un homme qui ne voulait pas d'elle, elle a failli y rester, elle a cru qu'elle avait quoique ce soit à espérer de lui.
On ne pouvait pas être plus bête qu'elle!
Elle se détestait tellement! Elle se détestait d'avoir été si naïve, elle se détestait de faire autant de mal à Rachel et se trouvait tellement stupide. Comment pourrait-elle lui raconter à quel point elle avait été bête? Elle avait honte d'elle-même... honte de l'ancienne "Elle" et s'était juré de ne pas redevenir cette pauvre fille naïve qu'elle avait été.
Plus jamais.
Elle était un aimant à problème. Qui sait quelle mésaventure l'attendait encore mais cette fois-ci elle ne voudrait impliquer personne, Ni Rachel, ni Travis et encore moins son petit neveu pas encore né. Rachel s'était toujours inquiété pour deux, elle ne voulait pas que cette fois elle s'inquiète pour trois. Elle avait le droit de vivre tranquillement et d'arrêter de toujours s'inquiéter pour tout le monde. Elle méritait une petite vie tranquille avec son mari et son fils mais tant qu'elle serait là, rien de tout ça ne serait possible et même si ça lui fendait le cœur, elle devait s'éloigner d'eux, les laisser vivre et être heureux pour ne pas obscurcir leur bonheur...
Ça faisait trop longtemps qu'elle vivait à travers eux. Il fallait à présent qu'elle se trouve une voie propre à elle car même si elle n'habitait plus sous le même toit qu'eux, elle n'arrivait à sentir ni libre, ni à sa place.
Célia s'approcha d'elle et d'un mouvement qu'elle n'anticipe pas, celle-ci la gifla énergiquement.
Célia- Tout ceci est de ta faute, tu n'es...
Alayaäna- Qu'une petite malheureuse venue détruire la relation sans tache que tu avais avec ta fille, je suis la cause de ton malheur et je ne mérite pas l'amour de Rachel. Récita t'elle puis leva son regard sur elle; Oui, je connais par cœur la chanson, Maintenant sortez de chez moi! Déclara t'elle d'une voix ferme en pointant du doigt la sortie.
Elle dompta tant bien que mal cette peur qu'elle ressentait pour affronter Célia. Cette femme était ignoble et sans-cœur, elle ne méritait pas d'avoir Rachel comme fille et même si Être en face d'elle lui donnait des sueurs froides, elle la défia du regard en camouflant toutes ses peurs.
Célia- Tu crois être l'abri? Je suis de retour et crois-moi je vais finir ce que j'ai commencé.
Cette phrase avait double sens et malheureusement, Alayaäna ne comprît pas...
Alayaäna- Sortez de chez moi Celia!
Célia- Rassemble toutes tes forces Alayaäna, je te promets que je vais te pourrir petite sotte!
Alayaäna- Sortez de chez moi. SORTEZ TOUT DE SUITE!
Célia- économise ta salive, il n'est pas encore temps de crier mais je t'assure que tu vas crier! Je ne suis pas Zynco moi, je vais te détruire Alayaäna!
C'est après cette phrase sous forme de menace prononcée avec tant de haine qu'elle sortît et Alayaäna courût pour tout verrouiller avant de se laisser tomber le long de la porte puis s'entoura de ses bras.
Ça n'en finissait pas, elle était en plein cauchemar et n'arrivait pas à se réveiller. Une larme longea sa joue et elle s'empressa de l'effacer rapidement.
Alayaäna- Plus de larmes Alayaäna... plus de larmes!
Au même moment son portable sonna. Elle avait l'impression que la sonnerie était très loin tellement elle était bouleversée. Elle se leva comme une automate puis saisit le téléphone :
«Alayaäna- Allô... Allô? Reprît-elle après s'être éclairci la voix.»
«...- Je parle bien a Mademoiselle Gianni? Demanda une voix d'homme.»
«Alayaäna- Ou...Oui, qui êtes-vous? Demanda t'elle à son tour toute méfiante. »
«...- Ici le lieutenant Budro depuis l'Italie, ça concerne votre Tante Maria.»
Alayaäna reprît directement le contrôle de son esprit :
«Alayaäna- Maria? Qu'est-ce... qui est arrivé à Maria, où est-elle? Qu'est-ce qu'elle a? Paniqua t'elle. »
« ...- Je Ne peux pas vous en dire plus au téléphone, prévenez-moi dès que vous arrivez à Sicile. »
« Alayaäna- Attendez... qu'est-ce qui se passe? Où est Maria! »
« ...- Je vous attendrez Mademoiselle Gianni, il est important que je vous voit en personne. »
Il raccrocha sans plus de détails.
« Alayaäna - Non attendez ! Qu'est-ce qui est arrivé à Maria? Répondez-moi! »
Elle sentît comme si son monde s'effondrait à nouveau mais s'interdit de pleurer. Il était hors dez question qu'elle soit faible face à n'importe quel situation.
Elle resta un moment sans bouger, impossible de ne pas penser à toutes sortes de choses. Maria était la seule famille de sang qui lui restait et s'imaginer la perdre était comme perdre une partie d'elle-même. Elle reprît sa respiration et se calma peu à peu. La vie ne lui avait fait aucun cadeau, aucune faveur et elle avait parfois l'impression d'étouffer et une terrible envie de s'endormir à jamais. Elle n'avait pas été épargnée et tous les jours elle s'attendait naïvement cela change et pourtant la réalité venait de la gifler encore une fois.
C'était de pire en pire mais était-ce vraiment ça le pire?
Elle était loin du compte...
Travis ouvrît la porte de la sortie et vît Alayaäna, frissonnant en dessous de son gros mentaux en fourrure.
Il fronça les sourcils en voyant la petite valise à côté. Ses joues étaient encore plus pâles et ses yeux rouges comme si elle se retenait de craquer... ou plutôt elle S'empêchait de craquer, se l'interdisait!
Travis- Yaäna? Pourquoi tu m'as demandé de descendre et surtout c'est quoi cette valise.
Il était conscient des tensions qui régnait entre les deux sœurs depuis son retour mais de là à partir? Elle avait déjà quitté leur appartement donc il ne la laisserait pas aller plus loin.
Alayaäna s'était beaucoup renfermée sur elle-même et cela ne réussissait pas du tout Rachel! Elle aimait tout contrôler, s'était porté garante d'elle. Elle voulait bien faire et cherchait à l'aider mais Alayaäna n'y mettait pas du sien et cela ne lui facilitait pas la tâche. Il voyait toutes les nuits sa femme dépitée d'abord à cause de ce qu'avait fait sa mère, de tout ce que sa sœur avait subit et maintenant ça : Son refus catégorique de communiquer ou de se faire aider.
Travis- Alayaäna si ça concerne toi et Rachel...
Alayaäna- Non. Le Coupa t'elle la voix cassée; Je... c'est Maria.
Travis- Quoi Maria...
Alayaäna- Je ne sais pas justement...
Travis saisît ses épaules alors qu'elle tentait de reprendre sa respiration.
Travis- Calme-toi, viens on va se mettre au chaud.
Alayaäna- Non, non. Refusa t'elle; J'ai un ... un vol dans deux heures pour l'Italie.
Travis- Bon sang Yaäna, tu vas aller sur un coup de tête? C'est quoi ce plan!
Alayaäna- Je ne pars pas sur un coup de tête. S'agaça t'elle; Un homme m'a appelé il y'a une heure pour me dire que Maria... que... qu'il s'était passé quelque chose avec Maria et que je devais rentrer de toute urgence le plus tôt possible.
Travis - C'est peut-être une mauvaise blague Alayaäna, écoute tu ne peux pas décider de partir comme ça Et ...
Alayaäna - Je peux m'occuper de moi Travis, arrêtez de me traiter comme une infirme!
Travis - Je ne ferai jamais ça, simplement je m'inquiète pour toi...
Alayaäna - Je me suis disputé avec Rachel.
Elle le coupa avec cette phrase. Travis savait que les choses dégénéraient et encore une fois il n'avait pas de solution.
Alayaäna - Je sais que je ne lui rends pas la tâche facile mais je l'aime beaucoup, c'est ma sœur même si dernièrement j'ai été insupportable. Je ne veux pas qu'il arrive quoique ce soit à son bébé et puis maintenant que Sa mère est arrivée...
Travis - Quoi ? Hurla t'il presque ; Célia est ici ? Depuis quand ?
Manifestement comme Rachel, lui Non plus n'était pas au courant.
Alayaäna - Je ne sais pas... ce matin ? Éluda t'elle.
Travis - Et toi ça va ? Dit-il avec une réelle inquiétude dans la voix.
Alayaäna - Je vais bien Travis, je vais simplement m'occuper de Maria, je l'ai beaucoup délaissé et... je devrais rester un moment là bas.
Travis - Alayaäna tu sais qu'on t'adore Rachel et moi. Maria est peut-être ta seule famille de sang mais saches que nous aussi nous sommes ta famille et nous t'aimons énormément.
Alayaäna baissa son regard et repensa à la manière ignoble dont elle allait traité tout le monde. Elle espérait que Maria aille bien pour qu'elle puisse Se détacher un peu de cette constante colère qui l'habitait.
Alayaäna - Je sais Travis et je suis terriblement désolée mais...
Travis - Tu as besoin de te ressourcer et Personne ne t'y aidera plus que Maria, j'espère que ce n'est rien de grave.
Alayaäna - Moi aussi... le lieutenant Budro m'a dit qu'il ne pouvait pas m'en parler au téléphone alors je dois y aller.
Travis plissa immédiatement son front.
Budro ? Pourquoi appelait-il Alayaäna ? Il devrait y avoir une bonne explication pour chercher à la ramener dans ce pays qui ne lui a laissé que des très mauvais souvenirs...
Travis - Budro? Calvin Budro?
Alayaäna - Tu le connais ?
Comment lui avouer qu'il devinait même la vraie raison pour laquelle il la faisait venir ?
Travis - Euh, oui. Budro était inspecteur. Répondît-Il sans plus de détails ; je devrais l'appeler et lui demander plus d'infos avant que tu fonces tête baissée.
Alayaäna - Pour Maria je foncerai sans hésiter tête baissée. Je dois y aller Travis... Comme je ne pouvais pas le dire à Rachel j'ai préféré venir t'en parler.
Travis - Sois prudente Yaäna !
Il savait que c'était trop tard pour l'arrêter et de toutes façons elle semblait déterminée. Il serait inutile d'essayer de lui faire changer d'avis. Il la prît simplement dans ses bras.
Alayaäna- Veille sur Rachel s'il te plaît, je ne veux pas que quoique ce soit nuise à sa grossesse, même pas moi, de plus je ne suis pas rassurée qu'elle soit avec sa mère.
Travis - Je sais, moi non plus. Je vais m'en changer.
Elle fît un petit sourire avant d'arrêter un taxi. Travis l'aida à s'installer, pas du tout rassuré de la voir partir mais il savait pertinemment qu'il ne pouvait plus rien empêcher.
Travis- Sois prudente Yaäna s'il te plaît. Répéta t'il.
Elle acquiesça de la tête avant de fermer la portière.
Travis entra immédiatement dans le bâtiment, saisît ses clés et alluma son portable:
«...- Allô?»
«Travis- Nom de Dieu Calvin à quoi tu joues! Je t'ai demandé de m'appeler moi avant tout, ce que tu ne fais pas et tu te permet de la faire venir en Italie? Tu n'es pas sérieux?»
«Calvin- Je t'ai appelé je ne sais combien de fois mais tu n'as jamais rappelé! Ton nouveau job doit être passionnant!»
«Travis- Arrête Budro Je suis sérieux!»
«Calvin- Désolé vieux, comme Je n'arrivait pas à te joindre j'ai décidé d'accélérer les choses. Je pouvais bien venir à New-York mais je suis coincé ici pour le travail. »
Travis expira bruyamment l'esprit agité.
«Travis- Donc tu as trouvé?»
«Calvin- Oui Et j'ai mené ma petite enquête, tes soupçons étaient fondés mon Vieux.»
«Travis- J'aurais voulu avoir Tord...»
«Calvin- Moi aussi. »
«Travis - Sois subtile s'il te plaît, j'aurais voulu le lui dire depuis longtemps mais...»
«Calvin- Je sais et j'en tiendrai compte également. »
«Travis- Veille sur elle.»
Il coupa l'appel, passa une main nerveuse sur son visage puis descendît rejoindre sa voiture. Il démarra et appela plusieurs fois le numéro de sa femme mais elle ne répondait pas et il commença à s'inquiéter. Ça fait des années qu'il avait des doutes sur Célia et aujourd'hui peut-être il allait le confirmer... Il s'ordonna au calme imaginant sa belle-mère à côté de Rachel. Ils s'étaient mariés quelques semaines après le retour d'Alayaäna et ne l'avaient pas invité.
Il ne l'avait jamais considéré comme un membre de la famille après tout ce qu'elle avait fait, il n'arrivait pas à passer outre. Il arriva devant son appartement et coupa le moteur pour la rejoindre. Il n'avait aucune confiance en Célia et en ce moment Rachel était vulnérable, qui sait ce qu'elle pourrait bien faire, sachant pertinemment qu'elle n'avait jamais approuvé leur relation.
Il ouvrît la porte et tomba sur une conversation qui lui glaça le sang:
Célia- ... Ce n'est pas un homme pour toi Rachel, cet enfant est un piège pour avoir le plein contrôle sur toi, tu devrais avorter! Lui dit-elle.
Travis déposa furieusement ses clés et les deux femmes se retournèrent. Rachel avait les larmes aux yeux. Elle aurait tellement voulu que sa mère fasse au moins semblant de vouloir accéder à ce bonheur mais là...
Rachel- Travis. L'appela t'elle en se levant pour s'approcher; Travis je t'assure que...
Travis- Alors c'est pour ça que vous êtes ici? Pour remplir la tête de ma femme de telles absurdités!
Célia fit les gros yeux puis se leva.
Rachel- Travis...
Travis- Je ne sais pas comment vous avez fait pour avoir notre adresse mais je vous demanderai de sortir de chez moi.
Célia- Tu ne vas pas me mettre à la porte? S'offusqua t'elle.
Travis- Je viens de le faire.
Travis semblait extrêmement sur les nerfs. De nature doux et raisonnable, Rachel avait appris à craindre cette facette de lui, quand il semblait incontrôlable. Elle se tût en espérant que sa mère n'allait pas faire d'histoires.
Célia- Tu vas le laisser faire? Tu vas laisser cet individu mettre ta mère dehors?
Travis- Vous avez perdu ce privilège depuis bien longtemps! Maintenant ne m'obligez pas à vous escorter.
Célia n'appréciait pas beaucoup Travis. Non parce qu'elle pensait que sa fille était trop bien pour lui mais plutôt parce qu'il avait un fort caractère et ajouté au tempérament de Rachel, elle savait que cette dernière ne deviendrait que plus têtue et par conséquent elle ne pourra plus la contrôler.
D'abord cette maudite Alayaäna qui vient détruire sa vie et Maintenant Travis qui s'est marié avec sa fille. Tout allait de travers et elle ne supportait pas que les choses n'aillent pas dans son sens.
Elle tenta de rester digne et fît face à son gendre :
Célia- Tu ne m'empêchera pas de voir ma fille!
Travis- Ne me défiez pas Madame, n'oubliez pas qui représente la loi ici! Dit-il en lui balançant son grade en pleine face.
Célia déglutit en gardant la même posture puis se dirigea vers la sortie.
Travis souffla et posa ses deux mains sur le mur tête baissée. Il essayait sans doute de se calmer car il ne voulait que rien ne nuise à la condition de Rachel et la santé de son fils.
Rachel- Mon chéri est-ce que...
Travis- Un avortement ! Dit-il sans changer de position.
Rachel - Je ne ferai jamais une telle chose tu sais très bien que je n'accorde pas d'importance à tout ce qui sort de sa bouche.
Il se redressa puis se retourna vers elle :
Travis - Tu te sens piégée avec moi ? Demanda t'il d'un ton perturbé.
Rachel - Bien sûr que non Travis...
Travis - Est-ce que tu te sens piégée avec cette grossesse Rachel !
Rachel - Bien sûr que Non! S'emporta t'elle ; Je passe les meilleurs moments de ma vie aux côtés de l'homme que j'aime, je suis comblée !
Travis baissa la tête comme si les phrases de Célia tournaient en boucle dans sa tête.
Rachel - Je t'aime Travis et je me fous bien de ce que pense ma mère ou n'importe qui d'ailleurs, je suis heureuse et épanouie dans mon ménage et je ne changerai rien de tout ce que je vis avec toi.
Déclara t'elle puis s'avança pour lui saisir les mains.
Rachel - Je t'aime Travis et je suis plus que comblée de porter ton enfant. Tout Ce que Célia dit n'a aucune valeur à mes yeux. Ça a toujours été toi et moi contre tous, ça ne changera pas.
Travis se rapprocha de plus près et embrassa sa magnifique épouse.
Travis - Je t'aime aussi Même si tu es lourde et énervante par moment car je ne me vois avec personne d'autre que toi.
Rachel- Magnifique déclaration! Rît-Elle.
Travis- Je sais, je suis parfait.
Ils rirent ensemble et il l'embrassa de nouveau puis l'emmena sur le canapé.
Travis- Tu as besoin de calme et de sérénités et je doute fort que ta mère te soit d'une grande aide.
Rachel- Je t'assure que je ne savais pas qu'elle venait, j'étais chez Alayaäna quand...
Travis- Oui elle m'a dit ça.
Rachel- Vous vous êtes vu? Elle va bien?
Travis baissa sa tête.
Rachel - Elle t'as dit qu'on s'est disputé ? Écoute j'ai...
Travis - Alayaäna est retournée en Italie.
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