Ce que je déteste le plus va m'arriver, attendre l'heure de la sonnerie, pour rentrer en classe. Nous sommes en avance à l'école mais bon, avons-nous le choix ? Ma mère nous a réveillés plutôt que d'habitude à cause des tests . Elle n'arrête pas de nous répéter qu'en période d'examens mieux vaux arriver en avance qu'en retard....
Ma sœur et moi étudions dans une école privée de la ville. Je suis en classe de terminale et elle en classe de 4e.
En vérité, notre scolarité n'est pas vraiment à la portée de nos parents, car ma mère est femme au foyer et mon père à la retraite depuis quelques années déjà. Nous vivons grâce à sa pension mais aussi grâce au petit commerce de maman qui se débrouille comme elle peut de temps à autres.
Papa n'arrête pas de lui suggérer de nous retirer de l'école ou nous sommes, mais maman dit toujours niet. Elle voudrait que nous ayons de bonnes éducations scolaire, et disait souvent que le sacrifice en valait lapeine... et aussi, avec toutes les grèves et le manque de pédagogie qu'il y avait dans le public, elle préfèrerait nous laisser dans ce petit collège qui lui coûtait la peau des fesses.
Il était donc 7h30 quand nous arrivons devant le portail de l'école. Je laisse ma sœur rejoindre ses amis pendant que moi, j'attendais , les deux folles qui me servent de copines. Fatou et Marième. Ah ces deux-là ! Pourtant, elles habitent à deux pas de l'école mais elles n'arrivent jamais à l'heure... contrairement à moi qui habite à des lieux du collège...
Heureusement que quelques minutes seulement, je les aperçois... ce n'est pas trop tôt...
Marieme: hey Nana tu ne nous a jamais dit que tu étais la gardienne de l'école, rire...
Moi: ...
Fatou: tu fais une sale tête il y a un problème ?
Moi: oui il y a un problème. Je suis là depuis une trentaine de minute alors que vous qui habitez à 1 minute mais vous vous pointez à cette heure.
Marieme : arrête de te plaindre et raconte nous ta journée d'hier avec mactar vite.
Moi: laisse tomber Marie c'est trop long attend plutôt la pause. Je vous avais dit de venir tôt pour qu'on prenne le temps de tout se dire...
Fatou se renfrogne : Ey Marieme on y va si elle ne veut pas raconter c'est son problème.
Fatou était de nature très impatiente et prétentieuse. Je n'arrêtais pas de me poser la question à savoir pourquoi suis-je amie avec une telle personne connaissant sa personnalité.
Malgré le froid de canard qu'il y avai, l'examen se déroula naturellement pour le moment. J'attendais impatiemment la sonnerie de la pause qui finit par arriver à 13h...
Assises dans la cours principale, un peu à l'écart des autres, je commençais à leur raconter ce qu'elles voulaient entendre. Marième sautillait sur place, elle adorait quand
je me mettais à lui faire part des gestes romantiques de mon homme. Quant à Fatou, elle ne manifestait généralement pas d'enthousiasme quand il s'agissait de parler de mes quarts d'heure avec mactar. Mais quand ce dernier venait de temps en temps me chercher à l'école, elle sautillait de joie. Décidément, je ne la comprendrais jamais cette fille.
Mactar était mon petit ami du moment. C'était un jeune policier fraîchement diplômé de l'école de police de Dakar. Il était plutôt mignon surtout quand il était en uniforme. Il avait de grands yeux très beaux et surtout il était très bien battit.... Fatou n'arrêtait pas de me faire savoir que je ne méritais pas un tel homme. Elle disait à qui voulait l'entendre que mactar me filera rapidement entre les doigts. Que c'était le genre d'homme à tirer sur tout ce qui bouge et que je suis une fille insignifiante qui ne veux pas faire d'artifice pour le plaire. Je préférais ne plus faire attention à ce qu'elle me disait, car la connaissant, j'étais finalement habituée à ses paroles.
Moi: Je suis allé chez lui on a regardé un film ensemble ensuite on a discuté de mon avenir de mes études comme d'habitude enfin on s'est embrassé on a flirté pas plus de 15min et il m'a raccompagné chez moi...
Marieme: PAS PLUS DE 15 MINUTES ??? Tu rigoles ? Hum ma chérie ta pas expliqué comment exactement vous avez flirté tu me connais tu sais que je n'attends que les détails. Stp !!!
Fatou: Marième tu es trop stupide, comment tu peux exiger qu'elle te raconte les détails, c'est manquer de respect à mactar à la limite. C'est privé tout ça. Bref moi je me casse j'ai d'autres chats à fouetter.
Marième : n'est-ce pas elle qui s'impatientait tout à l'heure ?
Moi : laisse-la. Tu la connais.
Je savais déjà que Fatou en pinçait pour mactar, je n'étais pas folle quand même. Mais j'évitais d'en parler à Marième, oui je ne voulais pas qu'elle en fasse tout un plat. Car au fond de moi je savais lire entre les lignes...
Marième voulait avoir tous les détails de mes moments avec mactar, mais ce qu'elle voulait entendre, n'existait pas en réalité. Oui, lui et moi avions une relation plutôt spéciale, et depuis le jour où je lui ai dit que je ne voulais pas me faire déflorer avant le mariage, il m'avait estimé... raison pour laquelle, on ne faisait absolument rien quand on était ensemble...
Moi: marie je te jure que c'est tout.
Marieme : bon ok d'accord. Mais dis-moi, il ta jamais parlé de mariage?
Moi: euh non... Marie je n'ai pas encore la tête a ça tu le sais bien. Le bac d'abord. C'est mon principal objectif.
Marieme : tu as raison ma puce mais tu me connais, j'aime bien prévoir. Et après le bac, tu pourras bien y penser. Mactar à l'air de tenir à toi. Réfléchis-y...
Moi : d'accord. Et toi comment ça se passe avec salif? Il est toujours aussi jaloux? Rire
Marieme : ah nana salif me saoule avec ses scènes stupides. Même quand je dors le soir et qu'il n'arrive pas à me joindre il Pete les plombs. Il me fatigue.
Moi : ça prouve seulement qu'il t'aime ma puce. Le plus difficile dans une relation c'est d'avoir un mec qui se fiche complètement de ce que tu peux faire ou pas. Bon on y va .
Il commençait à se faire tard et j'avais complètement oublié la réunion qu'avait convoquée mon père ; Je pris la route de l'arrêt bus pour faire vite. Je savais que si je me pointais après l'heure de son appel, j'aurais chaud...
Mais bon, il avait été très joyeux quand il nous disait qu'il voulait nous parler. j'ose espérer que c'était une bonne nouvelle... car la manière dont il nous avait réveillé pour nous l'annoncer... pensais je...
Lui : les filles, demain à la descente ne trainez pas à l'école rentrez directement on a une petite réunion avec la famille de tonton babacar.
Moi : mais papa Sarah descend à 17h à cause de ses cours de renforcement et je dois l'attendre.
Lui : elle peut rentrer seule pour cette fois... en plus, elle n'est pas vraiment concernée par la réunion...
J'avais seulement hoché la tête avant d'aller me doucher. J'avais donc hâte d'y être même si je ne comprenais pas pourquoi tonton babacar et son fils Abdou Karim étaient les seuls à assister a la réunion comme l'avait précisé papa. Bon je le saurai bientôt même si j'avoue que je n avait pas du tout envie de rencontrer mon arrogant de cousin qui fait tout pour minimiser les gens du simple regard....
J'arrivai donc à la maison vers 16h... Toute la famille était déjà la et j'avais come l'impression qu'ils m'attendaient. Depuis quand j'avais tant d'importance ??? Je me posais instinctivement cette question dans ma tête. Rire mais n'empêche j'eus comme un mauvais pressentiment...
Papa avec un large sourire inhabituel me salua : bonjour ma fille
Moi : euh...bonjour Pa
J'étais un peu dubitative par son accueil chaleureux, mais Je salue quand même tonton babacar et Karim. Maman était assise devant sa chambre ; Je m'approchai d'elle espérant avoir des tuyaux sur l'objet de cette réunion.
Moi, en chuchotant : m'ma Ya un problème ?
Elle: non vas te changer vite
Je la regardai profondément avant d'y aller sans insister.
Cependant il y avait quelque chose de bizarre : je ne voyais pas mes deux sœurs. C'est vrai qu'elles sont mariées mais ça restait quand même une réunion de famille me disais-je en portant une robe longue et mes tongues...
Je m'assis à côté de maman et m'adossa un peu confortablement sur son épaule.... Quand je levai les yeux, je vis Karim, ce fils à papa qui ne calcule personne. Mais quand son regard croisa le mien, je m'empressai de les détourner très vite. Au fond de moi, j'étais une vraie tapette. Mais en même temps, il était difficile, vraiment difficile de soutenir ce regard. Il avait toujours de beaux yeux, et malgré la haine que j'avais pour lui, je reconnaissais qu'ils étaient étonnement beaux...
Papa : bon comme on est tous là on peut commencer. Babacar tout le monde sait qu'on est des cousins éloignés et depuis toujours je te porte particulièrement dans mon cœur surtout depuis le jour où tu m'as sauvé la vie...
Mon père faisait allusion à ce fameux jour de son accident ou tonton babacar lui avait donné son sang pour lui sauver la vie. Il continua....
« ... Tout le monde est au courant de l'attention et l'amour que j'ai pour toi mon frère. C'est pourquoi mon souhait le plus ardent c'est d'unir nos deux familles . Comme on l'a convenu ensemble la semaine passée soukeyna et Abdou seront donnés en mariage le plutôt possible. »
J'avais l'impression de n'avoir pas bien entendu, c'était surement cela. Mes fantasmes sur les yeux de cet homme m'emmenaient loin, pensais-je. Mais quand je relevai la tête pour voir la mine que tout le monde faisait, attendant visiblement ma réaction, je vis automatiquement rouge. Non ce n'était pas possible... je me rendis compte qu'en réalité je ne rêvais pas. Mais même si j'en étais consciente, je ne comprenais toujours pas ce qu'il se passait... MON PERE ME DONNAT EN MARIAGE, comme ça, avec l'homme le plus arrogant que la terre ait jamais porté ? Non c'était tout sauf réelle...
« Nana réveille-toi, me répétais je.... »
Pourquoi mon père me fait-il cela? Et pourquoi maman ne réagit elle pas ? Je me risque quand même à faire une argumentation même si on ne m'a jamais demandé mon avis.
Moi : mais papa on a quand même le droit de choisir non ?
Lui : ma fille il n'y as pas meilleur choix que celui que les parents font pour leurs enfants. Rassure-toi...
Karim : tonton on peut d'abord réfléchir avant d'accepter ?
Tonton babacar : (d'une voix sévère) mon fils c'est déjà décidé vous n'avez qu'à vous y préparer.
Apparemment, Karim également était sous le choc, tout comme moi. Il ne s'attendait pas à une chose pareille et je me disais qu'il n'était pas au courant lui aussi. Sa tête le prouvait et je me sentais moins seule. Mais là n'était pas le problème, pensais je confuse, je n'arrivais pas à comprendre la raison de tout cela, comme si nous étions au moyen Age...
Quand je regardai mon père, il avait comme finit et avait bouclé la question. Je n'arrivais pas à y croire. Sa dictature touchait le sommet, pensais-je. Pourquoi mes sœurs ont elle le droit de choisir leur mari et pas moi ?
Je ne pouvais pas accepter, je n'allais tout simplement pas le faire, me disais-je. Mais je me rendis compte que je n'avais pas vraiment mon mot à dire. Et soudain, oubliant toute sortes de politesse, je me levai brusquement, et couru vers ma chambre. C'était plus que je ne pouvais supporter...
Dans la tête de Karim
Ces vieux sont vraiment séniles et débiles en même temps. Comment peuvent-ils me forcer à épouser une fille que je n'ai jamais côtoyée, en plus de cela, une fille aussi banale qu'elle. Rire, j'en ris intérieurement, car à les entendre on se croyait être aux 19 e siècles. S'ils pensent que je vais accepter leur stupide décision, ils se fourrent le doigt dans l'œil. J'ai beaucoup de respect pour mon oncle, mais mon père savait très bien que je ne ferais jamais ce qu'il veut.
Oui, il savait qu'il n'avait aucun pouvoir sur ma vie et sur mon avenir. Je ne lui ai tout simplement pas donné ce droit. Et donc, il fallait que je trouve rapidement une solution avant qu'il n'en parle à ma mère. A cette dernière, je ne peux rien refuser... et elle a l'habitude d'appuyer tout ce que papa fait..
JUNIOR ! Oui, pourquoi n'y avait-je pas pensé depuis tout à l'heure. Il a la solution à tout et je savais qu'il pourra m'aider. Je composai rapidement son numéro. Et quelques instants plus tard, il répondit....
Junior : allo man !
Moi : salut boy j'ai besoin de toi c'est urgent viens vite chez moi.
Junior : qu'est ce qu'il y a encore ? Mamie ta largué de nouveau ? Rire
Je l'avais complètement oublié celle-là. Et je me demandais bien ce qu'elle va penser de la décision stupide de Mon père rire...
Junior : tu es la ???
Moi : rire non elle ne m'a pas largué. Viens seulement. Je t'expliquerai tout.
Junior : d'accord d'accord j'arrive dans 30min
Malick sy était mon meilleur ami. Il était comme un frère pour moi. On l'appel junior car il avait le prénom de son père décédé quelques mois avant sa naissance. On s'est connu à l'école primaire et depuis lors nous etions inséparables...
En y repensant encore, je ne comprenais toujours pas l'attitude de mon père. Je me demandais même ce qui m'avais pris d'accepter de l'accompagner chez mon oncle. Il savait pertinemment qui si j'avais su les raisons de cette visite, je n'irais jamais avec lui. Quel lâche ! Pensais-je en rentrant dans la cuisine. Il fallait que je grignote quelque chose avant l'arrivée de junior. Cette histoire m'a vraiment donné faim.
Mais à ma grande surprise, je vis ma mère et ma sœur discuter dans la cuisine...
Moi : qu'est-ce que vous mijotez ?
C'est ma mère qui se retourna en premiere : rien bb, on parlait de toi et de la décision de ton père. Mais d'abord viens t'assoir je t'ai préparé des lasagnes comme tu les aimes.
Merde ! Pensais je. Elle est déjà au courant. Je le résignais et me dirigeai vers elle.
« : MA stp arrête de m'appeler BB tu sais que je n'aime pas que tu m'appelle comme ça. »
Maman : mais tu es mon petit bb. Rire.
J'étais toujours renfrogné mais je lui répondis : ... en ce qui concerne papa je vous le dis dès maintenant que je n'accepterai jamais sa stupide folie. on n'est pas au moyen âge. En plus de cela, s'il m'avait demandé, il n'allait pas t'en parler. Je pensais qu'il allait au moins me laisser le choix de le faire...
Maman : calme toi Karim n'oublie pas que c'est ton pèreet tu lui dois respect et obéissance.
Moi : papa est égoïste. Je ne lui droit rien maman...
Astou : (qui n'a rien dis depuis le début) : Karim écoute je ne dis pas que je suis d'accord avec papa mais je pense qu'il a fait un excellent choix pour toi. Réfléchis bien avant de la rejeter. Soukeyna est une fille bien éduquée. elle est cultivée et il parait qu'elle est très studieuse. En plus elle est très belle plus belle que celles que tu nous amènes a la maison. Tu sais très bien que la famille de tonton Khalil n'est pas intéressée. Notre fortune ne les intéresse pas et je suis sûr qu'avec le temps soukeyna t'aimera comme l'homme que tu es et non comme le riche canon fils de babacar Gueye.
Moi : mais vous avez pensez a elle ? Vous parlez d'elle comme d'une marchandise bonne a vendre. C'est NON !
J'etais toujours debout dégustant sans appétits mon plat.
Maman : ta sœur a raison réfléchi bien avant de montrer ton refus à ton père et j'ai tellement envie que tu epouse cette petite...
Voila c'est ce que je ne voulais pas... bref, D'une part astou avait raison toutes les filles que j'avais connu jusque-là n'étaient avec moi que pour mon argent. En effet à 30 ans je dirigeai déjà ma petite entreprise . J'ai galéré avant d'avoir cette startup pour la simple raison que je ne voulais pas l'aide de mon père. Je suis parti donc de rien pour la créer. Alliant étude et stages, faisant des économies et Avec le soutien de ma mère et mon expérience et ma persévérance aidant, j'ai pu tenir debout une structure assez grande comme la mienne.
J'ai eu à faire mes études au canada ou j'ai d'ailleurs rencontré mamy seck. Oh mon Dieu, c'est d'elle dont je suis amoureuse et je la connais très bien. Je ne peux pas dire autant de cette soukeyna... trop insignifiante pour moi.
En plus de cela je ne peux pas comprendre comment ma mère et ma sœur peuvent cautionner une telle chose. Je ne pourrais jamais le comprendre. En même temps, je comprenais leur position, car au fond de moi, je savais qu'elles voulaient que je me case avec une femme simple et calme. Mais quand même je savais faire un choix... pensais je.
Je n'eus donc pas le temps de leur répondre que junior entra dans la cuisine...
Junior : SALAMALEKOUM. Bonjour tata. salut astou.
Moi : hey salut, on monte vite, ces deux femmes ne font que m'enfoncer dans mon trou.
Astou : khana bi nga lekei Ba Sour Tchip... (Tu peux ça dire après avoir bien mangé, ingrat !)
J'éclatai de rire puis me dirigeai dans ma chambre avec mon ami. Nous étions les deux inséparables. On avait les mêmes gouts et les mêmes préférences. Mais nous n'avions pas la même taille ni la même allure. En effet, junior me disait souvent que s'il avait ma carrure, les filles allaient tomber à ses pieds. Il était élancé mais un peu maigre. Contrairement à moi qui était non seulement élancé, mais j'avais une forte carrure, de vrais muscles et surtout un corps d'athlète. Ce que les femmes aimaient bien sûr et j'en étais fier... je pouvais avoir toutes celles que je voulais juste en claquant les doigts, pensais je tristement...
Junior : alors mec, dis-moi qu'est ce qui t'arrive ?
Moi : tu ne devineras jamais.
Junior : dis mois vite.
Moi : papa et tonton Khalil ont planifié de nous marier moi et Marième soukeyna la fille de tonton Khalil qui n'a même pas encore son bac. Je n'arrive toujours pas à y croire.
Junior : (éclatant de rire) QUOI ? MARIAGE FORCE ?
Moi : (en colère) je ne t'ai pas appelé pour que tu te moque de moi.
Junior : ok excuse-moi. Mais dis-moi en quoi est-ce un problème ? Si c'est une bonne fille, je trouve que c'est avantageux vu que tu n'auras pas à trop chercher une femme.
Moi : tu ne comprends pas je la connais à peine en plus un mariage sans amour franchement je ne suis pas dedans. C'est ma liberté qui en dépend. Il faut qu'on trouve vite une solution man. Si c'était seulement mon père, j'allais tout simplement refuser, mais ma mère aussi s'y met et tu me connais, je ne peux rien lui refuser...
Junior : écoute Karim je suis ton ami depuis longtemps et je t'avoue que tu ne pouvais pas avoir mieux. Je connais bien soukeyna je la voie souvent quand je vais chercher mon frère. Elle à tout ce que tu peux cherché chez une femme en plus elle est d'une simplicité incroyable. Sa famille est réputée pour être modeste, humble et surtout très éduquée. En plus elle a tout pour plaire, il suffit juste de faire d'elle une vraie femme. Je ne dirais pas que c'est la femme parfaite mais je te conseille de bien y réfléchir. En tout cas si moi aussi on pouvait me choisir une petite bombe toute faite comme elle j'accepterai volontiers rire
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas l'opinion de junior. Etais-je le seul à trouver le geste de mon père arbitraire ou bien j'étais seul au monde ? Même mon meilleur ami s'y mettais maintenant ? Que faire bon sang. J'étais perdu, vraiment perdu...
Il fallait que je trouve quelque chose de convaincant pour ma mère, car je savais que si je n'avais pas de raison valable, je ne pourrais pas trouver de prétexte pour refuser...
Dans la tête de nana
Je ne savais même pas pourquoi j'étais choquée par la décision de mon père. Il avait toujours exercé cette dictature sur nous, sur ma mere . Et donc elle n'osait jamais le contester. Mais ce qui me faisait le plus mal c'était l'homme qu'il avait choisi. Pourquoi Abdou Karim ? Pourquoi pas un autre ? Je ne comprenais pas. Il fallait que je parle à quelqu'un, n'importe qui, il fallait que je me vide l'esprit... je pris mon telephone pour appeler Marième...
C'était la seule personne capable de m'écouter et de me donner les conseils qu'il faut...
Après deux sonneries elle répondit.
MARIEME : (d'une voie ensommeillée) allo !MOI : chip tu dors encore toi. Réveille-toi il faut qu'on parle.
Marieme : je t'écoute mais dépêche hein j'ai trop sommeil.
Moi : Marie mon père a prévu de me donner en mariage avec un cousin du nom d'Abdou Karim. C'est le fils de tonton babacar. Celui qui était au canada. Je suis tombée des nues car je n'avais jamais pensé que la dictature de mon père atteindrai ce stade...
Marième se réveilla complétement : eh ho attend le mec canon-là qui a la voiture toute noire, au mariage de ta sœur ? C'est lui ?
Moi : oui c'est lui. Il na rien de canon...
Marième : non je ne comprends pas depuis quand votre famille est conservatrice à ce point ?
Moi : Mon père et tonton babacar ont parlé d'une certaine amitié qui les liait en dehors du lien de sang. Ils ont aussi parlé du jour où il a donné son sang à papa et qu'il lui avait sauvé la vie... quelque chose comme ça. Mais je ne sais même pas en quoi ça nous concerne... je suis perdue Marième...
Elle : ok je vois mais nana en quoi tu t'inquiètes ? Si c'était un mec moche laid pauvre et répugnant là je t'aurais aidé à fuir loin de ta maison, MAIS NANA C EST DE ABDOU KARIM GUEYE DONT ON PARLE LA... l'homme que toutes les femmes veulent. Moi j'appelle ça de la chance.
Je soupirai d'agacement : attend toi je t'appelle pas pour que tu chantes ses louanges, je t'ai appelé pour que tu me soutiennes. Même s'il est beau, riche cela n'empêche qu'il reste le garçon le plus arrogant que la terre ait jamais porté. Et raison de plus pour qu'il arrive à avoir toutes les femmes qu'il désire dans sa vie. Qu'est ce qu'il va faire d'une fille aussi insignifiante que moi ? Et tu as pensé à mactar dans tout ça ?
Marième : tu ne m'as pas dit ce matin qu'il ne t'a jamais parlé de mariage ?
Moi : ... je sais mais je ne peux pas épouser Karim et laisser mactar. C'est au-dessus de mes forces. Je ne veux pas me marier avec lui. Non, le mariage c'est quelque chose qui dure toute la vie et j'ai envie de me marier avec l'homme que j'aime, pas avec un arrogant prétentieux comme lui. En lus de cela, il a de ces manière que.... Attend Marième tu dors ???
Marième : ...
Je criai presque : hey tu dors ???? JE VAIS TE TUER DEMAIN TCHIP.
N'ayant plus aucune reponse de sa part, Je raccrochai ainsi le telephone, consciente que mon seul et unique allié me laissait tomber. Moi qui croyais trouver une solution avant le coucher du soleil.
Je soupirai puis me couchai dans l'espoir de dormir. Mais toutes mes pensées dérivaient vers Karim. Il pouvait être beau, canon, et extrêmement riche, cela n'empêchait pas pour autant mes tracas. Je ne comptais bien sûr pas accepter cet accord de nos parents, mais avais je le choix ? Karim avec ses airs de jeune cadre accompli. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire avec lui... on ne s'entendra jamais, pensais je... en plus de cela, je n'avais que 18 ans et je n'avais vraiment pas envie de me marier quand même. Mes camarade de cet Age pense aspirent une formation poussée afin de realiser leur revr... et donc, je ne comptais pas accepter cette stupide décision comme ça, juste parce que mon père a envie de nourrir sa dictature. Non, je suis appelée à faire quelque chose de ma vie et non à être une femme au foyer soumise aux volontés de mon père et d'un mari que je n'ai pas appris a connaitre.
Même si je me révoltais intérieurement, je savais qu'il n'était pas possible de me battre contre papa. Il était de nature acharné et quand il voulait quelque chose, il l'avait coute que coute. Il l'obtenait de gré ou de force. C'était un homme autoritaire, renfermé et surtout, très fermé avec ses filles. Il ne discutait jamais avec nous, c'était à croire qu'il nous détestait . Donc c'était mal barré pour moi si je m'aventurai à lui manifester mon refus, pensais-je tristement...Je décidai de dormir, peut être que le lendemain, je pourrais avoir une autre approche de tout ça. Pour l'instant, la seule chose que je voulais, c'était reposer mes neurones. Il était donc presque 00h. J'allais fermer les yeux quand soudain je reçois un message d'un numéro que je ne reconnaissais pas. Je l'ouvris automatiquement « Salut Nana excuse du dérangement il se fait tard je le sais mais fallait que je te texte c'est Karim... je voulais juste que tu sache que comme toi je ne veux pas de ce mariage ; mais après réflexions on n'a pas le choix vu l'état de santé de ton père et l'acharnement du mien qui utilise ma mère pour me faire flancher, on a zéro chance contre eux. On doit parler donc demain matin je t'appellerai pour qu'on se voit quelque part pour mieux en discuter. On trouvera une solution . Bye »
Je relisais le message, encore et encore... même si son texte avait été le refflet de sa personnalité , j'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'il s'adresse directement à moi. Mais bon, même si je voulais ne pas vraiment le reconnaitre, les chances n'étaient pas vraiment de mon coté. Et donc peut etre que son aide pourrait changer les choses... Pensais je en entrant dans un sommeil très agité. Le lendemain matin, je me réveillai avec un mal de tête horrible. Au début, je pensais que j'avais rêvé de la veille. Mais quand je vit la tête que mon père faisait quand je lui disais au revoir, je me suis rendue compte que je n'étais dans un rêve. Je soupirai et sortait de la maison sans manquer de faire signe à ma mère, lui faisant comprendre qu'on devait discuter de tout ça. J'étais vraiment perdue et confuse. Je sentais que je n'allais pas me concentrer dans mes cours...
Comme Sarah dormait maintenant dans une autre chambre, j'en remerciais Dieu intérieurement. Car je savais qu'elle n'allait pas arrêter de me poser des quêtions si on dormait ensemble ; Et quand j'ai su ce matin qu'elle n'avait pas cours, j'ai presque sauté de joie. Il fallait que je sois seule pour pouvoir réfléchir à toute cette histoire pensais je quand tout à coup, mon telephone se mit à sonner...
C'était Karim, mais avant de répondre, mon cœur se mit à cogner fort dans ma poitrine. Pourquoi ? Me demandais-je...
Karim : bonjour petite je passe te chercher à 13h ça te va ??
Aie entendu « petite ??? »
Je lui repondis : je descends avant 13h
Lui : c'est parfait je viendrais te chercher à cette heure bye.
Tac et il raccrocha sans même me donner le temps de répondre. Mais pour qui se prend-il ? Comment ose-t-il ? Je sentais que mon irritation n'allait pas s'atténuer de la journée. Raison pour laquelle, une fois en classe, je m'éloignais de tout le monde, je n'avais pas envie de parler, pas même à Marième qui insistait pour que je lui donne les détails de la reunion.
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On était à la fin de l'heure. Je sortis sans attendre Marième et Fatou qui criaient derrière moi. Mais je leur avais fait comprendre que javais rendez-vous avec Karim. Bien sûr, elles voulaient coute que coute le voir mais moi je ne voulais pas. Plus vite cette histoire se terminera, et mieux c'était. Il n'y avait pas besoin de se tisser des liens d'amitié, ni de le rendre encore plus prétentieux en voulant le présenter à mes amis.
Une fois à la porte de l'école, je n'eus pas de difficulté à repérer la voiture de Karim. Il ne savait vraiment pas se faire discret lui, pensais je, irrité. Toute l'école avait les yeux braqués sur lui, et cela me gênait au plus haut point. Il faisait la grosse tête mais il ne savait pas qu'il se donnait en spectacle.
Je courus rapidement vers la voiture, le salua brièvement avant d'entrer à l'avant...
Il entra à son tour et se retourna vers moi...
Karim : salut petite...
Moi : salut (qu'il m'appelle encore petite et je lui dis mes 4 vérité)
Lui : on va ou ?
Moi : qu'est-ce que j'en sais moi ?
Lui : c'est comme ça que tu parles toi ? Je sens que ça commence bien .bon on va à la plage de voile d'or c'est plus calme.
Sur ce-il démarra en trombe. Un silence de plomb régnait dans la voiture j'étais comme intimidée. En effet le gars était bien habillé jean noir Lacoste blanc et il sentait horriblement bon. Il y avait une classe inexplicable qui émanait de lui... heureusement que je m'étais bien habillé aujourd'hui d'une part parce que j'avais prévu notre rendez-vous.
Javais mis une robe trois quart saumon à manche courte. Je pouvais dire que c'était l'un de mes habits qui m'allait le plus. Il mettait largement en valeur mon derrière bien rebondi et ça me donnait un air sensuel selon cette folle de Marième. Au fond de moi j'avais fait exprès de porter cette tenue car je ne voulais pas apparaitre en infériorité devant lui... mais bon... je me suis rendu compte que j'ai été stupide de le penser.
Après 20 minutes de trajet, on arriva à la plage et on s'assit sur le sable.
Visiblement, Karim était aussi gêné que moi. J'avais un peu honte d'être dans un endroit pareil avec lui comme si on était les deux amoureux que nos parents voulaient que nous soyons...
Il rompit le silence : j'ai voulu qu'on se voie pour essayer de trouver une solution face à ce problème. Je sais que tu ne veux pas de ce mariage et moi non plus. Mais tu sais, les parents ont tout fait pour nous mettre dos au mur et quand mon père y a intégré ma mère, j'avoue n'avoir plus le choix... je ne peux rien lui refuser...
Moi : donc tu as convoqué ce rendez-vous juste pour me dire que tu acceptes uniquement pour ta mère ? Tu peux accepter, mais moi je ne le ferai pas. Je n'épouserai jamais un homme que je ne connais pas, encore moins que je n'aime pas. Je n'ai que 18 ans, je n'ai même pas encore le bac, mon avenir est plus important que le mariage. Ce n'était donc pas la peine de m'emmener ici pour me dire que tu le fais pour ta mère, moi je ne le fais pas tout court. Donc ce n'était pas la peine de convoquer cette rencontre...
Il fronça les sourcils... on était assis cote cote, mais assez loin pour ne pas nous toucher... il n'appréciait visiblement pas ce que je lui avais dit...
Karim : d'abord je suis largement ton ainée et je ne t'ai pas manqué de respect quand j'ai pris la parole. Donc tu surveille ton vocabulaire quand tu me parles. Enfin tu n'as pas le choix tu fais partie des plus jeunes filles de ton père et visiblement ton avis compte peu alors autant s'y faire maintenant. Si je suis là c'est pour trouver une solution donc ton impertinence et ton arrogance ne me font ni chaud ni froid. Je le suis largement plus que toi...
Mon cœur se brisa en deux. Comment un homme aussi dénué de sentiment peut être mon mari ? C'est tout simplement impensable. Et pourtant, il avait raison malheureusement, mon avis ne comptais pas dans cette histoire et j'avais beau me battre pour mes propres choix, mon père ne me prendra jamais au sérieux...
Tout a cout, des sanglots me submergèrent et je me mis à pleurer à chaude larme. Je me détestais tellement d'être si faible. Mais je n'y pouvais rien. Je me sentais seule et vulnérable face à une décision de mon père que je n'approuvais pas. Je me sentais mise à l'écart et surtout, je me sentais mal de n'avoir pas le droit de faire mes propres choix...
Soudain, alors que je m'y attendais le moins, il me prit dans ses bras et se mit à me consoler.
Karim : excuses moi je ne voulais pas te blesser je sais que tu es désespérée je le vois sur ton visage mais ne t'inquiète pas j'ai une solution sèche tes larmes et écoute moi jeune fille.
Moi : (séchant mes larmes comme une enfant) Quelle solution !
Je me détachai un peu de lui, soudain gênée par cette proximité...il commença : voilà, tu m'écoute jusqu'à la fin surtout. Et après tu me diras tes impressions. Je comprends que tu sois perdue. C'est normale tu es encore jeune. Mais comme tu peux voir la situation les parents pensent qu'ils prennent la meilleur décision pour leurs enfants. Personnellement, je ne ferai rien pour mon père, mais il y a impliqué ma mère et donc je suis dos au mur. Toi aussi tu n'as visiblement pas le choix, mais une fois mariée avec moi tu seras libre comme l'air. Je m'explique. On va leur faire croire qu'on accepte leur proposition et on se marie. Une fois mariée, chacun de nous deux vie tranquillement sa vie de son côté. Jusqu'à ce qu'on atteigne les trois mois. Et là on sera libre de divorcer leur disant qu'on ne s'entend plus. Je sais que c'est une idée pas facile à appliquer mais c'est la seule que j'ai pu trouver...
Je réfléchis un peu à son idée. En réalité, c'était une bonne proposition même si j'avais un peu peur de me marier à cet Age. Mais bizarrement j'étais rassurée et je pouvais avoir un petit brin espoir...
Moi , plus soulagée : ok d'accord mais attendons que j'ai mon bac pour le mariage.
Lui : ma chère ça ce n'est pas à moi d'en décider mais ne t'inquiète tout va s'arranger d'accord ? Je parlerai à ton père et on fera comme tu veux...
Je retournai soudain vers lui, pour mieux le regarder. cette soudaine sollicitude envers moi m'avait un peu étonné. Mais je me rendis compte que derrière cet air d'arrogant fils à papa, se cachait un homme prévenant.... Et j'avais remarqué qu'il n'avait pas supporté de me voir pleurer... c'était rare de nos jours, pensais je. Je sentais ainsi que je pouvais compter sur lui, pour avoir ce que je voulais, et dans ses yeux, quelque chose me disait qu'il était sincère. Ce mariage allait donc être la plus grosse mascarade du siècle, pensais-je en souriant...
Je savais que si ça ne dépendait que de mon père, je quitterai sa maison avant même d'atteindre mes 18 ans, et donc, il pensait surement que je ne pouvais pas avoir mieux. Ainsi donc, un allié comme Karim était la meilleure chose qui pourrait m'arriver.
Cependant, quelque chose commençait à me tracasser. Oui, ses paroles m'avaient automatiquement rassuré. Je n'avais plus de doute et j'étais soulagée. D'habitude ma méfiance se voyait à des kilomètres mais lui...
Je ne comprenais pas et le fait qu'il m'intriguait et me donnait des frissons à chaque fois qu'il me touchait, même par accident, me faisait peur ...
En fin bref, il fallais que je m'y habitue, car surement il devait avoir le même effet sur les autres femmes. Il fallait que je m'y fasse car après tout, on aura à se côtoyer plus souvent que la Normale ces derniers jours... mais toujours pour la bonne marche de notre plan, me disais-je, en entrant dans la voiture...