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Une seconde vie, un nouveau jeu

Une seconde vie, un nouveau jeu

Auteur:: Tallie Oettinger
Genre: Horreur
Un frisson glacial me parcourt l'échine. Non pas à cause du froid de la pièce, mais à cause de ces mots, prononcés d' une voix douce mais glaçante: "Félicitations, Madame Leclerc. Vous êtes enceinte." Pour le médecin, c'est une joie ; pour moi, Jeanne, c'est un arrêt de mort. Mes mains tremblent sur mon ventre encore plat. La terreur me saisit, car cette annonce est l' écho funeste d' un passé sanglant. Je revois la chute, la douleur déchirante, le sang chaud qui s' échappe, emportant la vie de mon enfant à naître. Et surtout, je revois Mireille, ma demi-sœur, se tenant au-dessus de moi, le visage dénué de toute pitié. Mon mari, Antoine, à ses côtés, indifférent. « Pourquoi, Mireille ? » avais-je murmuré, mon dernier souffle s' éteignant. Son sourire méprisant, ses mots résonnent encore : « Parce que toi et ton enfant, vous bloquez mon chemin. » J'étais morte. Mon enfant était mort. Pourquoi cette horreur recommence-t-elle ? Comment suis-je de retour, ici, aujourd' hui, le jour précis où tout a basculé ? Cette injustice me déchire l'âme. Mais la Jeanne naïve qui croyait à l' amour familial est morte sur ces pierres froides. Celle qui vient de se réveiller est différente. Cette fois, Mireille, Antoine, vous croyez me piéger ? Le jeu ne fait que commencer. Et je ne serai plus la victime.

Introduction

Un frisson glacial me parcourt l'échine. Non pas à cause du froid de la pièce, mais à cause de ces mots, prononcés d' une voix douce mais glaçante: "Félicitations, Madame Leclerc. Vous êtes enceinte." Pour le médecin, c'est une joie ; pour moi, Jeanne, c'est un arrêt de mort.

Mes mains tremblent sur mon ventre encore plat. La terreur me saisit, car cette annonce est l' écho funeste d' un passé sanglant. Je revois la chute, la douleur déchirante, le sang chaud qui s' échappe, emportant la vie de mon enfant à naître.

Et surtout, je revois Mireille, ma demi-sœur, se tenant au-dessus de moi, le visage dénué de toute pitié. Mon mari, Antoine, à ses côtés, indifférent. « Pourquoi, Mireille ? » avais-je murmuré, mon dernier souffle s' éteignant. Son sourire méprisant, ses mots résonnent encore : « Parce que toi et ton enfant, vous bloquez mon chemin. »

J'étais morte. Mon enfant était mort. Pourquoi cette horreur recommence-t-elle ? Comment suis-je de retour, ici, aujourd' hui, le jour précis où tout a basculé ? Cette injustice me déchire l'âme.

Mais la Jeanne naïve qui croyait à l' amour familial est morte sur ces pierres froides. Celle qui vient de se réveiller est différente. Cette fois, Mireille, Antoine, vous croyez me piéger ? Le jeu ne fait que commencer. Et je ne serai plus la victime.

Chapitre 1

Un frisson glacial me parcourut l'échine. Non pas à cause du froid de la pièce, mais à cause des mots qui venaient de frapper mes oreilles.

"Félicitations, Madame Leclerc. Vous êtes enceinte."

La voix du médecin était douce, presque joyeuse. Pour lui, c'était une bonne nouvelle, la consécration d'un mariage, l'arrivée d'un héritier pour une famille noble.

Pour moi, c'était un écho du passé, un cauchemar qui recommençait.

Mes mains tremblaient, posées sur mon ventre encore plat. Je sentais le sang se glacer dans mes veines. Ce n'était pas de la joie que je ressentais, mais une terreur pure et profonde.

Car je me souvenais de tout.

Je me souvenais de la chute, de la douleur déchirante quand mon corps a heurté le sol en pierre. Je me souvenais du sang chaud qui s'écoulait d'entre mes jambes, emportant avec lui la vie de mon enfant à naître.

Et surtout, je me souvenais du visage de ma demi-sœur, Mireille.

Elle se tenait au-dessus de moi, son expression dénuée de toute pitié. Mon mari, Antoine, était à ses côtés, le regard vide, comme si je n'étais qu'une nuisance.

"Pourquoi, Mireille ?" avais-je réussi à murmurer, ma vie s'échappant avec mon dernier souffle.

Elle avait eu un petit sourire méprisant.

"Parce que toi et ton enfant, vous bloquez mon chemin."

Ces mots résonnaient encore dans mon crâne, plus forts que la voix du médecin.

Je suis morte. Mon enfant est mort. Et maintenant, je suis de retour.

De retour au jour exact où tout a commencé. Le jour où ma grossesse a été confirmée.

Je fermai les yeux un instant, laissant la vague de haine et de chagrin me submerger. La Jeanne naïve, celle qui croyait à l'amour et à la loyauté familiale, était morte sur ces pierres froides.

Celle qui venait de se réveiller était différente.

Le médecin rangeait ses affaires, me laissant quelques recommandations sur le repos et l'alimentation. Je l'écoutais à peine, mon esprit tournant à plein régime.

Mireille. Ma chère sœur.

Dans ma vie antérieure, elle avait refusé ce mariage arrangé avec Antoine Leclerc, un aristocrate puissant mais dont la réputation était sulfureuse. Elle prétendait vouloir suivre son cœur, un amour secret pour un artiste sans le sou nommé Lucas.

Par devoir familial, pour sauver l'honneur des Dubois, j'avais pris sa place. J'avais épousé Antoine. Et contre toute attente, j'étais tombée amoureuse de lui. J'avais cru que lui aussi m'aimait.

Quelle idiote j'avais été.

Quelques mois après notre mariage, Mireille était revenue, son histoire d'amour terminée. Elle pleurait, disait regretter sa décision. J'avais eu pitié d'elle, je l'avais accueillie chez moi.

Grave erreur.

Elle a séduit Antoine avec une facilité déconcertante. Il était fasciné par son apparence raffinée, son esprit soi-disant cultivé. À côté d'elle, moi, la fille d'une simple marchande, je n'étais rien. Ils sont devenus amants, sous mon propre toit.

Et quand j'ai découvert ma grossesse, au lieu d'être une bénédiction, c'est devenu ma condamnation. L'héritier que je portais solidifiait ma position, et ça, Mireille ne pouvait pas le supporter.

Le "chemin" qu'elle voulait, c'était le titre de Madame Leclerc, la richesse, le pouvoir.

Cette fois, les choses seraient différentes.

Je sais maintenant que ce qui est inaccessible est un idéal. Une fois obtenu, le désir s'éteint. Antoine désirait Mireille parce qu'elle était l'amour interdit, la sœur de sa femme.

Très bien. Je vais leur donner ce qu'ils veulent. Sur un plateau d'argent.

La porte s'ouvrit brusquement, et Antoine entra. Grand, beau, l'arrogance d'un homme habitué à tout obtenir.

"Alors, docteur ? Quelles sont les nouvelles ?"

Son regard s'est posé sur moi, mais je pouvais voir au-delà de son sourire. Il n'y avait pas d'inquiétude pour ma santé, seulement l'impatience de savoir si ses efforts pour avoir un héritier avaient porté leurs fruits.

Le médecin s'inclina.

"Toutes mes félicitations, Monsieur Leclerc. Madame est enceinte."

Le visage d'Antoine s'illumina d'une joie ostentatoire. Il se précipita à mon chevet, me prit les mains.

"Jeanne ! C'est merveilleux ! Un héritier ! Enfin !"

Il était ravi. Pas pour nous, pas pour notre famille. Mais pour lui, pour son ambition. Un fils consoliderait ses alliances et son statut à la cour.

Je forçai un sourire timide, jouant le rôle de l'épouse comblée.

"Je suis si heureuse, Antoine."

"Nous devons fêter ça ! Je vais envoyer des messagers immédiatement pour annoncer la nouvelle à tout le monde !" s'exclama-t-il, déjà tourné vers la porte, prêt à crier sa victoire au monde entier.

"Attends," dis-je doucement.

Il se retourna, surpris.

"Quoi ? Pourquoi attendre ? C'est une nouvelle fantastique !"

Je baissai les yeux, prenant un air humble et plein de sollicitude.

"Je sais, mon amour. Mais... je voudrais être la première à l'annoncer à Mireille. Elle est ma sœur, après tout. Cela lui ferait tellement plaisir d'entendre la nouvelle de ma bouche. Nous pourrions aller la voir ensemble, juste nous deux."

Le regard d'Antoine changea subtilement. Une lueur d'intérêt s'alluma dans ses yeux. L'idée de voir Mireille semblait le séduire plus que celle d'annoncer ma grossesse.

Dans ma vie précédente, j'aurais été aveugle à ce détail. Aujourd'hui, je le voyais avec une clarté effrayante.

"C'est... une excellente idée, ma chérie," dit-il, sa voix s'adoucissant. "Quelle délicate attention de ta part. Bien sûr, nous irons la voir ensemble."

Je souris intérieurement.

Le premier pion était avancé.

Le jeu ne faisait que commencer.

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Chapitre 2

Le lendemain matin, je me suis levée avec une détermination de fer. La nuit avait été courte, remplie des fantômes de mon passé, mais chaque souvenir ravivait la flamme de ma vengeance.

Ma première tâche était de réorganiser mon personnel.

Dans ma vie précédente, ma femme de chambre personnelle était une femme plus âgée, fidèle à ma belle-mère et à Mireille. Elle rapportait chacun de mes gestes.

Cette fois, j'allais choisir mes propres espions.

J'ai fait appeler Madame Leclerc, la gouvernante de la maison. C'est une femme sévère et rigide, la tante de Sylvie. Dans ma vie passée, elle était entièrement dévouée à Mireille. Mais je connaissais sa faiblesse : sa nièce.

Sylvie, sa nièce, était une jeune femme de chambre, ambitieuse et intelligente. C'est elle qui, dans ma vie antérieure, avait aidé Mireille à me nuire en échange d'une promesse de promotion.

Cette fois, c'est moi qui allais lui offrir cette promotion.

Madame Leclerc et Sylvie entrèrent dans mes appartements et s'inclinèrent profondément.

"Vous m'avez fait appeler, Madame ?" dit la gouvernante, le ton respectueux mais froid.

J'ai souri avec douceur.

"Oui, Madame Leclerc. Comme vous le savez, ma santé est désormais plus fragile. J'ai besoin de quelqu'un de confiance et de discret à mes côtés. Mais je pense aussi à mon mari. Antoine est si occupé par les affaires de la cour, il a besoin d'un service irréprochable. C'est pourquoi j'ai pris une décision."

Je me suis tournée vers Sylvie, qui gardait les yeux baissés.

"Sylvie, tu es une jeune femme vive et intelligente. J'ai remarqué ton travail. À partir d'aujourd'hui, je te nomme première femme de chambre, et tu seras attachée au service personnel de Monsieur le Comte."

Le silence tomba dans la pièce.

Sylvie releva la tête, ses yeux écarquillés par la surprise. C'était une promotion inespérée, un bond de plusieurs échelons dans la hiérarchie des domestiques. Servir directement le maître de maison était un honneur et une source de pouvoir considérable.

Madame Leclerc était visiblement stupéfaite. Elle ouvrit la bouche pour protester, probablement pour dire que sa nièce était trop jeune, trop inexpérimentée.

Mais avant qu'elle ne puisse parler, j'ai continué, ma voix toujours aussi douce.

"Je sais que c'est une grande responsabilité. Mais je veux quelqu'un de loyal à cette maison, à notre famille. Et je sais que tu feras honneur à ta tante."

Le message était clair. La loyauté serait récompensée.

Je me suis souvenue de Sylvie dans ma vie précédente. Elle avait placé un somnifère dans mon thé le soir où Mireille et Antoine avaient consommé leur trahison pour la première fois. Elle pensait que personne ne le saurait jamais.

Mais je savais.

Je regardai Sylvie droit dans les yeux. Je vis l'ambition pure briller dans son regard. Elle comprenait l'opportunité qui s'offrait à elle. L'allégeance à Mireille n'était qu'une promesse vague, alors que moi, je lui offrais le pouvoir, ici et maintenant.

"Je... je ne sais comment vous remercier, Madame," balbutia Sylvie, s'agenouillant presque. "Je vous serai éternellement loyale."

"Je sais," répondis-je simplement.

Plus tard dans la journée, je suis allée voir Mireille. Elle résidait dans une aile de la maison réservée aux invités, se plaignant constamment de son "exil doré".

Elle était en train de lire de la poésie près de la fenêtre, une image parfaite de la demoiselle cultivée et mélancolique.

"Jeanne ! Ma chère sœur," dit-elle en se levant, son sourire aussi faux que ses larmes. "Tu as l'air un peu pâle. Tu devrais te reposer."

"Je vais bien, Mireille. En fait, j'ai une nouvelle à t'annoncer. Et une proposition."

Je lui ai parlé de ma décision concernant Sylvie. Le sourire de Mireille se figea une fraction de seconde avant de se recomposer.

"Mais... Jeanne, c'est si soudain. Sylvie est si jeune. Ne crains-tu pas qu'elle ne soit pas à la hauteur pour s'occuper d'Antoine ?"

Sa protestation était faible, purement formelle. Elle ne se souciait pas de la compétence de Sylvie. Elle s'inquiétait de perdre une source d'information et d'influence.

"Au contraire," répondis-je avec un air de fausse naïveté. "Je pense qu'il a besoin de quelqu'un de nouveau, de dévoué. Et puis, c'est pour le soulager. Qui mieux qu'une jeune femme attentive pour s'assurer que ses vêtements sont parfaits, que son bureau est en ordre ? C'est un fardeau que je ne veux plus t'imposer, ma chère sœur. Tu es notre invitée, tu dois te reposer et t'amuser."

Je lui présentais cela comme un cadeau, un moyen de la libérer d'une corvée. Elle ne pouvait pas refuser sans paraître ingrate.

"Tu es trop bonne, Jeanne," dit-elle finalement, les dents serrées.

En quittant ses appartements, j'ai croisé Madame Leclerc dans le couloir. La gouvernante s'inclina plus bas que jamais.

"Madame, je vous remercie au nom de ma nièce. C'est un honneur immense. Nous ne l'oublierons jamais."

Son visage, habituellement si sévère, était fendu d'un sourire triomphant. Elle pensait que sa famille avait gagné en influence. Elle ne réalisait pas qu'elle et sa nièce n'étaient que des pions sur mon échiquier.

Un pion pour surveiller Antoine, et un autre pour contrôler le reste de la maison.

La toile commençait à se tisser.

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