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Une seconde chance, un baiser d'amour véritable

Une seconde chance, un baiser d'amour véritable

Auteur:: Jiu Meier
Genre: Romance
La pluie de la Corniche d'Or s'écrasait contre notre pare-brise, tout comme mon estomac se tordait sous l'effet d'une douleur aiguë et familière. Marc conduisait, les jointures de ses doigts blanches, jusqu'à ce que son téléphone affiche « Inès ». Mon mari, son éternel toutou loyal, s'est évaporé en un éclair. « Élise, appelle un Uber. Inès a besoin de moi », avait-il déclaré, m'abandonnant malade et seule sur cette route sombre. C'était la neuvième fois que Marc choisissait son ex-petite amie plutôt que moi, sa femme. Le « neuvième adieu » d'un pari cruel orchestré par Inès il y a des années : « Neuf fois, Élise. Neuf. Et après, tu t'en vas. » Chaque incident était une blessure plus profonde : le dîner de notre anniversaire, mon opération d'urgence, l'enterrement de ma grand-mère. Je n'étais que son pansement, son « lot de consolation », un pion dans leur jeu tordu. Quelques jours plus tard, après qu'un accident d'ascenseur m'a laissée brisée et hospitalisée, Marc berçait Inès, sa terreur n'étant que pour elle. Je l'ai enfin vu avec une clarté glaçante : il ne m'avait jamais vraiment aimée. Mon mariage était un mensonge méticuleusement conçu, orchestré par Inès depuis l'université. Mon amour pour lui, cet espoir stupide et tenace, s'était finalement vidé, ne laissant qu'un vide douloureux. Mais le jeu était terminé. J'avais déjà signé les papiers du divorce qu'il avait négligemment oubliés, prête pour ma liberté. Quand Inès a plus tard tendu un piège vicieux pour m'humilier publiquement, m'accusant d'agression, un mystérieux inconnu est intervenu, changeant tout. C'était la fin d'un cauchemar, et le début de ma vraie vie.

Chapitre 1

La pluie de la Corniche d'Or s'écrasait contre notre pare-brise, tout comme mon estomac se tordait sous l'effet d'une douleur aiguë et familière.

Marc conduisait, les jointures de ses doigts blanches, jusqu'à ce que son téléphone affiche « Inès ».

Mon mari, son éternel toutou loyal, s'est évaporé en un éclair.

« Élise, appelle un Uber. Inès a besoin de moi », avait-il déclaré, m'abandonnant malade et seule sur cette route sombre.

C'était la neuvième fois que Marc choisissait son ex-petite amie plutôt que moi, sa femme.

Le « neuvième adieu » d'un pari cruel orchestré par Inès il y a des années : « Neuf fois, Élise. Neuf. Et après, tu t'en vas. »

Chaque incident était une blessure plus profonde : le dîner de notre anniversaire, mon opération d'urgence, l'enterrement de ma grand-mère.

Je n'étais que son pansement, son « lot de consolation », un pion dans leur jeu tordu.

Quelques jours plus tard, après qu'un accident d'ascenseur m'a laissée brisée et hospitalisée, Marc berçait Inès, sa terreur n'étant que pour elle.

Je l'ai enfin vu avec une clarté glaçante : il ne m'avait jamais vraiment aimée.

Mon mariage était un mensonge méticuleusement conçu, orchestré par Inès depuis l'université.

Mon amour pour lui, cet espoir stupide et tenace, s'était finalement vidé, ne laissant qu'un vide douloureux.

Mais le jeu était terminé.

J'avais déjà signé les papiers du divorce qu'il avait négligemment oubliés, prête pour ma liberté.

Quand Inès a plus tard tendu un piège vicieux pour m'humilier publiquement, m'accusant d'agression, un mystérieux inconnu est intervenu, changeant tout.

C'était la fin d'un cauchemar, et le début de ma vraie vie.

Chapitre 1

La pluie martelait le pare-brise.

C'était une nuit sombre et misérable sur la Corniche d'Or.

Mon estomac se noua, une douleur aiguë, familière.

Marc conduisait, les jointures de ses doigts blanches sur le volant.

Son téléphone sonna, fort et urgent.

Le nom d'Inès s'afficha sur l'écran.

Bien sûr, c'était Inès.

« Il faut que je réponde », dit Marc. Sa voix était tendue.

Il décrocha. La voix d'Inès, aiguë et paniquée, emplit la voiture.

« Marc, oh mon dieu, ma voiture est en panne ! Je suis sur une route déserte, il fait si noir, j'ai peur ! »

Le visage de mon mari changea.

L'inquiétude. Pour elle.

Il se gara brusquement sur le bas-côté. Des voitures passaient en trombe, trop près.

« Élise, appelle un Uber. Je dois y aller. Inès a besoin de moi. »

Il ne me regarda pas.

Mes crampes s'intensifièrent. Je me sentais mal.

« Marc, je ne me sens pas bien. C'est... c'est vraiment terrible ce soir. »

Il fouilla sur la banquette arrière, trouva un parapluie fragile.

« Tiens. La maison de mes parents n'est pas loin en arrière. Ou attends simplement l'Uber. Je dois y aller. »

Il ouvrit sa portière. Une bourrasque de pluie froide s'engouffra dans l'habitacle.

Il était parti.

Les feux arrière rouges de sa voiture disparurent dans la tempête.

Me laissant. Seule. Terrifiée.

C'était la neuvième fois.

Le neuvième adieu.

Les larmes se mêlèrent à la pluie sur mon visage alors que je sortais enfin de la voiture, agrippant le parapluie inutile.

Le vent tenta de me l'arracher des mains.

Chaque crampe était une lame brûlante dans mes entrailles.

Je me souvins de la voix d'Inès, douce et cruelle, quelques mois auparavant.

Nous étions à une horrible soirée des anciens de notre école de commerce.

Elle m'avait coincée.

« Élise, ma chérie », avait dit Inès, ses yeux brillant. « Faisons-en un petit jeu. Un test. Si Marc te quitte pour moi, à neuf moments critiques, tu devras admettre qu'il ne t'a jamais aimée. Tu t'en iras. Tu divorceras. Tu me le laisseras. »

J'étais stupide.

J'étais désespérée.

Je pensais, sûrement, que Marc me choisirait. Moi. Sa femme.

Alors j'avais hoché la tête. Un accord silencieux et stupide à son jeu malsain.

Maintenant, sa voix résonnait dans ma tête. « Neuf fois, Élise. Neuf. »

Elle avait gagné.

Marc ne m'avait jamais aimée.

Il était temps de divorcer.

Mon téléphone était presque mort, mais j'ai réussi à appeler un Uber.

Le trajet de retour à notre appartement de Nice fut un brouillard de douleur et de froide prise de conscience.

Notre mariage était un mensonge.

Inès avait tout orchestré, depuis nos années d'études à Paris.

Elle était la fille populaire, la reine du BDE. Marc était son toutou loyal, le riche héritier toujours à sa botte.

Je n'étais qu'Élise Durand, la discrète étudiante en art qu'elle remarquait à peine dans nos cours en option.

Puis Inès a décidé qu'elle voulait une « phase rebelle » avec un musicien.

Elle a largué Marc. Il était anéanti.

Inès, à sa manière tordue, a décidé que j'étais une personne sûre et sans danger pour que Marc puisse rebondir.

Elle l'a poussé vers moi.

« Élise est douce, Marc. Elle sera bonne pour toi. Stable. »

J'ai découvert plus tard qu'il n'avait même pas voulu m'inviter à sortir. Inès l'avait convaincu.

Il m'a demandée en mariage après qu'Inès s'est enfuie en Europe avec son musicien, laissant Marc se sentir complètement rejeté.

J'étais son lot de consolation.

Et pendant tout ce temps, son cœur, son obsession, c'était toujours Inès.

J'étais juste pratique.

Pourquoi avais-je accepté le pari cruel d'Inès ?

L'espoir. Une minuscule, stupide parcelle d'espoir.

Je voulais croire que face à un choix clair, Marc me verrait enfin.

Me choisirait.

La première fois, c'était notre anniversaire. Un restaurant étoilé à Monaco. Au milieu du dîner, un texto d'Inès. Une « crise ». Il est parti.

La deuxième, ma crise de vésicule biliaire. Opération d'urgence. Il était à Saint-Tropez avec Inès à un match de polo. Elle a simulé une entorse à la cheville. Il s'est précipité vers elle. J'ai signé mes propres formulaires de consentement.

La troisième, l'enterrement de ma grand-mère. Elle m'avait élevée. Il est resté dix minutes. Une « urgence professionnelle inévitable ». C'était un gala de charité qu'Inès co-présidait.

Huit fois. Chacune une blessure plus profonde.

Manquer la remise de mon prix de design qui définissait ma carrière. Oublier mon anniversaire pour consoler Inès pour une boucle d'oreille perdue. Prendre son parti dans des disputes publiques qui me laissaient humiliée.

Maintenant, la neuvième. Me laisser malade et seule sur une autoroute sombre.

Mon amour pour lui, cette chose tenace et pleine d'espoir, était finalement mort.

Il avait été drainé, goutte à goutte, à chaque abandon.

Le réservoir était vide.

J'avais déjà les papiers du divorce.

Mon avocate, une femme brillante que j'avais trouvée après le cinquième abandon, les avait rédigés il y a des mois.

Un moment de prévoyance. Ou peut-être juste un pressentiment.

Je suis rentrée à l'appartement, tremblante, trempée.

J'ai posé les papiers sur le bureau en acajou de son cabinet.

Ma signature était déjà là. Nette et claire. Élise Durand.

Il ne manquait que la sienne. Marc Fournier.

Le lendemain matin, mon téléphone a vibré. C'était Inès.

Sa voix était mielleuse.

« Élise, ma chérie ! Marc et moi pensions... Nous voulons faire quelque chose de charmant pour toi. Un petit investissement surprise en commun. Pour cette petite galerie d'art que tu as toujours rêvé d'ouvrir. Pour te rendre heureuse. Pour que tu lâches un peu Marc, tu sais ? »

Mon estomac se serra.

« Marc est débordé aujourd'hui, mais il sera à son bureau vers midi pour signer des papiers pour ça. Tu devrais être là. C'est de ton rêve qu'il s'agit, après tout. »

Je savais ce qu'elle faisait.

C'était son tour d'honneur.

Je n'ai rien dit.

Elle a raccroché.

J'y suis allée.

Je devais voir ça. L'acte final.

Le bureau de Marc au siège du Groupe Fournier n'était que verre et pouvoir.

Il était là, l'air fatigué mais aussi... impatient. Impatient de plaire à Inès.

Inès était radieuse, triomphante.

Elle avait une pile de documents.

« Juste quelques signatures, mon chéri », roucoula Inès à Marc, tapotant la pile. « Pour la galerie d'Élise. Et quelques autres petites choses. »

Mes papiers de divorce étaient dans cette pile. J'ai vu le bord de la chemise bleue familière.

Marc y jeta à peine un coup d'œil.

Inès pointa du doigt. « Signe ici, et ici. »

Il signa.

Son nom, Marc Fournier, griffonné négligemment à côté du mien.

Il était trop occupé à sourire à Inès, qui lui promettait que cela me rendrait « si heureuse ».

Il ne m'a même pas regardée.

Inès fit glisser les papiers de divorce signés hors de la pile avec un doigt parfaitement manucuré.

Elle me les tendit.

Un petit sourire victorieux jouait sur ses lèvres.

« Voilà, Élise. Ton neuvième adieu. Bien emballé. »

Je les ai pris. Ma main était stable.

Je ne sentais... rien. Juste un vide immense et froid là où mon cœur battait autrefois.

« Merci, Inès », dis-je, ma voix égale. « Tu as rendu les choses très claires. »

Marc parut confus une seconde.

« Claires ? Qu'est-ce qui est clair ? La galerie est financée ? »

Inès se contenta de rire, un son léger et cristallin qui me crispa les nerfs.

« Ne t'inquiète pas pour ça, mon beau. Élise comprend. »

Je me suis retournée et je suis sortie.

Les papiers signés pesaient lourd dans mon sac.

Le poids de ma liberté.

Chapitre 2

Marc regarda d'Inès à moi, une lueur de confusion dans les yeux.

« Alors, qu'en est-il de l'investissement pour la galerie ? » demanda-t-il.

Inès fit un geste dédaigneux de la main.

« Plus tard, Marc. C'est presque l'heure de mon vol pour Aspen, tu te souviens ? Tu as promis de m'accompagner à l'aéroport. »

Son attention se reporta sur elle. Instantanément.

« C'est vrai, bien sûr. Aspen. »

Il me jeta un regard rapide, presque indifférent.

« Ça va, Élise ? Tu as l'air pâle. »

J'ai juste hoché la tête.

Les mots semblaient inutiles.

Il n'attendit pas de réponse. Il guidait déjà Inès vers l'ascenseur, sa main sur son bras.

Les portes se refermèrent, me laissant seule dans son bureau opulent.

Le silence était un soulagement.

Je suis sortie, les papiers de divorce signés un poids solide dans mon sac à main.

Ce soir-là, Marc est rentré tard.

Il m'a trouvée dans le salon, fixant les lumières de la ville.

Il s'est approché derrière moi, a posé ses mains sur mes épaules.

Un geste familier. Avant, ça me rassurait.

Maintenant, je me sentais comme dans une cage.

« Désolé d'être en retard », dit-il, la voix douce. Essayant d'être gentil. « Le vol d'Inès a été retardé. »

Bien sûr qu'il l'avait été.

« Tu es toujours en colère pour hier soir ? » demanda-t-il.

En colère ? D'avoir été abandonnée sur une route sombre, malade et souffrante, pour son ex-petite amie ?

« Pourquoi serais-je en colère, Marc ? » demandai-je, ma voix plate.

Il soupira, un son de patience étudiée.

« Écoute, Inès avait vraiment peur. Sa voiture est vraiment tombée en panne. Qu'est-ce que j'étais censé faire ? »

« En effet, que pouvais-tu faire », dis-je en me tournant pour lui faire face.

Je sentis la légère odeur du parfum d'Inès sur sa chemise. Chanel N5. Sa signature.

« C'est la dernière fois, Marc », dis-je.

Il fronça les sourcils. « La dernière fois pour quoi ? Que j'aide Inès ? C'est ma plus vieille amie, Élise. Tu le sais. »

« Non », dis-je. « La dernière fois pour nous. »

Je sortis les papiers de divorce signés de mon sac et les lui tendis.

Il les fixa, puis me fixa.

L'incrédulité. Puis la colère.

« C'est quoi ce bordel ? Tu n'es pas sérieuse. »

Il trouvait toujours des excuses pour Inès.

Elle était fragile. Elle était seule. Elle avait eu une vie difficile, malgré les millions de sa famille.

Ma douleur, mes besoins, étaient toujours secondaires.

Ou invisibles.

Il avait l'habitude de m'apporter du café le matin. Noir, deux sucres.

Le lendemain matin, il ne l'a pas fait.

Il a dormi dans la chambre d'amis.

J'ai fait un petit sac.

Juste l'essentiel.

J'ai regardé notre chambre. Son côté du placard était impeccable, organisé.

Mais sur sa table de chevet, à côté de sa montre et de son portefeuille, il y avait une petite photo encadrée.

Ce n'était pas une photo de moi. C'était de lui et d'Inès, il y a des années, riant, leurs têtes rapprochées.

Quand était-elle apparue ?

Je ne l'avais jamais remarquée avant. Ou peut-être que je n'avais pas voulu la voir.

« Inès a dû la laisser quand elle m'a aidé à redécorer le mois dernier », avait-il dit une fois quand j'avais trouvé un de ses foulards drapé sur une chaise.

Il n'essayait même pas de le cacher.

J'ai pris mon pull en cachemire préféré, celui qui, selon lui, faisait ressortir le vert de mes yeux.

Je l'ai plié, puis déplié.

Je l'ai remis dans le tiroir.

Il me semblait souillé.

Tout dans cet appartement semblait souillé par ses choix, par la présence d'Inès.

J'ai traversé les pièces.

Mes projets de design étaient épinglés sur un tableau dans le petit bureau que j'utilisais. Les plans d'un nouvel hôtel-boutique en centre-ville. Une planche d'inspiration pour la rénovation d'un penthouse.

Mon travail. La seule chose qui était vraiment à moi.

J'ai décroché les projets du Groupe Fournier. Ceux liés à sa famille. Ceux où je me sentais toujours comme une simple exécutante.

Les dossiers de mes clients indépendants, eux, me semblaient propres.

Je devais aller à un gala de charité ce soir-là. Le Fonds pour l'alphabétisation des enfants.

Marc était un sponsor. Le Groupe Fournier.

Je savais qu'Inès serait là. Au premier plan.

Je n'allais pas y aller.

Mais ensuite j'ai pensé, pourquoi pas ?

Un dernier regard sur le monde que je quittais.

La salle de bal scintillait. Lustres, champagne, robes de créateurs.

Inès tenait salon près des tables de la vente aux enchères silencieuse.

Elle parlait avec animation à un groupe de femmes, sa voix portant.

« ...et Marc a été un véritable héros. Il a conduit jusqu'à la Corniche d'Or sous cette tempête épouvantable pour me secourir. Ma voiture était complètement morte. Il s'est même assuré que mon chauffeur la fasse remorquer le lendemain. »

Une des femmes, une chroniqueuse mondaine que je connaissais vaguement, s'extasia : « Il t'est si dévoué, Inès ! Il l'a toujours été. »

Inès sourit, une image de modeste gratitude.

Elle m'a vue alors. Son sourire s'élargit, mais il n'atteignit pas ses yeux.

Elle s'excusa et glissa vers moi.

« Élise ! Tu es venue ! Je suis si contente. Marc s'inquiétait que tu sois encore contrariée. »

Chapitre 3

« C'est un homme tellement bon, n'est-ce pas ? » continua Inès, sa voix dégoulinant d'une fausse sympathie.

Les femmes autour de nous hochèrent la tête, leurs yeux passant de moi à Inès.

Évaluant. Jugeant.

« Toujours là pour ses amis », gazouilla l'une d'elles. « Surtout pour toi, Inès. C'est légendaire, son dévouement. »

Inès posa une main sur sa poitrine, feignant l'humilité.

« Oh, vous savez, ça remonte à loin. Amours d'enfance, pratiquement. Certains liens, ils ne se brisent tout simplement pas. »

Elle me regarda droit dans les yeux.

« En fait, Élise, tu devrais me remercier. C'est moi qui ai dit à Marc de t'épouser. »

L'air me manqua.

La salle de bal devint soudain trop chaude, trop bondée.

« Quoi ? » réussis-je à murmurer.

Le sourire d'Inès était maintenant du pur venin, bien que sa voix soit restée douce.

« Oh oui. Il était si perdu après que je... eh bien, après que j'ai eu besoin d'un peu d'espace. Il se morfondait, le pauvre. Je lui ai dit : "Marc, tu as besoin de quelqu'un de stable. Quelqu'un de... simple. Comme Élise. Elle sera bonne pour toi. Elle ne causera pas de drame." »

Mes mains tremblaient.

Mon sang-froid si soigneusement construit se fissurait.

Je sentis le sang quitter mon visage.

Les visages autour de nous se brouillèrent.

« Excusez-moi », marmonnai-je en me détournant.

J'avais besoin d'air.

Je trébuchai vers la terrasse, mon cœur battant à tout rompre.

L'air froid de la nuit frappa mon visage, un petit soulagement.

Je m'appuyai contre la balustrade en pierre, essayant de respirer.

Donc, ce n'était pas seulement qu'il ne m'aimait pas.

Mon mariage tout entier était une mise en scène. Orchestrée par elle.

Pour occuper Marc. Pour le garder stable jusqu'à ce qu'elle le veuille de nouveau.

Et j'étais l'idiote qui avait joué mon rôle à la perfection.

Après quelques minutes, quelqu'un cria : « On commence Action ou Vérité ! Inès, c'est à toi ! »

Je ne voulais pas rentrer.

Mais je ne pouvais pas rester dehors pour toujours.

Je retournai dans la salle de bal, essayant d'avoir l'air indifférente.

Inès était au centre d'un cercle, une moue joueuse sur le visage.

« Vérité ! » déclara-t-elle.

Quelqu'un cria : « Raconte-nous l'admirateur le plus dévoué que tu aies jamais eu, Inès ! La chose la plus folle qu'il ait jamais faite pour toi ! »

Inès se tapota le menton, faisant semblant de réfléchir.

Puis elle se lança dans une histoire.

« Eh bien, il y avait ce garçon... absolument fou de moi. Depuis le lycée. Il aurait fait n'importe quoi pour moi. Une fois, j'ai mentionné nonchalamment que j'adorais une orchidée rare particulière, qu'on ne trouve que sur une montagne isolée. Il a pris l'avion, affrété un hélicoptère, et me l'a rapportée. Ça lui a coûté une fortune. »

Rires et exclamations du groupe.

« Une autre fois », continua Inès, s'échauffant, « j'étais contrariée parce que mon groupe préféré ne passait pas par notre ville. Il les a convaincus, a payé leur cachet exorbitant lui-même, juste pour un concert privé pour moi et mes amis. »

Plus d'applaudissements.

« Et puis il y a eu la fois où j'avais besoin d'un sac Chanel vintage spécifique pour une soirée. Impossible à trouver. Il l'a déniché auprès d'une douzaine de collectionneurs, a payé cinq fois sa valeur, et l'a fait livrer en main propre quelques heures avant l'événement. »

Mon sang se glaça.

Je connaissais ces histoires.

Marc m'en avait raconté des versions. Des anecdotes vagues sur « un ami » qu'il avait aidé, ou « une folie » qu'il avait faite pour quelqu'un dans le passé.

L'orchidée. Il avait manqué notre premier dîner de la Saint-Valentin pour ce « voyage d'affaires ».

Le concert privé. Il avait vidé un compte d'épargne commun que nous avions, prétextant une « opportunité d'investissement soudaine ».

Le sac Chanel. Il avait vendu une montre que son père lui avait donnée, un héritage familial. Il avait dit qu'il l'avait perdue.

C'était lui.

C'était toujours lui, faisant ces choses pour Inès.

Pas pour un ami anonyme. Pour elle.

Toutes ces années. Tout cet argent. Tout ce dévouement.

Pour Inès.

Ma vision se rétrécit. La pièce sembla basculer.

« Qui était ce type incroyable, Inès ? » demanda quelqu'un. « Tu dois nous le dire ! »

Inès sourit mystérieusement. « Peut-être que je vous le présenterai un jour. S'il n'est pas trop occupé. »

Elle jeta un coup d'œil vers l'entrée de la salle de bal.

Et il était là.

Marc.

Entrant, la cherchant. Ses yeux balayèrent la pièce, se posèrent sur Inès, et un petit sourire effleura ses lèvres.

Il ne m'a même pas vue, debout à quelques mètres de là.

Il se dirigea droit vers Inès.

« Désolé, je suis en retard », lui dit-il, la voix basse. « La réunion s'est prolongée. »

Un mensonge. Je connaissais son emploi du temps. Il n'avait pas de réunions ce soir.

Il avait attendu. Son appel. Sa convocation.

Il m'a finalement remarquée. La surprise vacilla dans ses yeux.

« Élise. Tu es venue. »

Comme si c'était une anomalie inattendue.

« Je partais justement », dis-je. Ma voix semblait distante, même à mes propres oreilles.

« Oh. Tu as besoin qu'on te ramène ? » demanda-t-il, une offre de pure forme.

« Non, merci », dis-je. « J'ai déjà appelé un chauffeur. »

Je me suis retournée et je suis partie, les laissant ensemble.

Le couple parfait.

Celui qu'il avait toujours voulu.

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