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Une seconde chance au Choix

Une seconde chance au Choix

Auteur:: BEATA
Genre: Fantaisie
Dans ma première vie, j'ai épousé Clément Valois, le prince doré de l'Empire Beaumont. Je croyais que le sacrifice de mon père m'avait offert un conte de fées. Au lieu de ça, j'ai eu une cage dorée et une mort atroce. Il m'a laissée me vider de mon sang sur le sol en marbre froid de notre hôtel particulier, pendant qu'il recevait une invitée un étage plus bas. C'était un prédateur sous les traits d'un prince charmant. Un homme dont le sourire public charmait le monde entier, tandis que son contact laissait des bleus que personne ne pouvait voir. Pendant des années, il m'a fait vivre un enfer, me faisant passer pour la méchante, tandis que ma propre cousine, Jeanne, s'accrochait à son bras, renforçant chacun de ses mensonges. Le monde l'adorait. Ils voyaient un couple parfait, une alliance puissante. Personne ne voyait le monstre avec qui je vivais. Personne ne connaissait la vérité derrière mes « accidents ». Jusqu'à ma mort, j'étais piégée. Mais je suis revenue à la vie. J'ai ouvert les yeux à nouveau. J'étais de retour à la Cérémonie du Choix, le jour où j'étais censée me lier à lui pour toujours. Cette fois, je me souvenais de chaque détail insoutenable. Et cette fois, Bastien, son frère impitoyable et paria, était aussi une option.

Chapitre 1

Dans ma première vie, j'ai épousé Clément Valois, le prince doré de l'Empire Beaumont. Je croyais que le sacrifice de mon père m'avait offert un conte de fées.

Au lieu de ça, j'ai eu une cage dorée et une mort atroce. Il m'a laissée me vider de mon sang sur le sol en marbre froid de notre hôtel particulier, pendant qu'il recevait une invitée un étage plus bas.

C'était un prédateur sous les traits d'un prince charmant. Un homme dont le sourire public charmait le monde entier, tandis que son contact laissait des bleus que personne ne pouvait voir.

Pendant des années, il m'a fait vivre un enfer, me faisant passer pour la méchante, tandis que ma propre cousine, Jeanne, s'accrochait à son bras, renforçant chacun de ses mensonges.

Le monde l'adorait. Ils voyaient un couple parfait, une alliance puissante. Personne ne voyait le monstre avec qui je vivais. Personne ne connaissait la vérité derrière mes « accidents ».

Jusqu'à ma mort, j'étais piégée.

Mais je suis revenue à la vie. J'ai ouvert les yeux à nouveau.

J'étais de retour à la Cérémonie du Choix, le jour où j'étais censée me lier à lui pour toujours.

Cette fois, je me souvenais de chaque détail insoutenable.

Et cette fois, Bastien, son frère impitoyable et paria, était aussi une option.

Chapitre 1

Point de vue d'Alix Tellier :

La dernière fois que je me suis tenue devant Henri Beaumont, il m'a offert un choix qui a conduit à ma mort. Cette fois, je savais à quoi m'en tenir.

Dans ma vie précédente, j'avais choisi Clément Valois. Le fils cadet charismatique et adulé du PDG de l'Empire Beaumont. L'homme au sourire capable de séduire la presse et au contact qui laissait des bleus là où personne ne pouvait les voir. Je l'avais aimé avec la dévotion stupide et absolue d'une jeune fille qui croyait que le sacrifice de son père lui avait valu un conte de fées. Au lieu de ça, j'ai eu une cage dorée, des années de supplice, et une fin sordide sur le sol en marbre froid de notre hôtel particulier, vidée de mon sang pendant qu'il recevait quelqu'un en bas.

Maintenant, revenue à la vie avec chaque souvenir atroce gravé dans mon âme, j'étais de retour. De retour dans le centre d'entraînement stérile et luxueux du siège de l'Empire Beaumont, l'air saturé de l'odeur aseptisée des tapis en caoutchouc et de l'ambition. Et il était là.

Clément Valois, avec son allure de prince doré, s'entraînait avec l'un des meilleurs formateurs en sécurité de l'entreprise. Il bougeait avec une grâce nonchalante, la sueur collant ses cheveux sombres à son front. Il était magnifique, un prédateur déguisé en prince charmant, et sa vue ravivait les douleurs fantômes de ma vie passée dans mes os.

Il a fait une feinte à gauche, puis à droite, mais son arrogance le rendait négligent. Le formateur l'a facilement désarmé, envoyant l'arme d'entraînement s'écraser sur le sol. Elle a glissé jusqu'à s'arrêter à quelques centimètres de mes pieds.

Le silence s'est fait dans la salle, tous les yeux rivés sur la scène.

« Alix », a lancé Clément, sans même prendre la peine de me regarder, sa voix empreinte de cet ordre désinvolte que je ne connaissais que trop bien. « Ramasse-moi ça. »

L'Alix du passé se serait précipitée pour obéir, avide d'une miette de son approbation. Mes poings se sont serrés le long de mon corps. Cette Alix-là était morte.

Je n'ai pas bougé. J'ai simplement croisé son regard dans le reflet des baies vitrées.

« Ramasse-le toi-même, Clément. »

Un hoquet collectif a parcouru l'assemblée. Des murmures ont éclaté, crépitant comme de l'électricité statique. La tête de Clément s'est tournée brusquement vers moi, son sourire charmeur vacillant pour la première fois. Le masque tombait. Je pouvais voir l'étincelle de fureur glaciale dans ses yeux, le même regard qu'il avait eu juste avant de...

« Qu'est-ce que tu as dit ? », a-t-il demandé, sa voix basse et menaçante.

Avant que je puisse répondre, une petite silhouette s'est élancée. « Je vais le prendre, Clément ! »

Jeanne Breton, ma cousine, s'est agenouillée, le visage empreint d'une douce inquiétude. Mes parents l'avaient recueillie après la mort des siens, et elle avait remercié leur gentillesse en se collant à Clément comme une sangsue, dans cette vie comme dans la précédente. Elle a grimaçé de façon théâtrale en se penchant, montrant une petite éraflure fraîche sur son genou.

Elle a récupéré l'arme et s'est précipitée à ses côtés, la lui tendant avec un regard admiratif. « Tu as été incroyable, Clément. Tu l'as presque eu. »

L'attention de Clément s'est immédiatement reportée sur elle. Sa rage s'est évaporée, remplacée par une démonstration de tendre sollicitude. « Jeanne, tu es blessée. Tu t'es fait ça pendant les exercices ? »

« Ce n'est rien », a-t-elle minaudé en battant des cils. « Je voulais juste aider. »

Il m'a lancé un regard venimeux. « Tu vois, Alix ? C'est ça, être quelqu'un de bien. On aide. On ne reste pas planté là à faire la gueule. »

Il me faisait passer pour la méchante, comme toujours. La foule a murmuré son approbation.

« N'oublie pas d'où tu viens, Alix », a-t-il ricané, sa voix baissant pour que je sois la seule à l'entendre. « L'héritage de ton père t'a acheté une place à cette table, mais ça ne veut pas dire que tu es à ta place ici. Un peu de gratitude ne te ferait pas de mal. »

La mention de mon père, l'homme qui était mort en sauvant cette même entreprise de la ruine, était un coup bas. Dans ma vie passée, ces mots m'auraient anéantie. Maintenant, ce n'était que du bruit.

Je lui ai offert un sourire calme et serein. « En parlant de l'héritage de mon père, je ne peux pas être en retard. Henri m'attend. »

Le nom de son père, le PDG, a résonné dans la pièce comme une bombe.

« Monsieur Beaumont ? », a chuchoté l'un des spectateurs, choqué. « Pourquoi le PDG la recevrait-elle ? »

J'ai laissé le silence s'étirer, savourant la confusion sur le visage de Clément. « Il supervise personnellement ma Cérémonie du Choix », ai-je dit, ma voix claire et assurée. « Il a estimé que c'était le moins qu'il puisse faire, étant donné les circonstances. »

La salle a explosé en murmures excités. Une cérémonie organisée personnellement par Henri Beaumont était du jamais vu. C'était un honneur suprême. Les lèche-bottes qui me foudroyaient du regard quelques instants plus tôt regardaient maintenant Clément avec envie.

« Félicitations, Clément ! », a crié quelqu'un. « Sécuriser l'alliance Tellier, et avec la bénédiction personnelle du PDG ! Ta succession est assurée maintenant. »

Clément a bombé le torse, son arrogance revenant en force. Il croyait, comme tout le monde, que j'étais à lui. La dette envers mon père serait payée par mon mariage, liant les actions importantes de ma famille à l'héritier Valois. À lui.

Il m'a adressé un sourire narquois, une lueur possessive dans les yeux. « Ne crois pas que ça change quoi que ce soit, Alix. Tu es toujours à moi. Sois une gentille fille, et je m'assurerai que ta vie soit confortable. »

Il s'est penché plus près, son souffle chaud contre mon oreille. « Tu ne voudrais pas faire deux fois la même erreur. Ça se termine mal pour toi. »

Mon sang s'est glacé. Les mots étaient une menace, mais la formulation... c'était trop spécifique. Une angoisse froide, aiguë et familière, s'est nouée dans mon ventre.

Il s'est redressé, prenant le bras de Jeanne. « Viens, allons faire soigner ce genou. »

Il s'est éloigné sans un regard en arrière, me laissant au milieu d'un océan de chuchotements et de regards hostiles.

Un rire amer m'a échappé, si bas que personne d'autre ne l'a entendu.

Ils pensaient tous qu'il était le trophée. Ils pensaient que j'étais une fille stupide qui se faisait désirer, destinée à devenir Madame Clément Valois.

Ils n'avaient aucune idée.

Je n'appartiendrais plus jamais à Clément Valois. Pas dans cette vie.

Ses derniers mots résonnaient dans mon esprit, une prémonition glaçante.

Comment pouvait-il savoir ce qui s'était passé dans notre dernière vie ?

Chapitre 2

Point de vue d'Alix Tellier :

Ma Cérémonie du Choix se tenait dans la grande salle de bal de l'Empire Beaumont, un espace caverneux avec des lustres en cristal qui scintillaient comme des constellations. C'était censé être une célébration de mon avenir, une reconnaissance formelle de l'alliance entre les familles Tellier et Valois. Pour moi, c'était la première étape pour démanteler la vie qui m'avait détruite.

Clément est arrivé en retard, bien sûr. Il a fait son entrée avec Jeanne Breton accrochée à son bras, un sourire triomphant aux lèvres. Elle portait une robe un peu trop moulante, et les légères marques violacées sur son cou, dépassant à peine de son col, étaient une déclaration vulgaire et délibérée. La marque de sa propriété.

Quelques jeunes cadres ont ricané dans leur main. Le message était clair : Clément Valois pouvait avoir sa future fiancée et sa maîtresse dans la même pièce, et personne n'oserait le remettre en question. Il était intouchable.

Dans ma vie passée, cette scène exacte s'était déroulée. J'étais restée à cette même place, le cœur battant d'un mélange d'espoir et d'humiliation, les larmes me piquant les yeux alors qu'il affichait son infidélité. J'avais tellement voulu croire que c'était un malentendu.

Cette fois, mon cœur était un bloc de glace. Je ne ressentais qu'un détachement froid et clinique.

Clément a remarqué mon immobilité. Il s'est approché d'un pas nonchalant, laissant Jeanne bouder près de la porte. Ses yeux, couleur de whisky ambré, m'ont dévisagée. Il cherchait la blessure, la jalousie. Il s'en nourrissait.

« Tu es magnifique ce soir, Alix », a-t-il murmuré, sa voix une caresse grave qui, autrefois, aurait fait flageoler mes genoux. « Prête à officialiser tout ça ? Je te promets que ta nuit en vaudra la peine. » Son regard a glissé vers le bas de manière significative.

L'insinuation grossière flottait dans l'air entre nous.

« Clément, tu ne vas pas me chercher un verre ? », a gémi Jeanne de l'autre côté de la pièce, sa voix aiguë de jalousie.

Il lui a jeté un regard agacé avant de se retourner vers moi, son sourire revenant, lisse et étudié. « Ne fais pas attention à elle. C'est juste une enfant. C'est toi, l'événement principal. » Il s'est penché plus près, son parfum, une odeur que j'associais maintenant à la peur et à la nausée, envahissant mon espace. « C'est toi qui seras Madame Valois. »

Le visage de Jeanne s'est empourpré d'un mélange de colère et d'humiliation. Elle m'a foudroyée du regard, ses yeux promettant vengeance. La foule observait le drame avec une joie non dissimulée, leurs chuchotements un bourdonnement sourd qui remplissait la salle. Quelqu'un a laissé échapper un sifflement grave.

Je me souvenais de ce moment. Je me souvenais de la honte brûlante, du besoin désespéré de fuir et de me cacher.

J'ai fait un pas délibéré en arrière, créant un gouffre entre nous. J'avais l'intention de m'éloigner, de trouver Henri Beaumont et d'en finir.

Mais la main de Clément a jailli, ses doigts se refermant sur mon poignet comme des menottes. Sa poigne était brutale, écrasante. « Où crois-tu aller comme ça ? »

Son sourire avait disparu, remplacé par une lueur d'irritation. « Arrête tes jeux, Alix. Ce petit numéro de froideur commence à devenir lassant. Tu me veux. Tu m'as toujours voulu. »

J'ai croisé son regard, mon expression indéchiffrable. « Lâche-moi, Clément. »

Sa prise s'est resserrée. « Je te connais. Sous toute cette glace, tu es toujours la même fille pathétique qui me suivait partout comme un chiot perdu. Tu essaies juste de me donner encore plus envie de toi. Et ça marche. »

Une vague de révulsion m'a submergée. J'ai retiré mon bras d'un coup sec, la force du mouvement le surprenant. « J'ai dit, lâche-moi. »

« Tu crois que tu as le choix ? », a-t-il raillé, sa voix montant. « C'est un accord commercial. Mon père a besoin de tes actions, et tu as besoin de notre nom. C'est tout ce que c'est. »

« Non », ai-je dit, ma voix résonnant avec une finalité qui a fait taire les chuchotements voisins. « Je ne t'épouserai pas. »

Le silence qui a suivi était absolu. C'était comme si l'air avait été aspiré de la pièce. Même le quatuor à cordes dans le coin semblait s'être arrêté.

Puis, un petit rire grave a grondé dans la poitrine de Clément. Il s'est propagé à travers son entourage, une vague de ridicule entièrement dirigée contre moi.

« Ne pas m'épouser ? », a-t-il répété, les yeux écarquillés d'une fausse incrédulité. « Mes excuses, ma chérie. Je ne savais pas que tu avais d'autres options. Qui vas-tu choisir ? Mon frère ? »

La foule a éclaté de rire.

« Bastien ? », la voix de Clément dégoulinait de mépris. « Le pilleur d'entreprises ? Le boucher ? L'homme que notre père garde enfermé au service des fusions-acquisitions parce qu'il est trop impitoyable pour la bonne société ? »

Il s'est de nouveau penché, sa voix un murmure empoisonné. « On dit qu'il a tellement saigné son dernier concurrent que la famille de l'homme a tout perdu. On dit qu'il n'a pas de cœur, juste une calculatrice à la place. C'est ça que tu veux, Alix ? Un monstre ? »

Il m'a toisée de haut en bas, un rictus cruel sur ses lèvres parfaites. « Ou est-ce juste une autre tentative pathétique d'attirer mon attention ? Tu penses que menacer de choisir mon frère paria va me rendre jaloux ? »

Sa question est restée en suspens, un défi et une insulte tout à la fois.

Chapitre 3

Point de vue d'Alix Tellier :

Le rire de Clément résonnait dans la salle de bal silencieuse, chaque éclat un petit coup sec et brutal. Il savourait ce moment, se donnant en spectacle, se délectant de mon humiliation publique. « Le chat t'a mangé la langue, Alix ? Tu te rends compte à quel point tu as l'air ridicule ? »

Jeanne a glissé à ses côtés, son expression un mélange parfait de pitié et d'inquiétude. C'était un regard qu'elle avait perfectionné au fil des ans. « Clément, ne sois pas si dur avec elle », a-t-elle roucoulé, assez fort pour que tout le monde l'entende. « Elle est juste nerveuse. C'est un grand jour. » Elle s'est tournée vers moi, ses yeux brillant de méchanceté. « Alix, ma chérie, tu dois faire attention. J'ai entendu des choses si terribles sur Bastien. On dit qu'il a un jour mis une entreprise en faillite juste pour le plaisir. Tu ne voudrais pas finir comme l'une de ses victimes, n'est-ce pas ? »

La foule a murmuré son accord, un chœur d'avertissements feutrés et de menaces voilées. « Elle a raison, tu sais. » « Cet homme est un requin. » « Clément est le choix sûr. Le seul choix. »

Dans ma vie passée, leurs paroles auraient été des couteaux, taillant dans ma détermination. Je me serais effondrée, je me serais excusée et j'aurais supplié Clément de pardonner mon éclat stupide. Mais la fille qui craignait leur jugement était partie depuis longtemps, remplacée par une femme qui avait affronté des monstres bien pires que quelques cadres médisants.

« Mon choix m'appartient », ai-je dit, la voix ferme. Ce n'était pas une réponse, mais une déclaration. Une limite.

Le visage de Jeanne s'est décomposé. Mon sang-froid ruinait sa performance. Elle avait besoin d'une victime. Elle a fait un pas de plus vers moi, sa main flottant près de sa poitrine comme si elle se sentait soudainement faible. « Oh, Alix, je m'inquiète juste pour toi... »

Son mouvement était fluide, répété. Elle a trébuché, non pas en s'éloignant de moi, mais sur moi. Son épaule a effleuré la mienne avec le plus léger des contacts.

Et puis elle était par terre.

Un hoquet théâtral s'est échappé de ses lèvres, suivi d'un sanglot bruyant et déchirant. Elle tenait son bras, son visage tordu par l'agonie. « Alix ! Pourquoi m'as-tu poussée ? »

La salle a explosé. Clément était à ses côtés en un instant, son visage un masque de rage foudroyante. Il l'a aidée à se relever, la berçant comme si elle était en verre.

« Tu es folle ? », m'a-t-il hurlé, la voix tremblante de fureur. « Elle essayait de t'aider ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Ta jalousie est-elle si dévorante que tu attaquerais ta propre cousine ? »

Sa cousine. Le mensonge était si ancré dans le récit de notre famille que même lui y croyait. Mes parents avaient recueilli Jeanne, lui avaient donné un foyer, une éducation, tout ce qu'elle avait. Mais elle n'était pas ma sœur. Elle n'était même pas de mon sang. Elle était la fille d'une parente éloignée, une vipère arriviste que nous avions stupidement accueillie dans notre nid.

Jeanne, cachée derrière le corps protecteur de Clément, m'a jeté un regard de triomphe pur et absolu.

Un rire sec et sans joie m'a échappé. « Je ne l'ai pas touchée. »

« Menteuse ! », a craché Clément. « Je l'ai vu ! Tout le monde l'a vu ! Tu te comportes comme une gamine pourrie gâtée depuis le début de la soirée, et maintenant ça. C'est parce que j'ai accordé un peu d'attention à Jeanne ? Mon Dieu, Alix, je savais que tu étais obsédée par moi, mais c'est pathétique. »

« Clément, s'il te plaît », a gémi Jeanne en tirant sur sa manche. « Ne sois pas en colère contre elle. C'est de ma faute. Je n'aurais pas dû... Je voulais juste que nous soyons tous une famille heureuse. » Ses paroles étaient parfaites, la peignant comme la victime magnanime et moi comme l'agresseur déséquilibré.

Les chuchotements autour de nous sont devenus plus forts, plus venimeux. « Tu as vu ça ? » « Elle l'a poussée par terre. » « La fille Tellier a un sale caractère. »

Le visage de Clément était à quelques centimètres du mien, ses traits tordus par le dégoût. Le masque charmant avait disparu, révélant le monstre que je connaissais si bien. Pendant une seconde terrifiante, j'ai cru qu'il allait me frapper, ici même, devant tout le monde. Le souvenir de ses poings, de la douleur aiguë et aveuglante, a envoyé une décharge de glace dans mes veines.

Sa main a jailli, non pas pour me frapper, mais pour saisir mon menton, me forçant à le regarder. Ses doigts se sont enfoncés dans ma peau.

Puis, l'impensable s'est produit.

Il m'a giflée.

Le son a claqué dans la salle de bal comme un coup de fouet, faisant taire tous les chuchotements. La brûlure sur ma joue était vive, immédiate. Ma tête a basculé sur le côté sous la force du coup.

Un hoquet d'horreur collectif a rempli la pièce.

« Si jamais », a-t-il fulminé, sa voix un grondement bas et terrifiant, « tu poses encore la main sur Jeanne, je m'assurerai personnellement qu'Henri vous jette à la rue, toi et ton précieux héritage. Tu as compris ? »

La menace était claire. La ligne avait été tracée. Et à ses yeux, je venais de la franchir.

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